Monsieur Peillon déclare au CRIF :
« La France, la Nation française, c’est d’abord une manière de vivre ensemble, catholiques, protestant, juifs, musulmans, athées… La laïcité, c’est le chemin que nous avons trouvé pour répondre à deux questions très anciennes – bien antérieures d’ailleurs à la Révolution française – celle de la cohabitation dans un pays à majorité catholique, mais multiconfessionnel, et celle de la nécessaire neutralité de l’État et de la liberté religieuse. »
C'est vrai que la laïcité, notion catholique (il y a une Église enseignante, ce sont les clercs, et une Église enseignée, ce sont les laïcs), fut habillement détournée par les idéologues laïcistes. Il semble vrai historiquement que le problème tel que le pose monsieur Peillon date de l'apparition du protestantisme et de la possibilité d'un chef d'État acatholique. (Contrairement à ce que l'on enseigne, les protestants ont persécuté les catholiques et détruit de nombreux monuments français du temps des guerres de religions et non l'inverse).
Ce que dit monsieur Peillon n’est pas tout à fait faux en l’occurrence. Il est vrai que l'État doit être neutre en ce sens qu'il doit respecter les droits universels de l'homme. Les catholiques ne professent pas une doctrine différente, car cette doctrine ne s'oppose en rien à la raison universelle de l'homme. Donc l'État peut professer le catholicisme.
De plus, l’identité suppose une culture. Donc l'identité française suppose une culture française. Tous les habitants de la France, quelles que soient leurs croyances ou incroyances, doivent respecter cette culture.
Or la culture française, c’est d’abord l’ordre catholique. Le repos du dimanche, c’est catholique. La fête de Noël, c’est catholique. Le mariage monogame, normalement indissoluble et l’amour matrimonial, c’est catholique, les églises dans les villes et les campagnes, c’est catholique, l’horreur de l’esclavage, c’est catholique, la liberté religieuse, c’est universel, français et catholique etc. C’est l’ordre public français qui protège la culture française.
Or monsieur Peillon, lui, veut détruire cette culture par le laïcisme, c'est-à-dire en tordant la doctrine catholique et l'ordre public français en définitive contre les droits universels et contre les droits particuliers des Français.
8.10.13
7.10.13
Suppression subreptice de la fête de la Circoncision par Paul VI
La fête de la Circoncision est au 1er janvier. Selon le "cybercuré" elle fut supprimée en 1969. Ce n'est pas mon avis. Voici pourquoi.
Comme l'a démontré Mgr Schneider, la "communion dans la main" n'a jamais été distribuée comme elle l'est aujourd'hui.
Je lisais hier un texte de Paul VI qui faisait référence au "Mouvement liturgique" dans la suppression subreptice de la fête de la Circoncision par le transfert d'une fête de la Vierge Marie "Marie, Mère de Dieu" instituée par Pie XI au 11 octobre.
En réalité, Paul VI n'avait pas le pouvoir de supprimer la fête de la Circoncision, et cela en vertu de la liberté religieuse et de la liberté de la culture. Il l'a pris, ce pouvoir, à sa façon habituelle : oblique, implicite. Il agressait la culture catholique en faisant semblant de "restaurer".
http://www.vatican.va/holy_father/paul_vi/apost_exhortations/documents/hf_p-vi_exh_19740202_marialis-cultus_fr.html
La distribution dans la main, par des laïcs, par intinction a pour but de diminuer le respect, donc la foi dans la présence réelle (ou dans la foi que la communion reçue sous l'espèce du pain contient Jésus tout entier dans son corps, son sang, son âme et sa divinité).
Sinon, pourquoi ces changements ? Nous serions en droit de poser la question que pose l'empereur Nicolas à propos de l'islam : montre-moi le progrès que ces changements et condamnations subreptices de la culture catholique ont apporté ? Qu'est-ce que cela a apporté de plus ?
http://92.catholique.fr/faq/fetes_noel_janvier_mere%20deDieu.htm#Suppression
La Circoncision est un mystère du Rosaire qui disparaît du calendrier liturgique subrepticement. La Circoncision est un mystère de foi : les premières gouttes de sang répandues par Jésus, dans de terribles souffrances, par obéissance à son Père. Elle était, elle est, le symbole d'unité des deux Testaments et de l'unité des juifs et des chrétiens.
Quel gâchis ! Heureusement nous avons la liberté religieuse pour nous. Et nous pouvons continuer à célébrer la Circoncision si nous le désirons.
Comme l'a démontré Mgr Schneider, la "communion dans la main" n'a jamais été distribuée comme elle l'est aujourd'hui.
Je lisais hier un texte de Paul VI qui faisait référence au "Mouvement liturgique" dans la suppression subreptice de la fête de la Circoncision par le transfert d'une fête de la Vierge Marie "Marie, Mère de Dieu" instituée par Pie XI au 11 octobre.
En réalité, Paul VI n'avait pas le pouvoir de supprimer la fête de la Circoncision, et cela en vertu de la liberté religieuse et de la liberté de la culture. Il l'a pris, ce pouvoir, à sa façon habituelle : oblique, implicite. Il agressait la culture catholique en faisant semblant de "restaurer".
http://www.vatican.va/holy_father/paul_vi/apost_exhortations/documents/hf_p-vi_exh_19740202_marialis-cultus_fr.html
La distribution dans la main, par des laïcs, par intinction a pour but de diminuer le respect, donc la foi dans la présence réelle (ou dans la foi que la communion reçue sous l'espèce du pain contient Jésus tout entier dans son corps, son sang, son âme et sa divinité).
Sinon, pourquoi ces changements ? Nous serions en droit de poser la question que pose l'empereur Nicolas à propos de l'islam : montre-moi le progrès que ces changements et condamnations subreptices de la culture catholique ont apporté ? Qu'est-ce que cela a apporté de plus ?
http://92.catholique.fr/faq/fetes_noel_janvier_mere%20deDieu.htm#Suppression
La Circoncision est un mystère du Rosaire qui disparaît du calendrier liturgique subrepticement. La Circoncision est un mystère de foi : les premières gouttes de sang répandues par Jésus, dans de terribles souffrances, par obéissance à son Père. Elle était, elle est, le symbole d'unité des deux Testaments et de l'unité des juifs et des chrétiens.
Quel gâchis ! Heureusement nous avons la liberté religieuse pour nous. Et nous pouvons continuer à célébrer la Circoncision si nous le désirons.
Un psychiatre poursuivi pour un certificat médical
Un médecin psychiatre de l'hôpital de Montfavet dans le Vaucluse est poursuivi devant le Conseil de l'ordre des médecins.
Selon l'article du Dauphiné :
« On lui reproche d’avoir établi un certificat, établissant le lien direct entre la maladie psychique d’une salariée de la grande distribution et la situation de harcèlement au travail qu’elle dénonçait. Le Dr Rodriguez estimait, en outre, que cette situation devait être reconnue en accident du travail. »
Normalement, un médecin écrit "troubles qu'elle attribue".
Le docteur se défend ainsi :
[le Conseil de l'ordre] rappelle, aussi, que « le médecin doit se garder d’attribuer la responsabilité des troubles de santé physiques, psychiques, au conflit conjugal, familial ou professionnel dont le patient lui a fait part. »
Des consignes contraires au code de la Santé, estime le Dr Rodriguez, qui considère qu’on lui « conteste le droit de faire un certificat où je mets un diagnostic, une cause et comment le traiter », [se] défend-il.
Passionnant débat. En effet l'appréciation du fait que les troubles sont induits par l'entourage fait partie du diagnostic, l'éviction peut faire partie des soins.
Sur le plan judiciaire si l'entourage est cause des troubles, il peut en être jugé responsable.
Le médecin ne donne qu'un avis qui n'est pas infaillible (je le sais par expérience). Peut-on lui interdire de donner son avis du moment que la décision finale s'agissant de faits incombe au tribunal qui apprécie les preuves et les faits souverainement ?
Si l'on me dit : la patiente faisant partie de la clientèle du médecin, l'avis médical ne sera pas neutre, je réponds : la loi admet aujourd'hui le constat d'huissier de justice, qui est payé par une partie, comme preuve (jusqu'à preuve contraire, souvent difficile à administrer), ce qui est pire que le certificat médical qui peut être librement apprécié par le tribunal (ne s'impose pas aux juges).
6.10.13
La princesse de Clèves: rhétorique
La Princesse de Clèves est un roman qui aurait servi de modèle à Balzac (selon la notice wikipedia). L'auteur, madame de La Fayette, faisait partie du mouvement artistique des "Précieuses" dont Molière s'est moqué à bon compte.
Voici un extrait du roman. La princesse de Clèves qui, mariée, n'a que de l'estime pour son mari et est secrètement amoureuse d'un autre homme, le duc de Nemours, rencontre sa mère madame de Chartres :
http://lettres.ac-rouen.fr/francais/tendre/partie1.html
Voici un extrait du roman. La princesse de Clèves qui, mariée, n'a que de l'estime pour son mari et est secrètement amoureuse d'un autre homme, le duc de Nemours, rencontre sa mère madame de Chartres :
« Il faut nous quitter, ma fille, lui dit-elle, en lui tendant la main ; le péril où je vous laisse, et le besoin que vous avez de moi, augmentent le déplaisir que j’ai de vous quitter. Vous avez de l’inclination pour monsieur de Nemours ; je ne vous demande point de me l’avouer : je ne suis plus en état de me servir de votre sincérité pour vous conduire. Il y a déjà longtemps que je me suis aperçue de cette inclination ; mais je ne vous en ai pas voulu parler d’abord, de peur de vous en faire apercevoir vous-même. Vous ne la connaissez que trop présentement ; vous êtes sur le bord du précipice : il faut de grands efforts et de grandes violences pour vous retenir. Songez ce que vous devez à votre mari ; songez ce que vous vous devez à vous-même, et pensez que vous allez perdre cette réputation que vous vous êtes acquise, et que je vous ai tant souhaitée. Ayez de la force et du courage, ma fille, retirez-vous de la cour, obligez votre mari de vous emmener ; ne craignez point de prendre des partis trop rudes et trop difficiles, quelque affreux qu’ils vous paraissent d’abord ; ils seront plus doux dans les suites que les malheurs d’une galanterie. Si d’autres raisons que celles de la vertu et de votre devoir vous pouvaient obliger à ce que je souhaite, je vous dirais que, si quelque chose était capable de troubler le bonheur que j’espère en sortant de ce monde, ce serait de vous voir tomber comme les autres femmes ; mais si ce malheur vous doit arriver, je reçois la mort avec joie, pour n’en être pas le témoin.
Madame de Clèves fondait en larmes sur la main de sa mère, qu’elle tenait serrée entre les siennes, et madame de Chartres se sentant touchée elle-même :
- Adieu, ma fille, lui dit-elle, finissons une conversation qui nous attendrit trop l’une et l’autre, et souvenez-vous, si vous pouvez, de tout ce que je viens de vous dire. »
Pour la mère de la Princesse de Clèves, l’amour conjugal passait avant la « réussite ».
L'extraordinaire beauté de ce texte ne doit pas nous cacher son expression d'une complication ravissante et sa construction géniale où la tendresse s'exprime avec un art réfléchi qui a préalablement banni l'émotion lors de l'écriture pour mieux l'exprimer lors de la lecture. Saint Vincent de Paul, paraît-il ne se permettait que quelques larmes lorsqu'on lui annonçait la mort d'un de ses protégés (un enfant abandonné).
5.10.13
Dignitatis humanæ contre le prosélytisme et pour la liberté des rites
« Mais, dans la propagation de la foi et l’introduction des pratiques religieuses, on doit toujours s’abstenir de toute forme d’agissements ayant un relent de coercition, de persuasion malhonnête ou peu loyale, surtout s’il s’agit de gens sans culture ou sans ressources. Une telle manière d’agir doit être regardée comme un abus de son propre droit et une atteinte au droit des autres. »
C'est extrait de Dignitatis humanæ §10 "Liberté de l'acte de foi". Cela concerne non seulement la foi catholique mais toutes les fois. C'est une donnée de la justice. Le prosélytisme viole la justice naturelle.
Ce texte condamne donc la façon dont les rites de Paul VI furent introduits et imposés en milieu catholique. Il est évidemment contraire à la liberté religieuse d'invectiver les fidèles avec des termes tels que "schismatiques" ou "hérétiques", ou pélagiens pour, en pratique, les empêcher de pratiquer leur religion comme ils l'entendent, pour leur faire accepter un rite qui ne peut être que proposé et jamais imposé du moment que plusieurs rites sont édités par les papes.
En effet, ce texte condamne toute violence et toute ruse dans « l’introduction des pratiques religieuses ». Les autres pratiques religieuses possibles ne peuvent donc être détruites ou vilipendées arbitrairement.
L'art d'interpréter les textes, un peu de méthode !
L'abbé de Tanoüarn à propos de Pie IX :
Ce bon abbé de Tanoüarn à propos de Vatican II :
Dignitatis Humanæ ne dit rien de ce qu'y trouve le bon abbé. Avec Dignitatis humanæ, nous sommes en matière de droit naturel, donc dans le champ de la raison et en matière sociale (matière sociale : qui ne concerne que les relations d'au moins deux individus jusqu'à un nombre indéterminé d'individus).
La foi, elle, est un acte individuel et une vertu infuse par Dieu (là, nous faisons de la théologie). Le relations sociales au sujet de la religion sont une autre matière.
D'autre part, un mode propre n'exclut rien. Si rire est le propre de l'homme (car seul l'homme dans la Création connue peut rire, Dieu lui-même ne peut rire car il ne peut être surpris), cela n'exclut pas que l'homme soit un animal raisonnable, c'en est même une conséquence. De même, lorsqu'on traite de religion entre individus rationnels égaux, on va trouver un mode propre aux hommes (animaux raisonnables) de procéder dans cette matière. Cela n'exclut pas les modes individuels de recherche de la vérité et de relations personnelles avec Dieu.
"Il est libre à chaque homme d'embrasser la religion qu'il aura réputée vraie selon la lumière de sa raison".
En réalité Pie IX condamne ici une opinion en matière de morale. Ni plus, ni moins.
Juste une précision importante : Pie IX formule cette proposition pour la condamner, car la lumière de la foi (lumen fidei) est supérieure à celle de la raison. »
Ce bon abbé de Tanoüarn à propos de Vatican II :
« Vatican II, lui, envisage la foi comme issue de l'enseignement, de l'échange et du dialogue. Il s'agit d'un processus rationnel et collectif. Et le Concile en fait "le mode de recherche propre à la personne humaine" qui exclut tous les autres. »
Dignitatis Humanæ ne dit rien de ce qu'y trouve le bon abbé. Avec Dignitatis humanæ, nous sommes en matière de droit naturel, donc dans le champ de la raison et en matière sociale (matière sociale : qui ne concerne que les relations d'au moins deux individus jusqu'à un nombre indéterminé d'individus).
La foi, elle, est un acte individuel et une vertu infuse par Dieu (là, nous faisons de la théologie). Le relations sociales au sujet de la religion sont une autre matière.
D'autre part, un mode propre n'exclut rien. Si rire est le propre de l'homme (car seul l'homme dans la Création connue peut rire, Dieu lui-même ne peut rire car il ne peut être surpris), cela n'exclut pas que l'homme soit un animal raisonnable, c'en est même une conséquence. De même, lorsqu'on traite de religion entre individus rationnels égaux, on va trouver un mode propre aux hommes (animaux raisonnables) de procéder dans cette matière. Cela n'exclut pas les modes individuels de recherche de la vérité et de relations personnelles avec Dieu.
Pas de titre juridique universel en vertu de la théologie
La théologie, la foi ne confèrent aucun droit universel sur quiconque et ne sont pas source directe du droit objectif universel. Seule la raison universelle de l'homme donne un à titre à être humain sur un autre être humain.
C'est pourquoi lorsque Pie IX condamne une opinion philosophique ou théologique, il n'entend conférer aucun droit spécial à ceux qui partagent (ou croient partager) les conclusions de son enseignement sur ceux qui ne les partagent pas (ou croient ne pas les partager).
C'est pourquoi lorsque Pie IX condamne une opinion philosophique ou théologique, il n'entend conférer aucun droit spécial à ceux qui partagent (ou croient partager) les conclusions de son enseignement sur ceux qui ne les partagent pas (ou croient ne pas les partager).
L'abbé de Tanoüarn à côté de la question
L'abbé de Tanoüarn critique la pensée du Pape François à propos de la conscience. Le pape François ayant dit quelques mots à ce sujet ne pouvait pas épuiser le sujet. Il est donc vain de tenter de critiquer quelques mots proférés dans une conversation à bâtons rompus. (Je signale que Jean-Paul II a publié une encyclique très éclairante sur le sujet de la conscience morale comme jugement).
Donc, je laisserai le sujet des affirmations du pape, pour seulement relever l'inadaptation de la pensée de l'abbé de Tanüarn à la véritable signification de Dignitatis humanæ et du Syllabus.
Voici un extrait du post de l'abbé de Tanoüarn tel que je l'ai trouvé sur le "Forum catholique" (sic) :
Ce qui invalide la critique de l'abbé, c'est que Dignitatis humanæ a pour sujet le droit. Alors que Pie IX s'exprime en matière de théologie. Ainsi la proposition condamnée par Pie IX est condamnée en tant qu'affirmation péremptoire et conclusion nécessaires de la raison universelle en matière de philosophie et de théologie. La raison universelle de l'homme condamne cette assertion. Il existe des raisons universelles relatives au choix de la religion.
Alors que, s'appuyant sur les données certaines de la raison universelle de l'homme, Dignitatis humanæ traite du droit qu'ont les hommes les uns sur les autres.
Avant de critiquer Dignitatis humanæ, il vaudrait mieux la lire attentivement et comprendre de quoi elle traite :
(Fin du préambule. Le préambule circonscrit la matière et le sujet traités)
Dignitatis humanæ traite donc de droits subjectifs et de droit objectif.
Donc, je laisserai le sujet des affirmations du pape, pour seulement relever l'inadaptation de la pensée de l'abbé de Tanüarn à la véritable signification de Dignitatis humanæ et du Syllabus.
Voici un extrait du post de l'abbé de Tanoüarn tel que je l'ai trouvé sur le "Forum catholique" (sic) :
« C'est exactement la doctrine de la conscience dans Vatican II. Le pape ne dit pas cela de lui-même. Il répète ce qu'a dit le Concile. J'ai toujours pensé personnellement - et j'ai écrit dans mon livre Vatican II et l'Evangile, épuisé mais votre disposition sur le Web - que cette doctrine de la conscience comme sujet de l'acte de foi était calamiteuse pour l'Eglise, qu'elle tendait à transformer en une Ecole de philosophie - avec sur le plan du recrutement les conséquences calamiteuses que l'on peut imaginer. Les philosophes, dans tous les groupes humains ne constituent qu'une toute petite minorité. Pour l'Eglise universelle, cette transformation pourrait la mener à mettre la clé sous la porte...
Voici le texte de Vatican II, Dignitatis humanae §3, qui ressemble beaucoup au début de l'extrait de l'entretien du pape avec Scalfari :
"La vérité doit être cherchée selon la manière propre à la dignité de la personne humaine et à sa nature sociale, à savoir par une libre recherche, avec l'aide du magistère, c'est-à-dire de l'enseignement, de l'échange et du dialogue par lesquels les uns exposent aux autres les vérité qu'ils ont trouvé ou pensent avoir trouvé afin de s'aider mutuellement dans la quête de la vérité". Et encore : "Chacun a le devoir de chercher la vérité en matière religieuse, afin de se former prudemment un jugement de conscience droit et vrai en employant les moyens appropriés".
Petite différence : le pape François n'évoque pas l'aide du magistère. Pour lui, la recherche personnelle semble devoir être absolument libre et l'examen de la vérité chrétienne ne doit rencontrer aucun obstacle ni aucune limite. J'ai l'impression de lire le commentaire que donne le Père Theobald (autre jésuite franco-allemand) à la Constitution Dei Verbum. L'Evangile c'est d'abord un style. Sur le fond, chacun est libre. Je dois dire que cette perspective me fait terriblement penser à une formule de Pie IX qui forme la proposition 15 du Syllabus :
Voici la critique de l'abbé de Tanoüarn sur la pensée du pape François au sujet de la "conscience" :
"Il est libre à chaque homme d'embrasser la religion qu'il aura réputée vraie selon la lumière de sa raison".
Juste une précision importante : Pie IX formule cette proposition pour la condamner, car la lumière de la foi (lumen fidei) est supérieure à celle de la raison. Vatican II, lui, envisage la foi comme issue de l'enseignement, de l'échange et du dialogue. Il s'agit d'un processus rationnel et collectif. Et le Concile en fait "le mode de recherche propre à la personne humaine" qui exclut tous les autres. »
Ce qui invalide la critique de l'abbé, c'est que Dignitatis humanæ a pour sujet le droit. Alors que Pie IX s'exprime en matière de théologie. Ainsi la proposition condamnée par Pie IX est condamnée en tant qu'affirmation péremptoire et conclusion nécessaires de la raison universelle en matière de philosophie et de théologie. La raison universelle de l'homme condamne cette assertion. Il existe des raisons universelles relatives au choix de la religion.
Alors que, s'appuyant sur les données certaines de la raison universelle de l'homme, Dignitatis humanæ traite du droit qu'ont les hommes les uns sur les autres.
Avant de critiquer Dignitatis humanæ, il vaudrait mieux la lire attentivement et comprendre de quoi elle traite :
« En outre, en traitant de cette liberté religieuse, le saint Concile entend développer la doctrine des Souverains Pontifes les plus récents sur les droits inviolables de la personne humaine et l’ordre juridique de la société. »
(Fin du préambule. Le préambule circonscrit la matière et le sujet traités)
Dignitatis humanæ traite donc de droits subjectifs et de droit objectif.
Un lecteur m'interroge à propos de l'augustinisme politique
J'ai reçu hier le message suivant :
« Bonjour,
Dans votre article (http://denismerlin.blogspot.ch/2013/09/contre-les-sedevacantistes.html), vous affirmez que les papes n'ont pas abandonné l'augustinisme politique. Cela m'intéresse. Pourriez-vous le démontrer? Vatican II n'est-il pas à fond contre l'augustinisme politique, surtout dans son décret sur la liberté religieuse?
Merci d'avance pour votre réponse »
J'ai consacré de nombreux posts à ce sujet et à des sujets voisins. Il faudrait taper dans le moteur de recherche des mots tels que "Syllabus", "Dignitatis humanæ", "Gaudium et spes", "liberté religieuse", "tolérance", "augustinisme politique" (j'y ai consacré un autre post que celui auquel fait référence mon lecteur) etc.
Pour mon lecteur je vais tenter de résumer à grands traits ce que je crois avoir compris de la lecture des documents pontificaux. Ces documents pontificaux sont cohérents entre eux (contrairement à la thèse commune aux "progressistes" - de ce pauvre Émile Poulat par exemple - et aux "traditionalistes).
Avant d'entrer dans le vif du sujet nous procèderons pour aujourd'hui à quelques distinctions et énoncerons quelques notions nécessaires à la compréhension des textes.
Donc, pour bien comprendre, il faut préalablement distinguer juridique (nécessairement social) de moral (social ou personnel), faculté d'obligation (juridique ou morale), ordre public universel et ordre public national, transcendance de la destinée humaine (l'homme est sacré, c'est-à-dire mis à part pour Dieu), données de la raison (donc opposables universellement) de données de la foi (opposables aux seuls croyants juifs ou chrétiens, les papes contemporains considérant que les juifs sont des chrétiens qui s'ignorent et ayant tendance à supprimer la distinction).
Ce préalable est nécessaire. Faute de maîtriser ces notions et distinctions, la discussion sera désordonnée et finalement sans fruit.
(À suivre)
4.10.13
Les problèmes posés à la conscience catholique par les décisions du pape François
Extrait d'un article du Parisien du 18 mars 2009 :
Mise à jour du 6 octobre 2013 :
En septembre 2011 sort le film "Habemus papam" film bafouant la liberté religieuse, se moquant arbitrairement de la papauté et dont le synopsis se termine ainsi : « Quand il se présente au balcon, Melville [le cardinal élu pape dans le scénario] refuse sa nouvelle position [de pape] et annonce aux fidèles et au monde « Je ne suis pas le chef dont vous avez besoin », et quitte le balcon, laissant la place Saint-Pierre plongée dans le silence. » Ce film à lui seul est une menace sous condition (si tu ne démissionne pas, nous te ferons passer pour fou) au Pape de l'époque.]
C'est la déclaration de monsieur Juppé début 2009 à propos de Benoît XVI. Il ne faisait rien moins que d'accuser le pape de l'époque de maladie mentale grave. Monsieur Juppé n'est pas un fervent d'exercices de piété catholique. Mais il a sans doute plus d'influence dans l'Église que les gens confits en piété puisque quatre ans plus tard, le Pape au discours si profond et si respectueux, mais honni par monsieur Juppé renonçait. Selon certains il cédait aux loups dont monsieur Juppé n'était que le porte-parole.
La démission de Benoît XVI fut-elle forcée ? Probable.
Le nouveau pape se déchaîne contre les anciens papes et leurs cardinaux. Selon, lui les seuls problèmes de l'humanité qui vaillent la peine d'être discutés sont le chômage des jeunes et la solitude des vieillards. Les fœtus jetés dans les fours crématoires apprécieront que leur détresse ne soit pas un problème. Ces déclarations, parmi d'autres, sont déconcertantes.
Quoi qu'il en soit nous aurons toujours le droit naturel et la liberté religieuse que Dieu nous a conférés directement avant même que l'Église ne nous donne la foi.
Je pense au clergé. Il doit endurer d'indicibles souffrances (insultes, autoritarisme, ordres sans titre). Serrons donc les rangs autour de "nos" prêtres.
Enfin, si François a été élu par les grands laïcs de ce monde qui auraient forcé Benoît XVI à la démission, François vient de l'extérieur de l'Église. C'est un pape politique. Il n'en est pas moins pape. Mais cela nous oblige à mieux tenter de cerner nos devoirs et nos droits.
Par exemple, les franciscains de l'Immaculée ont des droits que Dieu leur a conférés directement et ces droits sont bafoués par François. À mon avis, ils seraient en droit d'exercer leur liberté sans qu'aucune sanction valable ne puisse leur être infligée. Il n'y a pas de droit contre la liberté religieuse.
Dignitatis humanæ traite des rapports des hommes avec les pouvoirs civils. Mais c'est au niveau des principes qui l'inspirent infailliblement que je cherche le titre hypothétique à l'interdiction d'usage du missel édité par Jean XXIII. Ce titre à restreindre la liberté des prêtres ne peut exister. Cette interdiction est nulle radicalement en vertu de la dignité humaine commune à toute l'humanité. La foi catholique ne prive pas les fidèles de leur dignité, au contraire. Le pape ne peut interdire des prières et des rites qu'en invoquant un risque pour la foi. Or un missel édité par un pape ne peut être dangereux pour la foi.
Donc, un pape n'a aucun titre à interdire des formules de prières éditées par un de ses prédécesseurs. À ma connaissance, je suis le seul à le dire.
« "Il y a un vrai problème", "je sens autour de moi un malaise profond", a ajouté M. Juppé, qui a "l'impression" que le pape "vit dans une situation d'autisme total". »[Mise à jour du 05 octobre à partir d'un post du Forum catholique : http://www.france-amerique.com/articles/2012/01/27/beno_t_xvi_s_oppose_a_barack_obama.html et encore : http://www.vatican.va/holy_father/benedict_xvi/speeches/2012/january/documents/hf_ben-xvi_spe_20120119_bishops-usa_fr.html. Benoît XVI faisait grincer trop de dents, dents appartenant à des gens très puissants.
Mise à jour du 6 octobre 2013 :
En septembre 2011 sort le film "Habemus papam" film bafouant la liberté religieuse, se moquant arbitrairement de la papauté et dont le synopsis se termine ainsi : « Quand il se présente au balcon, Melville [le cardinal élu pape dans le scénario] refuse sa nouvelle position [de pape] et annonce aux fidèles et au monde « Je ne suis pas le chef dont vous avez besoin », et quitte le balcon, laissant la place Saint-Pierre plongée dans le silence. » Ce film à lui seul est une menace sous condition (si tu ne démissionne pas, nous te ferons passer pour fou) au Pape de l'époque.]
C'est la déclaration de monsieur Juppé début 2009 à propos de Benoît XVI. Il ne faisait rien moins que d'accuser le pape de l'époque de maladie mentale grave. Monsieur Juppé n'est pas un fervent d'exercices de piété catholique. Mais il a sans doute plus d'influence dans l'Église que les gens confits en piété puisque quatre ans plus tard, le Pape au discours si profond et si respectueux, mais honni par monsieur Juppé renonçait. Selon certains il cédait aux loups dont monsieur Juppé n'était que le porte-parole.
La démission de Benoît XVI fut-elle forcée ? Probable.
Le nouveau pape se déchaîne contre les anciens papes et leurs cardinaux. Selon, lui les seuls problèmes de l'humanité qui vaillent la peine d'être discutés sont le chômage des jeunes et la solitude des vieillards. Les fœtus jetés dans les fours crématoires apprécieront que leur détresse ne soit pas un problème. Ces déclarations, parmi d'autres, sont déconcertantes.
Quoi qu'il en soit nous aurons toujours le droit naturel et la liberté religieuse que Dieu nous a conférés directement avant même que l'Église ne nous donne la foi.
Je pense au clergé. Il doit endurer d'indicibles souffrances (insultes, autoritarisme, ordres sans titre). Serrons donc les rangs autour de "nos" prêtres.
Enfin, si François a été élu par les grands laïcs de ce monde qui auraient forcé Benoît XVI à la démission, François vient de l'extérieur de l'Église. C'est un pape politique. Il n'en est pas moins pape. Mais cela nous oblige à mieux tenter de cerner nos devoirs et nos droits.
Par exemple, les franciscains de l'Immaculée ont des droits que Dieu leur a conférés directement et ces droits sont bafoués par François. À mon avis, ils seraient en droit d'exercer leur liberté sans qu'aucune sanction valable ne puisse leur être infligée. Il n'y a pas de droit contre la liberté religieuse.
| Édile italien se présentant à la communion vêtu de son écharpe |
« Ce Concile du Vatican déclare que la personne humaine a droit à la liberté religieuse. Cette liberté consiste en ce que tous les hommes doivent être exempts de toute contrainte de la part tant des individus que des groupes sociaux et de quelque pouvoir humain que ce soit, de telle sorte qu’en matière religieuse nul ne soit forcé d’agir contre sa conscience ni empêché d’agir, dans de justes limites, selon sa conscience, en privé comme en public, seul ou associé à d’autres. Il déclare, en outre, que le droit à la liberté religieuse a son fondement réel dans la dignité même de la personne humaine telle que l’ont fait connaître la Parole de Dieu et la raison elle-même [2]. [souligné par moi] »
Dignitatis humanæ traite des rapports des hommes avec les pouvoirs civils. Mais c'est au niveau des principes qui l'inspirent infailliblement que je cherche le titre hypothétique à l'interdiction d'usage du missel édité par Jean XXIII. Ce titre à restreindre la liberté des prêtres ne peut exister. Cette interdiction est nulle radicalement en vertu de la dignité humaine commune à toute l'humanité. La foi catholique ne prive pas les fidèles de leur dignité, au contraire. Le pape ne peut interdire des prières et des rites qu'en invoquant un risque pour la foi. Or un missel édité par un pape ne peut être dangereux pour la foi.
Donc, un pape n'a aucun titre à interdire des formules de prières éditées par un de ses prédécesseurs. À ma connaissance, je suis le seul à le dire.
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