23.9.15

Après santo subito, dottore subito

Lu sous la plume de "Mingdi" sur le "Forum catholique" à propos d'une grotesque pétition pour demander que Jean-Paul II (pardon saint Jean-Paul II) soit mis au nombre des docteurs de l'Église:

« (…) Simon de Trente a été un garçonnet "martyrisé par les Juifs" et canonisé de ce fait. Le vénérable (ou bienheureux? je ne sais plus) Paul VI a annulé la chose. Ce qui est rassurant dans cette décision c'est que ce qu'un pape a fait, un autre peut le défaire et cela peut servir pour la décanonisation de Vatican II via ses papes conciliaires. »


Une chose est la canonisation d'un saint, une autre est l'autorité morale et doctrinale d'un concile. Les sédévacantistes catholiques font un usage courant de l'amalgame. Ils manquent de culture, mais pas de culot.

Si l'on en croit Wikipedia, qui ne contredit pas le post de Mingdi, c'est que Paul VI (vénérable ou bienheureux ou saint, je ne sais plus et peu importe) a décanonisé saint Simon de Trente:

« Le culte du jeune Simon de Trente se propagea à travers l'Italie et l'Allemagne et fut confirmé (ce qui équivaut à une béatification) en 1588 par le pape Sixte-Quint, qui le proclame martyr et saint patron des victimes enlevées et torturées. La même année, Sixte V le canonise et approuve qu'une messe spéciale en l'honneur du « petit Simon » soit dite dans le diocèse de Trente6,7.
En 1965, à la fin du Concile Vatican II, l'Église commence à réenquêter sur cette histoire et les dossiers du procès sont rouverts. L'affaire ayant été reconnue comme frauduleuse, le culte de saint Simon de Trente est aboli par Paul VI et l'autel qu'on lui avait élevé est démoli. On le retire du calendrier et il est désormais interdit de le vénérer. »

 Il faut donc prendre les canonisations et autres béatifications avec une certaine distance, car même les canonisations ne sont pas "infaillibles" (une autorisation de culte n'engage pas l'infaillibilité de l'Église). Une décanonisation non plus d'ailleurs.

4 commentaires:

Tancrede a dit…

Dans ce cas là il faut surtout voir pour quelles raisons on a "décanonisé" le petit Simon. Ne serait - ce pas plutôt pour faire plaisir à nos prétendus frères aînés dans la Foi ?
Ces faits sont pourtant rapportés par des historiens juifs mais il semblerait que le concile ait voulu ne pas contrarier certaines personnes.
Vu qu'on a déjà "retouché" l'Évangile de Saint Matthieu pour leur faire plaisir on pouvait bien décanonisé un saint.

Pour la canonisation d'un saint elle engage l'infaillibilité pontificale(ce n'est pas le cas de la béatification) comme l'a rappelé Benoît XIV dans "De servorum Dei beatificatione et beatorum canonization". Le nier serait tout bonnement hérétique.
Après il faut voir de quelle manière on a procédé pour canoniser un "saint", si la procédure fut bonne. Ce qui est de toute évidence le cas avec Simon de Trente mais paraît plus délicat avec certains de nos nouveaux saints (à ce rythme je pense que François canonisera Benoît XVI de son vivant ! )

Denis Merlin a dit…

Qui êtes-vous pour que l'on puisse considérer votre interprétation comme authentique d'un texte inconnu ? Qui êtes-vous pour décider que telle assertion est "hérétique" et l'imposer au monde ? De quel titre pouvez-vous exciper ?

Moi je vous fais observer que Paul VI a décanonisé saint Simon de Trente, de même qu'il a décanonisé saint Georges. Il l'a fait à la suite d'hagiographes qui niaient leurs sainteté ou leur existence. Non seulement Paul VI ne les a pas considérés comme hérétiques mais il a authentifié leurs assertions impies.

Tancrede a dit…

Je n'ai aucun titre si ce n'est celui de catholique romain, je n'impose rien à personne. Je considère juste qu'il n'est pas aisé de suivre lorsqu'un Pontife va à l'encontre de ce qu'a proclamé un autre. J'essaie simplement de rester cohérent, de regarder quels étaient leurs motivations et de voir quel document, (son authenticité, ses buts), s'approche le plus du Magistère. Je ne juge pas, je me soumets au jugement.
Paul VI cherchait - il à faire resortir la vérité ou à être bien vu par le B'naï Brith ?

Denis Merlin a dit…

Vous pouvez tromper les hommes vous ne trompez pas Dieu. Votre façon sophistique de discuter découvre votre mauvaise foi.