14.3.09

Giordano Bruno n'a pas été brûlé.

Parmi les nombreuses calomnies contre l'Eglise, une semble n'être contredite par personne, c'est le hoax de la fin de Giordano Bruno.

Mes amis Louis-Hubert et Marie-Christine Remy ont mis en ligne un texte très intéressant sur ce mensonge anticatholique.

On peut consulter ce document écrit par Théophile Desdouits ici :

http://www.biblisem.net/etudes/desdbrun.htm

En effet, la seule "preuve" de l'exécution à Rome de Giordano Bruno est une lettre apocryphe d'un nommé Schopp, un Allemand luthérien. Mais cette lettre est un faux littéraire.

Tout est à lire dans le texte extraordinairement intéressant de Desdouits.

Je ne citerai qu'une petite partie :

"C’est donc avec Jean Ursin que l’histoire (ou la légende) du bûcher de Giordano Bruno commença à se former et à se répandre. Mais ses commencements furent obscurs et difficiles. Vers 1680, un érudit, connu sous le nom de Nicodemus, essaya de vérifier les assertions que Jean Ursin avait publiées sur la foi de la lettre de Schopp. Il paraît qu’il ne trouva pas de preuves. « Le sieur Nicodème, dit Bayle, dans ses Additions à la bibliothèque de Naples, dit qu’on ne sait pas certainement si tout ce que Jean Ursin débite est véritable. Voilà qui est singulier. On ne sait pas, au bout de quatre-vingts ans, si un Jacobin a été brûlé à Rome en place publique pour ses blasphèmes. Il n’y a pas loin de l’incertitude à la fausseté dans les faits de cette nature15. »

Donc Bruno aurait été, selon le hoax, brûlé le 17 février 1600, mais cet événement ne devient historique dans la culture européenne qu'en 1680 ! Quatre-vingts ans d'ignorance... et un événement aussi tragique aurait échappé aux contemporains pour ne devenir événement que deux ou trois générations plus tard, à un moment où tous les témoins éventuels de l'événement étaient tous certainement morts. Même les plus jeunes !

2 commentaires:

Anonyme a dit…

Dossier papier, 320x240 mm, 429 ff. (numérotation originale, en partie fausse et incompréhensible sur de nombreux folios blancs), reliure en parchemin; au dos : VARIA. Censurae.
ASV, Misc., Arm. X, 205, ff. 230v‑231r

Dans un des volumes du fond «Miscellanea Armadi» (Arm. X, 205), peut-être composé du recueil de divers écrits du célèbre canoniste Francisco Peña, Auditeur puis Président de la Rote (mort en 1612), on trouve un texte précieux, longtemps tenu secret et finalement retrouvé dans la fond Pie IX après 15 années d’infructueuses recherches par le Préfet des Archives Vaticanes Angelo Mercati, le 15 novembre 1940: le résumé du procès contre Giordano Bruno. On doit aussi à Mercati l’édition du résumé avec une ample et solide introduction en 1942.

Le ou les volumes du procès romain contre Giordano Bruno (1548-1600) étant définitivement perdus, un temps conservés aux archives du Saint Office, le présent texte, qui découle de ces originaux (les pages perdues du procès sont régulièrement citées dans les marges du résumé), devient un témoignage plus précieux encore pour la connaissance des longues tribulations de l’affaire inquisitoriale à laquelle le célèbre frère dominicain fut subordonné. Dans le résumé confluent, probablement à l’usage de l’Assesseur du Saint Office de l’époque, des extraits des oeuvres de Bruno, ses interrogatoires, quelques actes du procès vénitien qu’affronta le célèbre prédicateur en 1592, et d’autres écrits toujours recopiés sur le procès original.

L’entreprise de Giordano Bruno s’acheva avec le procès romain (1593‑1600) et avec la sentence reconnaissant l’hérésie, qui, devant son extrême et résolue défense, fut commuée en peine capitale, exécutée au Campo dei Fiori le 17 février 1600. Dans un des derniers constats qui précédèrent la sentence (peut-être en avril 1559), le dominicain fut interrogé par les juges du Saint Office sur sa conception cosmologique, qu’il avait exposée dans La cena delle ceneri, et dans De l’infinito universo et mondi. Il soutint encore ses théories et les défendit scientifiquement comme fondées et nullement contraires aux divines Ecritures (partie gauche, à partir de la première ligne : Circa motum terrae, f. 287, sic dicit: Prima generalmente dico ch’il moo et la cosa del moto della terra e della immobilità del firmamento o cielo sono da me prodotte con le sue raggioni et autorità le quali sono certe, e non pregiudicano all’autorità della divina scrittura [...]. Quanto al sole dico che niente manco nasce e tramonta, né lo vedemo nascere e tramontare, perché la terra se gira circa il proprio centro, che s’intenda nascere e tramontare [... ]). Dans ces pièces, où Giordano Bruno fut interrogé, pour les mêmes questions cruciales du rapport entre la science et la foi, à l’aube de la naissance de l’astronomie et au crépuscule de la décadente philosophie aristotélicienne, seize années plus tard sera convoqué par le cardinal Bellarmino, qui là contestait à Bruno ses thèses hérétiques, Galileo Galilei, sujet lui aussi à un procès inquisitorial qui, par chance, ne se conclura que par une seule abjure.

Denis Merlin a dit…

Votre commentaire ne contredit nullement le fait qu'il n'existe aucune preuve de l'exécution de Giordano Bruno.

Le fait du procès ne semble pas être mis en doute. Ce qui est mis en doute par cet historien, c'est l'exécution capitale. Je ne savais pas que nous n'avions pas le dossier du procès, mais seulement un résumé. Ce qui augmente la perplexité.

Une exécution capitale devait donner lieu à un procès verbal et à plusieurs relations et témoignages surtout dans une affaire aussi curieuse et aussi importante. Or nous n'avons rien de cela. Nous n'avons rien de contemporain.

Quant à Galileo, on ne lui reprochait pas une hérésie, mais d'ajouter, par des affirmations sans preuve, des difficultés à la croyance. Certains (le CSHE je crois) prétendent toujours qu'il n'y a pas de preuve que la terre tourne autour du soleil et prétendent que c'est l'inverse qui est vrai. Galileo était catholique et ami du pape et ses deux filles étaient religieuses.

Dans ces affaires, nous sommes confrontés à une passion anti-religieuse qui peut aller et qui va le plus souvent jusqu'à la forgerie.