15.9.07
Conséquence du Motu Proprio les prêtres "saint Pie V" ne peuvent être curés
Car pour dire la messe paroissiale ou la messe pour le peuple de l'évêque il faudra (si l'on considère que le motu proprio est valide) la dire selon le missel de Paul VI.
Il s'ensuit que ceux qui ne veulent célébrer selon l'ancien rite, comme c'est leur droit (à condition que ce ne soit pas une condamnation du rite de Paul VI), que même le pape ne peut leur enlever, ne pourrons jamais accéder aux charges officielles de curé, de vicaire, d'évêque.
Il est vrai que c'était déjà le cas, mais c'était une règle sociologique et non une règle juridique. Le Motu Proprio a tenté d'habiller juridiquement cette interdiction sociologique.
A mon avis, le droit de réciter les prières anciennes n'est pas conféré par le pape, mais par l'Eglise elle-même. Cette autorisation ne peut être enlevée à quiconque du moment que les priètes ont été éditées par un pape. L'édition est valable pour toujours. Le motu proprio Summorum Pontificum n'a donc pas de valeur juridique.
L'obéissance n'est pas violée si l'on récite des prières exemptes d'erreur théologique, ce qui est garanti pas l'édition typique.
Faire dépendre la nomination à un poste officiel du fait d'une volonté arbitraire dans un domaine où elle n'a pas lieu d'être, est un abus de pouvoir.
Depuis hier la messe de saint Pie V est interdite
On peut se demander d'abord à quel titre le pape peut interdire ainsi un rite, des prières.
Le document Summorum Pontificum, citant la présentation générale du Missel Romain de 2002 donne le principe qui éclaire cette question :
"Depuis des temps immémoriaux et aussi à l’avenir, le principe à observer est que «chaque Église particulière doit être en accord avec l’Église universelle, non seulement quant à la doctrine de la foi et aux signes sacramentels, mais aussi quant aux usages reçus universellement de la tradition apostolique ininterrompue, qui sont à observer non seulement pour éviter des erreurs, mais pour transmettre l’intégrité de la foi, parce que la lex orandi de l’Église correspond à sa lex credendi »[1] Présentation générale du Missel romain, troisième édition, 2002, n. 397.
C'est en raison de ces usages "universellement reçus de la tradition apostolique ininterrompue" que le pape peut interdire les formules de saint Pie V, puisqu'elles ont été, de fait, abandonnées. Cet usage universellement reçu de la tradition apostolique, c'est que la liturgie reçue par la majorité dans l'Eglise universelle devient ordinaire.
D'où le rite de Paul VI devient le seul officiel car il a été "accueillis avec plaisir par les Évêques comme par les prêtres et les fidèles."
Historiquement, il n'est pas vrai que les évêques, les prêtres et les fidèles ont accueilli ces nouvelles prières "avec plaisir". C'est Paul VI en 1976 par un discours plein de mensonges qui les a imposées :
: « C'est au nom de la Tradition que nous demandons à tous nos fils, à toutes les communautés catholiques, de célébrer, dans la dignité et la ferveur, la liturgie rénovée. L'adoption du nouvel Ordo Missæ n'est pas du tout laissée au libre arbitre des prêtres ou des fidèles. L'instruction du 14 juin 1971 a prévu la célébration de la messe selon l'ancien rite, avec l'autorisation de l'Ordinaire, uniquement pour des prêtres âgés ou malades, qui offrent le sacrifice divin sine populo. Le nouvel Ordo a été promulgué pour être substitué à l'ancien, après une mûre réflexion, et à la suite des instances du Concile Vatican II. Ce n'est pas autrement que notre saint prédécesseur Pie V avait rendu obligatoire le missel réformé sous son autorité, à la suite du Concile de Trente. Avec la même autorité suprême qui nous vient du Christ Jésus, nous exigeons la même disponibilité à toutes les autres réformes liturgiques, disciplinaires,pastorales, mûries ces dernières années en application des décrets conciliaires. Aucune initiative qui vise à s'y opposer ne peut s'arroger la prérogative de rendre un service à l'Église : en réalité, elle lui cause un grave dommage. » Cité par l'abbé Belmont.
S'il a fallu un tel discours après sept ans d'application, c'est bien parce que les nouveaux rites n'étaient pas acceptés "avec plaisir".
Mais il est vrai qu'ils ont fini par être acceptés (peur du péché de désobéissance) par la majorité immense des prêtres et des évêques.
Du fait de cette acceptation, le rite ancien qui est encore en usage dans diverses paroisses est devenu interdit depuis hier comme rite "ordinaire" et donc comme rite des messes paroissiales ou des diocèses en leurs qualités de personnes morales publiques.
Le principe second, déduit du premier et qui préside au Motu Proprio, est que les prières et rites anciens sont interdits pour toutes manifestations des diocèses en leur qualité de personnes publiques ou de leurs démembrements territoriaux : les paroisses (canon 374 1).
Je ne pense pas que le fait de l'acceptation majoritaire mais contrainte par prévarication et mensonges du rite de Paul VI constitue un titre pour le pape à interdire des prières utilisées depuis des temps immémoriaux et codifiées dans une édition typique d'un missel par saint Pie V.
Les nouvelles prières (de Paul VI) ne peuvent être qu'autorisées et non obligatoires, même pour la prière officielle de l'église.
Cette astuce juridique (car "l'acceptation" qui est un de fait, n' a aucune autorité) nous permet-elle de déduire que le pape ne peut interdire une messe autorisée par un de ses prédécesseurs, car sinon Paul VI et Benoît XVI l'auraient interdite ? Cette impossiblité est au moins probable.
14.9.07
Les magistrats français absolvent une inadmissible injure raciste
Or traiter des gens de "sous-hommes" est une injure raciste qui doit être réprimée. Si Fresche avait dit les harkis sont des "salauds", il aurait injurié les harkis, mais il n'aurait pas nié leur humanité.
Traiter des gens de "sous hommes" c'est nier leur caractère d'humains, c'est un attentat très grave contre la dignité de la personne humaine.
La liberté n'est pas la licence. La liberté s'arrête devant l'outrage à la nature humaine.
Ici bien sûr comme dans le cas de la Roumanie du post précédent, peu importe les mobiles. Fresche peut déclarer n'importe quoi les concernant, les juges ne jugent pas les mobiles psychologiques.
En revanche, traiter des gens de "sous-hommes" c'est violer l'égale dignité de tous les hommes et si l'auteur en est absout, ce sont les juges qui se rendent coupables de racisme.
"Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. " C'est la première phrase de l'article 1 de la déclaration universelle des droits de l'homme de l'ONU du 10 décembre 1948.
La Cour Européenne des Droits de l’Homme contre le racisme. Arrêt Cobzaru C/ Roumanie
Dans un arrêt du 17 juillet 2007, (signalé par Madame Preuss du CREDA) la Cour Européenne des Droits de l’Homme a condamné la Roumanie pour racisme.
Monsieur Cobzaru se plaignait de mauvais traitement de la police roumaine en raison de son appartenance à la nation Rom.
Or l’article 14 de la Convention Européenne des droits de l’homme interdit les discriminations en raison du sexe, de la race, de la langue de la religion, opinion politique ou autres, origine nationale.
Cette disposition est tout à fait légitime.
Mais le droit à être traité normalement sans abus et sans traitement inhumain appartient à tout être humain.
Ce qui fonde le droit à ne pas être discriminé, n’est pas dans la race, mais dans le fait d’être un humain.
Ce qui fonde le droit à réparation est le mauvais traitement et non la race (ou nationalité) du plaignant et la race de ses persécuteurs ou leurs mobiles vrais ou imaginaires.
Il n’est pas du ressort du droit, science sociale (qui implique des relations entre humains) de fouiller dans les consciences ; le droit objectif (la loi, la jurisprudence) ne doit pas être raciste dans la mesure où le racisme nie l'humanité d'un être humain ou nie ses droits fondamentaux, ou nie la loyauté que se doivent les êtres humains entre eux en raison de leur égalité fondamentale .
Mais le droit ne peut appréhender les mobiles, même racistes. Les mobiles ne peuvent en aucun cas définir une infraction. Un assassinat est un assassinat quels que soient les mobiles (vrais ou imaginaires, on ne le sait jamais avec certitude) qu’ils soient altruistes ou crapuleux. Pourquoi ? Parce que les mobiles sont par nature inconnus, seul Dieu les connaît et l'auteur de l'infraction (et encore... pour lui ce n'est pas toujours évident), en tout cas aucun autre être humain ne les connaît avec la certitude que requiert l'incrimination.
Pour bien me faire comprendre si un individu commet un parricide (assassinat des parents) s’il déclare que c’est pour abréger ses souffrances, on ne saura jamais si en fait ce n’était pas pour hâter l’héritage. Les mobiles par nature échappent au droit.
C’est pourquoi curieusement la Cour Européenne des Droits de l’Homme est la vraie raciste dans cette affaire et elle viole le droit de chacun à être jugé indépendamment de sa race.
Je cite ici un motif de la Cour (il n’existe qu’une version anglaise)
« 91. Admittedly, proving racial motivation will often be extremely difficult in practice. The respondent State's obligation to investigate possible racist overtones to a violent act is an obligation to use its best endeavours and is not absolute; the authorities must do what is reasonable in the circumstances of the case (see, Nachova and others v. Bulgaria, cited above, § 160)”
Mais non, Mesdames et Messieurs les Juges, la « motivation » raciste n’est pas très difficile à prouver, elle est impossible à prouver.
L’arrêt (en anglais) peut être lu
ici
13.9.07
Après la journée sans achat, la journée sans Sarkozy
C'est Marie qui nous apprend cela :
ici
Ce serait une grande journée que celle-là. Il faudrait que les responsables des journaux télévisés meublent environ un quart d'heure d'autre sujet que Monsieur Sarkozy.
Mais comme il y a peu de chance que la télévision se soumette à la journée sans Sarkozy, on pourra faire la journée sans média, ce qui serait radicalement sans Sarkozy... à moins que vous ne receviez ce jour là un rappel sur un dépassement de vitesse constaté par les radars automatiques installés par Sarkozy. Ce sera une journée sans média, mais toujours pas sans Sarkozy !
Donc pour être tout à fait sûr, ce jour-là, n'allez pas travailler (si l'on vous parlait de Sarkozy) n'ouvrez pas le courrier (lettre du Trésor Public), ne répondez pas au téléphone (si cétait le service des amendes ?), ne répondez pas si l'on sonne chez vous (si c'était l'huissier pour vous faire payer les amendes ?). Moyennant quoi vous aurez votre journée sans Sarkozy, sauf si votre conjoint vous branche sur la dernière de Cécilia...
12.9.07
"Trois amis" de Michel Boujenah
Trois Amis, film réalisé par Michel Boujenah.
Avec dans les trois rôles principaux Mathilde Seigner, Pascale Elbée et Kad Mérad.
Pour faire un film sur l’amitié il faut raconter une histoire. Il faut que l’histoire ait quelque vraisemblance. Or le scénario est ici quasi inexistant puisqu’on ne voit pas pourquoi un chef d’entreprise serait ami avec un vendeur de matelas, et amis tous les deux d’une femme amoureuse d’un professeur agrégé. Il manque un mobile, une histoire à l’origine de l’amitié.
Mathilde Seigner est une charmante actrice qui joue un rôle incompréhensible, elle est amie avec deux hommes mais on ne voit pas ce qui les unit à eux.
Bref, faute d’un minimum de vraisemblance, le film n’a aucun intérêt.
Kad Merad joue à merveille le rôle d’un chef d’entreprise devenu fou après le départ de sa femme. Il a une « présence » qui le fait dépasser, selon moi, son camarade Delbée.
Ce film est pour tout public, mais ça ne suffit pas pour me le faire aimer, car un thème intellectuel, abstrait « l’amitié » ne peut pas donner un film intéressant s’il est trop éloigné de la réalité incarnée. L’amitié c’est un échange de biens entre humains. Elle suppose une certaine égalité qui fait défaut ici. Finalement cela ôte tout intérêt au film malgré les performances des trois acteurs et quelques gags amusants.
1326 : arrivée des Turcs en Europe
L’empire ottoman qui est à l’origine de la Turquie moderne, est arrivé en Europe en 1326 par la prise de Brousse située en Grèce au sud-ouest de Constantinople.(source Gustave Hubault Histoire Générale) Peuplée de Grecs, Brousse fut libérée en juin et juillet 1920 après près de six siècles d'occupation (soit moins que l'occupation maurre en Espagne).
L’empire ottoman conquerra Constantinople en 1453. (la fin de la Reconquista espagnole est de 1492). L’empire ottoman faillit être chassé de l’Europe par les Russes en 1878. Les troupes russes étaient dans la banlieue de Constantinople. Les Turcs ne devront de continuer leur occupation qu’à la menace anglaise sur les Russes.
La Turquie doit son existence en Europe à la France (depuis François 1er) et plus tard à l'Angleterre (guerre de Crimée contre la Russie guerre initialement Russo-turque où les Anglais, les Français et les Sardes s’allièrent à la Turquie).
La Turquie, ou empire ottoman ne s’est maintenue en Europe que par la volonté des dirigeants ouest européens, mais non des peuples dont les territoires étaient occupés. L’histoire de la Turquie d’Europe et même de l’Asie Mineure ou Anatolie est comparable à celle du Kosovo. Ces territoires ne sont devenus turcs qu’après occupation et colonisation de peuplement par des Turcs, en raison d’une démographie exubérante et annihilation ou peu s’en faut des habitants d’origine.
11.9.07
Les dangers de la vérité
Il a reçu ce prix (avec François Jacob et André Lwoff) pour avoir démontré le rôle de l'acide désoxyribo nucléique (ADN). Il est selon ces travaux une condition nécessaire à la vie humaine. (voir wikipedia sur ce point).
« Les êtres vivants sont des machines chimiques. La croissance et la multiplication de tous les organismes exigent que soient accomplies des milliers de réactions chimiques grâce à quoi sont élaborés les constituants essentiels des cellules. » (voir wikipedia) est une citation de lui
Il conclut "Le Hasard et la Nécessité" ainsi :
« L’ancienne alliance est rompue : l’homme sait enfin (sic) qu’il est seul dans l’immensité indifférente de l’Univers, d’où il a émergé purement par hasard. Non plus que son destin, son devoir n’est écrit nulle part. A lui de choisir entre le royaume des cieux et les ténèbres. »
Le chimiste qu'il était, affirmait que tout accès à la connaissance vient du chimiste. Comment peut-il conclure aussi péremptoirement ? La théorie de l'animal-machine, puis de l'homme-machine n'est pas née avec lui.
La Métrie 1709 - 1751 (un médecin) disait déjà
Citation extraite de
"Nous pensons, & même nous ne sommes honnêtes Gens, que comme nous sommes gais, ou braves; tout dépend de la manière dont notre Machine est montée."
http://www.fh-augsburg.de/~harsch/gallica/Chronologie/18siecle/LaMettrie/met_hom3.html
La Mettrie en trouvait des preuves dans le sommeil, la maladie, la fatigue et leurs retentissement sur l'esprit.
C'est que l'idéaliste philosophique (envisager "je pense donc je suis" comme la seule évidence) conduit à n'envisager les choses que sous un angle et à en tirer des conséquences sur toute les matières de la connaissance. L'iéaliste tire d'une vérité qu'il possède une sorte de bombe destructrice de toutes les autres vérités acquises par l'humanité.
10.9.07
La raison est au début, "In principio erat verbum" selon Benoît XVI
"Le dialogue de la raison
Fait partie enfin de l’héritage européen une tradition de pensée, pour laquelle un lien substantiel entre foi, vérité et raison est essentiel. Il s’agit ici, en définitive, de se demander si, oui ou non, la raison est au principe de toutes choses et à leur fondement. Il s’agit de se demander si le hasard et la nécessité sont à l’origine de la réalité, si donc la raison est un produit secondaire fortuit de l’irrationnel, et si, dans l’océan de l’irrationalité, en fin de compte, elle n’a aucun sens, ou si au contraire ce qui constitue la conviction de fond de la foi chrétienne demeure vrai: In principio erat Verbum – Au commencement était le Verbe – à l’origine de toutes choses, il y a la Raison créatrice de Dieu qui a décidé de se rendre participant à nous, êtres humains."
ici
En allemand, la langue originale, selon le site du Vatican
Dialog der Vernunft
"Zum europäischen Erbe gehört schließlich eine Denktradition, für die eine substantielle Korrespondenz von Glaube, Wahrheit und Vernunft wesentlich ist. Dabei geht es letztlich um die Frage, ob die Vernunft am Anfang aller Dinge und auf ihrem Grund steht oder nicht. Es geht um die Frage, ob das Wirkliche auf Grund von Zufall und Notwendigkeit entstanden ist, ob mithin die Vernunft ein zufälliges Nebenprodukt des Unvernünftigen und im Ozean des Unvernünftigen letztlich auch bedeutungslos ist oder ob wahr bleibt, was die Grundüberzeugung christlichen Glaubens bildet: In principio erat verbum – Am Anfang war das Wort – Am Beginn aller Dinge steht die schöpferische Vernunft Gottes, der beschlossen hat, sich uns Menschen mitzuteilen."
A dit le pape lors de son discours de Vienne au corps diplomatique du 07 septembre 2007.
Je pense qu'il doit y avoir une erreur de traduction "mitteilen" du dernier paragraphe me paraît mieux rendu en français par "communiquer".
Ce qui donnerait au lieu de la traduction :
"– Au commencement était le Verbe – à l’origine de toutes choses, il y a la Raison créatrice de Dieu qui a décidé de se rendre participant à nous, êtres humains."
Je traduirais plutôt :
"Au commencement était la Parole - au commencement de toutes choses, il y la raison créatrice de Dieu qui a résolu de se communiquer à nous."
Le pape insiste souvent sur cette idée que j'ai déjà trouvée dans le discours du 12 septembre 2006 : l'Europe est actuellement la seule culture qui allie la raison et la foi.
La foi nous dit qu'au début était la Parole, la Raison de Dieu. La raison est à l'origine et au fondement de toute chose.
L'idéologie du matérialisme du "hasard et de la nécessité" (titre du livre de Jacques Monod 1970 repris dans le texte du pape de 2007) s'oppose à cette idée.
Jacques Monod, prétend savoir que la vie est surgie du hasard et qu'elle a progressé en raison des nécessités de la survie. Au début de la vie et finalement de toutes choses, il y a le hasard, la nécessité vient après.
Pour Monod au commencement était le hasard qui a produit la raison. Le rationnel est sorti de l'irrationnel. Ce qui a pour corollaire que la raison n'a aucune importance, puisque c'est du hasard qu'est sortie la raison et c'est au hasard qu'elle disparaîtra. La raison mortelle n'a plus d'importance que passagère, voire pas d'importance sortie du cercle étroit de l'interprétation de l'expérience scientifique (positivisme).
Or selon la culture euroépenne la raison est dans la création, elle est aussi et surtout au commencement de l'homme qu'elle a rendu participant à la nature divine (l'homme fait à l'image de Dieu) ; elle est dans l'homme à qui Dieu imprime sa marque dès la conception. Pour le chrétien, et par conséquent pour la culture européenne, au fondements de la culture il y a la raison.
Cette vérité nous rend respectueux de la raison comme d'une manifestation divine.
Selon moi, outre sa vérité que nous devons comtempler, méditer, cette idée a l'intérêt quasi médicinal, de nous projeter tout d'un coup hors d'un cauchemar.
A la différence des implications du darwinisme de Monod : nous savons pas la foi que tout humain est important, tout humain a une dignité. Une tâche nous est donnée à toutes et tous : penser, qui nous rend conformes à Dieu.
Et encore : Notre discours devient une chose sacrée lorsqu'il est raisonnable.
9.9.07
Souvenirs d'adolescence : le scandale de l'Education Nationale
Issu d'une famille relativement catholique (un de mes grands oncles était curé d'Orgon en Provence), mais très troublée, bien que mon grand oncle ait laissé un excellent souvenir (un saint homme). J'ai suivi des cours "laïque" au Lycée Thiers de Marseille. A l'issue de ces "cours" de propagande anti-religieuse, je me disais "agnostique".
J'avais tout de même suivi les cours de catéchisme de l'aumonier. Cet aumonier, l'abbé Combalusier, était un admirateur de Teilhard de Chardin, sur lequel il a d'ailleurs écrit au moins un livre.
Bref agnostique, j'avais la nostalgie de mon identité catholique et latine. C'était aussi l'époque de l'expansion économique de l'Allemagne de l'ouest, du modèle (ou "défi") américain. Je vous parle des années soixante. Cette supériorité des peuples du nord de l'Europe (Anglais, Scandinaves, Allemands et Américains whasp) protestants dont mon père ne cessait de parler avec honneur et admiration. Ah ! le protestantisme, c'était bien mieux que ces damnés catholiques nuls de l'Europe du sud ! (Alors que lui était Français, mais ses parents étaient de culture mixte italo-française, bien qu'ils aient été tous deux Français parlant français). Je vivais dans une ambiance paradoxale, mais dans l'ensemble très hostile au catholicisme.
Au lycée j'avais appris que les catholiques étaient stupides, qu'ils croyaient à toute sorte de superstitions et d'inepties.
Est-il normal que l'école laïque fonctionne comme une machine de propagande contre la religion de la majorité ? C'est l'expérience que j'ai vécu, elle explique sans doute beaucoup de mon aventure intellectuelle aujourd'hui.