16.6.07

Bien commun et minorité

"(...) il ne faut pas oublier que dans l'État démocratique, où les décisions sont prises d'ordinaire à la majorité des représentants de la volonté populaire, ceux à qui revient la responsabilité du gouvernement sont tenus d'interpréter le bien commun de leur pays, non seulement selon les orientations de la majorité, mais dans la perspective du bien effectif de tous les membres de la communauté civile, y compris de ceux qui sont en position de minorité."

Comme on vote demain et que probablement une forte majorité sera donnée à un seul parti par suite d'un mode de scrutin totalement suranné et même anticonstitutionnel, il est bon de se rappeler cette vérité extraite du compendium (abrégé) de doctrine sociale de l'Eglise.

Il faut en effet se souvenir comme le faisait remarquer Charles De Koninck un penseur belge émigré au Canada lors de la deuxième guerre mondiale, le bien commun est nécessairement commun aux différents individus, familles et groupes intermédiaires composant la nation.

« (…) le bien commun n’est pas un bien qui ne serait pas le bien des particuliers, et qui ne serait que le bien de la collectivité envisagée comme une sorte de singulier. Dans ce cas, il serait commun par accident seule­ment, il serait proprement singulier, ou, si l’on veut, il différerait du bien singulier des particuliers en ce qu’il serait nullius. Or, quand nous distinguons le bien commun du bien particulier, nous n’entendons pas par là qu’il n’est pas le bien des particuliers : s’il n’était pas le bien des particuliers, il ne serait pas vraiment commun. »

Mais bien que particulier à plusieurs, il n’est pas singulier, il est commun et comme tel plus désirable que le bien singulier.

Ainsi si l’arbitrage entre les divers intérêts est la tâche la plus délicate des pouvoirs publics, il n’empêche que lorsque les pouvoirs publics arrivent à une solution satisfaisante, ce bien commun est plus désirable, même pour ceux qui ont dû renoncer à des privilèges. Par exemple les parachutes en or des dirigeants incapables vont contre le bien commun et donc contre le bien de ceux qui profitent de contrats injustes. La justice sociale est plus désirable pour eux que leurs avantages particuliers injustes.

Souhaitons, en conclusion, que les nouveaux députés luttent, quels que soient leurs partis, pour une vraie justice sociale laquelle est un des éléments principaux du bien commun.

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