15.10.07

Jean-Jacques Rousseau et l'amour (âmes sensibles s'abstenir)


A titre d'exemple je tire de son Discours sur l'Inégalité Jean-Jacques cette citation où il parle de l'amour entre l'homme et la femme. Négateur de l'amour, du mariage, négateur de la maternité, haine de la femme l'autoportrait n'est pas flatteur.

"Commençons par distinguer le moral du physique dans le sentiment de l’amour. Le physique est ce désir général qui porte un sexe à s’unir à l’autre ; le moral est ce qui détermine ce désir et le fixe sur un seul objet exclusivement, ou qui du moins lui donne pour cet objet préféré un plus grand degré d’énergie. Or il est facile de voir que le moral de l’amour est un sentiment factice ; né de l’usage de la société, et célébré par les femmes avec beaucoup d’habileté et de soin pour établir leur empire, et rendre dominant le sexe qui devrait obéir. Ce sentiment étant fondé sur certaines notions du mérite ou de la beauté qu’un sauvage n’est point en état d’avoir, et sur des comparaisons qu’il n’est point en état de faire, doit être presque nul pour lui. Car comme son esprit n’a pu se former des idées abstraites de régularité et de proportion, son coeur n’est point non plus susceptible des sentiments d’admiration et d’amour qui, même sans qu’on s’en aperçoive, naissent de l’application de ces idées ; il écoute uniquement le tempérament qu’il a reçu de la nature, et non le goût qu’il n’a pu acquérir, et toute femme est bonne pour lui."


C'est tiré du discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes.

Il est vrai qu'il avait commencé son "discours" par "commençons par écarter tous les faits" :

"Commençons donc par écarter tous les faits, car ils ne touchent point à la question. Il ne faut pas prendre les recherches, dans lesquelles on peut entrer sur ce sujet, pour des vérités historiques, mais seulement pour des raisonnements hypothétiques et conditionnels ; plus propres à éclaircir la nature des choses qu’à en montrer la véritable origine (...)"


En effet, sa considération de l'homme dans l'état de nature est purement imaginaire et il nous le dit.

Il est curieux qu'un pareil individu ait pu passer pour un grand homme et soit au Panthéon depuis 1793 !

"Tout a toujours très mal marché" disait, paraît-il, Bainville. Pie XII dit pareillement que l'on enjolive toujours le temps passé. Cela contredit la mère de Marie qui disait "c'était mieux avant". Quoique je pense qu'elle ait raison, car les moeurs, la civilité toute imprégnée de douceur a effectivement disparu sous les coups de boutoirs de tous les Jean-Jacques.

J'avais lu "les rêveries du Promeneur Solitaire" dernière oeuvre de Rousseau avant sa mort, et j'y avais pris du plaisir, je ne sais si j'en aurais autant aujourd'hui. Je lis ou relis pour mon blog "le Discours sur l'Inégalité" et le "Contrat Social". J'en ressens un profond malaise. Rousseau y apparaît comme un esprit profondément malade, haineux et méprisant pour l'être humain et en même temps flagorneur et inégalitaire :

"Il me suffit d’offrir ces objets à la considération de mes juges : il me suffit d’avoir fait en sorte que les lecteurs vulgaires n’eussent pas besoin de les considérer." ibidem


Ainsi distingue-t-il ses juges à qui il présente son discour (concours organisé par l'académie de Dijon) et le vulgum pecus

"puisqu’il est manifestement contre la Loi de Nature, de quelque manière qu’on la définisse, qu’un enfant commande à un vieillard, qu’un imbécile conduise un homme sage"
Qui est le juge de l'imbécillité ? Car il est meilleur que le plus prudent gouverne, mais personne n'est juge pour en faire avoir des conséquences juridiques de l'intelligence ou de l'imbécillité d'un détenteur de l'autorité.

Même s'il dit parfois des choses justes mais, elles sont toujours mêlées à des propos profondément dégoûtants.

2 commentaires:

Anonyme a dit…

Haha j'adore ! Denis Merlin, simplet provincial et blogueur, intellectuel à ses heures perdues, se veut plus intelligent que Jean-Jacques Rousseau ! Fais comme ça champion tu es sur la bonne voie...

Denis Merlin a dit…

Amusant de voir ces champions de l'égalité considérer qu'un homme est un prophète sacré et un autre homme parce que "provincial" et "simplet" n'est pas en mesure de critiquer la pensée du gourou.

Des étiquettes, et hop, le tour est joué : interdiction de penser déviationistement.

On viole ainsi la liberté de pensée, la liberté de conscience par la violence arbitraire.