16.4.10

Un lecture fantaisiste de "Gaudium et spes"


A l'occasion de recherches sur Proudhon (1809-1865), l'anarchiste antisémite du XIXème siècle, j'ai visité sur un curieux site intitulé "église réaliste". Ce genre de secte n'est en général qu'une émanation publique de la franc-maçonnerie.

Selon ce site le rédacteur de la constitution Gaudium et spes se serait inspiré de... Proudhon.

Quelles que soient les idées, à l'occasion sympathiques parfois beaucoup moins, de Proudhon, il semble manquer de culture, il n'a pu inspirer un texte vraiment profond et radical comme l'est Gaudium et spes.

Gaudium et spes ne contient pas moins de 172 notes de références à divers textes encore plus nombreux. Pas une note ne mentionne un texte de Proudhon.

Gaudium et spes est très puissant, d'une profondeur faisant vraiment réfléchir et ouvrant des horizons d'une grande beauté, un texte qui transporte au-delà de ce monde pour ouvrir à un bonheur infini et inconnu. Gaudium et spes apporte un bonheur intellectuel qui n'est pas de ce monde. Il est inspiré par une tradition pluri-millénaire remontant à Moïse formée par des références à la Genèse (note 114).

Gaudium et spes parle bien de la destination universelle des biens et de la solidarité, et de donner à chacun selon ses besoins, mais il en parle avec d'autres références que Proudhon. La "destination universelle des biens" au § 2 a pour références références saint Thomas d'Aquin, Léon XIII et Pie XII, Jean XXIII (notes 145 et 146).

Gaudium et spes parle aussi de la propriété privée comme d'un grand bien procurant de nombreux avantages sociaux. (§ 71) Elle est claire, nette et sans hésitation (alors que Proudhon semble avoir beaucoup hésité sur ce sujet).

Mais surtout Gaudium et spes s'enracine dans une tradition faite d'innombrables auteurs et n'est qu'une étape dans le développement de la "doctrine sociale". Ce n'est pas un texte idéologique s'inspirant d'un unique maître humain qui serait le "maître" indépassable, voire simplement fondateur. Elle s'enracine et appelle d'autres développements. C'est surtout en ce sens qu'elle ne peut pas, par ses principes même, s'inspirer de Proudhon, ni d'aucun humain en particulier.

3 commentaires:

Anonyme a dit…

Cher Monsieur, le site dont vous parlez est probablement fantaisiste, mais l'auteur du texte hébergé est Pierre Haubtmann, référence absolue sur Proudhon.
cordialement,

Denis Merlin a dit…

Le texte que l'on peut lire n'est pas à proprement parler "fantaisiste". Il a quelque chose de touchant.

Il est vrai qu'un certain nombre de thèmes semblables, semblent se trouver dans Proudhon et dans Gaudium et spes et ce n'est pas un hasard, mais d'ici à faire de Proudhon l'inspirateur de Gaudium et spes, non ! C'est tout. J'ai voulu seulement replacer l'oeuvre de Proudhon en perspective, disons selon ma perspective...

Je ne veux pas dénigrer le travail de monsieur Haubtmann ni l'oeuvre de Proudhon.

Anonyme a dit…

Désolé, mon cher Denis, de "déterrer" cet article, mais une de mes lectures du jour y faisait référence, et quelle ne fut pas ma surprise de constater que - d'une certaine manière - tu peux être qualifié, pour la hiérarchie de l'église catholique, d'hérétique. Ni plus ni moins.

En effet, selon diverses sources, celui qui était encore le cardinal Joseph Ratzinger semble considérer que Gaudium et spes relève du pélagianisme.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Semi-p%C3%A9lagianisme (Voir la fin de l'article)

http://www.culture-et-foi.com/dossiers/benoit_xvi/joseph_komonchak.htm (§8 et 9)

Ceci dit, ta position dans nombre de tes billets me fait effectivement penser que tu as pas mal de liens avec la doctrine de Pélage (http://fr.wikipedia.org/wiki/P%C3%A9lagianisme), que je tiens personnellement en plus haute sympathie que la doctrine catholique officielle... J'estime d'ailleurs, à titre personnel, que l'église catholique a raté un virage intéressant en optant pour Augustin contre Pélage...

Je serais curieux de connaître ta position et d'en discuter davantage avec toi...