6.11.12

Le Pape de la liberté religieuse, contre la liberté religieuse

Dans ce document infaillible et d'ailleurs génial qu'est la déclaration Dignitatis humanæ, il est écrit 



« Ce Concile du Vatican déclare que la personne humaine a droit à la liberté religieuse. Cette liberté consiste en ce que tous les hommes doivent être exempts de toute contrainte de la part tant des individus que des groupes sociaux et de quelque pouvoir humain que ce soit, de telle sorte qu’en matière religieuse nul ne soit forcé d’agir contre sa conscience ni empêché d’agir, dans de justes limites, selon sa conscience, en privé comme en public, seul ou associé à d’autres. Il déclare, en outre, que le droit à la liberté religieuse a son fondement réel dans la dignité même de la personne humaine telle que l’ont fait connaître la Parole de Dieu et la raison elle-même [2].  »

Ce qui fait de la liberté le principe et de la contrainte l'exception. La liberté est le droit commun, elle est présumée. L'homme jouit d'une présomption de liberté. Si vous trouvez la piété de votre voisin ridicule ou si vous pensez qu'il n'est pas sincère, ou qu'il ne profite pas assez des richesses culturelles que vous pensez détenir, c'est votre opinion que vous ne pouvez ériger en règle de droit. C'est le droit commun du droit naturel.

Dès lors, comment un Pape pourrait-il interdire des rites et des prières autorisés par un autre Pape ? Seules la foi ou la discipline pourraient forcer les gens à prier d'une certaine façon. Pour la foi, il est certain qu'un rite approuvé et édité par un Pape ne peut être hérétique, ni même favoriser l'hérésie. Pour la discipline, il est manifeste qu'un pape qui voudrait interdire l'usage d'une prière ou d'un rite préalablement approuvé et édité par un de ses prédécesseurs outrepasserait ses pouvoirs disciplinaires. Il ne peut lier les consciences dans ces conditions, le principe est la liberté.

C'est pourtant ce qu'a fait Paul VI ou plutôt tenté de faire contre tout droit et toute morale. Il paraît (au témoignage de son proche collaborateur Mgr Bugnini) qu'il l'a fait avec une violence et un fanatisme inattendus.

Voici un extrait d'un article sur ces « mémoires autobiographiques » qui viennent d'être récemment publiés :

 Yves Chiron nous apprend ainsi qu’après l’autorisation qui fut donnée en 1971 aux prêtres âgés de célébrer la messe de saint Pie V, puis l’indult accordé aux évêques anglais d’autoriser, sous certaines conditions la célébration de cette même messe, « Mgr Bugnini a suggéré au pape d’accorder une faculté identique à d’autres conférences épiscopales. Le pape s’est montré “intraitable” (p. 86) et a refusé d’étendre l’indult. »


Comment un Pape peut-il donner une autorisation à une certaine catégorie de prêtres d'utiliser des prières qu'un autre avait jugé bonnes pour tous et pour tous les fidèles ?

C'est pourquoi le reproche du P. Guérard des Lauriers qui accusait Paul VI de "schisme capital" n'était pas inepte, même s'il avait tort de croire pouvoir donner à son opinion une valeur juridique, alors qu'il ne jouissait d'aucune autorité. D'ailleurs, il n'y a personne au-dessus du Pape, pas même un pape subséquent.

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