2.5.11

Madame Le Pen, ne touchez pas aux communautés

Mon blog s'abstient normalement de faire de la politique.

Sans faire de politique, je relève toutefois sur le "Salon beige" des propos de madame M. Le Pen qui ne peuvent être admis parce qu'ils sont juridiquement inadmissibles :

"Le communautarisme c’est la négation de la laïcité, de la République, de l’individu libre et la négation du citoyen membre d’une nation politique et charnelle. Notre vision de l’homme est celle d’un individu éclairé, libre de ses choix, affranchi des pesanteurs d’une communauté qu’il n’a souvent pas choisie et qui trop souvent le contraint. Ainsi la seule communauté qui vaille est la communauté nationale parce qu’elle seule permet l’épanouissement et la liberté. "

Il n'est pas dans les pouvoirs juste de l'État de décider ce que doit être l'homme au point de vue culturel, religieux ou familial. L'homme naît dans une communauté familiale d'un homme et d'une femme. Ses parents qui, seuls, le mettent au monde, choisissent pour lui une religion, et son éducation. Il intègre ou non, au choix de ses parents, une communauté religieuse qui le forme. Et cela doit être respecté parce que c'est la volonté de Dieu, c'est le droit naturel. L'homme a le droit de quitter la religion ou de faire évoluer les opinions métaphysiques que lui ont inculquées ses parents, ou qu'il s'est forgées, c'est la liberté religieuse. Mais s'il veut pratiquer sa religion personne au monde (même pas les magistrats français, même pas madame Le Pen) n'a de titre à lui dicter la façon dont il doit pratiquer sa religion (sous réserve des autres droits de l'homme - voir l'article 30 de la déclaration universelle), c'est encore et toujours la liberté religieuse et la liberté de conscience (voir Dignitatis humanae). Personne n'a de titre non plus à critiquer violemment et arbitrairement la famille et les religions qui forment les êtres humains parce qu'un être humain naît de parents.

Enfin, il est très inquiétant de dire que la "seule communauté qui vaille est la communauté nationale". Il y a bien d'autres communautés et je ne vois pas de titre à les condamner arbitrairement. La communauté nationale est composée d'une multitude de communautés plus petites, elle doit les respecter.

L'État, que l'on ne doit pas confondre avec la communauté nationale, communauté nationale qui est culturelle et linguistique (je ne vois pas à quoi renvoie la notion de "nation politique", sinon à la notion laïciste et révolutionnaire de la nation comme pur volontarisme), n'existe que pour aider les communautés, y compris la communauté nationale, à vivre et à concourir, chacune à leur place et selon leur charisme propre et dans la liberté commune, au bien commun, mais en aucun cas à les combattre sur des bases arbitraires. L'Etat, le politique doit reconnaître et défendre les communautés.

Les communautés doivent dépasser le communautarisme et s'élever jusqu'au bien commun, à l'universel.

La dérive totalitaire de madame Le Pen me trouvera, à ma place, comme un de ses opposants résolus.

(1) J'invite le lecteur musulman qui me reprochait mon sectarisme à lire mon post du 18/07/08, donc ancien, sur l'incroyable décision du Conseil d'État français violant la liberté de conscience d'une musulmane.

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