21.9.06

L'injustice intolérable de la commission Machelon

La commission Machelon : une curieuse composition, les athées sont oubliés. Ce rapport plein de cautèle peut être consulté sous le lien visé ci-dessus.

Selon le rapport Machelon la France compte environ vingt-cinq pour cents d’athées et d’agnostiques. Elle les enrôle chafouinement dans les autres cultes en prétendant pour eux que bien qu’athée ou agnostiques, ils n’en seraient pas moins religieux. « se dire sans religion ne signifie pas nécessairement que l’on se sente athée ou que l’on se désintéresse des questions dites spirituelles» (page 6).

En tout cas ceux qui s’en désintéressent ou ceux qui se disent athées n’ont qu’à accepter le rapport Machelon payé avec leurs impôts. Car d’athée il n’y en a aucun qui ait siégé à ce titre dans la commission. On décidera donc pour eux ce que l’on doit faire de leur argent après avoir décidé de ce qu’ils pensaient. Comme il s’agit probablement d’un quart de la population, c’est tout de même un peu fort.

Cette commission n’a aucun athée ou agnostique dans son sein, elle n’a pas non plus de représentant du culte catholique. Certes, siégeaient dans cette commission des catholiques, mais de représentant du culte, non. La religion catholique est représentée par les évêques et le pape, ils peuvent déléguer des personnes de leurs choix, mais ce sont eux qui ont l’autorité.

Donc cette commission n’a aucune représentativité, aucun membre de la hiérarchie ou de délégué de la hiérarchie catholique (70 % de la population), aucun athée ou agnostique (25 % de la population) que représentait cette commission ? Rien : des fonctionnaires dévoués à l’époux de Cécilia, des avocats, des juristes de divers horizons, mais toujours des OBLIGES plus que des personnes parfaitement libres ou représentatives.

Il n’est pas étonnant que cette commission aille dans le sens de ses obligés et préconise que l’argent public aille financer les opinions religieuses. Les athées et agnostiques n’auront qu’à bien payer pour être combattus, voire menacés. Les sectes pourront prendre le pouvoir dans des municipalités et financer avec l’argent de tous les contribuables leurs activités et les préfets pourront imposer de financer la religion qui leur plaira, le maire n’aura qu’à s’exécuter.

La loi de 1905 donnait finalement satisfaction à tous, elle fonctionne depuis plus de cent ans, sans anicroche avec de multiples confessions, mais que veulent en réalité les hommes politiques ?

En tout cas, si ce rapport devait être appliqué on se trouverait dans une situation intolérable au regard de la justice, de la simple justice sociale.

19.9.06

Réflexion personnelle sur Benoît XVI, Duns Scott et la loi

Jean-Duns Scott (1265-1308) est un moine franciscain Ecossais béatifié par Jean-Paul II en 1990. Un intellectuel qui a laissé des ouvrages importants dans l’histoire de la théologie de la philosophie et du droit.

Pour lui le droit n’est pas une ordonnance de la raison mais une simple ordonnance arbitraire de Dieu, c’est du moins ce que je retiens du résumé consultable ici :

http://www.denistouret.fr/ideologues/Duns_Scott.html

« Affirmer l'existence d'un ordre naturel qui émanerait de la raison divine c'est amoindrir la puissance de Dieu qui ne saurait être obligé d'agir selon la raison mais comme il l'entend. (…) Il est vrai que [Dieu] a créé un ordre qui peut être qualifié de naturel. Mais Dieu, qui dispose du pouvoir absolu, n'est pas lié par ses propres lois et donc par l'ordre naturel, c'est ainsi qu'il agit par miracles, qu'il a voulu que Marie, tout en demeurant vierge, donne naissance à son fils, ce qui n'est pas dans la nature des choses. »

Si Dieu fait des miracles, ce n’est pas sans raison. Donc l’exception n’infirme nullement la règle que l’on peut retrouver dans la loi, la raison.

Benoît XVI a voulu marquer dans son discours de Ratisbonne que cette opinion n’est pas conforme à ce qui pourrait être appelé la rationalité de la foi et donc, selon moi, la rationalité de la loi (Dieu nous parle par le contenu de la foi qui contient la morale et donc les lois)

Dieu agit avec « logos », c’est-à-dire avec raison et l’analogie entre Dieu et nous, même si elle reste lointaine n’en reste pas moins une analogie. Nous sommes formés à l’image de Dieu, nous retrouvons donc dans notre âme l’image de Dieu. Dieu n’est pas soumis à la rationalité, au sens où il serait soumis à quoi que ce soit, mais Il ne peut être en désaccord avec elle, car la raison est un moyen d’arriver à la vérité. Le langage est toujours inadéquat à son objet et il l’est encore plus lorsque l’on traite de Dieu, cette « soumission » de Dieu à la raison en une illustration.

Selon le pape Duns Scott initie un mouvement en occident qui ne veut voir dans la loi qu’une ordonnance arbitraire, une volonté sans aucune raison perceptible à nos entendements humains.

Duns Sott semble ainsi s’opposer, à la définition thomiste de la loi : « la loi est une ordonnance de la raison promulguée par une autorité légitime en vue du bien commun. »

Si nous n’envisageons plus que les lois humaines, des lois dites « positives », la raison doit donc y présider. Il me semble que le monde moderne, la pensée juridique moderne est en parfait accord avec ce principe, au moins intellectuellement. Si l’on dit la loi doit-elle être raisonnable, conforme à la raison, tout le monde répondra « oui ».

Mais en pratique, vouloir faire reposer la loi uniquement sur les mœurs telles qu’on les constate, est un volontarisme, qui même s’il est collectif (« la loi doit se conformer aux mœurs ») n’en reste pas moins un volontarisme où la recherche de la rationalité semble, par principe, évacuée. Dans cette perspective, Duns Scott serait le père du droit moderne. De l’absolue liberté de la volonté divine, on glisse à l’absolue liberté de la société des humains dont seule la volonté générale compte.

17.9.06

Un secret d'éternelle jeunesse

Nos idées ne prennent pas de ride.

On a bien ri d’entendre Mademoiselle Arlette Laguiller dire « nos idées n’ont pas pris de rides »

Bien sûr si l’on prend le sens que veut signifier Mademoiselle Laguiller, il est évidemment absurde de dire nos idées ne prennent pas de rides, c’est-à-dire ne sont pas souvent périmées. Si nos idées doivent s’adapter aux événements et se modifier en conséquence de l’évolution du monde.

Cet entêtement n’augure rien de bon, le monde a changé, nos idées doivent changer.

Marie a posté sur le sujet lorsque je lui ai fait observer que je trouvais l’expression poétique, elle m’a répondu, mais voyons, nos idées changent ! Et elle a raison. Nos idées changent, nous en abandonnons certaines et en adoptons d’autres. Je suis d’accord.

Lien vers le blog de Marie :

http://marie.cedrix.org/log/index.php?General

Mais l’expression : nos pensées ne prennent pas de rides est exacte en ce que si je pense : « j’aime maman », cette pensée reste éternellement jeune, elle le restera. Donc en ce sens, dès qu’il s’agit d’amour nos pensées ne prennent pas de ride. A quatre-vingt dix ans ou au-delà ma pensée d’amour sera éternellement jeune. Je serais ridé comme une vieille pomme, mais mes idées seront jeunes, éternellement jeunes.

Ce qui m’a donné cette idée, c’est la pensée de Plotin rapportée par Gilson dans son « Constante philosophique de l’être » (Vrin éditeurs éd. 1983, p. 160) « Ces intelligibles s’offrent à nous sous forme de notions distinctes telles que le « juste » et le « beau » par exemple. (…) comment [l’intelligence] peut-elle se mettre à leur recherche sans se mouvoir (…) ? » Nos pensées, notre intelligence recherche le vrai, le bien, l’amour et ces pensées qu’elle engendre sont éternellement jeunes d’autant plus qu’elles seront simples et amoureuses. Notre pensée est inaltérable, elle peut être alerte sans se déplacer, elle peut être fraîche après des dizaines d’années, elle peut même rajeunir et devenir plus fraîche au fur et à mesure de l’écoulement des années.

« Je m’avancerai à l’autel de Dieu, au Dieu qui réjouit ma jeunesse » chante le roi psalmiste, ce psaume peut être récité par des vieillards. (psaume 43)

Nos pensées ne prennent pas de ride, en ce sens, c’est parfaitement vrai, c’est la seule chose qui reste éternellement jeune chez nous. Profitons-en, comme dit la pub ;-) ayons des pensées jeunes, des pensées d’amour.

16.9.06

Benoît XVI, les médias et l'islam

Le pape a fait un cours dans une ancienne université où il a enseigné, l'université de Ratisbonne (Regensbourg)

Le thème de son cours est "foi et raison" et rien d'autre.

Pour accrocher l'auditoire, il rapporte le dialogue entre Paléologue un empereur bysantin du quinzième siècle avec un Persan cultivé. Au cours de ce dialogue, rapporté par l'empereur lui-même, celui-ci fait observer à son interlocuteur qu'user de violence en matière de religion n'est pas conforme à la raison. Ce qui dans sa mentalité de Grec, démontre que cela ne peut venir de Dieu, la raison ne pouvant contredire Dieu et réciproquement. La violence doit donc, selon Paléologue, exclue de la religion.

Le pape fait observer que cet argument n'a aucune chance de convaincre un musulman car, pour l'islam (comme d'ailleurs pour Duns Scott, un penseur chrétien du Moyen-Age) Dieu n'est lié par rien et donc même pas par la raison ou le bien. Alors que pour la pensée occidentale classique Dieu est au-dessus de la raison mais ne saurait la contredire puisqu'elle est un instrument qu'il a donné à l'homme pour parvenir à la vérité. La raison fait partie de la révélation. Et Dieu ne peut pas ne pas vouloir le bien, non qu'il lui serait soumis, mais parce qu'Il est lui-même le bien.

Voilà toute l'affaire. Le pape n'a donc pas eu l'intention de critiquer l'islam, il a simplement voulu poser l'état de la question avant son exposé sur "la foi et la raison". Puis il part sur d'autres considérations dans un texte très profond et admirable.

Quel chambard !

Je crois que toute l'affaire est venue du titre donné par le journaliste de l'agence catholique au discours du pape : "La violence est en opposition avec la nature de Dieu et la nature de l'âme"

Ce titre n'est pas du pape et ne résume en rien le contenu de l'intervention de Benoît XVI. Le titre de l'intervention du pape est "foi et raison", et le sous-titre aurait pu être plus justement. "La rationalité fait partie de la révélation chrétienne depuis la rencontre du judaisme et de l'héllenisme." Ou quelque chose d'approchant.

Voilà toute l'histoire. Je cours relire le discours du pape que vous pourrez retrouver sur le lien avec le fameux sous-titre devenu involontairement incendiaire ! La lecture de ce document non seulement n'incite en rien à la haine ou au mépris, mais constitue une excellente introduction à la compréhension de la culture mondiale contemporaine et une base pour servir au dialogue, avec l'islam par exemple.

5.9.06

L'enregistrement des déclarations devant la police

http://fr.news.yahoo.com/05092006/290/la-reforme-de-la-justice-de-l-apres-outreau-est.html

Selon une dépèche Reuters, consultable sur le lien ci-dessus, un projet de loi de réforme de la justice est prêt. Rédigé sous l’autorité du garde des sceaux, Monsieur Pascal Clément, il prévoit l’enregistrement dans les affaires criminelles exclusivement des déclarations faites devant la police et devant les juges d’instruction.

Comme on l’a déjà fait observer, l’écrit se justifiait du temps où l’enregistrement audio-visuel n’était pas possible, car bien trop onéreux.

De nos jours la mémoire électronique se fait bon marché (ne parlons pas de la mémoire sur pellicule de gélatine, qui va devenir un souvenir), où les caméras envahissent la vie de tous les jours. « Faites la gueule, vous êtes filmés ! » et ont un coût qui devient dérisoire, je pense que l’on va vers un tout audio-visuel au moins pour les dépositions de témoins et de mis en causes.

Les témoins et surtout les prévenus et les accusés à longueur de procès prétendent que les aveux ont été arrachés sous la contrainte, voire sous la torture, ou sur la foi de promesses fallacieuses. « Si tu avoues on te libérera, ou on oubliera tel aspect du dossier. » Cela mettra fin à tous ces arguments où c’est la parole des uns contre celle des autres. Cela mettra fin aux attaaques dont est l’objet la justice française par les associations défenderesse des droits de l’homme et les organismes internationaux.

Et cela d’autant plus que les procès verbaux d’interrogatoire de police ne valent que comme renseignements et sont toujours discutables (au sens étymologique, non pas au sens qu’ils seraient douteux !) en droit. C’est le sens de l’article 431 du Code de Procédure Pénale, non pas que le procès verbal est sans valeur, mais que l’on peut combattre ses constatations par l’apport de preuve contraire. A défaut de preuve contraire, il fait foi, mais une preuve contraire peut amener le juge à le rejeter. Il n’a pas de valeur absolue.

Si l’on a un enregistrement audio-visuel, à mon avis plus rien ne sera discutable, au moins pour les déclarations contenues dans le procès verbal. Si la personne mise en examen s’effondre spontanément, donne des détails spontanément, il ne lui sera plus possible ensuite de dire qu’elle a été torturée, qu’on lui a soufflé les détails etc.

Je ne comprends pas pourquoi les syndicats de police et de magistrats s’opposent à cette mesure de bon sens. C’est un peu comme si lors de son invention on s’était opposé à la machine à écrire ou au traitement de texte ! Ou comme ceux qui prétendaient, lors de l’invention du chemin de fer, qu’à cent km à l’heure la respiration deviendrait impossible !.

Le progrès, c’est le progrès, il y a encore dix ans, on conseillait de garder dans un bureau un machine à écrire, « pour le cas où… », aujourd’hui cette précaution semble antédiluvienne et même les pépés comme moi, ne la prennent plus ! D’ici quelque temps, ce sera la même chose pour l’enregistrement audiovisuel qui semblera naturel à tous et cela même pour les affaires correctionnelles.

3.9.06

Eva Joly dénonce la corruption française

Madame Eva Joly dénonce la corruption à la française.

Madame Eva Joly est citoyenne Franco-Norvégienne. Norvégienne d’origine, elle a épousé un Français.

Elle donne une interview publiée aujourd’hui dans le « Journal du Dimanche » dit aussi le JDD sur la corruption à la française.

Ancienne juge d’instruction en charge du dossier ELF (ancienne société pétrolière française nationalisée, devenue aujourd’hui une « marque » de Total) elle a été obligée de démissionner de son poste et de rentrer dans son pays d’origine à la suite de menaces de mort.

"Je vous assure que les Français ont tort de croire que les choses sont sous contrôle. Tous d'ailleurs ne le pensent pas. A commencer par l'OCDE qui a vérifié l'application, par ses pays membres, de la convention de 1998 relative à la lutte contre la corruption et ne classe pas la France en tête des pays vertueux", ajoute l'ex-juge d'instruction, aujourd'hui en poste au sein de l'Agence publique norvégienne pour l'aide au développement (Norad) où elle lutte contre la corruption dans l'aide au développement. » affirme-t-elle dans son interview. (source AFP)

http://actu.dna.fr/060902204408.5b98t7q9.html

La corruption est aussi de découragement pour les acteurs économiques qui se voient voler le fruit de leurs travail ou de leurs investissements.

La corruption est cause de manque de confiance dans la justice. Si un juge peut être menacé de mort et choisir de rentrer dans son pays, combien ne peuvent que « se coucher ». Si elle peut se permettre de dire ce qu’elle dit, c’est qu’elle est protégée par sa nationalité norvégienne. Nos « petits chefs français » ne peuvent l’atteindre.

La corruption n’a pas toujours pour mobile le « bakschich », elle peut avoir le copinage ou le désir de promotion. Il y a quelques années le journal « La Provence » de Marseille avait dénoncé la corruption étalée au Palais de Justice où un juge était connu pour ses interventions pour la mairie (on ne donnait pas le nom du juge et pourtant on aurait bien aimé « des noms, des noms, qu’on rigole ») que croyez-vous qu’il arriva ? Rien. On peut légitimement penser que tout est comme avant. A ma connaissance, aucune réaction, l’information n’a pas été reprise dans les média nationaux. Tout va bien.

En l'an deux mille avait été organisé une exposition sur les années Mitterrand. L'expo donnait à voir une lettre de l'ex-président de la république. C'était une lettre d'intervention auprès des juges. Il paraît qu'il intervenait même dans des affaires de divorces !

Pour une Eva Joly, combien de juges qui ne peuvent rien dire ?

2.9.06

Le droit naturel et Michel Onfray

Lu sur le Net :

« Le décalogue vaut comme invite locale, sectaire et communautaire. Sous-entendu “toi, juif, tu ne tueras pas de juif”. En revanche, tuer les autres, les aussi, les goys, le forfait n’est plus vraiment tuer. Yahvé parle à son peuple élu et n’a aucune considération pour les autres. La Torah invente l’inégalité éthique, ontologique et métaphysique des races (…) Depuis deux mille cinq cents ans, aucun responsable issu du peuple élu n’a décidé que ces pages relèvent de la fable, de balivernes et de fictions préhistoriques dangereuses au plus haut point, car criminelles. Bien au contraire. Il existe sur la totalité de la planète, un nombre considérable de gens qui vivent, pensent, agissent, conçoivent le monde à partir de ces textes qui invitent à la boucherie généralisée sans jamais avoir été interdits de publication pour appel au meurtre, racisme et autres invitations aux voies de fait.” Michel Onfray, Traité d’athéologie, cité par Actualité Juive n°887 du 21.04.2005, p.30

Le pseudo-philosophe Michel Onfray procède par affirmations gratuites. A tu ne tueras pas d’être humain, qui est le cinquième commandement et qui est entendu ainsi par toute l’humanité, il ajoute lui-même : tu ne tueras pas de Juifs, mais tu pourras tuer les non-juifs.

Comme ce commandement a été reçu par Moïse à un moment où le peuple juif n’existait pas, l’affirmation d’Onfray est absurde pour quiconque a un peu de culture historique.

Elle est aussi absurde car la bible, même de l’Ancien Testament, parle de nombreux saints qui n’étaient ni hébreux, ni juifs (entre autres Melchisedech, ou Job qui n’étaient ni Juifs ni Hébreux, voire Moïse, sa sœur Myriam qui n’étaient pas juifs, mais hébreux)

Elle est aussi très originale (à moins d’aller chercher dans les poubelles de la propagande antisémite), mais sans aucune justification. Or on a rarement raison tout seul.

Qu’à cela ne tienne, enfourchant son cheval de bois, Onfray sonne la charge. Du décalogue qui s’adresse à toute l’humanité, il fait une « invite » de ce qui est en fait un commandement. « L’invite » devient communautaire et sectaire par son bon vouloir. De « tu ne tueras pas », il fait « tue ». Du haut de son cheval, sabre au clair et tournoyant de tous côtés, il coupe les têtes, il condamne les chimères sous lesquelles il décrit les juifs d’abord, puis tous les croyants, sans aucune référence au réel ou suite logique.

Il se prend pour saint Michel terrassant le dragon. Le petit Michou devient prophète et condamne à lui tout seul toute une culture pluri-millénaire.

Dire que ce genre de littérature rapporte des millions à son auteur. D’innombrables gogos se repaissent de ces textes de déchetteries, fleurant la stupidité, l’ignorance et l’antisémitisme. Il fait rire à cause du contraste entre la réalité de sa nullité et sa prétention à la philosophie. En rire, oui si ce n’était pas certains côtés inquiétant.

Car, si les athées n’ont que ça à opposer aux croyants, ces derniers peuvent dormir tranquilles, du moins du point de vue intellectuel, car ces textes sont aussi dangereux.

Dangereux car ultra violents sous couvert de condamnation de la violence, ultra sectaires sous couvert de lutte contre le sectarisme, mais surtout parce qu’ils nient le droit naturel comme fondement de la société humaine.

6.8.06

La réussite, cette peste

L’École de la Réussite ?

L’idéologie de la réussite a presque tout envahit, il faut « réussir », c’est ce que l’on inculque aux enfants.

Cette idéologie a vu le jour, paraît-il chez les « puritains » anglais : Si vous réussissez, c’est Dieu qui vous a béni. Si vous ne réussissez pas, c’est que Dieu ne vous a pas béni. Vous ne valez plus rien.

Laurent Lafforgue avec la force intellectuelle qui est la sienne, dans un article de l’Express du 28 mars 2005 épingle-t-il un des derniers avatars de cette idéologie. En effet le rapport Thélot sur l’école, « le très regrettable rapport Thélot », selon l’expression de Lafforgue, intitulé « Pour la Réussite de tous les élèves », tout un programme.

Or je conteste que la réussite soit le but de l’école et encore moins le but de la vie. La vie l’important dans la vie, c’est d’aimer et pour cela de cultiver tous ses talents, grands ou petits, brillants ou obscurs.

Lafforgue, en grand esprit, reprend les principes. « La raison d’être de l’école est d’éveiller au savoir, d’éveiller l’esprit, d’instruire. Son but premier qui fonde sa légitimité n’est pas de « faire réussir »( …) D’abord parce que ce n’est pas au pouvoir de l’école, de faire réussir, mais surtout parce « réussir » n’est pas un but dans la vie.

Oui, la « réussite » n’est pas le but premier de l’école, pas plus que de la vie, d’ailleurs. La réussite n’est pas preuve de bénédiction.

La « réussite » est une notion seulement sociale : on aura réussi si les autres jugent que vous avez réussi. Vous aurez « réussi » si vous êtes envié, si vous semblez heureux. Dans le cas particulier de l’école, la société va juger que vous avez réussi si vous avez votre diplôme, or ce qui compte dans l’étude, dans l’école, c’est de « faire sortir les enfants de leur ego, en exerçant leur raison et en les orientant vers la recherche de la vérité, qui ne dépend pas de nous. » Mais ce qui compte fondamentalement, c’est autre chose que l’opinion, changeante par nature, des autres.

Alors Lafforgue a ces puissantes expressions : L’école a pour but mais d’exercer « la raison [des] enfants », de les orienter « vers la recherche de la vérité » « en éclairant leurs esprits ». C’est autrement noble que de leur proposer la « réussite ».

Si vous proposez aux enfants la réussite, vous excluez tous ceux qui échouent de la vie, vous poussez les tricheurs à vouloir « réussir » quoiqu’il en coûte. Vous faite que les handicapés, les malades, les malchanceux seront méprisés et ce qui est le pire sans doute parce que vous tarirez la source de talents, qu’ils douteront d’eux.

Bien sûr si la « réussite » vient, ce sera tant mieux, mais l’idéologie de la réussite a trop d’inconvénients trop de conséquences néfastes pour que ne l’on ne lutte pas contre. « Réussir » n’est pas un but dans la vie.

27.7.06

Difficulté de l'incroyance

Difficulté de l’incroyance.

Staline avait fait mettre dans la constitution soviétique de 1936 :

"Celui qui ne veut pas travailler, qu'il ne mange pas non plus." Il s’agit de l’article 12 du chapitre relatif à « l’organisation de la société soviétique ».

ARTICLE 12. In the U.S.S.R. work is a duty and a matter of honor for every able-bodied citizen, in accordance with the principle: "He who does not work, neither shall he eat."

(pris sur ce site en anglais :

http://www.departments.bucknell.edu/russian/const/36cons01.html)

Noter que dans la constitution en question la citation est faite entre guillemets. Staline n’était pas allé jusqu’à donner les références. Pour moi, il est évident que cette citation est une réminiscence des lectures pieuses de Joseph Dougachvili que sa pieuse mère avait envoyé au séminaire orthodoxe. Lorsqu’il a rédigé la constitution, il n’a pu s’empêcher de mentionner cette citation.

Pour saint Paul, c’est une boutade. Staline l’avait reprise dans un sens sans doute plus inquiétant.

Le texte de saint Paul est le suivant : 2 Thés X :

[quote]8 Nous n'avons mangé gratuitement le pain de personne; mais nous avons été nuit et jour à l'œuvre, dans la fatigue et la peine, pour n'être à charge à aucun de vous.

9 Ce n'est pas que nous n'en eussions le droit; mais nous voulions vous donner en

nous-mêmes un exemple à imiter.

10 Aussi bien, lorsque nous étions chez vous, nous vous déclarions que si quelqu'un ne veut pas travailler, il ne doit pas manger non plus. [/quote]

Il est bon de prendre ses vérités, ses références où on les trouve, sans préjugés, dégagé de tout sentiment violent qui pourrait fausser l'intelligence.

Tout est une question d’esprit dans le fond. Il est curieux que nos farouches bolchéviques bouffeurs de curés, pourfendeurs de croyances en l’au de-là, prennent des références dans st Paul. Saint Paul n’est pas aimé des incroyants. Renan admirait Jésus, mais n'avait pas de mots assez dur pour saint Paul.

Staline restait, paraît-il, une demi-heure chaque jour sur la tombe de sa femme. Il y restait prostré, sans mot dire. (source reportage historique sur Staline de la chaîne « histoire »). Elle s’était suicidée au retour d’une cérémonie officielle. Que se passait-il dans la tête du tyran, alors ? Comment son mari pouvait-il ainsi aller chaque jour sur la tombe de celle dont, selon ses croyances, il ne restait qu’un peu de matière en décomposition ?

26.7.06

Un film "Les pommes d'Adam"

Ce film danois de 2005 de Anders-Thomas Jensen. Les pommes d'Adam, pourquoi ce titre ?

Pour me conformer aux conseils du gouvernement en cette période de canicule, je suis allé voir un film d’auteur dans ce qui était autrefois une salle de cinéma d’art et d’essai. Ce film danois « Adam’s Apples » est à petit budget. Il s’agit d’une sorte d’apologue.


Ivan, un pasteur luthérien qui nie la réalité lorsqu’elle est désagréable (sa femme s’est suicidée, non elle est morte d’un accident ; son fils est handicapé, non il est en pleine forme et fait merveille en mathématique ; une femme subit une grossesse à risque, mais non, il n’y a pas de risque etc.). Selon le pasteur, le diable est toujours vaincu et donc le mal n’existe pas.

Il prend en charge des délinquants pour les réhabiliter. Ceux-ci continuent à voler et à se bagarrer, mais lui, naturellement, ne veut pas le voir. Le délinquant (l’acteur n’est pas vraisemblable, il a une trop bonne tête) qui est le pire, se bat pour faire accepter la réalité : Dieu ne nous aime pas et la preuve, c’est le livre de Job. (Job perd ses enfants, ses biens puis sa santé) Ce n’est pas le diable, c’est Dieu qui veut le mal.

Adam, l'affreux néonazi se met à lire la bible. Il est confronté à deux événements. Premier événement il s'aperçois que le pasteur est un menteur ou un fou qui nie la réalité. Deuxième événement, il lit la bible plus précisément le livre de Job.

Je suis allé chercher le livre de Job et j'y lis en effet après le récit des malheur de Job :

9 Et sa femme lui dit: « Tu persévère encore dans ton intégrité! Maudis Dieu et meurs! »
10 Il lui dit: « Tu parles comme une femme insensée. Nous recevons de Dieu le bien, et nous n'en recevrions pas aussi le mal? » (...)

Job ch. II citation du site jesusmarie.com

Donc Adam va faire observer au pasteur que Dieu veut notre mal et que c'est son livre qui le dit.

Les deux hommes vont se rapprocher : Adam quitte ses fréquentations néonazis et le pasteur cesse de nier la réalité.

Ils vont donc se réunir pour accueillir de nouveaux ancien prisonniers sur des bases plus saines.

Ne cherchez pas la vraisemblance dans ce film qui est une pure parabole, une fable à thème. Si vous n'êtes pas choqué par les invraisemblances vous pourrez passer un bon moment. Ce film est une oeuvre pour initiés.