8.12.09
O Immaculée, O Immaculée, O Immaculée !
En vue de "réaliser notre unité intérieure" nous avons la grâce de Dieu, mais cela n'empêche nullement le combat spirituel.
http://www.vatican.va/holy_father/john_paul_ii/speeches/2000/oct-dec/documents/hf_jp-ii_spe_20001208_immacolata_fr.html
Dans cet effort continuel, nous avons Marie que Dieu nous a donné pour mère et qui est victorieuse de notre ennemi et qui ne veut rien tant que nous triomphons nous aussi.
Cette fête nous délivre de la culpabilité, de la honte du péché. Nos fautes, nos mystérieuses fautes, n'existent que pour nous aider d'abord à être humble, mais aussi à désirer le moment où nous ne seront plus divisés intérieurement et pour l'instant à réduire jour après jour notre "division intérieure" (Gaudium et spes).
Tota pulchra es, Maria
Et macula originalis non est in te
Tu gloria Jerusalem
Tu laetitia Israel
Vous êtes toute belle, Marie
Et la tache originelle n'est pas en vous
Vous êtes la gloire de Jérusalem
Vous êtes la joie d'Israël.
Le texte complet de la prière peut être trouvé ici (avec traduction en anglais).
La prière "O Immaculée, O Immaculée, O Immaculée" est du P. Kolbe martyr à Auschwitz.
7.12.09
Alleanza cattolica et le lefebvrisme.
Une question inévitable : Alleanza Cattolica, Vatican II, la liturgie traditionnelle, monseigneur Marcel Lefebvre… Quelle est votre position ?
Dans les années suivant le Concile Œcuménique Vatican II Alleanza Cattolica a vécu l’angoisse commune à de nombreux catholiques devant les conséquences désastreuses de ce que Paul VI appelait « une fausse et abusive interprétation du Concile, qui voudrait un rupture avec la tradition, même doctrinale, jointe avec la répudiation de l’Eglise pré-conciliaire, et à la licence de concevoir une Eglise « nouvelle », quasiment « réinventée » de l’intérieur, dans sa constitution, dans son dogme, dans son costume, dans son droit ». Une situation que Jean-Paul II décrivait ainsi en 1981 : « Il faut admettre réalistement et avec une sensibilité profondément meurtrie que les chrétiens aujourd’hui en grande partie se sentent perdus, troublés, perplexes et enfin déçus, on a répandu à pleine main des idées contrastant avec la vérité révélée et enseignées depuis toujours ; on a répandu de véritables et proprement dites hérésies, dans le domaine dogmatique et moral, provoquant des doutes, des confusions, des rebellions, on a encore mis la main sur la liturgie ». Devant ces problèmes Alleanza Cattolica dans les années 1970 a suivi avec intérêt l’activité de monseigneur Marcel Lefebvre (1905-1991) et les questions que l’archevêque français posait en matière dogmatique, morale ou liturgique, entretenant des relations à divers titres avec la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X qu’il avait fondée. En 1981 Alleanza Cattolica constatait qu’avec le temps l’attitude de monseigneur Lefebvre avait graduellement changé, et que le prélat et ses collaborateurs ne se limitaient plus à poser de légitimes questions, mais fournissaient aussi les réponses, glissant petit à petit vers des comportements porteurs de risques de type schismatique. Dans cette année (1981) – donc sept ans avant l’excommunication intimée à l’évêque français en 1988 après la consécration par lui de quatre évêques – Alleanza Cattolica décida donc d’interrompre toute forme de collaboration avec monseigneur Lefebvre et avec la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X, invitant aussi les prêtres et les séminaristes italiens amis d’Alleanza Cattolica qui faisaient partie de la Fraternité, ou qui collaboraient avec elle, à se comporter en conséquence.
Une position qui est la mienne. Les lefebvristes me l'ont fait payer et me le font payer très, très cher.
4.12.09
Selon M. Introvigne Alleanza cattolica ne fait pas de politique.
Alleanza Cattolica n’est certainement pas un parti politique, dont la raison d’être dans l’actuel régime de démocratie parlementaire, est la représentation inorganique de l’électorat, mais veut être un organisme de propagande de thèses et de témoignage doctrinal dans la diversité articulée du corps social. Alleanza Cattolica, en outre, est disponible pour la coopération, en maintenant son identité et sa nature, avec les partis politiques, dans la mesure où ceux-ci seraient disposés de leur côté à agir ou au moins à laisser agir avant tout pour la défense des « valeurs non négociables », lesquelles désignent – comme l’enseigne le Magistère, en particulier avec Benoît XVI – la limite infranchissable de toute collaboration possible. Alleanza Cattolica n’a pas comme but direct la préparation de personnes qui assument des engagements publics à travers l’acceptation de charges électives. L’engagement des membres de l’association, a eu des résultats particulièrement visibles ces dernières années – cela est arrivé et c’est certainement louable, mais d’une part a un caractère d’exception, d’une autre part ne doit pas être compris comme constitutif de liens particuliers ou privilégié d’Alleanza Cattolica avec des partis et mouvements politiques déterminés.
2.12.09
Contre l'interdiction des minarets, pour les évêques suisses.
Depuis le triomphe du oui au référendum suisse, les pauvres évêques suisses, quand ce n'est pas le pape, sont amèrement critiqués, voire insultés. Ils seraient rien moins que des dhimmis volontaires, des collaborateurs de l'impérialisme islamique.
Prenons bien garde à ne pas, par de mauvais arguments, donner des bâtons pour nous faire battre.
D'abord en critiquant les évêques suisses qui sont les pères dans la foi catholique des Suisses, on discrédite sa propre religion en les vilipendant.
Mais surtout on ne comprend pas qu'en critiquant les évêques sans les comprendre on est en train de légitimer la construction des minarets !
La liberté religieuse est un droit naturel fondamental de l'homme (et même le droit pivot autour duquel s'organisent tous les autres droits). Elle profite et s'impose à tous, musulmans, catholiques, chrétiens de diverses confessions ainsi que adeptes de toute confession ou non-confession.
C'est pourquoi, ce droit ne peut être violé, même pour qu'il arrive un bien : en l'occurrence les organisateurs du référendum avaient déclaré respecter la liberté religieuse des musulmans, mais simplement vouloir interdire les minarets comme symboles d'un désir de domination anti-démocratique.
Certes c'est bien de vouloir rappeler l'égalité fondamentale des tous les êtres humains quelle que soient leurs croyances ou incroyances, mais ce juste principe ne doit pas s'imposer par n'importe quel moyen.
Les évêques suisses l'avaient bien compris et avaient appelé les gens à le comprendre. Ils avaient même pris la précaution de faire observer, en substance, que la construction des minarets restait soumise aux lois laïques édictées en vue du bien commun.
En effet l'Etat, doit respecter et faire respecter la liberté religieuse, laquelle liberté religieuse fait partie du bien commun laïc.
C'est dans le deuxième aspect de la formule qu'il faut aller chercher la discipline de la construction de tout édifice religieux.
Aucun édifice religieux ne peut être destiné à violer la liberté religieuse, il ne peut donc être destiné à crier un message religieux, car, fondé sur un prosélytisme illicite, cela s'oppose à la liberté religieuse de la population (y compris de la population de confession musulmane).
Mais cette règle est valable pour toutes les religions, y compris la religion catholique.
Il n'y avait donc pas à interdire les minarets comme tels, mais à interdire toute violation de la liberté religieuse ou la construction de tout édifice (ou partie d'édifice) destiné à violer la liberté religieuse.
29.11.09
L'école contre-révolutionnaire inspiratrice d'Alleanza cattolica.
Alleanza Cattolica se définit comme une association « contre-revolutionnaire ». Pouvez-vous préciser cette expression ?
Je voudrais partir de l’instruction de 1990 Donum veritatis de la Congrégation pour la doctrine de la foi, signée de celui qui était alors le cardinal Ratzinger, mais approuvée aussi par la Pape Jean-Paul II et donc a tous les effets du magistère du pape. Dans ce document il est expliqué que dans la théologie coexistent légitimement diverses opinions et diverses écoles, les quelles se servent – entre autres – de la philosophie, des sciences historiques et des sciences humaines pour élaborer des « propositions », « des dons faits à toute l’Eglise », moments de commencement d’un dialogue qui d’habitude comporte « beaucoup de corrections et d’extensions » avant que ce qui est le patrimoine d’une école devienne patrimoine de l’Eglise entière (n° 11). Mais cela ne signifie pas que toute école doive renoncer à avancer ses propositions : au contraire la « liberté de recherche » est « un des biens les plus précieux » (n.12), bien qu’une chose soit claire – c’est qu’à la fin c’est le Magistère qui juge des propositions de l’école et non l’inverse.
Si la doctrine sociale de l’Eglise est théologie morale – plus précisément, théologie morale sociale – il est évident que ce que Donum veritatis affirme pour la théologie en général vaut aussi pour la doctrine sociale. Ici aussi, il existe différentes écoles, qui coexistent légitimement et ont le droit – même le devoir précieux – d’avancer leurs propositions, même s’il est clair qu’à la fin ce sera au Magistère à juger ce qui convient dans ces propositions à toute l’Eglise, ce n’est pas aux écoles à s’arroger le droit d’utiliser sélectivement le Magistère.
Alleanza Cattolica privilégie, depuis ses commencements, l’école dite contre-révolutionnaire. Cette école a fait ses premiers pas en étudiant et critiquant le Révolution française, mais dans le cours de son développement historique à de plus en plus lu cette Révolution comme une partie d’un processus qui agresse la Chrétienté à partir au moins de la Renaissance et de l’Humanisme, passant par la rupture de l’unité chrétienne de l’Europe avec la Réforme, donc par l’Illuminisme, par le communisme et en général par les idéologies antichrétiennes et totalitaires qui s’affirment au XXème siècle, pour enfin aboutir dans le nihilisme et dans la révolution culturelle qui ont leur moment emblématique dans les événements de 1968 et dans l’attaque de celles que Benoît XVI appelle « les valeurs non négociables ».
Le même Benoît XVI, dans son discours tenu à Ratisbonne le 12 septembre 2006 et dans l’encyclique Spe salvi de 2007 – deux textes que Alleanza Cattolica considère comme particulièrement importants pour son apostolat, ensemble l’exhortation apostolique post-synodale de Jean-Paul II Reconciliatio et poenitentia, de 1984, qui indique les conditions et les étapes d’une possible recomposition de ce qui a été cassé et fragmenté – a décrit ce processus comme la rupture progressive de la synthèse entre les héritages grec et chrétien, et entre la foi et la raison. Les étapes principales de cet itinéraire, enseigne encore Benoît XVI, sont représentés par le fidéisme de Martin Luther (1483-1546), par le rationalisme et par le scientisme qui culminent dans cette forme d’illuminisme qui donne à la Révolution française ses caractères antichrétiens, par les idéologies des XIXème et XXème siècles, et enfin par le nihilisme désespérant de la révolution culturelle contemporaine. Considéré dans son ensemble, le processus est désigné par l’école contre-révolutionnaire sous le nom de Révolution.
Répondant à sa vocation propre de lutte contre cette Révolution qui a subverti et subvertit l’harmonie entre la foi et la raison, les racines chrétiennes de l’Europe et de l’Occident, et l’ordre naturel et chrétien, Alleanza cattolica met en relief ces valeurs, comme la tradition, la vie, la famille et la propriété privée (cette dernière, bien entendu, ainsi que l’entend l’analyse et la définit le Magistère social de l’Eglise), qui sont en diamétral désaccord avec les idéologies révolutionnaires.
27.11.09
Massimo Introvigne : l'équilibre entre foi et raison, source de la doctrine sociale européenne et universelle.
En quel sens Alleanza Cattolica, dans l’étude, la diffusion et l’application du magistère privilégie-t-elle la doctrine sociale ?
- Avec l’encyclique Caritas in veritate Benoît XVI nous a rappelé opportunément deux choses. Premièrement : la doctrine sociale de l’Eglise, qui n’est pas autre chose que la théologie morale sociale, n’est pas née avec le Pape Léon XIII (1810-1903) ni avec la moderne « question sociale » mais avec l’Evangile et la « tradition apostolique » elle-même. Elle est aussi ancienne que l’Eglise. Deuxièmement : la doctrine sociale de l’Eglise ne s’occupe pas seulement des problèmes du travail, des travailleurs et des usines – comme le veut la même illusion d’optique qui veut la faire naître, de façon erronée, avec Léon XIII – mais de tous les problèmes de la société. L’encyclique Caritas in veritate demande justement que les problèmes de bioéthique – l’avortement, l’euthanasie – soient le sujet propre de la doctrine sociale de l’Eglise, qui est socio-politique et non seulement socio-économique. Mais le jugement sur l’histoire fait aussi partie de la doctrine sociale.
Même si le magistère s’est occupé de pratiquement tous les continents et de tous les pays – sans remonter au corpus de Léon XIII (1810-1903), comment oublier la très riche masse de textes de Jean-Paul II (1930-2005) ? Il a consacré une attention particulière à l’histoire de l’Europe. A partir du moment où l’Europe est devenue « Occident », Magna Europa, par l’installation d’Européens dans des pays comme les Etats Unis, le Canada, l’Australie, les nations hibérico-américaine, soit par son influence dominante – elle a exercé dans le monde une hégémonie culturelle qui n’a été discutée que depuis les dernières décennies, son histoire a eu et a encore une importance mondiale. Par de multiples côtés, sa crise est la crise de l’humanité entière.
L’Europe a été une civilisation chrétienne tant qu’elle a réussi à maintenir cet équilibre, sur lequel le Magistère insiste, entre la foi et la raison, auquel correspond un équilibre entre personne et société. Cet équilibre a été construit de façon pénible, et le message évangélique a réussi à harmoniser ce qu’il y avait de meilleur entre la foi d’Israël et la philosophie grecque, entre le droit romain avec son sens aigu de la personne et les apports germaniques qui insistaient sur la communauté de vie et de tradition, la gemeinschaft (distincte de la gesellschaft, qui est la « société » au sens juridique). En particulier, comme l’enseigne l’encyclique Fides et ratio de 1998 de Jean-Paul II, « la rencontre du christianisme avec la philosophie […] ne fut ni immédiate ni facile » (n° 38), mais – par un processus de plusieurs siècles – arriva à construire cette « harmonie fondamentale de la connaissance philosophique et de la connaissance de foi » (n° 42) qui culmine par beaucoup de côtés avec saint Thomas d’Aquin (1224-1274), lequel pour cette raison « est toujours proposé par l’Eglise comme un maître de pensée » (n°42). Une pensée, on peut l’ajouter, encore vivante et vigoureuse pour celui qui s’en approche directement, et à qui ne rendent pas pleinement justice les compilations de la scolastique tardive et de la « néo-scolastique ».
(à suivre)
26.11.09
Alleanza cattolica : un rôle d'application.
La vocation spécifique d’une agence orientée de cette façon consiste avant tout dans l’étude et dans la diffusion du magistère pontifical, avec une attention spéciale aux jugements que ce magistère a porté sur l’histoire, et en particulier sur l’histoire de l’Europe et de l’Occident. En second lieu, elle se structure en application des principes déduits du magistère aux problèmes sociaux, culturels et politiques de notre époque. Les deux activités sont liées mais distinctes. En transmettant aux autres le magistère pontifical, le but est celui d’être les moins originaux possible, transmettant fidèlement l’essentiel de ce que les Papes ont voulu enseigner. En appliquant les principes qui se tirent du magistère aux problèmes d’actualité, le laïc fait au contraire une chose qui n’est pas interdite par le Magistère – au contraire, c’est ce qui a été constamment indiqué comme le devoir spécifique des laïcs -, mais il le fait sous sa responsabilité et sans engager la hiérarchie.
En théorie, étudier et appliquer le Magistère pontifical aux problèmes de l’heure présente est le devoir de tous les catholiques. En pratique un simple regard sur le panorama actuel nous confirme qu’ils sont peu nombreux ceux qui assument ce devoir comme thème. Parmi les problèmes de Alleanza Cattolica il n’y a certainement pas celui d’avoir trop de concurrents…
Deux des choses que les médias français et à leur suite le public français ont le plus de mal à assimiler, c'est que 1) les mouvements d'inspiration catholique n'engagent pas la hiérarchie et 2) la conséquence de ce principe : que la hiérarchie n'a pas à intervenir dans leurs moindres opinions ou prises de position. Ils sont libres de leurs politiques et de leurs opinions à l'égard de la hiérarchie qui n'a de titre à intervenir qu'en cas de manquement à la doctrine ou à la discipline de l'Eglise.
Ainsi on lit des articles qui reprochent au pape de ne pas reprocher à certains leurs tenues vestimentaires ou le choix de la langue (latine surtout) dans leurs prières, voire leurs options partisanes...
24.11.09
Massimo Introvigne : le rôle d'Alleanza cattolica s'insère dans la missionarité des laïcs.
Voici le texte du § 41 de Ecclesia in Europa de Jean-Paul II que j'ajoute au texte de monsieur Introvigne :Les mouvements sont des modes de vivre la « missionarité » de l’Eglise dans les très vastes domaines dans lesquels elle œuvre, et d’organisation de la vie de ses membres en vue de la sanctification. Les agences comme Alleanza Cattolica ne sont pas des mouvements (donc, entre autre, elles ne sont pas en concurrence avec les mouvements). Alleanza Cattolica, ne s’occupe pas – tout en ayant le plus grand respect pour ces œuvres de charité - de visiter les prisonniers (même si en Italie, pour des raisons plutôt connues, il est désormais plus facile aux prisonniers de nous visiter). En qualité d’agence, elle ne cherche pas de simples auditeurs ou personnes disponibles pour participer à des moments de vie commune, mais des « transmetteurs », c’est-à-dire de militants qui s’engagent à transmettre ce qu’ils ont reçu à travers des formes variées d’apostolat culturel, donc – encore une fois – disponibles pour passer par ces importants [prenants] « parcours, basés sur de sérieux apprentissages de vie ecclésiale, en particulier sur l’étude de la doctrine sociale » de laquelle Jean-Paul II parle dans son exhortation apostolique post-synodale de 2003 Ecclesia in Europa (n° 41)
"41. La participation des fidèles laïcs à la vie de l'Église est unique: le rôle qui leur revient dans l'annonce et le service de l'Évangile de l'espérance est en effet irremplaçable, car, « par eux, l'Église du Christ est présente dans les secteurs les plus variés du monde, comme signe et source d'espérance et d'amour ».72 Participant pleinement à la mission de l'Église dans le monde, ils sont appelés à montrer que la foi chrétienne est la seule réponse exhaustive aux interrogations que la vie pose à tout homme et à toute société, et ils peuvent implanter dans le monde les valeurs du Royaume de Dieu, promesse et gage d'une espérance qui ne déçoit pas.
L'Europe d'hier et d'aujourd'hui connaît une présence significative et l'exemple lumineux de telles figures de laïcs. Comme l'ont souligné les Pères du Synode, il faut évoquer entre autres, avec gratitude, le souvenir d'hommes et de femmes qui ont témoigné et qui témoignent du Christ et de son Évangile, par leur service de la vie publique et les responsabilités que celle-ci comporte. Il est d'une importance capitale « de susciter et de soutenir des vocations spécifiques au service du bien commun: des personnes qui, à l'exemple et avec le style de ceux qui ont été appelés “les pères de l'Europe”, sachent être les artisans de la société européenne de l'avenir, en l'asseyant sur les bases solides de l'esprit ».73
Il faut apprécier tout autant l'œuvre accomplie par des laïcs chrétiens, hommes et femmes, souvent dans une vie ordinaire et cachée, à travers d'humbles services qui leur permettent d'annoncer la miséricorde de Dieu à ceux qui sont plongés dans la pauvreté; nous devons leur être reconnaissants pour l'audacieux témoignage de charité et de pardon qu'ils donnent, évangélisant par ces valeurs les vastes horizons de la politique, de la vie sociale, de l'économie, de la culture, de l'écologie, de la vie internationale, de la famille, de l'éducation, de la vie professionnelle, du travail et de la souffrance.74 À cette fin, il est utile d'avoir des itinéraires pédagogiques qui rendent les fidèles laïcs capables d'un engagement de foi au sein des réalités temporelles. De tels parcours, fondés sur un sérieux apprentissage de la vie ecclésiale, en particulier sur l'étude de la doctrine sociale, doivent être en mesure de leur apporter non seulement la doctrine et le dynamisme, mais aussi les éléments spirituels adaptés qui soutiennent leur engagement vécu comme un authentique chemin de sainteté."
21.11.09
Massimo Introvigne fait le point sur Alleanza cattolica.
Massimo Introvigne est un sociologue venu du droit et de la philosophie. Comme militant, il est vice-président (vice-regente) de Alleanza cattolica. C'est à ce titre qu'il a donné l'interview que j'ai traduite avec son autorisation.
Cette interview dépasse le simple intérêt pour le mouvement (il se présente comme une agence.) Alleanza cattolica, il donne des ouvertures lumineuses sur la doctrine sociale de l'Eglise et des références doctrinales passionnantes, surtout sur le statut du laïcat.
Les questions sont de Irene Bertoglio une journaliste qui doit publier un livre qui contiendra cette interview.
Place à la traduction :
"Massimo Introvigne, vous êtes régent national adjoint, c’est-à-dire responsable adjoint national de « Alleanza Cattolica». En Italie il y a d’innombrables associations catholiques. La question vient spontanément : pourquoi une de plus ? A quoi sert spécifiquement Alleanza Cattolica ?
Vous avez raison : les façons dont l’Eglise, continuant la mission du Seigneur Jésus-Christ, rend possible sa rencontre sont innombrables. A partir du XIXème siècle (non sans prodromes au XVII et au XVIIIème siècles), la progression de la modernité, qui s’est accompagnée du sécularisme (lequel à la différence de la sécularisation – qui est une pure donnée de fait – est le processus entraîné par l’idéologie qui tend à exclure la religion de chaque domaine de la vie) a pour ainsi dire « fermé » à la mission que l’Eglise exerce par les clercs, la vie paroissiale et la liturgie un nombre toujours plus grand de milieux. Certainement depuis ses origines l’Eglise s’est affirmée par la mission, qui est liée à la nature même du monothéisme chrétien comme monothéisme universel, non destiné à un seul peuple. Et depuis le premier siècle, selon les analyses d’un grand sociologue – et pour moi un ami cher – comme Rodney Stark, « le véritable succès de la mission dépendait de missionnaires laïcs », qui étaient capables quelles qu’aient pu être les conditions, de pénétrer les milieux où les clercs réussissaient difficilement à se faire entendre. Avec l’avènement de la modernité, la missionarité des laïcs devient encore plus décisive."
(à suivre)
19.11.09
L'administration pénitentiaire dépendant du ministère de la justice condamnée par la justice administrative.
"La cour administrative d'appel de Douai a rejeté, le 12 novembre, le recours formé par le garde des Sceaux contre la décision du tribunal administratif de Rouen (...)
Les conditions de détention sont identiques à celles déjà jugées par le tribunal administratif de Rouen le 27 mars 2008 (...) à savoir : une cellule de 10,80 à 12,36 m2, occupée par au moins quatre détenus sur une longue période (12 à 24 mois), avec pour seul dispositif d'aération, une fenêtre haute de faible dimension sans possibilité satisfaisante de renouvellement d'air, des toilettes non cloisonnées, hormis par des portes battantes et un muret bas insuffisants à protéger l'intimité des détenus, ni équipées d'un système d'aération spécifique, et situées à proximité immédiate du lieu de prise des repas."
Un terme peut passer inaperçu : "au moins" c'est-à-dire que les détenus sont "au moins" quatre, mais qu'ils peuvent être plus nombreux... pudiquement le juge administratif ne précise apparemment combien... C'est beau la pudeur !
On est intéressé d'apprendre que la "justice" française viole les droits de l'homme. On le savait déjà par Outreau (entre autres), mais c'est une décision juridictionnelle qui le dit...
Il s'agit d'une maison d'arrêt, donc une prison susceptible d'accueillir les détenus non condamnés et détenus sans jugement... Ils sont donc présumé innocents... comme Treiber.
Le repas pris dans les remugles de sentines, de pisse et de m... par des présumés innocents, merci, chers magistrats français.
Heureusement que la Révolution française s'est faite contre la tyrannie ! Maintenant il n'y a plus de tyrans en France, c'est de foi républicaine.