21.3.08

Causes de la mort de Jésus-Christ (catéchisme du concile de Trente)

III. — CAUSES DE LA MORT DE JESUS-CHRIST.
Ces vérités ainsi exposées, les Pasteurs auront soin de développer, sur la Passion et la mort de Jésus-Christ, certaines considérations propres à faire méditer aux Fidèles, la profondeur d’un si grand mystère.
Et d’abord, ils diront quel est Celui qui a enduré toutes ces souffrances. C’est Celui dont la dignité est telle que nous ne pouvons ni la comprendre ni l’expliquer -, Celui dont Saint Jean a dit qu’Il est le Verbe qui était en Dieu ; Celui dont l’Apôtre Saint Paul a fait ce magnifique éloge , qu’il a été établi de Dieu héritier de toutes choses, que les siècles ont été faits par Lui ; qu’Il est la splendeur de la gloire et le caractère de la substance du Père ; qu’Il soutient tout par la parole de sa Puissance, qu’Il nous a purifiés de nos péchés, et qu’en conséquence, Il est assis à la droite de la Majesté suprême, au plus haut des cieux. Et, pour tout dire en un mot, Celui qui a souffert pour nous, c’est Jésus-Christ, Dieu et homme tout ensemble. Oui, c’est le Créateur qui souffre pour ses créatures ; c’est le Maître qui souffre pour ses esclaves. C’est Celui qui a créé les Anges, les hommes, le ciel et tous les éléments, enfin Celui en qui, par qui, et de qui toutes ces choses subsistent. Il ne faut donc pas nous étonner que lorsque l’Auteur de la nature fut si violemment agité par tant de tourments, l’édifice tout entier n’ait été ébranlé, et que, selon le récit de l’Écriture, la terre ait tremblé, que les rochers se soient fendus, que les ténèbres aient couvert toute la surface de la terre, et que le soleil se soit obscurci. Mais si ces créatures muettes et insensibles ont pleuré la mort de leur Créateur, quelles larmes ne doivent pas verser les Fidèles, et de quelle douleur ne doivent-ils pas être pénétrés, eux qui sont les pierres vivantes de la maison de Dieu ?
Il faut ensuite exposer les causes de la Passion, afin de rendre plus frappantes encore la grandeur et la force de l’Amour de Dieu pour nous. Or, si on veut chercher le motif qui porta le Fils de Dieu à subir une si douloureuse Passion, on trouvera que ce furent, outre la faute héréditaire de nos premiers parents, les péchés et les crimes que les hommes ont commis depuis le commencement du monde jusqu’à ce jour, ceux qu’ils commettront encore jusqu’à la consommation des siècles. En effet le Fils de Dieu notre Sauveur eut pour but dans sa Passion et dans sa Mort de racheter et d’effacer les péchés de tous les temps, et d’offrir à son Père pour ces péchés une satisfaction abondante et complète.
Il convient d’ajouter, pour donner plus de prix à son Sacrifice, que non seulement ce divin Rédempteur voulut souffrir pour les pécheurs, mais que les pécheurs eux-mêmes furent les auteurs et comme les instruments de toutes les peines qu’Il endura. C’est la remarque de l’Apôtre Saint Paul dans son épître aux Hébreux: Pensez, dit-il, en vous-mêmes à Celui qui a Souffert une si grande contradiction de la part des pécheurs élevés contre Lui, afin que vous ne vous découragiez point, et que vous ne tombiez point dans l’abattement.
Nous devons donc regarder comme coupables de cette horrible faute, ceux qui continuent à retomber dans leurs péchés. Puisque ce sont nos crimes qui ont fait subir à Notre-Seigneur Jésus-Christ le supplice de la Croix, à coup sur ceux qui se plongent dans les désordres et dans le mal crucifient de nouveau dans leur cœur, autant qu’il est en eux, le Fils de Dieu par leurs péchés, et Le couvrent de confusion. Et il faut le reconnaître, notre crime à nous dans ce cas est plus grand que celui des Juifs. Car eux, au témoignage de l’Apôtre, s’ils avaient connu le Roi de gloire, ils ne L’auraient jamais crucifié. Nous, au contraire, nous faisons profession de Le connaître. Et lorsque nous Le renions par nos actes, nous portons en quelque sorte sur Lui nos mains déicides.
Enfin la Sainte Écriture nous enseigne que Notre-Seigneur Jésus-Christ a été livré à la mort par son Père et par Lui-même. Le Prophète Isaïe fait dire à Dieu le Père: Je L’ai frappé à cause du crime de mon peuple. Et, quelques lignes plus haut, le même Prophète plein de l’Esprit de Dieu, voyant dans l’avenir le Sauveur couvert de plaies et de blessures, s’écriait: Nous nous sommes tous égarés comme des brebis. Chacun de nous a suivi sa voie, et le Seigneur a mis sur Lui les iniquités de nous tous. Puis en parlant de Dieu le Fils, il dit: S’Il sacrifie sa vie pour le péché, Il verra une longue postérité. Et l’Apôtre Saint Paul confirme cette vérité par des paroles encore plus décisives, tout en voulant nous montrer d’ailleurs ce que nous avons à espérer de la Miséricorde et de la Bonté infinie de Dieu: Celui, dit-il, qui n’a pas épargné son Propre Fils, mais qui L’a libéré pour nous tous, comment, avec Lui, ne nous aurait-il pas aussi donné toutes choses ? "

Extrait du site http://jesusmarie.free.fr/catechisme_du_concile_de_trente.html

Le catéchisme a été édité en 1564.

5 commentaires:

Michèle a dit…

Je reviens comme promis.
Je retiendrai cette phrase aujourd'hui:
" Pensez, dit-il, en vous-mêmes à Celui qui a Souffert une si grande contradiction de la part des pécheurs élevés contre Lui, afin que vous ne vous découragiez point, et que vous ne tombiez point dans l’abattement."

Ici je me sens bien .

"Ce qui importe avant tout, c'est d'entrer en nous-même pour y rester seul avec Dieu" Ste Th. d'Avila (1515-1582)

"Le Seigneur est le soutien de ma vie."

De chez moi, je vis ces temps de Pâques...certains jugeront mal cette absence , mais je crois être encore plus près du Seigneur que d'autres qui vont assister à tous les offices : pour faire bien aux yeux des voisins !

J'ai reçu aujourd'hui plusieurs signes : Eau de Lourdes par la poste + tél inattendu +++

Merci Denis.

Denis Merlin a dit…

Merci de très aimable message "ici je me sens bien". On ne peut me faire plus agréable compliment.

Marie a dit…

Elle est super, Michèle, et je suis contente qu'elle soit revenue sur votre blog, Denis. Je dois partir acheter du chocolat :-)) Je reviendrai moi aussi plus tard....

Faut-il que nous nous sentions coupables d'avoir été la cause de la mort du Christ ?

Denis Merlin a dit…

Ce texte est très ancien, la mentalité était très différente. Donc le prendre surtout pour un document historique remarquable puisque dès cette époque l'Eglise lutte contre l'antisémitisme.

Aujourd'hui les textes spirituels sont moins agressifs, d'autant que comme le dit Benoît XVI, nous n'avons pas demandé à vivre.

Je pense aussi souvent que ce sont des mystères que nous ne pouvons comprendre avec notre raison.

Je crois que si nous ne pleurons pas, nous devons considérer que les saints ont pleuré, mais des pleurs de reconnaissance et des pleurs d'amour qui leur faisait encore plus aimer. Puisque c'est sur l'amour que nous serons jugés.

Encore un point : selon Gilson, nous savons que Dieu existe, nous pouvons avoir une vague idée de ce qu'Il est puisqu'il nous a faits à son image (mais une image très lointaine) ; mais dans le fond, nous ne savons rien de Dieu qui est caché et inconnu. Nous sommes dans une certaine confusion au sujet de Dieu et donc des mystères de la religion.

Il faudrait aller voir le catéchisme de l'Eglise catholique, qui est beaucoup plus récent et donc certainement plus adapté à notre mentalité. Je me promets de le faire un jour...

Denis Merlin a dit…

A la réflexion je m'aperçois que je n'ai pas répondu à votre question.

Ce n'est pas une question de sensation de culpabilité. C'est de savoir que, mystérieusement, Jésus l'a fait pour nous, pour réparer nos fautes.

Il ne s'agit pas de se tourmenter, mais d'acquérir la paix par la certitude que nous sommes pardonnés, puisque Dieu a tout fait et au-delà pour nous.