12.11.08
Nos certitudes
Descartes a voulu partir dans son Discours de la méthode, de la seule certitude que nous donne le sens intime, l'introspection : la certitude de notre propre existence. Ce sens intime ou conscience nous donne non seulement la certitude de notre pensée et donc de notre existence, mais encore de faits qui se passent en nous tels que le désir, l'aversion, le doute etc.
Mais ce n'est pas la seule évidence (qui s'étend déjà on le voit à d'autres choses que la pure pensée). Nous pouvons avoir aussi des certitudes grâce à l'analogie. Ici, l'évidence n'est pas immédiate mais médiate, nous devons passer par ce qui se passe en nous pour en conclure ce qui se passe chez les autres. Par exemple en voyant un être humain et de ses actions, j'en conclus qu'il est comme moi un être intelligent et libre.
"L'analogie est le fondement de la prévoyance, et de ce que l'on appelle l'expérience humaine". C'est parce que je sais que dans telles circonstances données un phénomène suivra après l'apparition du phénomène donné primitivement, que j'en conclus que le phénomène se reproduira toujours. C'est le fondement de la science expérimentale.
Comme on le constate, la science expérimentale, loin de pouvoir être le fondement de nos connaissance est elle-même fondée sur des principes qui lui sont antérieurs et dont on déduit sa valeur.
11.11.08
L'été de la saint Martin
Le 11 novembre, c'est aussi un jour où le froid lâche de son étreinte pour un jour ou plus.
Et aujourd'hui 11 novembre 2008 comme tous les 11 novembre il faut assez doux. Les températures maximales des villes de France ne descendent pas en dessous de 10° C. et montent même jusqu'à 14° à Nantes et 17 ° à Marseille au meilleur de la journée (prévisions).
C'est en souvenir de ce jour de grand froid où saint Martin partagea son manteau avec un pauvre que le Bon Dieu institua l'été de la saint Martin.
Saint Martin serait mort un huit novembre et sa fête est aujourd'hui 11 novembre.
10.11.08
Morale, droit, intentions, mobiles
Théoriquement, dans la loi pénale il s'agit d'enfants de moins de quinze ans ; mais dans la réalité vécue, il s'agit de mamans qui assassinent leurs nouveaux nés.
L'En Dehors s'interroge sur la raison de cette clémence.
"En France, le système juridique est implicitement basé sur la morale de l’intention et non sur celle du résultat, ce qui explique que les homicides accidentels soient, à juste titre, moins punis que les homicides volontaires. De même, on donne des circonstances atténuantes lorsqu’un mobile particulier rend l’assassinat plus excusable. Les assassins sont donc jugés différemment en fonction de leurs mobiles. Dans le cas de Patrick Henry, le mobile était l’intérêt (demande de rançon), d’où la condamnation à perpétuité. Dans les cas d’infanticides par les mères, on pourrait dire que le mobile est au contraire le désintérêt. Mais il est difficile d’admettre que le désintérêt soit une " meilleure " raison de tuer que l’intérêt..."
Ce n'est pas exact, le système est fondé sur la distinction entre intention qui est ce qu'a voulu le coupable et mobiles qui sont ses motifs psychologiques.
Exemple : assassinat, le coupable a voulu tuer. Il a voulu tuer pour épargner des souffrances à la victime, il a voulu tuer pour voler, il a voulu tuer pour qu'elle se taise, pour effacer les traces d'un délit ou d'un crime, il a voulu tuer par plaisanterie, il a voulu tuer sans mobile (Lafcadio de Gide) : ce sont les mobiles qui peuvent être infiniment divers et comme il s'agit des motifs psychologiques, ils sont toujours en réalité inconnaissables sinon par ce que raconte le coupable et par la vraisemblance.
Dans le cas de l'infanticide, l'intention est de tuer l'enfant. Le mobile semble souvent semble être d'échapper à des reproches, à une culpabilité d'avoir un enfant. Une mère qui tue, qui a supporté les gênes et les espoirs de la grossesse sans pouvoir les partager avec le père n'est pas une personne intéressée, ses mobiles ne peuvent être crapuleux (argent, honneur...), sa situation est donc digne de pitié. Du moins c'est ce que nous supputons lorsque nous examinons son cas, mais que se passe-t-il dans sa tète ? Dieu seul le sait, et nous ne pouvons faire que des supposition, probablement elle ne le sait pas elle-même.
Comme il y a quelque chose de la mère dans l'enfant (au moins la moitié du capital génétique, est neuf mois de peines et d'intimité avec un être qui est soi et ne l'est pas), il s'agit d'une sorte de suicide. C'est évidemment très différent de celui qui tue un enfant pour mobiles crapuleux (plaisir sexuel et faire taire, demande de rançon et donc l'argent par exemple).
Il me semble que la meilleure prévention de l'infanticide serait d'insister sur la richesse de la présence d'un enfant sur le fait que le monde est vide, contrairement à ce qui peut sembler à nos citadins qui s'entassent (preuve d'ailleurs que l'être humain aime se trouver avec beaucoup d'être humains) dans un petit espace et à ce que nos moyens de transport ultra rapides nous font croire.
L'infanticide est aussi en une certaine façon de la responsabilité du père, sans doute abandon de la mère ou au moins mauvais communication dans le couple et sans doute idées du père et des grands-parents sur la présence de nombreux enfants. Je ne veux innocenter les mères, mais il est certain que l'infanticide traduit chez la femme un sentiment d'insécurité, de culpabilité de la maternité. La femme a besoin de protection surtout pendant sa grossesse.
9.11.08
Dialogue interreligieux avec l'islam, comprenons les enjeux
Le forum s'est clôt par un communiqué du 6 novembre 2008.
Zenit le publie. Il en extrait dans son commentaire les points positifs :
"L'égalité homme-femme, la liberté religieuse, un système financier éthique, le refus de toute violence ou terrorisme au nom de la religion, ce sont quelques uns des points auxquels souscrivent les membres du premier séminaire catholico-musulman qui s'est achevé aujourd'hui à Rome."
Bien sûr le pape ne demande pas aux musulmans de devenir catholiques. Il en résulte un certain nombre de points de désaccord subsistant. Cela choque nos sensibilités, mais il faut savoir mettre la sensibilité à sa place qui n'est pas la première, elle doit céder devant les exigences de la paix, de la morale.
Ce qui est important, c'est que ce dialogue permet immédiatement une convivance, une morale commune minimum qui fait progresser l'humanité entière.
Merci Saint Père, merci cardinal Tauran et les autres qui ont préparé ce forum et merci aussi aux musulmans qui y ont participé dans un esprit sincère de paix et de convivance. Merci à tous, les choses bougent, enfin !
Concluons par une mise au point au sujet des critiques virulentes des catholiques intégristes :
Les attaques intégristes contre Benoît XVI ne sont pas pertinentes.
Le dialogue interreligieux n'est pas une abdication ou le résultat d'une intimidation.
Il est une affaire de clercs. Benoît XVI l'a dit lui-même le dialogue interreligieux est une affaire de spécialistes. Tout le monde n'est pas spécialiste. C'est pourquoi, il vaudrait mieux comprendre que ce dialogue n'est pas fait pour les catholiques qui n'y sont pas engagés et ne pas critiquer le pape par des critiques impertinentes et alors que ceux qui sont engagés dans ce dialogue le font au péril de leurs vies.
Notre rôle de laïcs est ailleurs : dans la lutte pour le respect des droits de l'homme (non du droitdelhommisme, mais des droits de l'homme), car nous avons un titre à lutter pour le bien commun et donc la justice et la vérité.
8.11.08
La souveraineté française n'est pas abolie par l'Union européenne
Il fait le point sur les relations entre la constitution française (qui comprend la déclaration des droits de l'homme de 1789) et le droit européen..
Il s'agit d'un exposé juridique et historique remarquable :
"1. La France est et demeure un Etat Souverain
L’article 88-1 de la Constitution dispose que les Etats de l’Union européenne ont choisi "d’exercer en commun certaines de leurs compétences".
Qu'est ce que cela signifie ?
Si l'on s'en rapporte à la "décision" à "l'avis" de 10 juin 2004, par le Conseil Constitutionnel. on s'aperçoit que le Conseil tire toutes les conséquences de la réforme constitutionnelle de 1992.
En effet, dans cet "avis" il rappelle que la Constitution française affirme depuis cette date que "la République participe aux Communautés européennes et à l’Union européenne, constituées d’Etats qui ont choisi librement, en vertu des traités qui les ont instituées, d’exercer en commun certaines de leurs compétences" - et donc d’accepter d’abandonner ces prérogatives à l’échelon communautaire.
Autrement dit...Prenant acte d'une décision souveraine - à savoir celle des Français en 1992, par référendum, sur le traité de Maastricht - le Conseil Constitutionnel considère que la France librement (et non de manière imposée) accepte de faire passer le droit européen au dessus du droit national."
Il s'en suit que le droit européen ne contraint nullement le droit français, il ne lui est pas supérieur, ou plutôt, il lui est supérieur par la volonté du peuple qui peut toujours revenir sur sa décision. En votant, nous exerçons toujours une volonté souveraine par rapport au droit européen auquel nous consentons sans être lié autrement par lui.
Si seb me lit, merci de bien vouloir entrer en relation avec moi sur ma boite postale "denis.merlin@yahoo.fr".
7.11.08
Américatho, anxieux des décision de B. Obama
Mon ami G.E. me signale un post d'Américatho, le blog de Amish sur la volonté du nouveau président de faire adopter rapidement le Freedom of choice act.
Il s'agit de se soumettre aux volontés les plus extrémistes des malthusiens. Les femmes seront autorisées à tuer leur bébé, même au dernier trimestre de la grossesse alors que l'enfant peut vivre en dehors de l'utérus.
Ce document prévoit d'interdire aux États de décider eux-mêmes ce qu'il y a lieu de faire en matière de protection des embryons et foetus. Cette loi s'imposera à tous les États américains des USA.
Ce document viole abominablement la liberté de choix du père.
La liberté de choix n'est pas prévue pour l'enfant.
Il n'y a pas de liberté de commettre un crime.
Ce document aboutira à la fermeture de tous les hôpitaux catholiques au moins d'obstétrique et peut-être même tous les hôpitaux catholiques sans exception.
Ce document viole la liberté religieuse qui permet à chacun de vivre selon sa foi.
C'est donc un loi tyrannique qui n'a aucune valeur devant le droit naturel.
Merci à G. E.
L'arbitraire judiciaire français
"le juge n'a pas le devoir de s'expliquer sur les éléments de preuve d'un fait s'il décide de les écarter".
Cela signifie que le juge s'il écarte un dossier, même bien constitué et probant n'a aucune explication à donner. Il peut s'en tirer en disant "notre juridiction ne trouve pas au dossier" même si cela y est.
C'est instituer une tyrannie, car le juge fait ce qu'il veut et l'on se demande alors pourquoi les parties plaident et apportent des preuves ?
Voila encore un des effets du "positivisme juridique". La notion de justice est écartée au profit d'une application mécanique de la loi.
C'est pourquoi la défiance de la population à l'égard des juges est palpable. Les conditions d'un jugement équitable prévues par la Convention européenne des droits de l'homme ne sont plus réunies. Le peuple au nom duquel la décision est rendu, ne peut pas vérifier la loyauté et l'impartialité des juges.
6.11.08
La contradiction interne de la laïcité absolue
Sous le titre "l'oxymore maçonnique", le Salon beige relate la prise de position de la franc-maçonnerie en faveur de la laïcité absolue.
C'est une laïcité qui prétend exclure les religions et particulièrement en France la catholique du débat public moral.
La laïcité absolue et dogmatique est contradictoire dans les termes. Il ne peut y avoir de laïcité que parce qu'il y a des clercs. C'est un peu l'élimination intellectuelle et morale du père spirituel. On ne le veut plus par principe. Les laïcs (laïc = notion catholique) excluent les prêtres.
Au plan spéculatif, la franc-maconnerie veut imposer le très vieil scepticisme qui affirme dogmatiquement qu'il n'y a pas de vérité, ce qui est faux et surtout ridicule. Puisqu'il s'agirait d'un super dogme qui nierait les dogmes.
A quand la séparation de la franc-maçonnerie et de l'Etat ? Et surtout à quand la reconnaissance des religions et en particulier de la religion catholique experte en humanité et religion de la majorité des Français par l'Etat et la démocratie française ?
Afin que son avis soit au moins entendu, et institutionnellement entendu dans tous les débats moraux. Il n'est pas normal que toutes les "hautes" autorités morales que l'on nous impose ne soient pas composées au moins en nombre correct, de clercs pour donner l'avis moral de la religion. C'est de la superstition que de vouloir exclure l'Eglise du débat.
La liberté n'est pas dissociable de la fraternité. C'est pourquoi l'avortement n'est pas une liberté
Mais dans la devise républicaine qui, justement entendue, est une bonne chose, la liberté est indissociable de la fraternité.
Si l'on s'affranchit de la fraternité, on viole la liberté, si l'on absolutise la liberté on viole l'égalité et la fraternité.
L'homme est le père de son propre être par l'usage de la liberté (Compendium de doctrine sociale notamment § 136), mais il ne l'est qu'en un sens limité, puisqu'il reçoit son être (nul n'a demandé à vivre).
Cette limite est la justice. De fait, comme nous ne pouvons penser qu'en image, le mot "limite" évoque chez nous une mutilation de la liberté. Mais l'image est trompeuse, car notre pleine liberté nous n'en jouissons qu'en accomplissant notre vocation de créature. Nous serons pleinement libres lorsque nous respecterons la justice envers les autres et la piété envers Dieu et que donc nous respecterons notre être.
C'est pourquoi la liberté est indissociable de l'égalité et de la fraternité. Il n'y a pas de liberté là où l'on oublie la justice.
Application pratique : il n'y a pas de liberté de l'avortement, car cette pseudo "liberté" viole l'égalité et la fraternité.
5.11.08
La dignité de l'homme réclame le droit à la vérité
Seulement l'article 19 dispose :
"Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit."
Implicitement certes, le "droit à l'information" est un droit à l'information vraie. C'est donc un droit à la vérité qui est affirmé par l'article 19, mais ce droit n'est exprimé qu'implicitement.
Car les droits de l'homme sont fondés sur la capacité de l'homme à atteindre la vérité, mais si on lui ment, il ne pourra atteindre la vérité.
C'est pourquoi, il existe un droit de l'homme qui est antécédent à la liberté d'opinion et la liberté d'expression : c'est le droit à la vérité, c'est le droit que tout discours soit vrai ou au moins sincère.