8.2.09

Quand l'abbé de Cacqueray donne une leçon de théologie au pape

Selon le site intégrissime Virgo-Maria l'abbé de Cacqueray vient d'adresser une lettre circulaire aux prêtres schismatiques de la Fraternité saint Pie X.

"Il s'agit bel et bien, dans cette notion de «discussions doctrinales», de tout ce que la Fraternité Saint-Pie X reproche depuis toujours au concile Vatican II et «à toutes les réformes qui en sont issues», à savoir principalement les erreurs graves sur la collégialité opposées à la constitution divine de l'Église ; les erreurs graves sur la liberté religieuse, opposées au Règne du Christ-Roi ; les erreurs graves sur l'œc*ménisme, opposées à l'unité de l'Église ; les erreurs graves sur le dialogue interreligieux, opposées à l'obligation missionnaire donnée à l'Église par le Christ lui-même ; les erreurs sur le caractère de sacrifice propitiatoire de la messe, opposées à la fécondité théologique et spirituelle du sacrifice de l'autel, etc."

Toutes les "erreurs graves" que l'abbé de Cacqueray reproche au Concile n'existent pas. L'opinion des intégristes est réfutée.

Particulièrement les erreurs sur la liberté religieuse ne sont pas les erreurs du concile, mais les erreurs de nos théologiens lefebvristes qui ne lisent pas ou ne comprennent pas ce qu'ils critiquent. Plusieurs de mes posts en traitent, je donne en lien l'un des derniers.

Je rappelle qu'avec l'aide de la "justice" française mon dernier fils est éduqué par les intégristes contre ma volonté. C'est contre ma liberté religieuse que les intégristes et les laïcistes se sont alliés. Le juge laïciste y allant de son couplet sur la religion catholique. Ce couplet est contraire à la liberté religieuse (seul les droits de l'homme regardent le juge), mais la "justice" française est une abomination.

Les conceptions anti-liberté religieuse des intégristes les ont conduit à m'interdire de voir et de parler à mon fils, ce que la "justice" française a confirmé sous prétexte que je serais dangereux car j'aurais un "comportement pathologique" envers mon fils en raison de "l'enjeu psychique qu'il a pour son plus jeune fils". "Que l'enquêtrice conclut qu'il est indispensable que cet enfant ne soit pas contraint à rencontrer son père compte-tenu de sa fragilité, et que le suivi psychologique du mineur soit maintenu."

Moyennant quoi, je ne vois plus mon fils ! Cela est contre le droit naturel et le droit positif, mais l'abbé Laguérie, les intégristes et les laïcistes (tous des libertaires) sont d'accord, donc c'est bien.

Comme me disait mon plus jeune fils une des dernière fois que je l'ai vu "mais tout le monde dit que tu es fou ! Il n'y a que toi qui dises que tu ne l'es pas !" (Sous entendu, si tout le monde le dit, c'est que c'est vrai)

Il est pas beau l'intégrisme- lefebvrisme allié au laïcisme franc-maçon ?

Mon témoignage sur Mgr Fellay

Lorsque mes filles suivaient les cours des institutions intégristes, j'étais déjà très réservé avec ma femme d'ailleurs, qui a bien changé depuis, sur la Fraternité saint Pie X. Mais catalogué "intégristes", les écoles diocésaines ne voulaient charitablement pas de nous.

Il m'a été donné d'assister à une conférence de Mgr Fellay sur les méfaits du rock and roll à l'école Saint Dominique de saint Pré (La Celle, Var). C'était un "must", une merveille intégriste nous disait-on.

Fellay racontait des choses incroyablement crues à des jeunes filles. Je me souviens en particulier qu'il racontait le sacrifice du poulet sur scène par je ne sais quel groupe. Il racontait que ACDC signifiait Antechrist Daeth to Christ etc. Sans compter des anecdotes à caractère sexuel. J'en étais profondément dégoûté et je n'assistais pas à la suite de cette conférence. Même moi, adulte, je ne supportais pas.

Nous avions demandé en qualité de parents que nos filles n'assistent pas cette horreur dont nous avions eu la primeur.

J'ai remarqué que la FSSPX est un ramassis de gens souvent suspects, c'est pourquoi je m'en suis détaché, ce qui a causé l'explosion de ma famille puisque les membres de la FSSPX "conseillaient" ma femme. Vers la fin, ils lui affirmaient que nos réserves à l'égard du lefebvrisme étaient la cause de nos disputes (qu'ils causaient, en fait). Depuis lors des portraits de Mgr Lefebvre ornent sa maison. Un mari ne vaut pas "Monseigneur" ! Et un père doit être privé de ses enfants s'il n'a plus la foi en "Monseigneur".

Je suis donc très réservé sur la réintégration de ce groupe dans l'Eglise. Mais je n'ai pas mon mot à dire, c'est la pape qui gouverne l'Eglise et je fais partie de l'Eglise enseignée. Je me soumets donc aux décisions de notre pape.

Au demeurant cette réintégration n'a pas eu lieu.

L'excommunication du 1er juillet 1988 et la levée du 24 janvier 2009

A l'époque de la déclaration d'excommunication du 1er juillet 1988 par Décret du Préfet de la Congrégation pour les évêques publié le 1er juillet 1988 sous le règne du pape Jean-Paul II n'avait pas créé une situation, elle avait constaté un fait entraînant l'excommunication soit en latin "latae sentatiae".

En effet, Wikipedia en italien donne la définition de l'expression latae sententiae. Je propose la traduction de cette définition ci-dessous :

L'expression latae sententia (littéralement : " sentences prononcées, émises") appartient à la langue latine et est un terme technique du droit canonique de l'Eglise catholique pour signifier une modalité spécifique avec laquelle quelques peines canoniques peuvent être édictées. Cela consiste en une forme de menace de la peine non liée à sa déclaration, mais au seul fait que l'on commet le délit spécifique pour leque le législateur a établi une peine latae sententiae.

Donc, les évêques et Mgr Lefebvre étaient excommuniés du fait de la consécration épiscopale sans mandat de Rome.

A l'époque s'appuyant sur les idées jansénistes, un certain nombre de lefebvristes avaient déclaré qu'ils se solidarisaient avec les excommuniés. Selon eux l'excommunication ne signait en rien une faute (1).

Aujourd'hui en revanche Mgr Fellay est revenu de ces déclarations jansénisantes, et cela s'est marqué par notamment une lettre de décembre 2008.

Cela n'a à voir avec rien d'autre. L'amalgame pratiqué par la classe médiatique n'est pas un mode de pensée admissible, il conduit à des condamnations injustes. Revenons au droit dans cette affaire juridique.

(1) Voici les textes de la bulle unigenitus condamnant le jansénisme (1713) qui me semblent marquer cette erreur Selon le site les bons textes :

XCI

La crainte [même] d'une excommunication injuste ne nous doit jamais empêcher de faire notre devoir... On ne sort jamais de l'Église lors même qu'il semble qu'on en soit banni par la méchanceté des hommes quand on est attaché à Dieu, à Jésus-Christ et à l'Église même par la charité. (Joan., 9, 22, 23. Ed. 1693, 1690.)


XCII C'est imiter saint Paul que de souffrir en paix l'excommunication et l'anathème injuste plutôt que de trahir la vérité, loin de s'élever contre l'autorité ou de rompre l'unité (Rom., 9, 3. Ed. 1693, 1699.)








XCVI

Dieu permet que toutes les puissances soient contraires aux prédicateurs de la vérité afin que sa victoire ne puisse être attribuée qu'à sa grâce. (Act., 17, 8. Ed. 1693, 1699.)


XCVII

Il n'arrive que trop souvent que les membres le plus saintement et le plus étroitement unis à l'Église sont regardés et traités comme indignes d'y être ou comme en étant déjà séparés. Mais le juste vit de la foi de Dieu et non pas de l'opinion des hommes. (Act., 4, 11. Ed. 1693, 1699.)


XCVIII

Celui [l'état] d'être persécuté et de souffrir comme un hérétique, un méchant, un impie est ordinairement la dernière épreuve et la plus méritoire comme celle qui donne plus de conformité à Jésus-Christ. (Luc, 22, 37. Ed. 1693, 1699.)




C

Temps déplorable où on croit honorer Dieu en persécutant la vérité et ses disciples. Ce temps est venu... Etre regardé et traité par ceux qui en sont les ministres [de la religion] comme un impie, indigne de tout commerce avec Dieu, comme un membre pourri, capable de tout corrompre dans la société des Saints, c'est pour les personnes pieuses une mort plus terrible que celle du corps. En vain on se flatte de la pureté de ses intentions et d'un zèle de religion en poursuivant des gens de bien à feu et à sang, si on est aveuglé par sa propre passion ou emporté par celle des autres, faute de vouloir rien examiner. On croit souvent sacrifier à Dieu un impie et on sacrifie au diable un serviteur de Dieu. (Joan., 16, 2. Ed. 1693,. 1699.)

6.2.09

La Fraternité saint Pie X n'a aucune fonction dans l'Eglise

La Secrétairerie d'Etat du Vatican (sorte de pool secrétarial du pape) rappelle dans une communiqué du 4 février que la levée de la peine d'excommunication des quatre évêques n'est pas une reconnaissance de la mission que se donne la FSSPX. L'Église ne lui reconnaît aucun statut canonique.

En conséquence les quatre évêques ne sont pas des évêques catholiques et n'ont aucun statut canonique légitime.

L'idée qui circule selon laquelle la levée de l'excommunication lève toute illégitimité de la FSSPX ne repose donc sur rien.

C'est un peu comme si une personne était condamnée pour exercice illégal de la médecine à une interdiction de séjour. Le juge le relève de la l'interdiction de séjour. Ce n'est pas pour autant que la personne pourra exercer la médecine. Il faudra qu'elle passe ses examens au préalable et soit inscrite à l'ordre des médecins.

Cette image pourra faire comprendre que la levée de l'excommunication n'est pas approbation des positions de la FSSPX et encore moins que cette décision du 24 janvier confère une mission.

4.2.09

Un récent arrêt de la Cour européenne des droits de l’homme du 3 février 2009 sur l’avortement et le droit à la propagande pour l’avortement.

La Cour européenne des droits de l’homme vient de rendre le 3 février 2009 un arrêt entre les partisans de l’avortement venant de Hollande ainsi que des associations portugaises d'un côté contre l’État portugais de l'autre.

En août 2004, un bateau, croisant au large des côtes portugaise, bourré de « médicaments » anti-grossesse, de matériel de propagande pour l’avortement et de militants pro-avortement, alors qu’il voulait débarquer au Portugal, avait été repoussé par la marine portugaise mandée par les autorités judiciaires portugaises.

La raison invoquée par les autorités portugaise était que cette manœuvre était destinée à « - susciter ou encourager, lors de réunions publiques (...), la pratique de certains actes illicites au regard de l'ordre juridique portugais ; »

Le gouvernement portugais se limitait à invoquer son droit interne pour limiter la « liberté d’expression » des militants pro avortement.

A aucun moment le gouvernement portugais n’invoquait le droit de l’homme à la vie qui est le véritable fondement de son action. Ainsi le débat était-il vicié par les deux parties, puisque aucune n’invoquait le droit à la vie de tout être humain et donc des embryons et fœtus.

Dès lors la militance en faveur d’un acte homicide apparaissait comme une option possible, une opinion qui ne lésait ou ne tendait à léser les droits de personne, mais seulement l’ordre législatif positif du Portugal.

Selon moi, pour s’opposer efficacement à l’invocation des articles 10 et 11 de la Convention européenne des droits de l’homme, il aurait fallu invoquer l’article

Article 10

« 1. Toute personne a droit à la liberté d'expression. Ce droit comprend la liberté d'opinion et la liberté de recevoir ou de communiquer des informations ou des idées sans qu'il puisse y avoir ingérence d'autorités publiques (...).

2. L'exercice de ces libertés comportant des devoirs et des responsabilités peut être soumis à certaines formalités, conditions, restrictions ou sanctions prévues par la loi, qui constituent des mesures nécessaires, dans une société démocratique (...) à la défense de l'ordre et à la prévention du crime, à la protection de la santé ou de la morale (...) »

Donc la « prévention du crime » est un motif légitime à la limitation de la liberté d’expression.

Au soutien de son action le gouvernement portugais aurait dû, en outre, invoquer

l’article 2 de ladite Convention

« Le droit de toute personne à la vie est protégé par la loi. La mort ne peut être infligée à quiconque intentionnellement (…) »

Joint à l’article 17 Interdiction de l’abus de droit

« Aucune des dispositions de la présente Convention ne peut être interprétée comme impliquant pour un État, un groupement ou un individu, un droit quelconque de se livrer à une activité ou d’accomplir un acte visant à la destruction des droits et liberté reconnus dans la présente Convention (…) »

Faute d’avoir invoqué ces dispositions, l’État portugais a « perdu » son procès ou au moins perdu une chance de le gagner.

Il aurait fallu au gouvernement portugais d'être vraiment dissident par rapport à l'opinion dominante le droit naturel, l'autorité de l'Église et le droit positif international. Le gouvernement n'a rien fait de tout cela : voilà le résultat.

3.2.09

Faut-il prier pour la conversion des franc-macons ?

Le docteur Dor de Sos tout petits invite à prier le 6 février à 18 heures trente, à proximité du Grand Orient, métro Cadet.


La prière sera aux intentions de la conversion des francs maçons et... des participants à la manifestation.

Je ne conteste pas que la FM a pour idéologie le naturalisme (Umanum genus de Léon XIII) et donc milite contre tout ce qui est sacré dont le mariage, fondement de la société humaine, mais aussi la vie humaine etc. Ce sont des ennemis du genre humain.

Cependant, des franc-maçons (de bas niveau) militent dans les milieux pro-vie. Leur but peut être sincère, ou d'espionnage, ou de manipulation, ou de recrutement (obssession des FM) cela doit dépendre des personnes, je ne sonde pas les reins et les coeurs. Cela peut d'ailleurs être tous ces buts à la fois dans la même personne. Mystère du coeur humain !

Mais je ne pense pas l'action de SOS tout petits opportune (question d'image) ; je la pense probablement immorale, alors que les FM ne sont pas unanimement pour l'avortement et que nous ne sommes chargés d'aucune autorité publique, laquelle est instituée pour la défense des droits de l'homme et notamment des droits des plus faibles, des muets, des handicapés, des pauvres.

Je me pose la question de savoir si ce n'est pas donner trop d'importance à la secte des franc-maçons que d'aller "prier pour eux" à proximité de leur siège. D'autant que cette prière se fait sans mandat de l'Eglise. Les matières sociales à conotation spirituelle sont du ressort de l'Eglise enseignée, sauf erreur.

Il ne faut pas nous prendre pour meilleurs que les FM. Nous ne pouvons avoir de mission spirituelle sans le mandat des évêques ou du pape, Eglise enseignante. Il faudrait donc l'autorisation préalable de l'évéché de Paris. L'obéissance ancre dans l'humilité.

Je ne suis pas d'accord non plus avec le Dr Dor sur la récusation des droits de l'homme sous prétexte qu'ils auraient été proclamés en 1789 (en fait ils ont été proclamés au milieu de principes contradictoires, de façon brouillonne ; pour partie ils sont la traduction du droit naturel, trouvé dans l'enseignement de l'Eglise) ; l'Eglise prêche les droits de l'homme et d'ailleurs saint Pie X prônait lui aussi les droits sacrés de l'homme.

L'affirmation des droits de l'homme par des révolutionnaires (qui ne les repectent d'ailleurs pas) ne leur (aux révolutionnaires) donne aucun droit à nous interdire de les invoquer, ils ne nous confèrent aucune obligation de les récuser. Il ne faut pas céder sur ce point.

J'admire toutefois les docteur Dor pour sa lutte pour les touts petits, les sans voix. Ils ne peuvent pas nous le rendre, raison de plus de lutter pour leurs droits sacrés, merci cher Docteur.

Respect de la volonté de l'homme : autorité du droit positif fondée sur le droit naturel

L'esprit humain classe, c'est sa principale activité. Depuis le bébé jusqu'au vieillard notre esprit classe nos objets de pensée.

Ainsi distinguons-nous le droit positif, du droit naturel, le droit naturel primaire, le droit naturel secondaire, le droit positif divin, le droit positif humain, le droit positif ecclésiastique, le droit positif civil, le droit positif civil pénal.

Par exemple, le droit naturel primaire, c’est notamment le droit qui commande « tu ne tueras pas » (cinquième commandement donné à Moïse) Ce droit naturel primaire ne peut jamais être enfreint.

Le droit naturel secondaire comme par exemple « tu ne voleras pas », n’est pas absolu, il peut être enfreint dans des cas extrêmes sans péché : on peut, sans faute, dérober de la nourriture si l’on est en danger de mort.

On peut aussi, sans faute, ne pas rendre une arme dont on pense qu’elle est destinée à un assassinat.

Le commandement qui protège la propriété est un principe de droit naturel secondaire, il est subordonné au droit naturel primaire (droit à la vie).

Prenons l’obligation de respecter les contrats découlent des commandements qui défendent de mentir et de voler. Ils font l'objet d'un abondant droit positif humain consigné dans les lois et la jurisprudence de tous les pays.

Ce droit positif peut être contradictoire selon les législations. En matière de droit de la vente : le vendeur est obligé de payer le prix, mais si la chose livrée présente un défaut important ou un défaut léger mais inapparent ? Peut-il réduire unilatéralement le prix ? Peut-il rendre la chose et exiger la restitution du prix, s’il a payé ? Et si l’un des contractant est vulnérable ?

Le droit naturel s’il donne le principe de respect de la parole donnée et de ne pas faire de tort au prochain, ne donne pas de réponse détaillée sur ces questions, si bien que les législations, sans violer le droit naturel peuvent donner des solutions différentes, voire opposées.

Par un effet de contraste trompeur, on va considérer que le droit positif civil n’est pas obligatoire en conscience. On finit pas considérer qu’ils n’ont aucun caractère contraignant. En effet comment une obligation de conscience pourrait changer selon les pays et les époques ?

C’est une erreur, du fait de la nature sociale de l’homme, le droit positif humain dans tout ce qui concerne notamment les contrats est obligatoire en conscience : si vous voulez savoir vos droits et vos devoirs, lisez le Code Civil. Si vous êtes Français. Si vous êtes Canadien lisez la jurisprudence et les textes de loi du Canada. Si le contrat est internationale, prenez les solutions de conscience dans le droit international privé.

Les rapports humains sont sacrés, ils sont saints et dépendent, pour partie, de la volonté arbitraire de l'homme (législateur, cocontractants etc.) auquel Dieu donne l'autorité.

Cette vérité échappe aux intégristes et particulièrement à Monsieur Madiran et à sa suite à l'abbé Laguérie pour lequel le droit positif humain n'est qu'une traduction dans le détail du droit naturel.

La dignité extraordinaire de l'homme échappe aux maurrassiens, ils méprisent la volonté de l’homme (au nom de la physique sociale) alors qu'elle est l'expression de la volonté divine (aucune autorité qui n'émane de Dieu directement).

2.2.09

Burgaud le bouc émissaire : mon témoignage

Qu'il y ait malaise dans la magistrature française, nul ne songe à le contester.

Le juge Burgaud est traduit devant la Conseil supérieur de la magistrature. Il doit se défendre pendant une semaine des accusations qui pèsent sur lui.

Je lis avec effarement le paragraphe suivant sur yahoo :

"Signe de la crispation provoquée par l'affaire, de nombreux magistrats continuent de soutenir devant les journalistes que les personnes innocentées pourraient l'avoir été à tort."

Des magistrats violent ainsi ouvertement la loi naturelle et positive sur la présomption d'innocence. Dans un Etat de droit, ils seraient immédiatement disqualifiés, dans la France de Sarkozy, ils jugent à longueur de journée. Quelle est la valeur de leurs décisions ? La valeur morale est nulle.

Il faudrait une formation des magistrats aux droits de l'homme.

La catastrophe judiciaire d'Outreau n'est qu'un symptôme de quelque mal plus profond. Outreau découvre que l'institution judiciaire et tous ses acteurs sont désorientés faute de formation.

J'ai moi-même été privé de voir mon propre fils (pourtant le neuvième enfant de la même femme dont j'avais élevé les autres...) parce que je serais fou et que comme je manifestais de l'amour pour lui, j'en étais d'autant plus dangereux ! Je laisse mes lecteurs apprécier si je suis "fou" et incapable de voir mon fils même cinq minutes.

L'abbé Laguérie n'est pas pour rien dans cette catastrophe familiale, mais la justice française a officialisé le mal contre tout bon sens.

C'est mon témoignage sur la catastrophique justice française.

La réconciliation des détenus avec la société par la prison.

Selon Mgr Giampaolo Crepaldi qui est intervenu au congrès "de la Commission internationale pour la pastorale catholique dans les prisons (ICCPPC)" qui se déroule actuellement à Budapest, la peine de prison n'est pas seulement le fruit d'une volonté d'infliger un mal vindicatif au condamné, mais encore de préparer celui-ci à la réparation des dommages que son acte illégal a causé.

Il s'agit donc dans le cadre du respect des droits humains du détenu, de l'amener à collaborer à la réparation. C'est une véritable réinsertion.

« On pourrait dire, poursuit Mgr Crepaldi dans sa réflexion, que si l'attribution de la peine et la réparation de la faute renvoient essentiellement au passé, la réconciliation, elle, regarde en avant. On ne tend pas à oublier l'action délictueuse mais à la sublimer par le biais d'une expérience de réconciliation radicale. A noter également, que le coupable n'est pas le seul engagé dans cette réconciliation mais toute la société, alors que l'attribution de la peine et la réparation se focalisent surtout sur le comportement du coupable ».

Ne faisons pas d'angélisme cependant, les crimes les plus graves (viol, torture, homicide...) réclament aussi de la part de la victime, une action de vengeance faute de laquelle la sensation d'injustice restera présente. La DUREE de la peine est essentielle à ce sentiment de justice vindicative.

Il est certes bel et bon, louable que les prisonniers soient traités dignement et que leurs droits humains ne soient pas violés, il est bon que les prisonniers soient associés à leur rédemption.

Cependant, le sentiment d'inachèvement si le prisonnier s'en tire en promettant sa rédemption et sa réinsertion alors qu'il a commis un crime monstrueux n'est pas irrationnel.

Il est fondé sur :

- un sentiment de justice nécessaire
- une nécessité de sécurité

L'excès de volonté de "réconciliation" en y insérant obligatoirement la "société toute entière", alors qu'elle n'a rien demandé, la pauvre société, crée un droit pour le condamné en raison de sa conduite criminelle ! Car ce n'est pas en raison de sa nature humaine que pèserait un devoir particulier de la société, mais en raison du crime, ce qui est pervers.

Cela dit, je ne néglige pas pour les conduites délictuelles, que les condamnés sont souvent victimes de la misère intellectuelle et morale, voire de misère financière et économique, mais cela est une autre question qui se résoud par la charité.

1.2.09

Divorcés remariés et excommunication des évêques intégristes

On lit ici et là sur le web que les divorcés remariés vivant avec leur nouveau conjoint seraient plus mal lotis que les évêques lefebvristes.

Cette opinion est fondée sur l'ignorance et la confusion.

Cette confusion est entretenue par le fait que les évêques intégristes et la Fraternité sacerdotale saint Pie X ne tiennent aucun compte des sanctions qui les frappent.

Qu'est-ce que l'excommunication ? L'excommunication est une peine. Ses conséquences sont énoncées au canon 1331 (longue liste que je donne ne note (1).

La levée de l'excommunication n'entraîne pas la supression des peines de l'interdit (canon 1332) ni de la peine de suspens a divinis (canon 1333)

Donc les évêques intégristes et le clergé qui se confie à eux restent punis des peines autres que l'excommunication.

Le divorcés remariés vivant avec leur nouveau conjoint n'encourent AUCUNE PEINE. En revanche il leur est demandé de ne pas communier et le sacrement des malades ne leur est pas octroyé car leur vie est une contestation PUBLIQUE de l'indissolubilité du mariage que l'Eglise a reçu comme dogme de Jésus-Christ Lui-même. Donc s'ils "persistent dans un péché grave et manifeste", ils ne peuvent communier mais ne sont pas excommuniés (canons 915 et 1007). Dès que cette contestation MANIFESTE cesse les sacrements peuvent être licitement reçus.

Entre PEINE et AUCUNE PEINE l'espace est énorme, il ne faut donc pas comparer les deux statuts.

Le droit pénal n'est pas un droit nécessaire en ce sens que la peine a deux buts qui ne sont pas de justice stricte 1) amender le coupable 2) le punir. Ni l'un ni l'autre de ces buts n'est de justice nécessaire.

Surtout ces affaires sont des affaires internes à l'Eglise catholique, elles reçoivent une immunité de la liberté religieuse : personne ne peut les juger, personne n'est obligé de faire partie de l'Eglise catholique. En échange ne la jugez pas si vous n'êtes pas d'accord, car seuls les droits de l'homme vous donnent un titre à critiquer ; or ici les droits de l'homme ne sont pas en jeu. Chacun est libre de quitter l'Eglise pour une autre confession.


(1)

Canon 1331

1 A l’excommunié il est défendu :

1° de participer de quelque façon en tant que ministre à la célébration du Sacrifice de l’Eucharistie et aux autres cérémonies du culte quelles qu’elles soient ;

2° de célébrer les sacrements ou les sacramentaux, et de recevoir les sacrements

3° de remplir des offices ecclésiastiques, des ministères ou n’importe quelle charge, ou de poser des actes de gouvernement.

2 Si l’excommunication a été infligée ou si elle a été déclarée, le coupable :

1° s’il veut agir contre les dispositions du § 1, n. 1, doit en être écarté, ou bien il faut interrompre l’action liturgique, à moins qu’une raison grave ne s’y oppose ;

2° pose invalidement les actes de gouvernement qui selon le § 1, n. 3 ne lui sont pas permis ;

3° n’est pas autorisé à jouir des privilèges qui lui avaient été précédemment accordés ;

4° ne peut obtenir validement une dignité, un office ou une autre charge dans l’Église ;

5° ne peut s’approprier les fruits d’une dignité, d’un office, de n’importe quelle charge ou d’une pension qu’il aurait dans l’Église.