25.3.16

Définition rousseauiste de la conscience et définition rationnelle

Saint Jean-Paul II a donné une définition de la conscience. Sauf erreur de ma part selon saint Jean-Paul II, la conscience est un jugement.

Mgr Ginoux juge que les auteurs des attentats sont tributaires de la conception rousseauiste de la conscience (vu sur Riposte catholique)

« C’est pourtant l’effritement de la notion du bien et du mal qui brouille le discernement et fait entrer dans une conception rousseauiste de la conscience humaine « tout ce que je sens être bien est bien, tout ce que je sens être mal est mal ». (Jean-Jacques Rousseau, L’Emile). »

Ce jugement de Rousseau est conforme aux données cartésiennes de l'existence humaine fondée sur une seule vérité. ("Je pense donc je suis", donc "Je vis et je pense sans règles objectives. La seule règle est de suivre ma nature.")

Dans la pensée de Rousseau tout ce qui s'oppose à la liberté animale de l'homme. Pour Rousseau "Tout ce qui a été créé par la raison et la volonté se dresse contre la nature." (J. Ratzinger Vérité et liberté, in Communio 1999) Difficile de rêver une pensée plus radicalement opposée à la culture. Rousseau tente de retrouver "l'état de nature", état psychologique et non historique selon Durkheim, qui donne l'homme dépouillé de tout ce qu'il doit à la société ou plutôt de tout ce que la société a corrompu en lui.

À l'opposé de la doctrine rousseauiste, se trouve saint Jean-Paul II.

Dans « Veritatis splendor » Jean-Paul II donne une définition de la conscience :

« la conscience (…) c’est-à-dire (…) un acte de l’intelligence de la personne, qui a pour rôle d’appliquer la connaissance universelle du bien dans une situation déterminée et d’exprimer ainsi un jugement sur la juste conduite à choisir ici et maintenant ; »

La conscience n’est donc pas arbitraire au plan individuel. Elle est d’autre part soumise à l’ordre public, selon le même saint Jean-Paul II dans ses expressions publiques.

« Les avocats et les membres des professions judiciaires ont ainsi la redoutable responsabilité de trouver les moyens de concilier les manifestations individuelles ou collectives des convictions qui s’enracinent au plus profond de la conscience avec les nécessités de l’ordre public, sans pour autant les réduire à de simples opinions, ce qui n’irait pas sans grand dommage pour la société et sans atteinte au droit des personnes. »

Discours du même au congrès des avocats 23 mars 1991.

La liberté de conscience est donc un élément de l’ordre public. En même temps le même ordre public limite l’expression de la conscience. L’ordre public s’impose à la conscience qu’il est chargé de former. L'ordre public n'est pas tributaire de l'opinion. Il n'est pas une simple opinion. Il doit être tenu fermement par tous. L'expression d'une conscience combattant l'ordre public est interdite.

Donc, Rousseau se trompait lorsqu’il faisait de la conscience une sorte d’instinct indépendant de l’intelligence. Rousseau, fourrier de Marx et de Darwin, affectait de considérer l’homme, au moins à titre d'hypothèse, comme une bête sans société comme une autre (Voir Du Contrat social).

La conscience au contraire est un « acte de l’intelligence », un jugement moral non arbitraire mais rendu selon des principes moraux dont les grands principes sont inscrits par Dieu dans le cœur de tout homme.

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