10.11.10

Mgr Léonard s'explique sur le SIDA, les prêtres pédophiles et l'homosexualité

J'ai signé la pétition en faveur de Mgr Léonard, l'évêque belge attaqué par les chiens. En échange, avec d'aimables remerciements, j'ai reçu une circulaire du prélat intitulé "Je vous dois quelques explications".

En résumé ce texte dément le prélat ait dit que le SIDA était un châtiment divin, que les homosexuels seraient des anormaux et que les pédophiles âgés et malades devraient être laissés tranquilles.

Monseigneur dément ces trois accusations. Voici un court extrait de son texte :

"(...) quand des ministres de la santé font écrire sur les paquets de cigarettes : « le tabac nuit gravement à la santé », leur idée n’est pas que votre bronchite chronique ou votre cancer du poumon résulteront d’un châtiment divin et encore moins de leur décision, mais simplement qu’il résulte de votre tabagie. Ils invoquent donc implicitement le concept de « justice immanente »."


Ailleurs, il avait fait observer que "justice immanente" est une idée qui s'oppose à "justice divine". La justice immanente se trouve dans les choses, la justice divine est transcendante, elle ne se trouve pas dans les choses mais provient de Dieu qui est infiniment élevé au-dessus d'elles.

Si je ne soigne pas le moteur de ma voiture en omettant les vidanges et que le moteur tombe en panne de ce fait, c'est la justice immanente à ma négligence. Ce n'est d'ailleurs pas pour autant qu'il faille que moi ou un autre me tourmente et ajoute ainsi à mes ennuis. C'est juste une constatation objective. Si je me tourmente en plus, ce ne sera plus de la justice, mais de la maltraitance.

Toutefois, selon moi, la "justice immanente", est aussi la volonté de Dieu, auteur de la nature qui a laissé dans les choses la marque de sa volonté découlant de sa nature même. Il n'agit qu'avec poids et mesure et nous invite à l'imiter en notre qualité d'images de Lui-même.

"Vous avez réglé toutes choses avec mesure, et avec nombre, et avec poids." Sagesse 11,21, (extrait) traduction Fillion du site magnificat.

6 commentaires:

Anonyme a dit…

Oserai-je ?

Allez, j'ose...

Etant belge, je suis assez souvent confronté à l'avis de Mgr. Léonard, qu'il ne se prive pas d'exposer dans les médias. Et bien qu'il démente les accusations dont il est l'objet en argumentant, je ne peux pas être d'accord avec lui sur l'aspect "justice immanente" pour les malades du SIDA.

Ce qui gène, dans les propos de Mgr. Léonard, ce n'est pas "immanente", c'est "justice". Il laisse entendre que celui qui attrape cette maladie est puni, et que cette punition est juste. Reconstruisons donc son propos de chrétien...

Ce qu'il considère "juste", c'est la "punition" faite à ceux qui "dévient du droit chemin", c'est-à-dire ceux qui pratiquent la relation sexuelle hors mariage, ceux qui trompent leur époux(se)...

Mais ces épouses trompées qui ont contracté le SIDA suite à une relation sexuelle avec leur mari volage, doivent-elles aussi voir cela comme une "justice" ? Ces gens qui ont contracté la maladie suite à une transfusion, doivent-ils aussi accepter cela comme "justice" ?

Le problème, avec Mgr. Léonard, c'est qu'il aime trop les médias et qu'il se laisse trop facilement emporter par des déclarations "généralisantes". Tout le monde dans le même sac ! Par ailleurs, il a malheureusement trop souvent tendance à considérer que l'Eglise est "au-dessus de la société", plutôt que dedans... Il aurait tout à gagner à être moins doctrinaire et plus humaniste.

Denis Merlin a dit…

Vous critiquez, c'est votre droit, cependant on ne peut tout dire dans une interview. Il semble d'ailleurs que Mgr Léonard disait qu'il n'invoquait la "justice immanente" que à titre subsidiaire, comme quelque chose qui était envisageable.

Ce qui est en jeu, c'est la liberté d'expression, car "on" veut interdire l'expression d'une certaine pensée.

Evidemment pour ceux qui ont contracté le SIDA à la suite d'une transfusion, il ne s'agit pas de justice immanente, parce la maladie n'est pas le fruit de l'acte qu'ils ont posé. Cela chacun peut le comprendre. D'ailleurs Mgr Léonard lorsqu'il parle de "justice immanente" n'envisage la question que sous l'angle psychologique et moral, pas juridique.

Si ma voiture tombe en panne parce qu'elle a été mal réparée, ce ne sera pas la justice immanente de mon acte (absent en l'occurrence), mais la faute du garagiste. Il ne faut pas faire de l'analyse rationnelle, un principe de condamnation morale et surtout pas un principe de torture morale.

Les gens sont souvent dans l'erreur parce qu'ils ont raison (Gilson). Il faut examiner la chose sous différents angles et savoir sous quel angle on l'observe, avant de la proposer à la discussion. Sinon la discussion est un dialogue de sourds.

Mgr Léonard ne pouvait tout dire.

Denis Merlin a dit…

"Immanence" n'est pas un terme absolu, il s'entend toujours relativement à une notion. Ici "immanence", s'entend par rapport à l'acte. La justice est supposée résider dans l'acte lui-même.

Je crois d'ailleurs que Mgr Léonard ne faisait que proposer que ce terme complexe de "justice immanente" (sous-entendu "dans l'acte"), il ne l'imposait pas. Il proposait un critère d'analyse.

Ce qui est important, c'est la liberté d'expression, que tout le monde puisse s'exprimer sans qu'il soit menacé. C'est surtout cela qu'il y a lieu de défendre, pas spécialement la notion de "justice immanente à l'acte".

Anonyme a dit…

Remettons les choses à leur place : Mgr. Léonard n'était nullement obligé de répondre à la question qui lui était posée. Compte tenu de la position qu'il occupe dans la hiérarchie de l'Eglise, compte tenu aussi de son caractère "médiatique", l'homme sait parfaitement que ses propos vont être analysés, décodés, etc.

Il a le droit de s'exprimer, comme tout le monde. Mais sa position fait qu'il doit s'exprimer avec davantage de précautions. Même si c'est à titre très subsidiaire, affirmer qu'une maladie mortelle peut être une forme de "justice", qu'elle soit immanente ou non, suggère forcément que tout ceux qui en sont atteints ont mérité d'être punis. A la question "pensez-vous qu'il s'agisse d'une justice divine", il pouvait tout simplement répondre "non". Il a choisi de conserver l'aspect "justice", ce n'est donc pas anodin.

S'échiner à défendre ce point de vue - en particulier en se focalisant sur la différence entre justice divine et justice immanente, comme il a pu le faire - ne fait qu'empirer les choses, puisqu'il cherche ainsi à démontrer qu'il a raison, et que tous ceux qui s'offusquent "ont tort" ou "l'ont mal compris". C'est aussi en ce sens qu'il faut comprendre la position des divers intervenants, dont l'ex-porte-parole démissionnaire de Mgr. Léonard, position qui se résume à dire que si l'archevêque est si souvent mal compris dans les médias, il ferait peut-être mieux de tourner 77 fois sa langue dans sa bouche avant de s'y exprimer...

Mais Mgr. Léonard aime trop les apparitions médiatiques et les "petites phrases" pour s'astreindre à cette discipline, je le crains...

Denis Merlin a dit…

Je publie votre commentaire, bien qu'il comporte des attaques personnelles et gratuites à l'encontre de Mgr Léonard. Je le fais, comme sujet de méditations pour mes lecteurs que j'invite à rectifier d'eux-mêmes.

Anonyme a dit…

J'ai du mal à voir des "attaques personnelles" dans mes propos, mais soit...

Il semblerait que l'archevêque continue à avoir des problèmes avec ce sujet, vu que l'auteur du livre d'entretiens (pourtant un bon catholique !) compte bien porter plainte en diffamation...
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