20.9.07

Le glaive à double tranchant de la communion ecclésiale.


Mgr Angelo Bagnasco, président de la conférence des évêques italiens, (dépèche zenit ici) a affirmé que le Motu Proprio Summorum Pontificum avait pour but d’assurer une meilleure union.

Exactement selon la dépêche de zenit :

« d’unir la communauté chrétienne et de renforcer sa ferveur ».

Comment le Motu Proprio qui empêche les évêques et les curés de célébrer dans le rite prévu par le missel de saint Pie V peut-il favoriser l’union, puisque ce document institue une hiérarchie entre les missels, l’un devenant « ordinaire » et l’autre « extraordinaire » et donc interdit pour toutes les messes « officielles » épiscopales ou paroissiales peut-il "unir la communauté ecclésiale" ?.

Ceux qui sont attachés au missel de saint Pie V, comme c’est leur droit (à condition que cet attachement ne soit pas un rejet du nouveau missel), sont exclus de toutes les manifestations officielles. Ils ne pourront pas avoir de fonctions officielles d’évêque ou de curé (voir mon précédent post sur la question).

Comment ce « motu proprio » en créant deux catégories de catholiques en fonction du choix du missel, (ce qui est fait sociologiquement, mais sociologiquement seulement, depuis Paul VI), en officialisant cette discrimination indue peut-il prétendre « unir la communauté chrétienne » ?

D’un autre côté, le lefebvrisme par sa condamnation de la liberté religieuse et par sa compréhension sectaire de la doctrine du Christ-Roi n’est pas pour rien dans ce rejet, dans cette discrimination. Comment en effet admettre à la prédication sur le troupeau commun les opinions évidemment fausses de ceux qui condamnent la liberté religieuse ?

La solution pour ceux qui préfèrent le missel de saint Pie V serait une adhésion à la liberté religieuse, à l’œcuménisme et au Christ-Roi entendu comme l’Église l’entend.

Il n’y aurait plus aucun prétexte ensuite pour maintenir cet apartheid injustifié.

Car Mgr Bagnasco précise qu’il ne s’agit que de : « la double application d’un seul et même rite », qui « devra constituer le cœur de la dynamique ecclésiale, au nom d’une pleine réconciliation et d’une bonne unité visible dans l’Église ».

L’usage, même très occasionnel, du missel de saint Pie V dans les paroisses et aux messes des évêques manifesterait concrètement que les deux missels sont l’expression d’un même rite sous deux formes.

Car la communion est réciproque.

19.9.07

"Freedom of religion act" vivement critiqué


La loi sur la liberté de religion dans l’État d’Inde du Chhattisgarh date de 2006, mais vient de faire l’objet d’une dépêche zenit que l’on peut lire ici


Dans cet Etat la religion fait partie de l’identité de la personne puisque

« La loi du Chhattisgarh sur la liberté religieuse 2006 (Chhattisgarh Freedom of Religion Act 2006), prévoit que toute demande de changement de religion doit être soumise à l'autorisation du magistrat local 30 jours à l'avance. »

Or on sait qu’en France la religion ne figure pas sur les papiers d’identité, il est même interdit d’en faire mention sur les fichiers privés.

Cette interdiction me semble assurer une meilleure protection de la vie privée et une véritable liberté religieuse.

En France, les attentats contre la liberté religieuse sont réprimés par l’incrimination des menaces, des coups et blessures et des meurtres et assassinats, quels que soient les mobiles de ces actes religieux ou non.

Bien que les actes religieux, le culte puissent être publics, certains peuvent préférer garder leurs convictions secrètes. Cela leur assure une certaine protection contre un environnement trop prosélyte ou fanatique.

Dans un environnement de plus en plus passionné en matière religieuse, dans un environnement sectaire et partial il ne serait pas mauvais que toute mention de la religion disparaisse des documents officiels, partout dans le monde pour une vraie liberté religieuse et une parfaite égalité fondamentale des êtres humains quelle que soient leur croyances ou incroyances.

18.9.07

Nucléaire iranien : un peu d'histoire et de droit pour mieux comprendre

L’Iran est un pays officiellement musulman. Les musulmans, sauf exception, récusent l’importance de la raison en matière de morale, s’en remettant exclusivement au Coran.

Selon le témoignage d’un évêque suisse datant de 2006, (mais la situation n’a pas changé substantiellement) qui peut s'écouter sur radio vatican ici :

Les chrétiens peuvent célébrer la messe exclusivement entre eux, dans la « communauté », cependant, on ne peut parler de Jésus-Christ en dehors de "la communauté".

La femme, même si elle est chrétienne, doit porter le voile et ne doit pas arborer de croix, même discrète. La liberté des femmes est foulée aux pieds.

Les églises se voient et témoignent du passé chrétien.

Selon le même évêque, il faut, dans le dialogue, souligner l’importance de la liberté de religion et la séparation entre l' État et les religions. En effet, aujourd’hui la liberté religieuse n’est pas assurée et il y a confusion entre « les religions » et l’État.

L’évêque ne voulant pas parler de politique témoigne cependant que la culture iranienne est très nationaliste.

Or l'Iran veut acquérir l'arme nucléaire comme l'en accuse l'Organisation des Nations Unies ce qui constitue pour moi un témoignage impartial émanant de la communauté internationale.

A partir de ces données, Monsieur Kouchner parle de "guerre".

Mais on ne peut parler de "guerre" à la légère. La guerre est un chose horrible dans son exécution et par ses conséquences qui peuvent amener des haines sur plusieurs générations.

D'ailleurs, le droit de la guerre est réglementé par la Charte des Nations Unies à laquelle adhèrent la France et l’Iran.

Malgré les pressions de Monsieur Annan, à l’époque secrétaire général de l’ONU, lors des négociations avec Monsieur Ahmadinejad de septembre 2006, l’Iran n’a pas cédé niant toujours avoir un but militaire dans ses activités nucléaires.


L'ONU n'a pas été convaincue par les dénégation de l'Iran puique , juridiquement, la « résolution » du Conseil de Sécurité de l’ONU du 23 décembre 2006 fait injonction à l’Iran de cesser ses travaux visant à acquérir l’arme nucléaire. Cette « résolution » établit le fait que l’Iran n’a pas que des intentions pacifiques dans sa recherche sur le nucléaire.

Il n’en reste pas moins que la « guerre » est interdite, et que seule l’Organisation des Nations Unies peut ordonner des pressions militaires afin de maintenir la paix. La nuance n’est pas que verbale ; ainsi la déclaration de Monsieur Kouchner est irresponsable, d’autant qu’elle engage la France sans que ni les Français, ni leurs représentants, ni la communauté internationale n’aient été consultés.

A titre de document voici l’article de la charte des Nations Unies relatif aux pressions militaires :

Après avoir fait référence au pressions non militaires prévues par l’article 41, l’article poursuit :

« Article 42

(…) le Conseil de sécurité peut entreprendre, au moyen de forces aériennes, navales ou terrestres, toute action qu'il juge nécessaire au maintien ou au rétablissement de la paix et de la sécurité internationales. Cette action peut comprendre des démonstrations, des mesures de blocus et d'autres opérations exécutées par des forces aériennes, navales ou terrestres de Membres des Nations Unies.

citation extraite d'ici site de l'ONU

Or les pressions non militaires peuvent aller jusqu’à la rupture de tous moyens de communications avec le reste du monde et la rupture des relations diplomatiques (article 41). A ma connaisance, ces mesures n’ont toujours pas été prises car la « résolution » du 23 décembre 2006 vise des mesures spécifiques et donc plus douces.

La résolution est consultable ici site du gouvernement français

Les pressions militaires (et non la guerre) ne sont donc toujours pas à l’ordre du jour et ne sont, heureusement, pas à la décision de Monsieur Kouchner ni de Monsieur Sarkozy.

17.9.07

Le communautarisme, c'est la stérilisation

Dans un article de « Présent » signalé par le Salon Beige

Ici

Le président de « Renaissance Catholique » un groupe catholique plus ou moins lefebvriste ose dire :

"[J]‘écris que le peuple chrétien « a vocation à être le sel de la terre » ; [...] « la première raison d‘être du communautarisme c’est d‘éviter au sel de s’affadir » et que « les structures communautaires… ne sont pas des ghettos mais des espaces de ressourcement, de repos, de réflexion, de formation mais aussi d’accueil et de conversion, dans l’amitié catholique et l’espérance française ».

Trouver comme argument que les chrétiens sont le « sel de la terre », c’est aller directement contre cette vérité que la foi ne donne aucun privilège, aucune garantie comme le dit Benoît XVI.

Les hommes, de quelque croyance ou incroyance qu’ils soient peuvent nous en remontrer en matière de vérité et de vertu. La foi et la vertu ne doivent pas nous élever en dedans de nous au dessus de quiconque.

Car lorsqu’on lit le passage de saint Mathieu, il dit exactement le contraire de ce que dit Monsieur Maugendre :

Math. V,

« 13 Vous êtes le sel de la terre; mais si le sel s'affadit, avec quoi le salera-t-on? Il n'est plus bon à rien qu'à être jeté dehors pour être foulé aux pieds par les hommes.
14 Vous êtes la lumière du monde : une ville, située au sommet d'une montagne, ne peut être
cachée.
15 Et on n'allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau, mais sur le chandelier, et elle
éclaire tous ceux qui sont dans la maison.
16 Qu'ainsi votre lumière brille devant les hommes, afin que, voyant vos bonnes œuvres, ils
glorifient votre Père qui est dans les cieux. »

Bien sûr renoncer à la foi et à la morale catholique nous causerait un grand abaissement personnel. Je suis frappé de voir les gens qui ne vont pas à la messe : ils se privent de culture et consolation et gratuite en plus. C’est un grand manque pour eux, ils font pitié. Mais en voyant cela nous devons en être plus frappé de la miséricorde de Dieu à notre égard et non nous enfler d’orgueil et nous aigrir de mépris.

En songeant à l’exemple de cette communauté de moines intégristes du monastère Saint Joseph de Clairval : près de cent moines, exclusivement des hommes s’adressant exclusivement à des hommes enfermés dans un monastère pour quoi ? Pour prêcher des « exercice spirituels » à des gens dont ils ignorent tout de la vie.

Si vous voulez du communautarisme, là vous en avez. Les femmes sont exclues de la bonne parole des « exercices spirituels » prêchés par ces Messieurs.

Donc en dehors de la prédication, à leur sauce, des « Exercices Spirituels » à des hommes (et pas des femmes pouah !) que font-ils ? Rien, ils sont absolument inutiles, pas un texte intéressant, pas une école, pas une aide en paroisse, qui manquent de prêtres, pas d’aide aux pauvres, rien de rien. Du secret en revanche comme s’ils avaient honte de ce qu’il font. Ce monastère stérilise des dizaines de vies.

Contaminés par ce curieux esprit des « Exercices Spirituels » ils se stérilisent absolument, attendant comme les jansénistes le salut de n’avoir rien fait et d’avoir évité tout péché (ainsi ils ne parlent ni ne regardent les femmes, même les vieilles).

Bien sûr Monsieur Maugendre ne va pas aussi loin dans la folie. Mais l’esprit est le même.

Non seulement le communautarisme est inopportun, mais encore il est immoral. Nous catholiques, ne valons pas mieux que les autres.

Nous devons avoir parfaite confiance dans notre doctrine morale enseignée par le Saint Siège : nous avons comme langage commun avec le reste de l’humanité (bien que nous en formions une grande partie) la raison et les droits de l’homme. Nous n’avons pas le droit de les garder pour nous en nous extrayant de la société humaine.

Oui, c’est un manque de confiance en soi, provenant sans doute de la condamnation de l’œcuménisme et de la liberté religieuse qui nous incite au communautarisme.

16.9.07

Exercices spirituels à Flavigny : une horreur

Je viens de visiter le site du monastère saint Joseph de Flavigny. Ce monastère est un très mauvais souvenir pour moi. A l’époque les abbés Laguérie ne juraient que par ces moines.

Le site du monastère saint Joseph de Flavigny, spécialisé dans la prédication des « Exercices Spirituels » de saint Ignace, comme s’il avait honte de sa prédication ne parle pas du contenu de ses retraites.

D’ailleurs saint Ignace dans son livre des Exercices ne dit pas que le titre de son livre représente les seuls exercices spirituels possibles :

« En effet, comme se promener, marcher, courir, sont des exercices corporels, de même les différents modes de préparer et de disposer l'âme à se défaire de toutes ses affections déréglées et, après s'en être défait, à chercher et à trouver la volonté de Dieu dans lerèglement de sa vie, en vue de son salut, s'appellent Exercices spirituels. »

Le saint ne prétend pas avoir le monopole des exercices spirituels. Il dit seulement que tous les exercices visant à se défaire de ses affections déréglées et après cela chercher et à trouver la volonté de Dieu (…) s’appellent exercices spirituels.

Il est remarquable que le monastère dans sa propagande joue sur cette ambiguité pour se prétendre, ou du moins suggérer qu’il a une sorte de monopole des « exercices spirituels ».

Il cite ainsi Jean-Paul II

«L'appel à la sainteté ne peut être entendu et suivi que dans le silence de l'adoration devant la transcendance infinie de Dieu. Nous devons confesser que nous avons tous besoin de ce silence chargé de présence adorée (...) Tous, croyants et incroyants, ont besoin d'apprendre la valeur du silence qui permet à l'Autre (Dieu) de parler, quand et comme Il le voudra et qui nous permet à nous de comprendre cette parole. Dans la pratique cela suppose une grande fidélité à la prière liturgique et personnelle, aux temps consacrés à l'oraison mentale et à la contemplation, à l'adoration eucharistique, aux retraites mensuelles et aux exercices spirituels .»

Jean-Paul II, Exhortation Apostolique sur la vie consacrée, 25 mars 1996.

Or dans cette citation, il ne s’agit pas du livre des Exercices Spirituels, mais des exercices spirituels parmi lesquels l’eucharistie, la confession, les prières, les lectures, les méditations. On juge de l’honnêteté un peu limite de ces moines qui enrôlent Jean-Paul II dans leur propagande pour leurs retraites scandaleuses.

J’ai fait les « retraites de cinq jours » de Flavigny en 1976. Ils m’ont fait un mal immense. C'est par ces retraites malfaisantes que mes fils ne me parlent plus (des retraites du même genre préchées par les amis de l'abbé Laguérie à l'Institut du Bon Pasteur) Un de mes fils a pris des décisions abbérantes à la suite de ces sales maingances.

Je reproche aux moines d’abord de ne pas avoir dit que pour connaître la volonté de Dieu, il ne faut pas se retirer dans un désert, mais obéir. C’est en obéissant que nous faisons la volonté de Dieu, car du fait de l’égalité fondamentale de tous les êtres humains, nous n’obéissons en définitive qu’à Dieu. Donc lorsqu’un homme qui a autorité sur moi me commande, je sais où est la volonté de Dieu, sans avoir à me torturer.

Ces retraites sont une des base de l’intégrisme, ils font croire que c’est en étant prosélyte, en se retirant de la société des hommes que l’on se sauve.

Ils sont désespérants car ils prêchent aussi l’impossibilité pratique du salut. Car le nombre des élus est si petit qu’il est équivalent de dire qu’il est impossible de se sauver.

Saint Thomas d’Aquin dit :

« Entre toutes les études auxquelles s'appliquent les hommes, celle de la sagesse l'emporte en perfection, en élévation, en utilité et en joie. En perfection, car plus l'homme s'applique à la sagesse, plus il a part à la véritable béatitude ; le Sage dit en effet : Heureux l'homme qui s'appliquera à la sagesse. En élévation, car c'est par là surtout que l'homme accède à la ressemblance de Dieu, qui a tout fait en sagesse ; et comme la ressemblance est cause de dilection, l'étude de la sagesse unit spécialement à Dieu dans l'amitié, ce qui fait dire, au Livre de la Sagesse, que la sagesse est pour tous les hommes un trésor inépuisable, tel que ceux qui en ont usé ont eu part à l'amitié de Dieu. En utilité, car la sagesse elle-même conduit au royaume de l'immortalité : le désir de la sagesse conduira au royaume éternel.
En joie, car sa société ne comporte pas d'amertume ni son commerce de chagrin, mais du plaisir et de la joie. »

Du site jesusmarie.com texte tiré du Contra gentes

ici

La compagnie de la sagesse produit la joie et le plaisir. La fréquenter ne produit pas de chagrin.

Comment se fait-il que lorsque l’on sort des retraites dites « Exercices de Saint Ignace » en cinq jours, on soit triste, ennuyé, tourmenté et fanatique ? C’est que ces retraites ne conduisent pas à la sagesse, ces retraites ne conduisent pas à la sainteté, elles conduisent au fanatisme.

Petite Histoire du missel de saint Pie V

Selon le Naz avant l’édition du missel de saint Pie V, la réglementation du culte et donc des rites de la messe était laissée à l’appréciation des évêques, des conciles particuliers et du Saint-Siège. (Naz Livre III, Part. III p. 80).

Selon Wikipedia, dans les premiers temps le rite de la messe était laissé aux évêques, ce qui amenait des variations d’un diocèse à l’autre (voir wikipedia histoire du rite romain).

Ces affimations historiques me semblent découler d'une vision faussée de l'esprit de l'Eglise. L'Eglise n'agit pas comme un maire fait appliquer un arrêté sur le stationnement. L'Eglise, sauf les dogme qu'elle propose à croire, laisse le gens prier comme il veulent.

L'histoire de saint Pie V en atteste.

En vertu de la prééminence de l’église de Rome, mère et maîtresse de toutes les églises, beaucoup d’églises locales et autres groupes religieux avaient adopté la messe romaine, la messe du pape. (Nous pouvons imaginer que par sécurité des églises locales prennent les prières du pape)

Or le Naz, (traité de droit canonique), prétend que saint Pie V, pape est intervenu pour réaliser l’unification des cultes en déclarant « la liturgie romaine obligatoire pour tout l’occident. (Constitution Quo Primum du 14 juillet 1570) » ibidem.

Je conteste avec force cette affirmation : le pape saint Pie V a rendu obligatoire le rite dit de saint Pie V pour toutes les églises qui utilisaient le rite romain.

"pour toutes les autres églises précitées l’usage de leurs missels propres soit retiré et absolument et totalement rejeté, et que jamais rien ne soit ajouté, retranché ou modifié à Notre missel, que nous venons d’éditer."

citation prise ici (site de la Fraternité lefebvriste qui n'a pas dû bien lire le texte...)

"qu'ils doivent conserver dorénavant dans la célébration des messes: pour que tous accueillent partout et observent ce qui leur a été transmis par l'Eglise Romaine, Mère et Maîtresse de toutes les autres églises, et pour que par la suite et dans les temps à venir dans toutes les églises, patriarcales, cathédrales, collégiales et paroissiales de toutes les provinces de la Chrétienté, séculières ou. de n'importe quels Ordres monastiques, tant d'hommes que de femmes, même d'Ordres militaires réguliers, et dans les églises et chapelles sans charge d'âmes dans lesquelles la célébration de la messe conventuelle à haute voix avec le choeur, ou à voix basse suivant le rite de l'Eglise Romaine est de coutume ou d'obligation,"

« est de coutume ou d'obligation, » se rapporte à toutes les églises précitées, c’est-à-dire uniquement aux endroits où la messe romaine a force de loi, là où le pape fixe la liturgie, mais pas ailleurs.

Elle pouvaient être obligées de suivre le rite romain soit de leur volonté (coutume) soit par obligation spéciale à elle (d’où qu’elle vienne). Mais même dans les églises de rite romain le rite mozarabe, lyonnais, ambrosien étant des rites utilisés dans des églises de rite romain restaient permis en raison de leur ancienneté (plus de deux cents ans).

Saint Pie V prévoyait aussi que les églises qui ne suivaient pas le rite romain pouvaient l'adopter si cela leur agréait. Et de fait petit à petit les églises qui avaient un rite particulier ont pris le rite romain.

Une autre chose est l’édition des missels pour toute l’Église. Il faut bien distinguer les deux questions.

Certes, afin d’assurer l’unité et l’inerrance (caractère d’un texte qui ne contient pas d’erreur contre la foi ou les mœurs) des textes remis aux évêques et aux prêtres qui utilisaient le rite romain, cette liturgie, ces prières et cérémonies, ces règles de droit liturgique étaient consignées dans l’édition typique assurée par l’imprimerie du Vatican (ou par des éditeurs autorisés).

Mais ce fait de l’édition typique n’est pas réservé au rite romain, les autres rites devaient aussi être approuvés et avoir une édition typique contrôlée par Rome : canon 1257 ancien « Au Saint Siège seul il appartient de réglementer la liturgie et d’approuver les livres liturgiques ».

Les églises de rite non romain devaient faire approuver leurs livres liturgique par Rome qui attestait qu'il n'y avait pas d'erreur doctrinale dans les textes.

Le saint Siège par l’édition typique (de tout rite) atteste ainsi que cette édition typique est autorisée, inerrante, mais non qu’elle est obligatoire, ce qui est une question disciplinaire contenue dans d’autres documents.

Le Saint Siège attestait que l’on pouvait accomplir les cérémonies et faire les prières sans péché et sans scrupule de conscience.

Saint Pie V ne veut pas imposer une doctrine, il veut assurer les fidèles qu'ils ont des prières qui ne les induiront pas en erreur.

Tout autre va être l'attitude de Paul VI qui veut "faire bouger les choses" comme le recommandait Pie XII dans son encyclique Mediator Dei.

Voici comment Pie XII parlait de ceux qui étaient attachés aux rites et prières reçus :"Que les inertes et les tièdes ne croient pourtant pas avoir Notre approbation parce que Nous reprenons ceux qui se trompent ou que Nous refrénons les audacieux ; mais que les imprudents ne s'imaginent pas couverts de louanges du fait que Nous corrigeons les négligents et les paresseux."

C'était une curieuse façon de traiter ceux qui voulaient conserver les rites, en goûtaient la profondeur et ne se jugeaint pas au-dessus des traditions reçues de leurs pères.

Naturellement l'encyclique Mediator Dei ne parle pas de la liberté des fidèles, ne fait pas le point sur les questions juridiques et morales concernant les rites, si bien qu'un certain nombre, voire la plupart de ses lecteurs, ont eu le sentiment qu'en conservant certaines prières, ils étaient des "négligents et des paresseux" et qu'ils étaient en faute.

15.9.07

Conséquence du Motu Proprio les prêtres "saint Pie V" ne peuvent être curés

Du fait du motu proprio les prêtres qui auront été formés à ne dire que la messe selon le rite de saint Pie V, ne pourront devenir curés, vicaires ou évêques.

Car pour dire la messe paroissiale ou la messe pour le peuple de l'évêque il faudra (si l'on considère que le motu proprio est valide) la dire selon le missel de Paul VI.

Il s'ensuit que ceux qui ne veulent célébrer selon l'ancien rite, comme c'est leur droit (à condition que ce ne soit pas une condamnation du rite de Paul VI), que même le pape ne peut leur enlever, ne pourrons jamais accéder aux charges officielles de curé, de vicaire, d'évêque.

Il est vrai que c'était déjà le cas, mais c'était une règle sociologique et non une règle juridique. Le Motu Proprio a tenté d'habiller juridiquement cette interdiction sociologique.

A mon avis, le droit de réciter les prières anciennes n'est pas conféré par le pape, mais par l'Eglise elle-même. Cette autorisation ne peut être enlevée à quiconque du moment que les priètes ont été éditées par un pape. L'édition est valable pour toujours. Le motu proprio Summorum Pontificum n'a donc pas de valeur juridique.

L'obéissance n'est pas violée si l'on récite des prières exemptes d'erreur théologique, ce qui est garanti pas l'édition typique.

Faire dépendre la nomination à un poste officiel du fait d'une volonté arbitraire dans un domaine où elle n'a pas lieu d'être, est un abus de pouvoir.

Depuis hier la messe de saint Pie V est interdite

Le Motu Proprio "Summorum Pontificum" qui devait prétendument "libéraliser" la messe de saint Pie V l'a en fait interdite dans les paroisses au titre de messe paroissiale et à l'évêque au titre de la messe diocésaine.

On peut se demander d'abord à quel titre le pape peut interdire ainsi un rite, des prières.

Le document
Summorum Pontificum, citant la présentation générale du Missel Romain de 2002 donne le principe qui éclaire cette question :

"Depuis des temps immémoriaux et aussi à l’avenir, le principe à observer est que «chaque Église particulière doit être en accord avec l’Église universelle, non seulement quant à la doctrine de la foi et aux signes sacramentels, mais aussi quant aux usages reçus universellement de la tradition apostolique ininterrompue, qui sont à observer non seulement pour éviter des erreurs, mais pour transmettre l’intégrité de la foi, parce que la lex orandi de l’Église correspond à sa lex credendi »
[1] Présentation générale du Missel romain, troisième édition, 2002, n. 397.


C'est en raison de ces usages "universellement reçus de la tradition apostolique ininterrompue" que le pape peut interdire les formules de saint Pie V, puisqu'elles ont été, de fait, abandonnées. Cet usage universellement reçu de la tradition apostolique, c'est que la liturgie reçue par la majorité dans l'Eglise universelle devient ordinaire.

D'où le rite de Paul VI devient le seul officiel car il a été "
accueillis avec plaisir par les Évêques comme par les prêtres et les fidèles."

Historiquement, il n'est pas vrai que les évêques, les prêtres et les fidèles ont accueilli ces nouvelles prières "avec plaisir". C'est Paul VI en 1976 par un discours plein de mensonges qui les a imposées :

: « C'est au nom de la Tradition que nous demandons à tous nos fils, à toutes les communautés catholiques, de célébrer, dans la dignité et la ferveur, la liturgie rénovée. L'adoption du nouvel Ordo Missæ n'est pas du tout laissée au libre arbitre des prêtres ou des fidèles. L'instruction du 14 juin 1971 a prévu la célébration de la messe selon l'ancien rite, avec l'autorisation de l'Ordinaire, uniquement pour des prêtres âgés ou malades, qui offrent le sacrifice divin sine populo. Le nouvel Ordo a été promulgué pour être substitué à l'ancien, après une mûre réflexion, et à la suite des instances du Concile Vatican II. Ce n'est pas autrement que notre saint prédécesseur Pie V avait rendu obligatoire le missel réformé sous son autorité, à la suite du Concile de Trente. Avec la même autorité suprême qui nous vient du Christ Jésus, nous exigeons la même disponibilité à toutes les autres réformes liturgiques, disciplinaires,pastorales, mûries ces dernières années en application des décrets conciliaires. Aucune initiative qui vise à s'y opposer ne peut s'arroger la prérogative de rendre un service à l'Église : en réalité, elle lui cause un grave dommage. » Cité par l'abbé Belmont.

S'il a fallu un tel discours après sept ans d'application, c'est bien parce que les nouveaux rites n'étaient pas acceptés "avec plaisir".

Mais il est vrai qu'ils ont fini par être acceptés (peur du péché de désobéissance) par la majorité immense des prêtres et des évêques.

Du fait de cette acceptation, le rite ancien qui est encore en usage dans diverses paroisses est devenu interdit depuis hier comme rite "
ordinaire" et donc comme rite des messes paroissiales ou des diocèses en leurs qualités de personnes morales publiques.

Le principe second, déduit du premier et qui préside au
Motu Proprio, est que les prières et rites anciens sont interdits pour toutes manifestations des diocèses en leur qualité de personnes publiques ou de leurs démembrements territoriaux : les paroisses (canon 374 1).

Je ne pense pas que le fait de l'acceptation majoritaire mais contrainte par prévarication et mensonges du rite de Paul
VI constitue un titre pour le pape à interdire des prières utilisées depuis des temps immémoriaux et codifiées dans une édition typique d'un missel par saint Pie V.

Les nouvelles prières (de Paul
VI) ne peuvent être qu'autorisées et non obligatoires, même pour la prière officielle de l'église.

Cette astuce juridique (car "l'acceptation" qui est un de fait, n' a aucune autorité) nous permet-elle de déduire que le pape ne peut interdire une messe autorisée par un de ses prédécesseurs, car sinon Paul VI et Benoît XVI l'auraient interdite ? Cette impossiblité est au moins probable.

14.9.07

Les magistrats français absolvent une inadmissible injure raciste

Monsieur Christian Vanneste rapporte ici que Fresche, l'inénarrable président de la région Languedoc vient d'être relaxé par la Cour d'Appel de Montpellier du fait d'avoir traité les harkis de "sous-hommes".

Or traiter des gens de "sous-hommes" est une injure raciste qui doit être réprimée. Si Fresche avait dit les harkis sont des "salauds", il aurait injurié les harkis, mais il n'aurait pas nié leur humanité.

Traiter des gens de "sous hommes" c'est nier leur caractère d'humains, c'est un attentat très grave contre la dignité de la personne humaine.

La liberté n'est pas la licence. La liberté s'arrête devant l'outrage à la nature humaine.

Ici bien sûr comme dans le cas de la Roumanie du post précédent, peu importe les mobiles. Fresche peut déclarer n'importe quoi les concernant, les juges ne jugent pas les mobiles psychologiques.

En revanche, traiter des gens de "sous-hommes" c'est violer l'égale dignité de tous les hommes et si l'auteur en est absout, ce sont les juges qui se rendent coupables de racisme.

"Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. " C'est la première phrase de l'article 1 de la déclaration universelle des droits de l'homme de l'ONU du 10 décembre 1948.

La Cour Européenne des Droits de l’Homme contre le racisme. Arrêt Cobzaru C/ Roumanie


Dans un arrêt du 17 juillet 2007, (signalé par Madame Preuss du CREDA) la Cour Européenne des Droits de l’Homme a condamné la Roumanie pour racisme.

Monsieur Cobzaru se plaignait de mauvais traitement de la police roumaine en raison de son appartenance à la nation Rom.

Or l’article 14 de la Convention Européenne des droits de l’homme interdit les discriminations en raison du sexe, de la race, de la langue de la religion, opinion politique ou autres, origine nationale.

Cette disposition est tout à fait légitime.

Mais le droit à être traité normalement sans abus et sans traitement inhumain appartient à tout être humain.

Ce qui fonde le droit à ne pas être discriminé, n’est pas dans la race, mais dans le fait d’être un humain.

Ce qui fonde le droit à réparation est le mauvais traitement et non la race (ou nationalité) du plaignant et la race de ses persécuteurs ou leurs mobiles vrais ou imaginaires.

Il n’est pas du ressort du droit, science sociale (qui implique des relations entre humains) de fouiller dans les consciences ; le droit objectif (la loi, la jurisprudence) ne doit pas être raciste dans la mesure où le racisme nie l'humanité d'un être humain ou nie ses droits fondamentaux, ou nie la loyauté que se doivent les êtres humains entre eux en raison de leur égalité fondamentale .

Mais le droit ne peut appréhender les mobiles, même racistes. Les mobiles ne peuvent en aucun cas définir une infraction. Un assassinat est un assassinat quels que soient les mobiles (vrais ou imaginaires, on ne le sait jamais avec certitude) qu’ils soient altruistes ou crapuleux. Pourquoi ? Parce que les mobiles sont par nature inconnus, seul Dieu les connaît et l'auteur de l'infraction (et encore... pour lui ce n'est pas toujours évident), en tout cas aucun autre être humain ne les connaît avec la certitude que requiert l'incrimination.

Pour bien me faire comprendre si un individu commet un parricide (assassinat des parents) s’il déclare que c’est pour abréger ses souffrances, on ne saura jamais si en fait ce n’était pas pour hâter l’héritage. Les mobiles par nature échappent au droit.

C’est pourquoi curieusement la Cour Européenne des Droits de l’Homme est la vraie raciste dans cette affaire et elle viole le droit de chacun à être jugé indépendamment de sa race.

Je cite ici un motif de la Cour (il n’existe qu’une version anglaise)

« 91. Admittedly, proving racial motivation will often be extremely difficult in practice. The respondent State's obligation to investigate possible racist overtones to a violent act is an obligation to use its best endeavours and is not absolute; the authorities must do what is reasonable in the circumstances of the case (see, Nachova and others v. Bulgaria, cited above, § 160)

Mais non, Mesdames et Messieurs les Juges, la « motivation » raciste n’est pas très difficile à prouver, elle est impossible à prouver.

L’arrêt (en anglais) peut être lu

ici