28.11.12

Une société de confiance

Gaudium et spes enseigne que la méfiance est une passion égoïste (voir mon précédent post). Bâtir une société de confiance est l’une des tâches des hommes ici et maintenant, en vue d'une société de paix.

A propos, le marxisme, le nietzschéisme, le freudisme, le darwinisme sont des idéologies de la méfiance (le soupçon nait, à tort ou à raison dans un esprit méfiant).

Le marxisme soupçonneux engendre la méfiance.


Voici ce que l'on peut lire sur un blog libertaire :


« Depuis l’ère du soupçon, inaugurée par Marx, Nietzsche et Freud, le mot idéologie désigne le mensonge à soi-même autour duquel s’élaborent les philosophies, les religions et d’une manière générale les systèmes d’idées. De même que, selon Nietzsche, l’humilité est érigée en vertu par le ver de terre qui veut échapper ainsi à l’insoutenable spectacle du pied qui l’écrase, de même, selon Marx, les religions et les philosophies, qu’il appellera idéologies pour cette raison, sont l’opium du peuple, c’est-à-dire des constructions de l’esprit dont le but apparent est de dire le sens de la vie, mais dont la fonction réelle est de masquer une situation intolérable. »

Enfin, si l'on veut, car si l'on voit l'homme comme un loup pour l'homme, il ne peut plus exister de société de confiance. Hobbes (1588 - 1679), disciple de Descartes a involontairement dévoilé les conséquences de la pensée de son maître, c'est donc bien avant Marx, Nietzsche et Freud qu'il faut chercher l'origine de l'idéologie de la défiance.

Bâtir la paix selon Gaudium et spes


« Pour bâtir la paix, la toute première condition est l’élimination des causes de discorde entre les hommes : elles nourrissent les guerres, à commencer par les injustices. Nombre de celles-ci proviennent d’excessives inégalités d’ordre économique, ainsi que du retard à y apporter les remèdes nécessaires. D’autres naissent de l’esprit de domination, du mépris des personnes et, si nous allons aux causes plus profondes, de l’envie, de la méfiance, de l’orgueil et des autres passions égoïstes. Comme l’homme ne peut supporter tant de désordres, il s’ensuit que le monde, même lorsqu’il ne connaît pas les atrocités de la guerre, n’en est pas moins continuellement agité par des rivalités et des actes de violence. »
http://www.vatican.va/archive/hist_councils/ii_vatican_council/documents/vat-ii_cons_19651207_gaudium-et-spes_fr.html

Les causes des conflits se trouvent donc dans les injustices et les inégalités excessives. Plus profondément dans le mépris de la personne humaine, l'esprit de domination, puis encore plus profondément dans la pathologie de la psychologie : envie, méfiance, orgueil ainsi que finalement dans l'égoïsme source la plus profonde de tous les maux sociaux. On va ainsi , des causes les plus apparentes, aux causes les plus cachées et les plus profondes.

Commentaire sur un extrait du message du Concile Vatican II aux femmes

Selon le blog de monsieur Daoudal, le Concile Vatican II s'est adressé aux femmes en ces termes :


Dans le message aux femmes, qui ont « toujours en partage la garde du foyer, l’amour des sources, le sens des berceaux », le concile a le courage de proclamer que « l’Eglise est fière d’avoir magnifié et libéré la femme ».
  
Je me fais souvent cette réflexion que nous sommes tous nés d'une femme qui nous a mis au monde. Aussi lorsqu'un homme agit bien, il honore sa mère et en elle, les autres femmes (c'est la grande solidarité de l'humanité). C'est pourquoi cette concurrence entre les hommes et les femmes ne me semble possible que si l'on oublie le sens particulier de la vocation féminine et la solidarité humaine.

« Heureuses les entrailles qui t'ont porté et les seins qui t'ont allaité. » Cette phrase de l'évangile de saint Luc est d'une femme s'adressant au Sauveur (saint Luc écrivait en quelque sorte sous la dictée de la Mère de Dieu. Le récit doit donc être un témoignage de cette dernière), nous révèle la psychologie féminine et la solidarité de tout homme avec sa mère. Même si Jésus, Notre-Seigneur, rappelle à cette femme en lui répondant que ce qui fait surtout la gloire d'une femme est d'écouter la parole de Dieu et de la garder, comme la mère du Sauveur qui "gardait toutes ces choses dans son cœur" (Lc 2,51). En quelque sorte il lui rappelle que ce qui fait son bonheur est plus en elle qu'au dehors d'elle.


Les bêtes nuisibles sont protégées, mais pas les fœtus

http://www.ledauphine.com/savoie/2012/11/27/les-eleveurs-veulent-se-proteger-du-loup

Les attaques de loups sur les troupeaux d'ovins causent toujours plus de dommages.

Cela n'est pas gratuit, car si on indemnise les éleveurs, c'est tout le monde qui paie et de toutes les façons seront les humains qui paieront (financièrement et psychologiquement. Il faut faut donc éradiquer le loup introduit artificiellement (évidemment réintroduit, nier ce fait, c'est nier l'évidence).

D'ailleurs, même s'il n'avait pas été réintroduit, le droit au fruit de son travail devrait rendre illicite ces réglementations protégeant une bête nuisible. C'est un droit de l'homme découlant du droit de propriété et du droit de vivre donc du droit à la nourriture (en ces périodes où la faim n'est pas éradiquée, c'est particulièrement scandaleux) de détruire ces sales bêtes.

A quand le vote à l'Institut du Bon Pasteur

Les histoires de vote à l'UMP nous font oublier qu'une institution religieuse a, elle aussi, à revoter.

Quand le nouveau scrutin de l'Institut du Bon Pasteur se tiendra-t-il ?

Voter pour savoir s'il faut voter

Maguelone 84 a une formule vraiment désopilante (vue sur le Salon beige) :


« Moi je suis pour qu'on vote pour savoir s'il faut un referendum pour déterminer s'il faut revoter. »

En continuant cela pourrait donner l'idée de l'infini de la Vache qui rit (qui a ses boucles d'oreilles qui représentent son portrait).

Les punisseurs judiciaires

Vu sur le blog de monsieur Daniel Schneidermann (via Nouvelles de France) un exposé en vidéo sur les punisseurs.

Les punisseurs sont des personnes affligées d'un défaut de caractère. Ils veulent punir, c'est leur passion, même si cela leur coûte. Les moyens pour obtenir la souffrance de leur adversaire dans de nombreux cas ne peut être en définitive que judiciaire. Mais comme ils n'ont pas d'autorité judiciaire, alors ils manipulent, au besoin l'autorité judiciaire ou les auxiliaires de justice (ou le fisc, ou la police tout ce qui est substitut du père)

http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=5396 (il m'a été impossible d'insérer cette vidéo sur mon blog).

Selon cette vidéo, monsieur Fillion ferait partie de cette catégories de personnes. Ainsi après avoir admis sa défaite, il prétend maintenant ne pas être intéressé par le poste qu'il brigue, mais qu'il serait mû uniquement par un souci de ne pas voir l'injustice triompher sans avoir rien fait pour l'en empêcher.

En réalité, monsieur Fillion n'est pas véritablement un "punisseur", ce qu'il cherche ce n'est pas que son adversaire souffre. C'est là où la comparaison n'est pas vraiment valide.

Le punisseur est un pervers et un manipulateur, ce que n'est, à l'analyse du discours et des comportements, pas monsieur Fillion.

Tout en gardant à l'esprit que les catégories psychologiques sont nécessairement approximatives (la psychologie humaine est un abîme incompréhensible), il n'en reste pas moins que cette catégorie psychologique est intéressante en ce qu'elle explique un certain nombre de comportements pervers particulièrement bien dissimulés parce qu'ils comprennent la souffrance de l'auteur de la punition lui-même. Le punisseur punit, alors que cela lui coûte. Il n'a besoin que de la complicité des autorités (judiciaires la plupart du temps) qui peuvent, elles aussi, avoir envie de punir les méchants fachistes (par exemple). Dès lors on se trouve en présence d'autorités judiciaires punisseuses. Et tant pis pour le bien commun (pour les populations, pour le bien général), évidemment puisque les punisseurs, judiciaires ou non, sont des passionnés.

Quelques vérités sur l'attaque de la manifestation de Civitas



Quelques vérités sur les Femen et la manifestation de Civitas, mais aussi sur les médias qui ne peuvent pas ne pas s'être aperçu qu'ils mentaient. Ne peuvent être trompés que ceux qui veulent l'être, c'est une manipulation cousue de fil rouge.

Une autre vidéo démontre aussi que les photographies étaient en réalité truquées (non par montage, mais par les commentaires). Les gens que j'ai vu sur les vidéos ne faisaient qu'agir pour la légitime défense des enfants attaqués, par ces femmes en tenues de prostituées.

Je le dis d'autant plus librement que je ne suis pas d'accord avec "Civitas" dont la communication charrie de trop importantes erreurs intellectuelles pour que l'on puisse soutenir ce mouvement en tant que tel (on peut occasionnellement soutenir certaines de ses initiatives).

Non pas un règne politique, mais un règne sur la politique


Extrait du sermon de Benoît XVI lors de la messe du Christ-Roi 2012 :

« (…) [Jésus] a été arrêté, insulté, raillé, et ses ennemis espèrent obtenir maintenant sa condamnation au supplice de la croix. Ils l’ont présenté à Pilate comme quelqu’un qui aspire au pouvoir politique, comme le prétendu roi des juifs. Le procureur romain mène son enquête et interroge Jésus : « Es-tu le roi des Juifs ? » (Jn 18, 33). Répondant à cette demande, Jésus précise la nature de son règne et de sa messianité-même, qui n’est pas un pouvoir mondain, mais un amour qui sert ; il affirme que son règne ne doit pas être absolument confondu avec un règne politique quelconque : « Ma royauté ne vient pas de ce monde … Non, ma royauté ne vient pas d’ici » (v. 36).
 [Pilate] pose une question (…) : « Alors, tu es roi ? ». Quel genre de roi peut être un homme dans ces conditions-là [dans la situation d'un accusé dépouillé de tout, sans police, sans armée, sans fortune, sans rien] ? Mais Jésus répond par l’affirmative : « C’est toi qui dis que je suis roi. Je suis né, je suis venu dans le monde pour ceci : rendre témoignage à la vérité. Tout homme qui appartient à la vérité, écoute ma voix » (18, 37). Jésus parle de roi, de royaume, cependant, il ne se réfère pas à la domination, mais à la vérité. »

La politique fascine. Un simple ministre vit une vie exaltante :  aucun souci matériel, des serviteurs de haut niveau comprenant facilement vos désirs, des interlocuteurs intelligents et enrichissants, des décisions qui s'imposent à des dizaines de millions d'individus ; qui peut mener une vie semblable à celle d'un ministre ? Même un milliardaire n'a pas une vie comme celle-là.

Pourtant Jésus n'en a pas voulu. Car la politique est soumise à un règne plus important : celui de la vérité. C'est donc bien plutôt l'ordre politique qui doit être soumis à Jésus qui est la vérité et cette soumission sera volontaire et non obtenu par la force.

« Notre histoire — l'effort personnel et collectif pour élever la condition humaine — commence et culmine en Jésus : grâce à lui, par lui et pour lui, toute réalité, y compris la société humaine, peut être conduite au Bien suprême, à son achèvement. Une vision purement historique et matérialiste finirait par transformer le bien commun en simple bien-être socio-économique, privé de toute finalisation transcendante, c'est-à-dire de sa raison d'être la plus profonde. »

(Compendium, 170)

Car l'ordre politique, outre qu'il est subordonné au bien des individus et des familles, a Jésus 1) pour condition 2) pour véritable acteur et 3) pour fin transcendante (c'est-à-dire, qui est d'un ordre supérieur - en l'occurrence à l'ordre terrestre -). Nous sommes ici à équidistance entre les libéraux qui ne veulent pas voir en Jésus la condition, l'acteur et la fin de l'ordre politique commun et les "intégristes" qui croient que c'est saint Pierre qui avait la bonne solution (Jn 18 10-11), sans préjudice cependant de la légitime défense des droits universels de l'homme dont les droits culturels et ethniques particuliers et contingents que le Christ garantit par ailleurs.

27.11.12

Marcel Proust défenseur de la messe traditionnelle catholique et française

On connaît l'article du 16 août 1904 paru dans le Figaro contre le projet de loi de Briand qui devait devenir la loi du 9 décembre 1905. (Copié sur Gallica)

Cet article est un précieux témoignage sur la culture religieuse française. Heureusement une autre partie du clergé a préservé ce trésor de la culture.

Voici un petit extrait de ce long article intitulé "La mort des cathédrales" :


« Ainsi, tout, jusqu'au moindre geste du prêtre, jusqu'à l'étole qu'il revêt, est d'accord pour le symboliser avec le sentiment profond qui anime la cathédrale tout entière, et qui, comme l'a très bien dit M. Male, est le génie même du moyen âge.
 Jamais spectacle comparable, miroir aussi géant de la science, de l'âme et de l'histoire ne fut offert aux regards et à l'intelligence de l'homme. Le même symbolisme embrasse jusqu'à la musique qui se fait entendre alors dans l'immense vaisseau et de qui les sept tons grégoriens figurent les sept vertus théologales et les sept âges du monde. On peut dire qu'une représentation de Wagner à Bayreuth est peu de chose auprès de la célébration de la grand'messe dans la cathédrale de Chartres. »
 
Marcel Proust théologien, liturgiste, historien de la culture française, mélomane, critique musical et critique d'art nous a laissé un très précieux et très émouvant témoignage de son amour de la France catholique en même temps qu'une défense inattendue des "traditionalistes" d'aujourd'hui. Ce témoignage prend une importance particulière à une époque où le clergé, un certain clergé, s'est attaqué arbitrairement, sans titre sérieux, à la culture religieuse française. 

(Si Dieu veut, j'espère pouvoir offrir à mes lecteurs une transcription intégrale de cet article d'une importance exceptionnelle, mais il faut préalablement le transcrire de Gallica).