10.11.10

Une réédition idéologique de la Comtesse de Ségur

Via le "Salon beige", qui signale une réédition tronquée de "Pauvre Blaise", le conte de la comtesse de Ségur :

Les réédition par "morceaux choisis" sont certes licites. Il faut encore que l'éditeur informe des suppressions et des motifs des suppressions. Or cette réédition dissimule les motifs du choix. Selon une lectrice du "Salon beige", l'éditeur a supprimé les deux chapitres relatifs à la religion, à la philosophie de la vie. L'un relate la première communion de "Blaise", l'autre relate la noyade accidentelle d'un bébé de deux ans et incite à réfléchir au secours de la religion dans les moments tragiques.

Enfant, la lecture de "Pauvre Blaise" me faisait pleurer. J'en ai le souvenir comme un conte évoquant la "Petite fille aux allumettes", en moins artificiel. Car il me semblait que l'auteur avait en tête un petit garçon réel de ses connaissances.

Quant à supprimer des passages pour des motifs idéologiques, et en taisant ses motifs, c'est un véritable outrage à sa mémoire, un viol de sa liberté de conscience et de sa liberté religieuse. C'est aussi un crime contre la culture française et russe (madame de Ségur, née Rostopchine étant née russe, comme on le sait).

Le caractère idéologique de ces suppressions n'est même pas signalé par l'éditeur !

Visite virtuelle de la cathédrale du pape : Saint Jean de Latran

Signalé par madame Anne-Charlotte Lundi (sur le "Forum catholique") la visite virtuelle de la basilique "Saint Jean de Latran" ici.

On peut se moquer tout à loisir de l'autorité obscurantiste et débile, auteur de textes ridicules, en se moquant d'elle dans ses oeuvres.

Plus sérieusement, on peut apprécier l'utilisation de couleurs chaudes et tamisées propices au recueillement. Par contraste les transepts peints de blanc cassé est trop clair à mon goût. La gêne occasionnée par la trop grande violence de la lumière est encore accentuée par l'absence de vitraux.

Le photographe, dont on peut admirer l'art, a effectué ses prises de vue à la lumière du jour. Seul l'autel principal est éclairé par un spot. Sans doute a-t-il voulu, en parfait artiste, nous éviter dans la mesure du possible, l'éclairage direct ou, pire encore, indirect. La lumière directe ou indirecte m'est une souffrance. Seule l'éclairage par les lustres (disparus, les lustres), soit l'éclairage semi-direct sait se faire oublier et nous laisse libres de voir.

Sur les photographies de ce site, le transept est vide : pas de chaises, pas de bancs, pas d'agenouilloir, sur les photos d'un autre site (Rome Passion),on voit un alignement d'affreuses chaises grises composées de métal. Veut-on éviter ainsi le recueillement ? Ce serait bien en cohérence avec le massacre moderne de ce chef d'oeuvre des XVIIème et XVIIIème siècle (sauf le "baldaquin gothique" du XIVème siècle).

Je n'apprécie pas non plus la présence de voix féminines dans la musique d'accompagnement des photographies. "Que la femme se taise à l'église" dit saint Paul (1 Cor 14,34).

Si l'on fait abstraction de la quasi universelle altération du goût au XIXème et plus encore au XXème siècle, on peut admirer l'édifice dont on a une histoire résumée à l'article "Saint Jean de Latran" de wikipedia et, plus orienté vers l'extérieur du monument, le site "Rome passion". Quant aux détails de la décoration (sujet et auteurs des statues...), je ne connais pas de site qui en traite.

7.11.10

Le pape en Espagne : L'Europe de la fraternité avec les autres continent est une Europe ouverte à la transcendance

Lu sur Vatican information service, un extrait de l'homélie du pape à Saint Jacques de Compostelle :

"On ne peut rendre un culte à Dieu sans protéger l'homme, son fils, et on ne sert pas l'homme sans s'interroger sur qui est son Père et sans répondre à la question sur lui. L'Europe de la science et des technologies, l'Europe de la civilisation et de la culture, doit être en même temps l'Europe ouverte à la transcendance et à la fraternité avec les autres continents, ouverte au Dieu vivant et vrai à partir de l'homme vivant et vrai. L'Eglise désire apporter à l'Europe le soin de Dieu et celui soin de l'homme, à partir de la compréhension qui, de l'un et l'autre, nous est offerte en Jésus-Christ".

Dieu renvoie à l'homme et l'homme évoque son père : Dieu. L'Europe des droits de l'homme doit être ouverte à la transcendance, c'est une condition pour le dialogue avec les cultures ouvertes à la transcendance, comme le sont les cultures non-européennes (ou plutôt non occidentales).

Rectification sur les propos du pape à propos de la laïcité

Une dépêche de Reuter a présenté le discours du pape dans l'avion comme une agression contre l'Espagne (exactement le "laïcisme agressif" de l'Espagne"). La même dépêche conclut enfin comme si le pape ne savait pas ce qu'il disait. Cette dépêche fait observer que l'Espagne donnerait 6 milliards d'euros par an à l'Eglise, gratuitement... Cela n'est certainement pas vrai car l'Eglise donne et ne reçoit pas des Etats (sauf pour rémunérer un service, bien évidemment).

Voici donc les propos du pape tels que rapportés Vatican information service :

"L'Espagne a toujours été un pays originaire de la foi. Nous pensons que la renaissance du catholicisme à l'époque moderne a surtout eu lieu grâce à l'Espagne. Des figures comme saint Ignace de Loyola, sainte Thérèse d'Avila et saint Jean d'Avila, ont réellement renouvelé le catholicisme et ont formé la physionomie du catholicisme moderne. Mais il est vrai aussi qu'est née en Espagne une laïcité, un anticléricalisme et une sécularisation forte et agressive, comme nous l'avons vu dans les années trente et cette dispute, ce choc entre foi et modernité, toutes deux très vives, se réalise de nouveau aujourd'hui en Espagne. C'est pourquoi, la culture espagnole a pour point central l'avenir de la foi et de la rencontre, non de la collision, mais de la rencontre entre foi et laïcité. Voilà pourquoi j'ai pensé à tous les grands pays de l'occident mais aussi surtout à l'Espagne".


C'est purement descriptif et nullement revendicatif, ni injurieux. De plus le pape prend soin de dire qu'il faut une rencontre entre ces deux esprits puisque ces deux esprits existent en Espagne. On voit que l'expression "laïcisme agressif" de l'Espagne" est une pure invention à visée diffamatoire relayée par les médias français ( je l'ai lue sur le site de "La Provence").

Chrétiens d'Irak : une vidéo sur leur condition

Les évêques d'Irak lancent un appel à l'aide. Le site de l'Eglise de France relaie l'appel des évêques irakiens.

"Nous avons besoin de votre compassion face à tout ce qui vient toucher la vie des innocents, chrétiens et musulmans. Restez avec nous, restez avec nous jusqu'à ce que soit passé le fléau.

Que le Seigneur nous protège tous."
Certains sont choqués que les revendications de paix comprennent les musulmans. Pourtant, je n'oublie pas que nombre de musulmans meurent pour avoir voulu protéger des chrétiens.

Sous de lien une vidéo de "Aide à l'Eglise en détresse" sur la condition des chrétiens d'Irak. Cette vidéo fait comprendre le véritable enfer vécu par les chrétiens. (via le Salon beige)

Un nouveau blog sur la famille par "L'Eglise catholique"

Un "blog des familles" vient de voir le jour. L'AFP titre fantaisistement :

"L'Eglise catholique lance un blog sur la famille"


Il est absurde de dire qu'un blog est publié par "L'Eglise catholique", c'est-à-dire l'Eglise universelle. Aucun blog ne peut monopoliser l'Eglise catholique. L'Eglise ne se laisse par annexer.

Voici le premier paragraphe édité par la blogueuse (une ancienne avocate au barreau de Paris, comme moi).

"La famille : des personnes qui m’empêchent de faire ce que je veux ? Ou bien, me permettent-elles d’être qui je suis ? Ou les deux ? S’engager dans une relation de couple, avoir des enfants, cela crée des obligations. On n’est plus tout à fait libre de son emploi du temps. Il faut tenir compte des besoins et des rythmes de chacun. Ces contraintes familiales se combinent aujourd’hui avec les contraintes professionnelles. Alors oui, avoir une vie de famille et un travail rémunéré implique souvent de renoncer à certaines activités ou à du temps « pour soi »."

Voici mon commentaire (dont j'ignore s'il sera "validé") :


Poser d'un côté ma volonté et de l'autre les contraintes ne me semble pas une bonne démarche. Ce ne sont pas deux concepts antinomiques.

La vie chrétienne est celle d'une perpétuelle lutte pour la libération de ce qui opprime l'homme.

Ma liberté est celle de faire le bien. Le temps pour les autres est aussi du temps pour soi, puisqu'il me libère de mes égoïsmes.

C'est pourquoi ni la morale sociale, ni le droit ne sont oppression, mais condition des coexistences des libertés, y compris de la mienne. Ils sont donc libération, car si j'instrumentalise mon prochain ou moi-même, niant notre dignité commune, je serais comme un esclavagiste : sans doute moins libre que mon esclave, m'asservissant à mes égoïsmes, niant ma nature raisonnable.

Ce qui opprime l'homme, c'est de croire qu'il est créé pour lui-même. Dans cette perspective les antinomies entre "vie pour soi" et "vie pour les autres" n'ont pas de sens. Les temps de repos ou consacrés à la culture sont aussi des temps donnés aux autres, et les temps de travail sont aussi des temps pour soi. Même si, dans une autre perspective, nous devons hiérarchiser rationnellement les tâches dans notre emploi du temps, dans l'absolu toutes les activités sont égales, tous les temps sont égaux (et nous devons tenir compte de cette vérité dans l'établissement de notre emploi du temps). Ce qui différencie l'usage que nous faisons du temps est le degré d'amour de Dieu, de soi et du prochain que nous mettons à le vivre.

A titre d'exemple : le surmenage d'un seul est mauvais pour tous, la paresse d'un seul est mauvaise pour tous (y compris le sujet).

6.11.10

Mgr Camoussa dénonce le silence des médias sur l'attentat anti-chrétien de Bagdad

Selon zenit, Mgr Camoussa archevêque catholique syriaque de Mossoul se plaint de ne pas savoir ce qui s'est vraiment passé le 31 octobre dans la cathédrale de Bagdad.

Nous savons qu'il y a eu des dizaines de morts, mais le déroulement des faits reste très flou. Nous ne sommes pas informés.

« Il y a une volonté de liquider l'affaire », a-t-il dénoncé en déplorant que les journalistes soient tenus à l'écart depuis le tragique attentat de dimanche.

Monseigneur Camoussa nous informe ainsi que les journalistes sont tenus à l'écart, mais il est bien le seul à le publier. Les journalistes se plient à l'omerta mais ne nous informent pas non plus de l'impossibilité d'informer.

Je suis dans l'impossibilité de suivre tout ce qui se dit dans les médias (si un de mes lecteurs possède une précision, je le publierai), mais à ma connaissance aucun média ne relate le fait que les péripéties restent inconnues.

5.11.10

Même dans les contrats, l'arbitraire est illicite : application au contrat de prêt d'argent

Comme le contrat de prêt de choses fongibles transfère la propriété de la chose à l'emprunteur, il n'est tenu qu'à rendre l'équivalent et non les mêmes choses (prêt de vin, prêt de blé, mais surtout prêt d'argent). Il s'en suit qu'en prêtant ce genre de choses on transfère la propriété de la chose qui se détruit par l'usage. Donc si l'on rend la chose, on ne doit rendre que ce que l'on a prêté en valeur et non les deniers que l'on a prêté (lesquels ont pu être dépensé) Or il n'y a pas de titre de ce fait à exiger plus que l'on a prêté en considération de la nature du contrat.

L'intérêt est toujours illicite, c'est de droit naturel. L'intérêt est payé à d'autres titres que le prêt proprement dit : lucrum cessans, damnum emergens et deux autres dont je ne me souviens plus. Ces quatre titres sont exposés dans l'encyclique de Benoît XIV (bien 14) en 1745. Le préteur ne doit pas rembourser plus que ce qu'on lui a prêté, mais il doit dédommager le préteur du risque de non-remboursement, du dommage résultant d'une perte (achat en vue de la location par exemple).

Il va sans dire que l'intérêt de "retard" pour non paiement à l'échéance, lui, est licite puisqu'il est destiné à compenser la gène causée au créancier du fait du manque de parole du débiteur. Il s'agit d'une peine privée, de dommages-intérêts.

Cette doctrine de droit naturel n'a jamais changé et c'est pourquoi l'intérêt est licite s'il est fondé sur un autre titre.

Je viens de retrouver l'encyclique vix pervenit sur le net à cette adresse http://www.pavie.ch/articles.php?lng=fr&pg=337


Selon ce site le texte du pape ne parle pas en détail des titres extrinsèques au contrat de prêt qui justifient un intérêt, ou plutôt il en parle par allusion.

Il y a de toute façon que l'on envisage la question le problème de l'inflation, on rend nécessairement moins si l'on rend le nominal (la valeur de l'argent a baissé).

L'encyclique rappelle que tout contrat doit être équilibré et comporter des prestations de valeurs équivalentes. Il condamne implicitement l'arbitraire qui consisterait à abuser d'une situation. Par exemple, de monopole pour se faire payer des sommes indues. Il devrait y avoir dès lors restitution de la part de l'"abuseur".

Le code civil prend en compte la notion de "valeur" mais pas toujours. Il en tient compte dans les contrats de vente immobilière lorsque c'est le vendeur qui est lésé. L'acheteur ne serait-il jamais lésé ? Et les ventes de biens mobiliers (dont des actions de société ou des parts sociales) peuvent avoir une grande valeur. Or il ne tient compte de la valeur qu'en cas de "vileté" du prix (article 1658), c'est-à-dire d'un prix manifestement sans commune mesure avec la valeur de la chose (exemple cas d'une vente d'un voiture neuve et en bon état pour 50 €).

Il est vrai que la loi ne peut interdire tous les péchés. Donc, on ne peut d'office se demander si une loi sur la valeur des prestations en cas de vente aurait été expédiente. Cela permet tout de même à Microsoft de vendre des produits bien au-dessus de leur prix de revient ou plutôt du prix de revient et de la marge normale du commerçant (moyen par lequel on calcule le juste prix, donc la valeur du produit).

Sous le lien, donné au début on peut lire un texte de saint Thomas confirmant que le contrat de prêt peut donner lieux à intérêts, sauf erreur de ma part, pour compenser le risque de la perte et le non placement de l'argent en utilité.

Selon le site :

"Celui qui accorde un prêt peu sans péché stipuler dans son contrat avec l'emprunteur une compensation à verser pour le dommage qu'il subit en se privant de ce qu'il avait : ce n'est pas là vendre l'usage de l'argent mais éviter un dommage." (Saint Thomas somme théologique II II 78 2)


Ce qui est important, c'est l'absence d'arbitraire et l'équivalence des prestations.

Martyr des chriétiens d'Irak : une vidéo impressionnante

http://www.youtube.com/watch?v=QRhVwfIJjic&feature=share

On peut voir sous ce lien une vidéo sur l'assassinat et le martyr le 31 octobre 2010 d'une partie des chrétiens de Bagdad dans la cathédrale.

Cette vidéo montre les prêtres tels qu'ils étaient il y a encore quelques jours, des personnes pleines de vies prometteuses pour des années et leurs cadavres de jeunes assassinés. Les yeux des cadavres dans les cercueils sont ouverts. Une psalmodie orientale (langue inconnue de moi) accompagne la vidéo. Elle est belle et bien choisie. C'est un long lamento dont le thème semble être religieux. Elle évoque le lamento de la lecture grégorienne de la Passion, après la mort de Jésus.

Le contraste entre la vie de ces personnes d'une grande valeur morale, et leurs assassinats par haine pure et absurde nous ramène au mystère de la folie, au mystère du mal. On sait que le prêtres ont été les premiers assassinés dans la cathédrale syro-catholique de Bagdad lors de la messe dominicale.

Le cardinal Bertone prévoit un changement culturel

Une réunion Rome sous l'égide la "Banque du Vatican", s'est tenue en présence du cardinal Bertone (entre autres intervenants). Le cardinal a fait une déclaration sur la crise économique mondiale actuelle :

« (...) les changements prévisibles de pouvoir économique sous-entendent des changements de pouvoir politique, et (...) un pouvoir économique sous-entend aussi un pouvoir culturel qui doit être diffusé et exporté. Ce processus peut comporter de nouvelles visions de la dignité de l'homme, qui ne seront pas nécessairement meilleures ».


Les droits de l'homme tels qu'ils ont été énoncés (ayant fait l'objet d'une "déclaration" en 1948) seraient en danger, selon le cardinal. Le pouvoir économique pourrait passer des actuels pays occidentaux (+ le Japon) à d'autres. Ce changement s'accompagnerait d'un changement culturel mettant en danger les droits de l'homme. Il semble en effet que "ne seront pas nécessairement meilleures" soit une litote pour dire qu'elles seront plus mauvaises encore.

Un autre intervenant a fait observer que l'expansion économique ne se concevait qu'en cas d'expansion démographique, ce qui est une évidence (sauf que cette nécessité n'est pas absolue et peut se concevoir du fait du progrès scientifique et technique et du progrès moral).

On peut se poser la question quels nouveaux pays étaient visés ? La Chine ? Le Brésil ? Ou les pays musulmans ? D'autres ? La dépêche ne le précise pas.