5.6.07

Cardinal Lustiger : la mort et l'amour.

Je me souviens que Ronald Reagan deux ans avant sa mort, était apparu à la télévision pour dire aux téléspectateur, en substance, "je suis atteint d'Alzheimer, dans quelques temps je ne pourrais plus communiquer avec vous et je mourrais ensuite. Il m'a paru important de vous dire "adieu". C'est que m'a rappelé ce qui s'est passé le 31 mai.

Selon une dépêche de l’Associated Press, le Cardinal Jean-Marie Lustiger est venu faire ses adieux à l’Académie Française. C’était le 31 mai 2007. Il est venu faire ses adieux en chaise roulante à ses confrères de l’Académie Française.

http://fr.news.yahoo.com/01062007/5/le-cardinal-lustiger-a-fait-ses-adieux-ses-collegues-de.html

Nous sommes tous taraudés par l’idée de la mort.

C’est dans la mort qu’est la grande égalité de tous les hommes. J’y goûte l’amour que nous devons à notre prochain, mortel comme tous.

Chapitre 40 verset 5 de l’Ecclésiaste


"La colère, l'envie, le trouble, l'agitation, la crainte de la mort, l'aigreur et les querelles sont le partage de tous ;"
Traduction Crampon du site jesusmarie.com

Il est actuellement hospitalisé dans une unité de soins palliatifs. Il sait depuis septembre 2006 qu’il est atteint d’une maladie mortelle.

Dans cette unité le 26 mai, comme il avait soutenu la résistance anticommuniste en Pologne (il est d’origine polonaise) le gouvernement polonais lui a décerné un prix pour son action dans les années quatre-vingt du vingtième siècle. Il l’a reçu sur son lit d’hôpital.

« Le cardinal Jean-Marie Lustiger, archevêque émérite de Paris depuis 2005, a reçu samedi le « Prix Jan Nowak-Jezioraski », du nom d'un célèbre résistant polonais. »

http://www.radiovm.com/Nouvelles/Details.aspx?/=A&n=9655

Un ancien séminariste témoigne :

« Fils de juifs polonais, Aaron Lustiger s’est converti en 1940, prenant le prénom de Jean - Marie à son baptême catholique, est devenu archevêque de Paris en 1981. Il a été élevé à la pourpre cardinalice deux ans plus tard, avant d’abandonner sa charge en février 2005, en raison de son âge.

J’ai connu durant cinq ans le Séminaire de Paris, j’ai connu par grâce Monseigneur Lustiger, et c’est avec une émotion immense que je m’unis en prière avec cet homme qui m’a intensément appris l’amour de Dieu.

Benjamin Pyrz »

www.radinrue.com

Il a d’ailleurs suscité de nombreuses vocations sacerdotales dans son diocèse.

Ce n’est pas pour parler du cardinal, que j’écris ce post mais pour parler du courage que donne la foi devant la mort. Aller ainsi dire au revoir ou plutôt « adieu » à des collègues en leur disant, « je suis atteint d’une très grave maladie, je vais mourir, je vous vois pour la dernière fois. »

De plus, il l’a fait en plaisantant, puisque arrivé en retard et donc le dernier il a dit :

"Au ciel les premiers sont les derniers, donc je pense que je serai là-bas le premier à m'occuper, à prier, à avoir tous les soins possibles et tous mes voeux vis-à-vis de l'Académie"
Dernier arrivé, premier parti voulait-il dire.

C’est sublime car dans ce moment, il n’y a pas de mensonge. Si mensonge il y avait, il n’y aurait pas ce courage.

« Le soleil ni la mort ne se peuvent regarder en face » disaient les anciens Romains, le chrétien peut la regarder en face, la mort, du moins si le chrétien semblable à Mgr Lustiger.

Saint Thomas More disait que l’idée de la mort lui était familière et que c’est dans elle qu’il puisait sa force. La force du cardinal, il la puise dans certainement aussi dans cette méditation.

Je soupçonne beaucoup d’académiciens d’avoir eu le sentiment d'assister à un instant unique où nous "touchons" en commun la condition humaine dans un de ses plus hauts exemples, que cela se soit produit en public à l'occasion d'une élection, devant les journalistes en augmente le relief.

Comme son divin maître, le cardinal nous a aimé jusqu'à la fin.

3 commentaires:

Marie a dit…

C'est admirable.

Ma mère a vécu cette expérience. Elle a été très angoissée jusqu'au jour où elle a compris qu'elle était condamnée. A partir de là, elle a eu une conduite héroïque.

Contente de voir que vous êtes toujours là.

seb a dit…

La désinvolture devant la mort est un beau courage.

Moi qui ne crois pas en un après, moi qui pense que ma seule immortalité sera le plaisir de savoir que mes atomes serviront à d'autres choses et êtres, j'espère que j'aurai cette suprême élégance.

Denis Merlin a dit…

Merci de vos commentaires.

La vérité, je crois, permet une belle mort. Mais aimer jusqu'au dernier moment, penser aux autres dans ces moments, c'est très beau.

"La dernière heure décide de toutes", ce qui compte, c'est notre disposition au dernier moment. La plus belle disposition, c'est l'amour des autres et de soi.