13.1.08
Le cinéma et la dignité humaine : les Promesses de l'Ombre
Il paraît qu'il existe des réseaux de prostitution important de jolies Russes ou Ukrainienne pour les livrer à la prostitution. Cette exploitation de la misère, de la faiblesse et du charme féminins par la mafia est des plus odieuses chose qui se puisse concevoir.
Le film se voit sans ennui du début à la fin. Pourtant le scénario ne nous donne pas à voir des poursuites en voitures, des cascades à couper le souffle, non tout est sobre, se passe en dialogue et l'histoire, pourtant pleine de suspens, se comprend facilement.
La performance de Vincent Cassel en fils alcoolique d'un père tyrannique est particulièrement remarquable. Cet acteur a une présence impressionnante, il joue très juste, on croirait son personnage vrai.
Pourtant je ne conseillerais pas d'aller voir ce film.
D'abord parce que le "casting" présente des faiblesses. Le grand chef de la mafia russe à Londres est figuré par un acteur qui a le plus grand mal à faire croire qu'il est méchant. Un bon pépé de soixante-dix ans en pull over à col en v, avec une petite bedaine, avec un bonne tête de ruskof : il fait professeur de secondaire à la retraite, mais pas un chef mafieux, ça, certes pas !
Surtout, certaines scènes imposées aux acteurs sont contraires à la dignité humaine. Simuler le viol d'une femme, en insistant lourdement et l'imposer aux acteurs qui ont besoin de faire cela pour gagner leur vie, ce n'est pas moral. Certes ces scènes sont montrées pour stigmatiser, pour condamner ce comportement, mais l'acteur et l'actrice qui jouent ces scènes ont droit à être respectés et cela passe avant.
De plus regarder ces scènes risquent d'avoir des effets pervers sur certains esprits.
Au final un film bien embarrassant, avec de bonnes intentions, mais les bonnes intentions et les qualités de conteur ne suffisent pas, selon moi, à le sauver.
12.9.07
"Trois amis" de Michel Boujenah
Trois Amis, film réalisé par Michel Boujenah.
Avec dans les trois rôles principaux Mathilde Seigner, Pascale Elbée et Kad Mérad.
Pour faire un film sur l’amitié il faut raconter une histoire. Il faut que l’histoire ait quelque vraisemblance. Or le scénario est ici quasi inexistant puisqu’on ne voit pas pourquoi un chef d’entreprise serait ami avec un vendeur de matelas, et amis tous les deux d’une femme amoureuse d’un professeur agrégé. Il manque un mobile, une histoire à l’origine de l’amitié.
Mathilde Seigner est une charmante actrice qui joue un rôle incompréhensible, elle est amie avec deux hommes mais on ne voit pas ce qui les unit à eux.
Bref, faute d’un minimum de vraisemblance, le film n’a aucun intérêt.
Kad Merad joue à merveille le rôle d’un chef d’entreprise devenu fou après le départ de sa femme. Il a une « présence » qui le fait dépasser, selon moi, son camarade Delbée.
Ce film est pour tout public, mais ça ne suffit pas pour me le faire aimer, car un thème intellectuel, abstrait « l’amitié » ne peut pas donner un film intéressant s’il est trop éloigné de la réalité incarnée. L’amitié c’est un échange de biens entre humains. Elle suppose une certaine égalité qui fait défaut ici. Finalement cela ôte tout intérêt au film malgré les performances des trois acteurs et quelques gags amusants.
5.9.07
Ratatouille
Elle rendait folle la chienne. La chienne a toujours eu un problème avec les mâles qu’elle a toujours rejetés. Mais sans mâle, pas de chiots. Alors quand Ratatouille avait une portée la chienne faisait, de jalousie, une « grossesse nerveuse » autrement dit la chienne Zaza faisait une dépression. Elle s’enfermait dans sa niche, faisait semblant d’avoir des petits. Le vétérinaire nous a même prescrit un médicament anti-lait, car elle avait une montée de lait. Elle ne disait plus « bonjour » que de loin comme si elle assurait sa mission, ultra importante de mère qui ne lui permettait plus même les civilités. Cela durait jusqu’à ce que Ratatouille se sépare de ses petits.
Bref, Ratatouille était une chatte de caractère dont la biographie complète reste à écrire.
Pour le film du même nom, je trouve scandaleux que Disney nous ai volé l’idée d’appeler un animal Ratatouille, pour en plus faire un film nul.
L’idée de rendre les rats sympathiques vient de Jack Marchal. Traité de « rats » par les marxistes, il a eu l’idée de mettre en bande dessinées un couple de rate et de rat. C’était très réussi parce qu’ils étaient stylisés et humanisés. Dans le film les rats sont trop rats, il ne faut pas être phobique pour voir ce film !
Le thème du film est l’inévitable idée américaine que tout le monde peut en s’en donnant la peine « réussir » (comme si la « réussite » avait une quelconque valeur morale !) et qu’un rat peut devenir restaurateur.
Dernière mise en garde : la seule scène amusante du film ne se trouve pas dans le film, mais dans la « bande annonce », lorsque le papa rat saisit entre les pattes de devant un morceau informe et que le fils lui dit « - qu’est-ce que tu manges papa ? » et que le père répond « - ben, chais pas ! » cette scène n’a pas été reprise dans le film. Car il n’y a pas un gag dans ce film ennuyeux.
2.9.07
"Dialogue avec mon jardinier" film de Jean Becker
A part ça il ne se passe pratiquement rien pendant près de deux heures. La photographie est très belle, mais toute "l'action", qui se déroule sur plusieurs mois, est vers onze heures du matin au début de l'été par un temps magnifique. C'est très beau un jardin, une maison de campagne bourgeoise au centre, un étang avec une vieille carpe, oui c'est très beau, mais pendant tout ce temps on aimerait qu'il y ait autre chose que des dialogue plats.
Le jardinier n'est absolument pas réaliste : la classe ouvrière a troqué la "mobylette" pour un quatre roues depuis bien longtemps. Lorsqu'ils travaillent tous les deux les couples ouvriers n'habitent plus une HLM, mais un petit pavillon. Alors que l'action est censée se dérouler en 2006, le jardinier a un niveau de vie de 1967.
Il ne faut pas non plus confondre classe ouvrière et handicapés. Daroussin joue un ouvrier tirant sur le débile. Auteuil n'est pas crédible comme peintre. Il joue l'intellectuel parisien, mais pas le peintre. Le peintre se salit les doigts et les habits, Auteuil est bien trop "propre".
Seule Fanny Cotençon dans ses rares apparitions suggère à merveille le mystère de la femme. Elle joue une femme trahie, qui en vient à rejeter son compagnon. Elle fait sentir ce charme puissant du monde mystérieux de la femme, incompréhensible à l'homme (et donc à "Dupinceau").
Mais elle n'arrive pas dans les cinq minutes (estimation personnelle) que lui consacre le réalisateur, à sauver le film.
L'atmosphère de bonheur rendu par la photographie, ne suffit pas ; cinq minutes de film ne peuvent en sauver une heure cinquante. De presque rien, il ne peut sortir autre chose que l'ennui.