9.6.07

On ne combat pas pour les droits de l'homme en les violant

Les droits de l’homme ne se divisent pas : réflexions sur le procès des agissements illégaux de la CIA et des services de renseignements militaires italiens.

En Italie, à Milan devait s’ouvrir le procès de vingt-six agents de la CIA et de fonctionnaires italiens dont un général des services de renseignements militaires italiens.

Les agissement illégaux de ces personnes ont été dénoncés par le Conseil de l’Europe notamment par la voix de Dick Marty rapporteur spécial pour cette affaire au conseil de l’Europe. Le procès a été finalement renvoyé au 18 juin.

Il semble en effet, du moins c’est la thèse de l’accusation et celle de Monsieur Marty que des enlèvement illégaux d’imams ont été pratiqués sur le sol de l’Europe, dont notamment celui d’un certain Abou Omar sequestré en Egypte et, selon lui, torturé, après avoir été rapté en Italie.

Les musulmans, même fanatiques, doivent être traités dans le respect des droits de l’homme, donc des procédures judiciaires et des droits des personnes soupçonnées.

Il est bien certain que les prèches enflamés doivent être interdits, une parole peut être meurtrière. Je ne conteste pas les poursuites qui pourraient être engagées pour incitation à commettre des crimes. Mais ces poursuites éventuelles doivent se faire en respectant les personnes et les procédures.

Si nous tolérons les agissements illégaux au nom de l’efficacité, « nous » serons pris, à juste titre, pour des hypocrites.

Mais surtout, surtout, les droits humains doivent être respectés au nom des principes même. Tous les êtres humains dans leurs droits fondamentaux sont égaux. On ne peut faire le mal pour qu’il arrive un bien. On ne peut lutter pour des principes en méprisant ces principes quand nous agissons.

Aujourd’hui, après s’être fait élire en critiquant le gouvernement Berlusconi, accusé de vouloir étouffer l’affaire, le gouvernement Prodi va « encore plus loin » selon M. Marty, puisque ce gouvernement a saisi la Cour Constitutionnelle pour faire capoter le procès, en accusant le Parquet de Milan d’avoir violé des secrets d’Etat (il avait mis sur écoutes des militaires du SISMI, office du renseignement militaire italien). Ce qui signifierait la fin de l’accusation, par quasi inexistence du dossier.

Ces commentaires sont élaborés à partir des faits rapportés par le quotidien La Croix ici :

http://www.la-croix.com/afp.static/pages/070608151840.0xcit5mp.htm

3 commentaires:

Marie a dit…
Ce commentaire a été supprimé par un administrateur du blog.
seb a dit…

La guerre que nous déclarent les extrémistes n'est plus dans le cadre de la société humaine, régie par des valeurs morales: elle est dans une logique d'affrontement.
Je pense qu'être trop "gentil" ne mène à rien, dans certains cas. La gentillesse ne paie pas dans la nature: c'est le plus efficace qui l'emporte, sans aucune idée de moralité. S'il faut se salir les mains pour protéger la démocratie, faisons-le.

Denis Merlin a dit…

Chers amis, je ne crois pas que ce qui est en jeu c'est ne rien faire. Le problème c'est de faire tout selon les droits de l'homme, donc suivre les procédures pénales.

A mon avis, la répression n'en sera que plus efficace et comprise par tous.

Je suis d'accord avec vous sur la question des prêches enflammés qui peuvent être de véritables crimes.