"Tout individu est ineffable" était paraît-il un adage de la scolastique.
"Individu", c'est que qui ne peut être divisé sans perdre sa substance. Un chien sera toujours "ce" chien et pas un autre, on ne peut le diviser pour avoir deux chiens. La question du clonage n'est pas une objection puisqu'on aura deux individus et non un seul.
A rapprocher de la liste des dix catégories d'hier, on s'aperçoit que bien sûr chaque catégorie peut connaître une infinité de données.
Exemple : la quantité. Rien qui ne semble plus facile à cerner. Il semble qu'en quelques lignes tout sera dit du chien que vous rencontrez pendant votre promenade. Et pourtant quand vous aurez son poids, sa masse, sa taille au garrot, en haut de la tête, ses pattes leurs longueurs, leurs largeurs, ses yeux, son poitrail, ses dents, son cœur etc... Vous n'aurez presque rien dit de l'aspect quantité de cet individu... On voit bien que vous n'en finirez jamais. Car après avoir tout mensuré, il faudrait encore parler des rapports de ces quantités entre elles, puis par rapport aux mensurations des être vivants, des mammifères, de l'espèce, de la race, du sexe et encore et encore d'autres critères.
Donc même dans la seule catégorie de la quantité un individu est ineffable. Que sera-ce alors dans la catégorie "qualité" ? Et des autres catégories. On n'en finira jamais de parler de cet individu, et même il est impossible d'en parler complètement, exhaustivement. Tout individu est ineffable.
C'est la même vérité exprimée autrement, lorsque Gilson fait remarquer que tout discours opère une section, une sélection dans la réalité. Le discours ne dit qu'une infime partie de la réalité qu'il exprime. Le discours c'est une petite partie, prélevée dans une petite cuillère, de l'océan de la réalité. Cela ne veut pas dire qu'il n'est pas une partie de la réalité, mais une petite partie et même une infime partie.
Cela condamne aussi les doctrines, les théories qui auraient la prétention de rendre compte de la totalité de la réalité, de la totalité du monde.
Monsieur Dupont-Aignan dans son livre "Etre et Parler français" cite Claudel, qui aurait dit "ce que vous pouvez apporter de meilleur au monde, c'est vous" Il emploie ce mot pour nous encourager à parler français parce qu'il nous dit que ce qui peut le plus enrichir le monde, c'est notre identité.
Si l'on passe du domaine de la culture au domaine individuel, il est bien évident qu'un être humain qui est constitué surtout par sa possibilité de penser, est encore plus ineffable qu'un chien.
Sa pensée qu'il pourra communiquer par sa langue, par son discours, elle est aussi ineffable.
C'est pourquoi la liberté de penser est le principe social qui fonde une société bien constituée. Bien sûr, il ne s'agit pas d'une liberté de pensée qui délierait le discours de la réalité (sauf fiction ou poésie) ou du respect dû aux autres, mais d'une liberté intimement liée au fait que le discours, lui aussi, est impuissant à exprimer la totalité de la pensée que tout discours exprime une pensée ineffable dans sa totalité.
Donc "vive les blogs", exprimez-vous pour vous, et aussi pour les autres, car ce que vous pouvez apporter de mieux au monde, c'est votre pensée.
15.1.07
Tout individu est ineffable
13.1.07
Les dix catégories d'Aristote
1) la substance
Et les accidents soient :
2) la qualité
3) la quantité
4) la relation
5) l'action
6) la passion
7) le temps
8) le lieu
9) la position
10) l'avoir »
Ainsi elles auraient pu être quatre, ou bien vingt-cinq. Ainsi, si je peux me risquer à donner un exemple la quantité aurait pu être dissociée en hauteur, longuer, profondeur, poids...
Monsieur Madiran écrit à ce propos (préface aux PRINCIPES DE LA REALITE NATURELLE)
"les dix catégories ont été énoncées par Aristote. Il en donne la liste sans expliquer comment il y est arrivé et sans exposer ses raisons. C'est pourquoi certains y ont vu une nomenclature empirique, établie "au petit bonheur", "sans suivre aucun principe", disait Kant, et donc susceptible d'être modifiée. Cependant tout indique qu'Aristote, considérait comme certain qu'il existe dix catégories, et dix seulement, et qui sont celles-là. Saint Thomas en a fait la démonstration dans son commentaire du troisième livre physique et du cinquième livre métaphysique d'Aristote."
"Les dix catégories sont les dix genres premiers ; elle ne sont pas les diverses espèces d'un même genre, car ce qui leur est commun leur est commun non pas d'une manière univoque mais d'une manière analogue : c'est l'être, qui n'est pas un genre. Pour cette raison, la substance et les accidents ne sont pas susceptibles d'une définition "intrinsèque essentielle" par le genre prochain et la différence spécifique."
"La substance et l'accident ne possèdent pas également l'être. Ce qui est, c'est la substance (première), c'est le sujet individuel. Et l'accident n'existe que par et dans la substance." [fin de citation]
11.1.07
"Etre et parler français" de P.-M. Coûteaux
« Etre et parler français » de Paul-Marie Coûteaux.
Monsieur Paul-Marie Couteaux est un partisan de la francophonie et adversaire du parler anglais. Il est encore plus un partisan de la France. C’est un gaulliste convaincu. Il est directeur de « L’Indépendance » et a publié « De Gaulle Philosophe » et « Ne laissons pas mourir la France »
Curieux quand même que pour un amateur de la France et de la langue française le titre soit un solécisme. En effet le terme unique de « français » est employé en deux sens différents à la fois. Il ne peut y avoir, si mes souvenirs sont bons, construction par l’emploi d’un seul terme en deux sens. Il aurait fallu écrire « Etre Français et Parler français » Et cela d’autant plus que le termes est deux. « Français » et « français » sont deux termes différents et là il n’y en a qui doit suppléer par allusion, le défaut du terme « Français ».
A moins que, plus vraisemblablement, l’auteur ait voulu signifier qu’il s’agissait d’être tout court, et de parler français. Dans ce cas, je ne vois pas le rapport entre ce terme très général d’ « être » et celui spécial, de « parler français ». Bien d’autres langues existent et sont parlées par des ETRES humains, ils n’en sont pas moins des êtres, sans parler français. C’est aller trop loin que d’écrire que notre être est exclusivement constitué par notre culture. Notre culture (de plus non absolument originale) n’est qu’un des éléments de notre être.
D’une façon générale les propos du livre sont, selon moi, excessifs, surtout dans ses conclusions.
Monsieur Coûteau souligne l’importance de la langue maternelle dans la formation de l’esprit. Selon lui, la langue nous permet de penser, et, certes, c’est vrai. Mais également, la pensée nous permet de parler. Les deux sont vrais.
L’auteur souligne que, selon lui, l’on ne peut avoir deux langues maternelles. La langue maternelle est nécessaire à la structuration de la pensée. La langue maternelle est celle dans laquelle nous traduirons les autres langues. Ces langues étrangères que nous ne possèderont jamais comme notre langue maternelle.
Certains grands auteurs pourtant ont pu être grands dans deux langues (Giorgiu en roumain et en français, Julien Green et Etienne Gilson en anglais et en français et bien d’autres…)
La langue nous fait. Notre être, notre pensée dépendent de notre langue.
La chance de parler français est une chance pour nous autres. Le français est aussi une chance pour l’humanité. Je pense que des écrivains se sont mis à écrire en français alors qu’ils avaient une langue maternelle différente, parce que le français est une merveille pour l’expression et l’élaboration de la pensée. Il explique clairement, il a un souci d’ordre et de clarté qui est, je crois, sans équivalent. Chaque langue a son génie, je dénigre, en disant cela, aucune langue dans le monde. Mais le français est un joyau.
En page 324 Monsieur Coûteau raconte : « L’autre jour, je m’amusais, on s’amuse comme on peut, à regarder le programme de concours d’attaché d’administration. Un sadique ou un imbécile, choisissez, avait mis dans le programme d’interroger les concurrents sur la Princesse de Clèves. Je ne sais pas cela vous est souvent arrivé de demander à la guichetière ce qu’elle pensait de la Princesse de Clèves ! » (…) et Monsieur Coûteaux commente : « faire rire une salle en moquant la langue classique est un crime contre la nation. Quant à l’idée que l’Ecole n’enseigne plus que le nécessaire économique, qu’elle ne fait pas des Français, mais un agent économique, qu’elle ne fait pas des Français, mais un agent économique, guichetière, ingénieur informaticien, c’est pis qu’un crime, c’est une erreur de grande envergure. »
On ne peut être que d’accord avec Monsieur Coûteaux sur la nécessité de la culture générale française pour faire d’abord de bons Français qui seront de bons agents économiques. L’éducation américaine qui néglige la culture générale ne fait pas toujours de bons agents économiques.
Mais je le trouve un peu excessif, sa pensée aurait besoin de se modérer et de se clarifier.
Notre ministre de l’éducation a récemment décidé que l’anglais ne soit plus enseigné qu’après le cours élémentaire. Il a peut-être été influencé par le livre de Monsieur Couteau.
« Etre et parler français » Librairie Académique Perrin 2006 397 pages.
10.1.07
Réflexions sur le" bébé médicament".
Un bébé-médicament ou un bébé double espoir, qu’est-ce ?
Déjà le Code de la Santé Publique permet à des parents qui ont eu recours à la fécondation in vitro de permettre que soit poursuivies des recherches sur l’embryon atteint (ou prétendument atteint) d’une maladie à des fins de « recherches ».
Or les parents n’ont aucun droit à disposer de la vie et du corps de leur enfant. Il leur est confié, mais c’est n’est pas au sens de « propriété » par « leur enfant ».
En l’occurrence, le bébé médicament, c’est un processus à étape.
D’abord, un enfant malade, d’une maladie génétique, c’est-à-dire d’une maladie inscrite dans les chromosomes. Donc la décision de mettre au monde un enfant conçu pour permettre un prélèvement susceptible d’améliorer la situation de santé de son frère ou de sa sœur handicapé.
Dès la décision prise par les parents, et l’accord des médecins spécialement désignés pour pratiquer ce genre de processus, on va passer à la réalisation.
En « un »la conception in vitro de plusieurs enfants.
En « deux », c’est la sélection d’un embryon en fonction de son patrimoine génétique. Et donc, c’est la destruction des autres frères et sœurs.
En trois, c’est l’implantation de l’embryon dans l’utérus de la mère. Et donc la grossesse et l’accouchement.
C’est alors un prélèvement, qui peut être douloureux, sur le bébé d’une substance susceptible de soigner l’aîné handicapé.
Rien ne se fait sans l’accord des parents et des médecins spécialisés.
On peut s’interroger sur la fécondation in vitro, avec tout ce que cela comporte, mais ce n’est pas ici mon propos.
L’intention des parents ne semble pas moralement condamnable : avoir un enfant pour qu’il vienne en aide à son aîné, n’est pas moins bien que de l’avoir par hasard ou par amour.
Cependant, on peut surtout s’interroger sur le prélèvement fait sur un enfant incapable de donner son consentement. S’il s’agit d’un prélèvement douloureux et ou risqué, il est inadmissible que d’autres que lui décide, seraient-ils les parents.
Des solutions plus humaines existent :
« Mais que proposer aux familles confrontées aux souffrances d’un enfant qui a urgemment besoin d’une greffe de moelle ? Il faut trouver dans le monde un donneur compatible ! C’est difficile actuellement, mais c’est possible, et certainement moins coûteux en vies humaines que la technique des « bébés-médicaments ». Pour couper court à tout eugénisme, il convient de développer les registres de donneurs et d’encourager les gens au don d’organe, de sang et de moelle osseuse. Le don de moelle osseuse d’un adulte compatible rendrait en effet inutile le recours aux « bébés-médicaments »
le diocèse de Bâle en Suisse consultable ici :
http://www.bistum-basel.ch/seite.php?na=1,1,0,60573,f
donne une bonne analyse valable pour tous.
L’être humain est sacré, serait-il faible, petit, sans influence. Toute forme de disposition le concernant sans son consentement est inadmissible. C’est faire revivre l’esclavage où l’autre est considéré comme une chose.
Je crois beaucoup à un argument, selon moi imparable : si vous acceptez d’enfreindre ces principes, vous risquez que cela vous soit appliqué demain. Vous n’aurez aucun argument pour vous y opposer. Si la force vous fait défaut, vous ne pourrez même plus parler à l’intelligence des criminels, car vous vous serez disqualifié par vos prises de position.
9.1.07
Du nouveau en matière de droit de succession
Du nouveau en matière de droit de succession.
On sait que le gouvernement a en projet la suppression des droits de successions. Sans doute est-ce une première disposition dans cette direction.
Une nouvelle disposition est insérée dans la loi de finance du 21 décembre 2006 :
« L'article 775 bis du code général des impôts est ainsi rédigé :
« Art. 775 bis. - Sont déductibles, pour leur valeur nominale, de l'actif de succession les rentes et indemnités versées ou dues au défunt en réparation de dommages corporels liés à un accident ou à une maladie. »
Il était choquant que les sommes perçues pour une infirmité ou une maladie soient lourdement taxées.
Ainsi celle ou celui qui bénéficie d’une rente ou d’une indemnisation ou qui pourrait en bénéficier (imaginons un accidenté de la route décédé avant l’aboutissement du procès, procès poursuivi par les héritiers) lèguera une somme qui ne sera pas soumise aux droits de succession.
Cette rente ou ce capital qui aura pu être perçu ou qui restera à verser pourra provenir non seulement d’un accident, mais encore d’une maladie. Ainsi celui qui sera assuré contre la maladie auprès d’une compagnie d’assurance et qui aura perçu une rente ou un capital verra cette somme déduite pour son montant nominal de la succession.
En l’occurrence, cela semble exclure le « remploi » des fonds. Supposons une indemnisation en 2000 pour un montant de 100 000 €. Cette somme est placée dans un immeuble qui au jour du décès en novembre 2006 vaut 500 000 €, la somme déduite du montant de la valeur du patrimoine transmis sera de 100 000 € (montant nominal).
Il est donc du plus grand intérêt de garder précieusement les documents afférant à ses dossiers de façon à pouvoir les déposer chez le notaire chargé de l’établissement de la déclaration de succession, ou si l’on se sent capable de procéder soi-même à cette déclaration, les garder dans ses propres papiers.
8.1.07
L'industrie du bébé génère des milliards de dollars de chiffre d'affaires
L’industrie de la production d’enfants.
Je prends connaissance d’un article de Genethique reprenant un texte de Courrier International à propos d’un livre (The Baby Business) que Madame Debora Spar, professeur à la Harvard Business School, vient de publier.
« Cet ouvrage, étayé de chiffres, montre l’importance du marché de l’assistance médicale à la procréation (AMP) – fécondation in vitro (FIV), dépistage prénatal (DPN), dépistage préimplantatoire (DPI)…- aux Etats-Unis, secteur très peu contrôlé. » fait observer genéthique.
On peut lire l’article ici :
On apprend ainsi qu’au Etats Unis d’Amérique l’industrie de la fertilité génère trois milliards de dollars de chiffre d’affaires.
Que certaines cliniques américaines facturent dix mille dollars la congélation d’ovocytes pour un an (ovocytes = gamètes de femme) qui se commercialisent ensuite. Une femme peut vendre ses ovocytes. Les tarifs, c'est "pièce" entre deux mille cinq à cinquante mille dollars, selon sans doute la valeur génétique de la productrice-vendeuse.
Cette dernière, moyennant finance, devient mère d’un enfant porté par une autre qui se fait passer pour la mère auprès de l’enfant. Or la mère apparente a acheté le gamète à une autre femme qui est la véritable mère.
Tous ces trafics devraient être évidemment rigoureusement interdits. Ne serait-ce qu’au titre de l’interdiction du trafic des êtres humains.
Le corps de la femme n’est pas une chose dans le commerce. Une femme ne peut payer ou être payée pour porter l’enfant d’une autre.
Le regretté Jean-Paul II dans Evangelium Vitae a enseigne :
« La même condamnation morale concerne aussi le procédé qui exploite les embryons et les fœtus humains encore vivants — parfois « produits » précisément à cette fin par fécondation in vitro —, soit comme « matériel biologique » à utiliser, soit comme donneurs d'organes ou de tissus à transplanter pour le traitement de certaines maladies. En réalité, tuer des créatures humaines innocentes, même si c'est à l'avantage d'autres, constitue un acte absolument inacceptable. »
Du site :
http://www.vatican.va/edocs/FRA0204/__P4.HTM
Selon généthique pourtant : Pour Debora Spar, si « personne ne veut imaginer qu’un enfant puisse être un produit », il faut se rendre à l’évidence : « nous usons d’euphémisme pour masquer ce qui se passe vraiment ».
L’enfant « produit », c’est ce que vient d'autoriser le gouvernement avec les bébés-médicaments.
Je tâcherai de donner demain la définition du « bébé-médicament ».
Pour aujourd’hui constatons que les droits de l’homme sont régulièrement et officiellement bafoués par l’industrie de la production des bébés.
7.1.07
Deuxième cas connu de canibalisme dans une prison française
Déjà en juillet 2004, un détenu, un certain Mohamed B., avait partiellement mangé un codétenu Mohamed B. partageait sa cellule avec sa future victime alors qu'il avait été condamné à trente ans de prison pour acte de barbarie,.
Le 2 janvier 2007, Nicolas C., un enfant adopté devenu mendiant à 70 € par jour (la mendicité rapporte) est sans doute l'auteur de faits similaires.
Il avait fait l'objet d'une condamnation pour vol avec violence et attendait d'être jugé pour tentative de viol.
Malgré cela les psychiatres avaient jugé qu'il ne "présentait pas de dangerosité" (sic)
Nicolas C. s'était, depuis peu, intéressé au satanisme. Son codétenu Baudry a été partiellement dévoré.
Ces deux cas connus, démontrent la grande détresse des prisons.
Après Outreau, après le canibalisme, après les viols en prison, il semble urgent de réformer, l'institution pénitentiaire et l'institution judiciaire.
Humaniser les prisons, permettre le placement des individus dangereux par les quartiers d'isolement (un seul détenu par cellule), semble être la voie.
En effet dans le cas de Nicolas C., Nicola C. lui-même, son avocat, le juge d'instruction avaient demandé son placement à l' "isolement". Le manque de place a dû l'empêcher.
L'horreur a été la suite de cette cohabitation.
6.1.07
Le Cardinal Ratzinger : pour comprendre Vatican II lisez la liturgie d'avant Vatican II
En lisant le Cardinal Ratzinger.
Comme le cardinal Ratzinger est devenu pape, je me fais un devoir de le lire. De plus c’est souvent un régal de curieux, car sa prose ne se laisse pas facilement dominer, mais elle est joie et ravissement.
Comme j’ai passé le nouvel An dans un monastère, j’ai remarqué que les sœurs vendaient quatre ou cinq ouvrages de l’ex-cardinal, actuellement pape. J’ai acheté « Entretien sur la Foi » édité chez Fayard en 2005 : la réimpression d’un ouvrage de 1985.
Le livre est une traduction d’une très longue interview en langue allemande par un journaliste Italien Vittorio Messori. Le texte de l'inteview a été traduit en français sous la direction du Cardinal Gagnon.
Le cardinal Ratzinger n’est pas un conservateur ni un progressiste, il est, il pense. Ainsi, au milieu des critiques du mouvement lefebvriste, je tombe sur une critique de la nouvelle liturgie, de la messe dite « de Paul VI ».
P.p. 55 et 56, le Cardinal Ratzinger fait observer que le concile Vatican II parle de la « fidélité de l’épouse du Christ » qui n’est pas mise en question par l’infidélité de ses membres » (souligné par moi)
Et ici pour expliquer ce que veut enseigner le Concile Vatican II, il invoque… la liturgie traditionnelle. Il va jusqu'à faire remarquer que la liturgie de Paul VI, dans ses traductions, est moins nette.
Citation :
« Mais pour m’expliquer encore mieux, je me rapporterai à la formule latine que la liturgie romaine faisait prononcer au célébrant à chaque messe, au « signe de paix » qui précède la communion. Il disait cette prière : « Domine Jesu Christe (…) ne respicias peccata mea, sed fidem Ecclesiae tuae » - « Seigneur Jésus-Christ, ne regarde pas mes péchés, mais la foi de ton Église ». Aujourd’hui, dans beaucoup de traductions en langue profane de l’Ordinaire de la messe, la formule a été changée de je au nous : « Ne regarde pas nos péchés ». Un tel changement paraît anodin alors qu’il est d’une haute importance. »
Suit alors une démonstration que je vais tenter de résumer. Ce qui compte, c’est notre amélioration personnelle, notre conversion car nous sommes pécheur, alors que la foi de l’Eglise est immaculée. Église sainte est composée de pécheurs, du pape au plus obscur laïc, tous pécheurs. La foi de l’Eglise est collective, on « croit ensemble avec toute l’Eglise » mais on pèche individuellement.
Tout en soulignant que la nouvelle formule (« nos péchés » au lieu de "mes péchés") peut être interprétée correctement. Mais cette formule nouvelle entraîne des dérives dont les conséquences sont « graves ». Et il conclut sur la nécessité de souligner que l’Eglise n’est pas nôtre, mais de Dieu. (p. 59)
Ce qui est frappant à lire ce passage, c’est que le cardinal, tout en confessant la rectitude au regard de la foi de la nouvelle liturgie, même traduite abusivement, affirme que l’ancienne liturgie préservait (ou préserve puisqu’elle est toujours célébrée dans l’Eglise) des affirmations aventurées, mieux que les nouvelles traductions.
Donc, pour comprendre plus facilement Gaudium et Spes de Vatican II, il faut connaître la liturgie romaine traditionnelle.
C'est ce qu'affirmait le cardinal Ratzinger en 1985.
3.1.07
Le droit au logement opposable
Le droit au logement « opposable ».
Le droit au logement décent fait l’objet de différentes déclarations de droits de l'homme, notamment celle de l'ONU ou dans la charte sociale du Conseil de l'Europe modifiée en 1996 dans son article 31 a tenté de rendre le droit au logement effectif.
Voir sur ce point : Dr Padraïc Kenna et Marc Uhry
consultables ici
www.feantsa.org/files/housing_rights/
Jacques Chirac dans ses vœux aux Français du 31 décembre 2006 a parlé de droit au logement opposable.
« pour mettre en place un véritable droit au logement opposable, c'est-à-dire faire du droit au logement une réalité. Et je demande au Gouvernement d'avancer sur ce point dans les toutes prochaines semaines. »
consultable ici :
http://www.elysee.fr/elysee/elysee.fr/francais/interventions/discours_et_declarations/2006/decembre/voeux_aux_francais_allocution_du_president_de_la_republique.68961.html
Qu’est-ce que l’opposabilité d’un droit ?
Exemple : Si une déclaration ou une convention des droits de l’homme stipule que les hommes ont droit à un procès équitable. Ce droit est opposable aux juridictions. Si je suis jugé j’ai droit à savoir ce qu’on me reproche, à avoir un avocat, à avoir le temps de préparer ma défense etc. L’opposabilité est ici relativement facile à saisir, je peux opposer mon droit aux juges.
En revanche, si le droit au logement est proclamé comme un droit, mais que je ne peux obliger personne à le respecter mon droit ne me sert à rien. J’ai un droit, mais je ne peut l’opposer à personne.
L’opposabilité d’un droit, c’est, pour un droit, de « faire sentir ses effets à l’égard de tiers » (Vocabulaire Juridique Gérard Cornu PUF 1987). Aujourd’hui mon droit au logement est opposable à celui qui voudrait me priver de ce droit, certes.
Mais si je suis privé de logement, je ne peux assigner personne pour lui faire reconnaître que j’ai un droit à être logé.
L’idée est de faire pouvoir respecter ce droit par une action contre l’Etat.
La mise en œuvre de l’opposabilité de ce droit à la collectivité pose des problèmes : on peut imaginer, un loyer fonction non plus du revenu (on ne vous loue rien si vous ne justifiez d’un revenu suffisant), mais fonction des besoins de la famille. Le système serait de faire payer un minimum calculé en fonction des revenus de la famille et de faire prendre en charge le surplus par la collectivité. Au moins en partie ce problème est plus ou moins résolu par le système des APL, de l’Allocation Logement etc. L’amélioration consisterait à garantir le paiement du loyer au propriétaire, de façon qu’il ne refuse pas le demandeur en raison de revenus insuffisants.
Mais tel qu’il est envisagé, ce droit au logement laissera intact le problème des SDF, au moins de la plupart.
Les « sans-abris » aujourd’hui posent souvent plus
1) un problème de maladie mentale (induite pas les conditions de vie) où le SDF n’est pas à même de même demander que l’on respecte son droit
2) un problème d’environnement lorsqu’on offre des logements, ceux-ci sont matériellement relativement décents, mais sont inhabitables du fait de l’insécurité.
Un jour j’ai pris en stop un SDF. Il avait plus de vingt-cinq ans et n’avait pas demandé le RMI. Il vivait de mendicité. Je lui ai conseillé de le faire demander par une assistante sociale. L’a-t-il fait ? Je ne sais. Mais, d’après ce que j’avais tiré de notre conversation, son problème était surtout celui d’un abandon moral par ses parents.
Rejetés par leurs familles, ou alors accidentés de la vie ce n’est le droit au logement opposable qui résoudra leurs difficultés. Je pense à cette émission vue sur Internet. Cet ouvrier devenu SDF à la suite de la mort de sa femme et de sa fillette renversées par une voiture. Comme souvent dans les familles ouvrières, c’est à la femme qu’incombent les aspects administratifs du ménage. Du fait de la disparition brutale de toute sa famille, il avait « décroché » et était devenu SDF. C’est d’autant plus topique que la disparition des siens dans cet accident lui ouvrait droit, en tous les cas, à une indemnisation. Il ne l’avait pas demandée, évidemment.
Autre cas : Une femme avait été rejetée par sa famille. Pour elle aussi ça a été la rue. Elle avait l’air gentille, trop sans doute, avec son sourire sans dents et sa larme facile.
Ce sont des exemples.
Ce genre de cas ne sera pas résolu par un droit au logement opposable, parce que la question est familiale. La solution incombe à la famille ; et si la famille est défaillante ? Elle devrait incomber à des œuvres sociales.
Sans doute, là aussi, c’est l’éducation morale qui pourrait faire disparaître ou au moins rendre plus rares, ce genre de problèmes. On ne peut pallier que très difficilement les carences de la famille.
Le droit au logement opposable ne résoudra pas tout le problème des "sans abris" ou des "sans domicile fixe".
1.1.07
Bonne année 2007 à tous mes chers lecteurs
Bonne année 2007 à tous les lecteurs du blog.
Une bonne santé et beaucoup de réussite pour tous.
Ce blog, je souhaite qu’il devienne plus régulier et surtout plus instructif.
Je voulais au départ parler de droit. C’est en fait une gageure parce que soit je parle de choses curieuses mais avec un côté illusoire, soit c’est trop technique. Il faudrait avoir le talent d’intéresser sans être inexact, sans donner l’impression, fausse, de tout savoir.
Le droit étant une culture plus que des recettes, c’est une matière en perpétuelle évolution. Parce que les juristes sortent du neuf de leurs traditions. Elle progresse donc, ou régresse parfois.
Bref, finalement je poste plus sur des généralités ou sur ce qui me passionne.
La fréquentation est bonne. Elle augmente régulièrement. Il faut souhaiter qu’elle soit encore plus forte l’année prochaine et que chacun y trouve de la distraction et de l’instruction. Je vous promets pour cela de soigner autant qu’il est possible à un pauvre solitaire, la documentation et de rechercher l’exactitude.
Je vais tâcher d’inaugurer des rubriques « pratique » «droit » « histoire » « littérature » « philosophie » etc. C’est à l’étude. Je voudrais aussi supprimer les publicité, mais j’ai beau cliquer de tous le côtés d’Ad Sense, je n’y arrive pas…
Je vais tâcher aussi d’améliorer le style, d’être toujours plus clair.
A bientôt sur le blog pour de nouveaux posts, toujours plus nombreux et toujours de meilleure qualité, je vais m’y employer. Et une bonne résolution pour 2007 !