31.1.07

Réflexion sur un reportage sur la franc-maçonnerie

Le Salon Beige attire l’attention sur une séquence de télévision.

http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/2007/01/francmaonnerie_.html#comments

Le blog Vox Galliae permet de voir un reportage de francecinq sur la franc-maçonnerie.

Ici :

http://voxgalliae.blogspot.com/2007/01/jack-lang-invite-dans-une-loge-la-video.html

Dans ce reportage, il ne s’agit pas de la franc-maçonnerie en général mais d’une obédience : le Grand Orient. L’ensemble de la franc-maçonnerie n’est évoquée que vers la fin à l’occasion d’un congrès réunissant les neuf obédiences principales.

Selon les francs-maçons eux-mêmes, la franc-maçonnerie est un mouvement unique divisé en différentes obédiences, chaque obédience étant divisée en loges, convent, conseil de l’ordre le tout dirigé par un grand maître. Les liens entre les obédiences ne sont pas évoqués pourtant ils existent nécessairement puisque les différentes obédiences peuvent mettre sur pied un congrès les réunissant toutes.

Il est donc probable, et même certain, que certaines obédiences sont ouvertes aux catholiques traditionalistes, hostiles à la culture de mort, même si le Grand Orient, ici pratiquement le seul évoqué, ne semble pas favorable à ces opinions, et encore n’est-il pas absolument certain que les opinions en question soient un obstacle à l’initiation, même au G. O.

Les principes maçonniques qui animent le mouvement sont évoquées dans la première partie. Je vais essayer de me tenir à ce que j’ai vu et entendu.

L'idéologie maçonnique, c'est la liberté absolue de conscience, la tolérance universelle, le respect des autres et de soi-même en vue de l’amélioration de l’homme et de la société. (première partie, exposé du vénérable)

1) Il est contradictoire d'affirmer la liberté absolue de conscience en prônant en même temps le respect des autres et de soi-même. La liberté n’est plus absolue ou le respect n’est pas obligatoire.

2) Il est évidemment mensonger de prétendre qu'il existe une attitude obligatoire et seule moralement admise, sans que cette obligation morale soit rattachée à une vérité spéculative.

Dans la tenue de la réunion : on peut tout dire (liberté absolue), mais il faut que votre intervention tienne compte (soit un enrichissement) de l'intervention du "frère" qui vous a précédé, ici encore liberté... surveillée, liberté absolue qui n'est pas absolue, donc la « liberté absolue » est un mensonge.

Ces contradictions, malgré la "tolérance absolue" prétendument de mise, les adeptes ne peuvent les mettre en cause (sous peine d’éviction pour désaccord avec les principes).

Ces contradictions dénotent une idée directrice secrète. Elle le reste secrète, même à l'égard des "frères" qui se sont pourtant engagés (merci pour eux).

Celui qui s’engage dans la Franc-maçonnerie n’est plus libre, il doit respecter les autres frères (mais pas les autres humains…) et lui-même. Mais qui est juge du respect ? Une autorité qu’il n’aura pas choisie et qu’il ne connaît même pas et dont il ne connaît pas les critères.

Les FM sont des hommes et comme tous les hommes, ils vont certainement tenter de résoudre ces contradictions, mais ils ne nous informent pas de la façon dont ils résoudront cette contradiction… Secret, mystère, le vulgum pecus n’a pas droit à savoir.

Toutefois on peut constater, en réfléchissant au reportage, que la liberté absolue de conscience et la tolérance absolue ne sont évidemment absolues et qu’il s’agit d’une imposture.

30.1.07

L'Histoire de l'Humanité vue comme poème.

Cet extrait s'insère au début de ce résumé, Bonaventure vient d'examiner la largeur de l'Ecriture. Il va ensuite en examiner la longueur.

Citation:
2. La Longueur de l'Ecriture Sainte

1. La sainte Ecriture Sainte possède aussi une Longueur consistant dans la description des temps et des âges, depuis l’origine du monde jusqu’au jour du jugement. Elle décrit en effet le cours du monde en trois temps : Celui de la loi de nature, celui de la loi écrite et celui de la loi de grâce dans ces trois temps, l'Ecriture Sainte distingue sept âges. Le premier va d’Adam à Noé, le deuxième de Noé à Abraham, le troisième d’Abraham à David, le quatrième de David jusqu’à l’exil de Babylone, le cinquième de l’exil au Christ, le sixième du Christ à la fin du monde, le septième court en même temps que le sixième et va du repos du Christ dans le sépulcre à la résurrection universelle. Alors commencera le huitième âge, celui de la résurrection.

Ainsi, l’Ecriture Sainte est d’une grande longueur, car son exposé commence à l’origine du monde et du temps, au début de la Genèse, et se termine à la fin du monde et du temps, à la fin de l’Apocalypse.

A juste titre, le temps universel qui s’écoule sous les trois lois, la loi donnée intérieurement, la loi donnée extérieurement et la loi inspirée d’en-haut parcourt les sept âges et se consomme à la fin du sixième, pour qu’ainsi le déroulement du monde corresponde à son origine, que le déroulement du macrocosme corresponde au déroulement de la vie du microcosme, c’est-à-dire de l’homme pour lequel il a été créé.

Le premier âge du monde durant lequel eut lieu sa formation, la chute des démons et la confirmation des anges correspond, en effet, au premier jour où fut créée la lumière et où la lumière fut séparée des ténèbres Le deuxième âge durant lequel, par l’eau et le déluge, les bons furent sauvés et les méchants anéantis, correspond au deuxième jour où, par le firmament, les eaux furent séparées d’avec les eaux. Le troisième âge, durant lequel Abraham fut appelé et la synagogue commença, qui devait porter du fruit en engendrant une progéniture pour le culte de Dieu, correspond au troisième jour où apparut la terre et où elle produisit la verdure. Le quatrième âge durant lequel fleurit la royauté et le sacerdoce, car le roi David rehaussa le culte divin, correspond au quatrième jour où furent créés les luminaires et les étoiles. Le cinquième âge durant lequel les exilés furent ballottés et tourmentés au milieu de nombreux peuples correspond au cinquième jour où les eaux grouillèrent de poissons. Le sixième âge durant lequel le Christ est né sous les traits de l’homme, lui qui est vrai ment l’image de Dieu, correspond au sixième jour où fut créé le premier homme. Le septième âge qui est le repos sans fin des âmes correspond au septième jour où Dieu se reposa après tout l’ouvrage qu’il avait fait.

Ces sept âges se distinguent ainsi par les choses remarquables qui y furent faites en leur début, en raison desquelles ils correspondent aux jours de la création du monde. Le premier âge est appelé petite enfance car, comme toute l’enfance sombre dans l’oubli, ainsi ce premier âge a été enseveli par le déluge. Le deuxième, c’est l’enfance car, comme dans la jeunesse, nous commençons à parler, ainsi, dans ce second âge, eut lieu la distinction des langues. Le troisième âge, c’est l’adolescence car, de même qu’alors la force génératrice commence à agir, ainsi Abraham fut appelé et la circoncision lui fut proposée et la promesse d’une postérité lui fut donnée. Le quatrième âge, c’est la jeunesse car, comme dans la jeunesse s’épanouit l’homme, ainsi au quatrième âge la synagogue fleurit sous les rois. Le cinquième âge, c’est la vieillesse car, comme dans la maturité les forces diminuent et la beauté se dégrade, ainsi en fut-il du sacerdoce des juifs durant l’exil. Le sixième âge, c’est la sénilité, car de même que la sénilité est liée à la mort et possède cependant une grande lumière de sagesse, ainsi le sixième âge du monde se termine avec le jour du jugement et dans son déroulement fleurit la sagesse par la doctrine dû Christ.

Ainsi donc, tout ce monde est décrit par l’Ecriture Sainte dans un déroulement ordonné s’écoulant depuis le début jusqu’à la fin, à la manière d’un magnifique poème bien réglé où l’on peut contempler dans le déroulement du temps la variété, la multiplicité et l’équité, l’ordre, la rectitude et la beauté des nombreux jugements divins procédant de la sagesse de Dieu qui gouverne le monde Comme personne ne peut voir la beauté d’un poème que si son regard se porte sur l’ensemble, ainsi personne ne voit la beauté de l’ordre et du gouvernement de l’univers s’il ne le contemple dans sa totalité. Or, personne ne vit assez longtemps pour que ses yeux de chair en perçoivent le cours total et personne ne peut par soi-même prévoir l’avenir. L’Esprit Saint y pourvoit en nous donnant le livre de l'Ecriture Sainte dont la longueur se mesure au déroulement du gouvernement de l’univers.


Breviloquium Résumé de la Foi Catholique par St Bonaventure traduction de Arnaud Dumouch 2004, téléchargeable ici

http://docteurangelique.free.fr/

Ce texte c'est que l'on pourrait appeler le résumé de la théologie de l'Histoire.

Je pense qu'il doit y avoir une erreur de traduction, lorsque Monsieur Dumouch parle de "sénilité", il doit vouloir signifier "sénescence".

Cet âge est donc marqué par l'affaiblissement des forces et de la beauté, mais acquiert, par compensation, la sagesse.

En effet la sénilité est une maladie, la sénescence est le cours normal de la vieillesse. La vieillesse est parfois l'occasion d'une grande sagesse, d'une grande sérénité et donc d'une grande sagesse.

Vous noterez, chers amis, le lien étroit de l'humanité avec le peuple juif, dans ce texte du Moyen-age, le professeur de St Thomas calque l'histoire du peuple juif sur celle de l'humanité depuis Abraham jusqu'à Jésus-Christ.

Vous y trouvez aussi la notion de progrès, il est bien évident que lorsqu'on atteint le grand âge, si vous me permettez de filer la métaphore, soit on gâtise, on radote de vieilles histoires du temps de la jeunesse, soit on devient très sage, très philosophe.

Dans tout cela, ne perdons pas de vue le but que se propose l'Ecriture :

Citation:


1. Dans une telle multiplicité de sagesse qui est contenue dans la Largeur, la Longueur, la Hauteur et la Profondeur de l'Ecriture Sainte, il n’est qu’un seul mode de procéder, à savoir un mode authentique dans lequel sont contenus la narration, le précepte, la défense, l’exhortation, la prédication, la menace, la promesse, la prière et la louange. Tous ces modes reposent, à juste titre, sur un seul mode authentique.

Car le but de cette doctrine est de nous rendre bons et de nous sauver.


ibidem

L
e premier âge tombe dans l'oubli, comme le premier âge de l'humanité qui est aussi enveloppé de mystères. Comme notre âge à nous êtres humains individuel, nous ne nous souvenons pas de nos premières années...

29.1.07

HUMOUR NOIR DES FIGURES DE RHETORIQUE. Ames sensibles féminines s’abstenir.


Les figures de rhétoriques ne sont plus enseignées, ou alors dans ces cours spécialisés de troisième cycle universitaire. Dommage ; j’ai trouvé ce texte qui donne un exemple de chaque figure de rhétorique, au moins des plus courantes.

L'auteur, Marmontel, voulait prouver que le peuple use naturellement de figures. Il imagine un homme du peuple en colère contre sa femme. Entre parenthèse figure le nom de la figure. Il manque cependant l’image ou comparaison ou métaphore qui est pourtant la plus répandue des figures tant et si bien qu'aujourd'hui encore on ne s'en passe ni ne s'en lasse.

Je laisse la parole à Marmontel :

« Si je dis oui, elle dit non, nuit et jour elle gronde (antithèse). Jamais, non jamais de repos avec elle (répétition). C’est une furie, un démon (hyperbole). Mais, malheureuse, dis-moi donc (apostrophe), que t’ai-je fait (interrogation) ! O ciel quel fut ma folie en t’épousant (exclamation) ! Que ne me suis-je plutôt noyé (optation) ! Je ne te reproche ni ce que tu me coûtes, ni les peines que je me donne pour y suffire (prétermission). Mais je t’en prie, je t’en conjure, laisse-moi travailler en paix (obsécration), ou que je meure si… Tremble de me pousser à bout (imprécation et réticence). Elle pleure ! Ah ! Ah ! la bonne âme ! Vous allez voir que c’est moi qui ai tort (ironie). Eh bien, je suppose que cela soit. Oui, je suis trop vif, trop sensible (concession). J’ai souhaité cent fois que tu fusses laide. J’ai maudit, j’ai détesté ces yeux perfides, cette mine trompeuse qui m’avait affolé. (astéisme). Mais dis-moi si par la douceur il ne vaudrait pas mieux me ramener (communication) ? Nos enfants, nos amis, nos voisins, tout le monde nous voit faire mauvais ménage (énumération). Ils entendent tes cris, tes plaintes, les injures dont tu m’accables (accumulation). Ils t’ont vue, les yeux égarés, le visage en feu, la tête échevelée, me poursuivre, me menacer (description). Ils en parlent avec frayeur ; la voisine arrive, on le lui raconte ; le passant écoute et va le répéter (hypotypose). Ils croiront que je suis un méchant, un brutal, que je te laisse manquer de tout que je te bats, que je t’assomme (gradation). Mais non, ils savent bien que je t’aime, que j’ai bon cœur, que je désire te voir tranquille et contente (correction). Va, le monde n’est pas injuste : le tort reste à celui qui l’a (sentence). Hélas, ta pauvre mère m’avait tant promis que tu lui ressemblerais. Que dirait elle ? car elle voit ce qui se passe. Oui, j’espère qu’elle m’écoute, et je l’entends qui te reproche de me rendre si malheureux. Ah ! mon pauvre gendre, dirait-elle, tu méritais un meilleur sort (prosopopée). » Marmontel Eléments de Littérature t. II p. 187 cité par abbé Vincent Théorie de la Composition Littéraire de Gigord éditeur 1916

Ce texte est un peu pénible… et humoristique, c’est de l’humour grinçant. Je prie mes lectrices de me le pardonner.

Allez pour vous consoler, je vous donne le pourquoi de la voie lactée dans le ciel étoilé. Elle est composée d’un nombre infini d’étoiles. Les anciens avaient imaginé qu’il s’agissait de la giclée de lait de la nourrice d’un dieu. Le bébé ayant refusé le sein, le lait s’était répandu dans le ciel et avait donné la voie lactée. Le bébé (selon wikipedia) serait Héraklès et la déesse Héra. Héra était la déesse de la féminité, du mariage, de la protection de la femme, de la fécondité et des femmes en couches. C’est une image (figure de rhétorique) de voir du lait dans des myriades d’étoiles... Une image utilisée par les astronomes encore aujourd'hui.

28.1.07

Selon Benoît XVI,le progrès moral de l'humanité exige la laïcité et non le laïcisme.

Laïcité ou laïcisme ?

Le Salon Beige reprend une nouvelle concernant nos cousins et amis du Québec.

http://lesalonbeige.blogs.com/

Leur premier ministre a demandé le retrait du crucifix qui orne le Parlement de la Province. Je n’ai évidemment pas à m’immiscer dans cette affaire québéquoise.

Cependant je saisis l’occasion pour reprendre ce qu’a dit Benoît XVI sujet de laïcité, laïcisme, progrès intellectuel :

Le 9 décembre 2006 Benoït XVI a pris position sur les signes religieux dans la vie laïque :

"Au contraire, la religion, étant également organisée en structures visibles, comme cela a lieu pour l'Eglise, doit être reconnue comme présence communautaire publique. Cela comporte en outre qu'à chaque confession religieuse (à condition qu'elle ne soit pas opposée à l'ordre moral et qu'elle ne soit pas dangereuse pour l'ordre public), soit garanti le libre exercice des activités de culte - spirituelles, culturelles, éducatives et caritatives - de la communauté des croyants. »

C’est le rappel de la déclaration Dignitatis Humanae de Vatican II. Il est normal que la religion soit visible publiquement.

« A la lumière de ces considérations, l'hostilité à toute forme d'importance politique et culturelle accordée à la religion, et à la présence, en particulier, de tout symbole religieux dans les institutions publiques, n'est certainement pas une expression de la laïcité, mais de sa dégénérescence en laïcisme. » ibidem

http://www.vatican.va/holy_father/benedict_xvi/speeches/2006/december/documents/hf_ben_xvi_spe_20061209_giuristi-cattolici_fr.html

Bien mieux, la religion peut être visible dans les institutions publiques, même laïques. Les symboles religieux ont donc leurs places dans les institutions publiques. Vouloir les interdire est une expression de l’idéologie laïciste. Cette idéologie veut reléguer la religion dans la sphère privée. Elle veut de même interdire tout signe religieux public.

La religion a donc son mot à dire aussi dans le domaine politique et culturel. Non pas, naturellement pour dicter leur politique aux dirigeants, ni leurs œuvres aux artistes mais pour « donner un contenu à la liberté ».

Le Christ-Roi n’est pas la dictée d’une politique, mais au contraire fait régner une saine liberté. Il protège cette liberté.

L’encyclique de Pie XI sur le Christ-Roi, Quas Primas du 11 décembre 1925, de sont côté enseigne que le Christ-Roi n'est pas contraire à une saine liberté :

"Si les hommes venaient à reconnaître l'autorité royale du Christ dans leur vie privée et dans leur vie publique, des bienfaits incroyables - une juste liberté, l'ordre et la tranquillité, la concorde et la paix -- se répandraient infailliblement sur la société tout entière."

Benoît XVI dans l'avion qui le conduisait en Turquie

« Nous, Européens, devons repenser notre raison laïque, laïciste (…) [et la Turquie doit] réfléchir avec nous sur la façon de reconstruire (…) ce lien (…) entre raison ouverte, tolérante, qui a comme élément fondamental la liberté, et les valeurs qui confèrent son contenu à la liberté. »

Entretien avec les journalistes et cameraman dans l'avion qui l'emmenait à Istamboul le 28 novembre 2006. (Site du Vatican)

Il est donc fondamental pour la laïcité de reconnaître la liberté non seulement des individus, mais encore des sociétés et des cultures. Benoît XVI poursuit en effet (discours sur la laïcité)

L’autonomie de la sphère laïque est une « exigence [...] pleinement légitime : non seulement elle est revendiquée par les hommes de notre temps, mais elle correspond à la volonté du Créateur. C'est en vertu de la création même que toutes choses sont établies selon leur consistance, leur vérité et leur excellence propres, avec leur ordonnance et leurs lois spécifiques. »

« Toutes choses » désigne donc aussi les sociétés et les cultures.

« Ce n'est donc pas l'Eglise qui peut indiquer quelle organisation politique ou sociale il faut préférer, mais c'est le peuple qui doit décider librement des façons les meilleures et les plus adaptées d'organiser la vie politique. Toute intervention directe de l'Eglise dans ce domaine serait une ingérence indue. »

Le Christ-Roi, c'est aussi la liberté et son contenu, car la vérité et la loi morale rendent libre.

Le pape finit en remarquant que le concept de laïcité n’est pas définitivement élaboré :

« Il est alors du devoir de tous les croyants, en particulier les croyants dans le Christ, de contribuer à élaborer un concept de laïcité ». Ce concept doit naturellement rester conforme aux principes exposés.

« Il s'agit de montrer que sans Dieu, l'homme est perdu et que l'exclusion de la religion de la vie sociale, en particulier la marginalisation du christianisme, mine les bases mêmes de la coexistence humaine. Avant d'être d'ordre social et politique, ces bases sont en effet d'ordre moral. » Retour donc au Christ-Roi qui est la base même des sociétés humaines.

Il me semble que l’identité des sociétés et peuples européens peut s’appuyer sur cette légitime autonomie de la laïcité, sans perdre de vue les exigences morales de l’Evangile qui sont d’ailleurs consubstantielles à la culture européenne.

A ce propos, il est vain de s’accrocher à des conceptions surannées, celles notamment qui ont pris corps au XIXème siècle et se sont développées au XXème, et cela en raison des progrès accomplis en matière de droit et de culture notamment : « Chers juristes, nous vivons une période historique exaltante en raison des progrès que l'humanité a accomplis dans de nombreux domaines du droit, de la culture, de la communication, de la science et de la technologie. » conclut le pape.

Je sais que le pape pense, à juste titre, que les Lumières ont été un progrès, un développement du message évangélique.

25.1.07

Le cas de Monsieur Vanneste vu à la lueur des principes protégeant les droits de l'homme

Le droit à la liberté d’expression est un principe qui découle de la dignité de la personne humaine. Réflexion sur la condamnation de Monsieur Vanneste du 25 janvier 2007.

Monsieur Vanneste vient d’être condamné pour la deuxième fois pour injure. La décision n’est pas définitive puisqu’elle peut faire l’objet d’un recours en cassation.

Deux principes, dans toute société normalement constituée, président dans ces matière d’expression 1) la liberté d’expression est le principe, l’exception c’est la limitation dans le cadre de l’abus de cette liberté 2) la présomption d’innocence, l’exception, c'est la condamnation.

« La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l'Homme : tout Citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l'abus de cette liberté dans les cas déterminés par la Loi. » dispose de son côté l’article 11 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme de 1789

Et même, ce principe de droit et les événements de la deuxième guerre mondiale ont incité la République à aller plus loin (préambule de la Constitution de 1946) :

"4. Tout homme persécuté en raison de son action en faveur de la liberté a droit d'asile sur les territoires de la République." La République Française garantit la liberté d’expression non seulement aux Français, mais encore à tout homme à qui elle offre un droit d’asile sur son territoire, s’il est persécuté en raison de son action en faveur de la liberté.

C’est dire si en France la liberté d’expression est un principe très précieux.

La limitation de la liberté d’expression, ne peut être que de trois ordres : 1) l’incitation à commettre des actes répréhensibles, 2) la diffamation et 3) l’injure.

La gardienne de la liberté d’expression, c’est l’autorité judiciaire. L’article 66 alinéa 2 de la Constitution dispose : "L'autorité judiciaire, gardienne de la liberté individuelle, assure le respect de ce principe dans les conditions prévues par la loi."

La liberté individuelle est donc un principe constitutionnel dont la garde est confiée à l’autorité judiciaire.

Cependant l’injure publique a toujours été réprimée, même avant 2004. Si je dis « Monsieur X est un salaud » je commets une injure. Si je dis « tous les Penzaquois sont des ordures », c’est encore une injure qui s’applique à une catégorie de personnes humaines.

La loi du 30 décembre 2004 a ajouté à la loi du 29 juillet 1881 notamment ce texte sur lequel Monsieur Vanneste semble avoir été condamné.

« Sera punie des peines prévues à l'alinéa précédent l'injure commise dans les mêmes conditions envers une personne ou un groupe de personnes à raison de leur sexe, de leur orientation sexuelle ou de leur handicap. » Loi du 30 décembre 2004 modifiant la loi du 29 juillet 1881.

L’injure est un « terme de mépris que ne renferme l’imputation d’aucun fait ». la définition n’a pas changé en 2004.

Les juges ont l’obligation de respecter et de faire respecter le principe de la liberté d’expression et de n’appliquer les exceptions que restrictivement, surtout en matière pénale. « Exceptio est strictissimae interpretationis » « L’exception sont d’interprétation très restrictives. »

Puisqu’en matière pénale aussi s’applique ce deuxième principe Art. 9. de la Déclaration du 26 août 1789 :

« Tout homme [est] présumé innocent jusqu'à ce qu'il ait été déclaré coupable (…) »

Il me paraît évident que la loi de 2004 ne fait qu’aggraver les peines de l’injure sans avoir changé la définition de celle-ci. La définition de l’injure reste la même.

Il ne faut pas confondre l’injure avec tout jugement de valeur.

Si je dis que l’œuf de lump est inférieur au caviar, il ne me semble pas que j’insulte les marchands d’œufs de lumps.

En revanche si je dis que manger de l’œuf de lump est mauvais pour la santé de l’humanité et que si tout le monde mange de l’œuf de lump, ce sera l’extinction de la race humaine à brève échéance, ce ne sera plus une injure mais une diffamation de la filière de production et de distribution d’œufs de lumps, car il est bien évident que l’œuf de lump est inoffensif pour la santé. Je n’aurais aucun moyen de démontrer le contraire, j’aurais diffamé – quod Deus advertat – la filière des producteurs d’œufs de lumps.

Nous verrons comment se terminera cette affaire, Monsieur Vanneste ayant déclaré qu’il se pourvoyait en cassation, il n’est pas condamné définitivement. On peut considérer qu’il est toujours présumé innocent.

24.1.07

G. Bush défend la vie. La dignité de la personne humaine, fondement du droit à la vie

Par vocation mon blog n'entre pas dans la politique politicienne. Je sais que la politique étrangère du Président Bush est contestée. Mon propos n'est ni d'approuver ni de désapprouver cette politique puisque je m'en tiens au culturel et au juridique, dans la mesure de mes moyens.

Le Salon Beige rapporte les propos du président Bush en faveur de la "march for life" qui s'est tenue au Etats Unis. Il a pris la peine de s'exprimer par téléphone en faveur des manifestants.

On peut lire ses propos en anglais ici :

http://www.whitehouse.gov/news/releases/2007/01/20070122.html

"It is important for all Americans to remember that our Declaration of Independence states that every person has the right to life, liberty, and the pursuit of happiness. (Applause.) It also states that these rights come from our Creator, and that governments are formed to secure these rights for all their citizens. And we believe every human life has value, and we pray for the day when every child is welcome in life and protected into law. (Applause.)"

"Il est important que chaque Américains se souvienne que notre Déclaration d'Indépendance dispose que chaque personne a droit à la vie, à la liberté, et à la recherche du bonheur(applaudissements). Elle dispose également que ces droits viennent de notre Créateur, et que les gouvernements sont institués pour assurer ces droits à tous leurs citoyens. Et nous croyons que chaque vie humaine a une valeur, et nous prions pour qu'advienne le jour où chaque enfant sera reçu dans la vie et protégé par la loi. (applaudissements)."

Le Président Bush entend manifester publiquement son soutien à la "marche pour la vie" américaine qui s'est tenue le 22 janvier.

"Une cause qui trouve sa source dans la dignité humaine, et qui fait appel aux meilleurs instincts de nos concitoyens, ne peut pas échouer." A-t-il également déclaré dans son discours par téléphone de Camp David.

http://lesalonbeige.blogs.com/

Cela est à rapprocher de ce que disait Léon XIII au sujet du devoir des chrétiens :

"47 - Honneur à ceux qui, provoqués au combat, descendent dans l'arène avec la ferme persuasion que la force de l'injustice aura un terme, et qu'elle sera un jour vaincue par la sainteté du droit et de la religion !"

Sapientiae Christianae

Consultable ici

http://www.vatican.va/holy_father/leo_xiii/encyclicals/documents/hf_l-xiii_enc_10011890_sapientiae-christianae_fr.html

La sainteté du droit est fondé sur la dignité de la personne humaine :

"Parce que le Christ est mort pour tous les hommes, parce que tout homme est appelé à devenir enfant de Dieu, toute personne humaine est revêtu d'une dignité immense, et les droits ou moyens que requiert cette dignité sont bien au-dessus de toutes les valeurs terrestres."

Naz "Traité de Droit Canonique" T. 1 p. 11, 1954.

Certains pensent que Vatican II est absolument nouveau dans l'Eglise, ce texte qui est de plus dix ans antérieur à la déclaration Dignitatis Humanae, démontre l'inverse.

La déclaration Dignitatis Humanae du Concile Vatican II du 7 décembre 1965 n'a rien innové, les textes de Jean-Paul II relatifs à cette question de la sainteté du droit et à la dignité de la personne humaine prennent aussi leurs sources dans la tradition de l'Eglise.

Dignitatis Humanae a seulement précisé et souligné des principes parfois oubliés.

Je compte y revenir.

23.1.07

Impossible communautarisme catholique.


Le Salon Beige rend compte d’un article de « Permanences » intitulé « Cathos, vers la dissidence ? ». Cet article fait l’éloge d’une « contre société » ou « micro-société » catholique, il parle de « reconquête » et de « puissance sociale ».

Je pense que cette vision de la vie sociale manque de la distinction entre société publique et vie privé. D’autre part il manque de confiance en le message évangélique qui est destiné à TOUS.

Le message de l’Eglise est universel. Il s’adresse à tout homme. Il s’ensuit que la profession de foi catholique n’est en rien une garantie de faire partie des meilleurs êtres humains ou d’avoir une mission.

La foi catholique est la seule doctrine dont ses adeptes sont nécessairement moralement en dessous de la doctrine qu’ils professent. Tous les chrétiens et même tout le monde est indigne d’être chrétien. Par exemple un marxiste qui ne voit dans l’être humain qu’un peu de matière organisée, sera tous les jours de sa vie infiniment au-dessus de sa doctrine. Un chrétien qui doit aimer, qui doit s’aimer comme Jésus-Christ nous a aimé sera tous les jours de sa vie nécessairement en-dessous de la doctrine qu’il professe.

Il s’ensuit que tout repli sur soi, toute société qui croirait être « plus » catholique ou « meilleur » catholique que d’autres ou même moralement « meilleurs » que d’autres parties de l’humanité, sous prétexte de profession de foi, même commune, serait contraire à la doctrine de Jésus-Christ. Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus signait « Religieuse Carmélite Indigne », ce n’est pas pour la forme qu’elle signait ainsi, mais bien parce qu’elle se jugeait indigne d’être carmélite, de même sommes nous tous indignes d’être chrétiens.

Le message du Christ n’exclut personne, absolument personne. Voilà une deuxième raison pour laquelle, il ne peut y avoir ni dissidence, ni communautarisme catholique.

La charité de Christ s’adresse à tous, c’est pourquoi, si tel est notre talent, nous pouvons et nous devons nous occuper de la chose publique. Il ne peut donc y avoir d’émigration de l’intérieur.

Madame Boutin a dit récemment qu’elle ne pouvait participer à la « Marche pour la Vie » parce que, entre autres choses, des femmes qui défilaient avaient avorté ! Quelle erreur consternante (1) ! Ce n’est pas la « pureté » supposée qui est un titre à faire le bien, c’est l’amour ici est maintenant que l’on pour soi et pour les autres. Elle a dit aussi par une erreur symétrique qu’elle n’y participait pas parce que les gens qui promouvaient cette manifestation se croyaient « purs ». Ce n’est pas ce que pensent les gens d’eux-mêmes (qui peut pénétrer dans le for intérieur ?) qui peut les disqualifier, mais l’objet de leur manifestation. Ce deuxième argument est aussi consternant que le premier.

De même, ce n’est pas l’orthodoxie sans tache mais le mandat de la hiérarchie ou du pape pour enseigner qui donne un titre.

Il ne peut y avoir de « micro-chrétienté », de « contre société » catholique. Un catholique participe à la vie commune, il y participe sans se penser meilleur, sans croire qu’il va « enseigner », il respecte tous les autres quels qu’ils soient et quelles que soient leurs croyances ou leurs incroyances.

La question de la famille, des activités privées, de l’école, les groupes de loisirs etc. est évidemment une autre question. Sinon, il faudrait considérer que toute vie privée est dissidente. On choisit ses amis, son conjoint, on assume ses parents et ses enfants et on se détend, on se cultive avec qui l’on veut, (2) cela est évidemment une autre question, mais pour autant on ne va pas se séparer par principe de la vie publique, ce qui serait une désertion.

(1) Je pense que Madame Boutin a dit cela « dans le feu de l’interview » sans bien mesurer les implications de ses arguments.

(2) Bien sûr ces activités privées auront des répercutions publiques, puisque la formation morale se fait dans la famille, mais cela est une autre question.

22.1.07

Essai sur la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme de 1948

L’homme est-il toujours en acte doué de raison et de conscience ?

La réponse est évidemment non, si l’homme est un animal raisonnable, il n’est pas toujours doté de raison. En cas de sommeil, d’ivresse, il n’est pas doué de raison.

Il n’est pas doué de raison non plus s’il est trop jeune, ou, parfois, trop vieux. Il n’est pas doué de raison s’il est dans le ventre de sa mère, il ne jouit pas de sa raison non plus lorsqu’il est dément etc.

L’article premier de la déclaration Universelle des Droits de l’Homme du 10 décembre 1948 dispose :

« Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité. »,

D’une part, il serait plus conforme aux droits de l’homme de dire « Tous les êtres humains sont libres et égaux en dignité et en droits » plutôt que « naissent ». En effet, dès avant la naissance l’embryon et le fœtus sont des êtres humains.

De plus,

Cet article est inquiétant sous un certain autre aspect, puisqu’il semble dénier le statut d’être humain à toute personne qui ne serait pas actuellement, en acte « douée de raison et de conscience »

Or l’être humain peut n’être que virtuellement ou « en puissance » doué de raison et de conscience. Il suffit qu’il soit en substance un être humain pour être sujet de droits.

La privation de la raison et de la conscience chez un être humain ne l’empêche pas de rester substantiellement un être humain, c’est-à-dire apte à raisonner et apte à être doté de conscience.

Il me semblerait plus conforme aux données de l’expérience que l’être humain soit défini « il est capable de raison et de conscience » ou « il est actuellement ou potentiellement doté de raison », ou selon la définition de la personne humaine par Boèce : «il est un individu doué d'une nature raisonnable ».

La définition de la déclaration de 1948 semble faire appel à la philosophie idéaliste, selon laquelle l’homme n’est homme que s’il est un être actuellement doté de raison : si « je pense donc je suis » est la seule évidence indémontrable, si je ne pense pas actuellement, je ne suis pas un homme.

Cette définition de l’homme me semble permettre, tolérer introduire l’avortement, l’euthanasie, certaines formes d’eugénisme.

Cela ne veut nullement dire qu'elle serait condamnable dans l'ensemble, elle est au contraire très utile, mais elle devrait être révisée sur certains points et notamment sur sa définition de l'article 1er.

21.1.07

21 janvier 1793, mort de Louis XVI

21 janvier 1793 mort de Louis XVI

Louis XVI est présenté par l’ensemble des historiens comme un homme sans caractère, indécis et plus préoccupé par la serrurerie que par la politique.

Pourtant est l’un des principaux artisans de l’indépendance des États Unis. On l’oublie.

Il signe un traité d’alliance avec Franklin en 1778. Il aida les « insurgents » par des fonds, puis par l’envoie d’une troupe de cinq mille cinq cents hommes en 1880.

Implicitement, il approuve la déclaration du 4 juillet 1776, du moins soutient-il ses partisans. Il amènera l’Angleterre à signer le traité de Versailles du 3 septembre 1783, la forçant à reconnaître l’indépendance des États Unis.

http://www.memo.fr/article.asp?ID=MOD_AME_000

Ces faits historiques qui ont marqué l’histoire du monde sont la gloire de Louis XVI. Curieusement, ils sont ignorés des Français, ou sont attribués à La Fayette (qui n’était qu’un exécutant). Sans doute parce qu’un si grand homme a été assassiné quelques années plus tard par ceux dont il était une des gloires.

C’est sous son règne que fut promulguée en août 1789 la « Déclaration des Droits de l’Homme » certes perfectible, mais inspirée de la déclaration américaine de 1776.

Monsieur et Madame de Coursac

http://roilouis16.free.fr/

ont entrepris de réhabiliter Louis XVI. Reconnaissons que l’image de Louis XVI, lourdaud, balourd, indécis ne cadre pas du tout avec l’épisode de l’indépendance américaine.

20.1.07

Sainteté du droit positif.

Sainteté du droit positif.

L’idée que le droit naturel, surtout le droit naturel primaire prime le droit positif humain est actuellement beaucoup invoquée.

Le droit naturel primaire, c’est notamment le droit qui commande « tu ne tueras pas » (cinquième commandement donné à Moïse) Ce droit naturel primaire ne peut jamais être enfreint.

En revanche le droit naturel secondaire comme par exemple « tu ne voleras pas », n’est pas absolu, il peut être enfreint dans des cas extrêmes : on peut, sans faute, dérober de la nourriture si l’on est en danger de mort.

On peut aussi, sans faute, ne pas rendre une arme dont on pense qu’elle est destinée à un assassinat.

Le commandement qui protège la propriété est un principe de droit naturel secondaire, il est subordonné au droit naturel primaire (droit à la vie).

L’obligation de respecter les contrats découlent des commandements qui défendent de mentir et de voler.

Pourtant lorsqu’on entre dans les détails, tout devient plus douteux. Le vendeur est obligé de payer le prix, mais si la chose livrée présente un défaut important ou un défaut léger mais inapparent ? Peut-il réduire unilatéralement le prix ? Peut-il rendre la chose et exiger la restitution du prix, s’il a payé ? Et si l’un des contractant est vulnérable ?

Il est bien évident que le droit naturel s’il donne le principe de respect de la parole donné et de ne pas faire de tort au prochain, ne donne pas de réponse détaillée sur les questions qui peuvent être controversées, si bien que les législations, sans violer le droit naturel peuvent donner des solutions différentes.

Par un effet de contraste trompeur, on va considérer que le droit positif civil n’est pas obligatoire en conscience. On finit pas considérer qu’ils n’ont aucun caractère contraignant.

C’est une erreur, du fait de la nature sociale de l’homme, le droit positif humain dans tout ce qui concerne notamment les contrats est obligatoire en conscience : si vous voulez savoir vos droits et vos devoirs, lisez le Code Civil.

Naturellement, si le droit positif s’oppose au droit naturel primaire notamment en autorisant l’avortement par exemple, il n’a plus force de loi, encore moins s’il rend obligatoire l’avortement.

Il ne faut pas en conclure pour autant que le droit positif est toujours sans force pour la conscience, sous peine de devenir un asocial.

C’est une application particulière de ce qu’enseigne Léon XIII dans Diuturnum Illud :

Consultable ici : http://www.vatican.va/holy_father/leo_xiii/encyclicals/documents/hf_l-xiii_enc_29061881_diuturnum_fr.html

« C’est l’enseignement formel que l’apôtre saint Paul adressait spécialement aux Romains, lorsque, les instruisant sur le respect dû aux princes, il écrivait ces graves paroles dont l’autorité et l’importance ne sauraient être dépassées : "Que tout homme vivant soit soumis aux puissances souveraines ; car il n’y a de pouvoir que celui qui vient de Dieu, et les autorités qui existent tiennent de Dieu leur institution. C’est pourquoi celui qui résiste au pouvoir résiste à l’institution divine. Et ceux qui résistent de la sorte attirent sur eux-mêmes la condamnation... Soyez donc soumis, cela est nécessaire, non seulement parce que le châtiment vous menace, mais parce que la conscience l’exige ."12 Et le prince des Apôtres, saint Pierre, confirme cette leçon dans ce célèbre passage : "Soyez soumis à toute créature humaine à cause de Dieu : au roi parce qu’il est le premier en dignité ; aux autres chefs, parce que Dieu les a envoyés pour le châtiment des méchants et l’honneur des bons ; telle est, en effet, la volonté de Dieu ."

Il n’existe qu’une seule raison valable de refuser l’obéissance ; c’est le cas d’un précepte manifestement contraire au droit naturel ou divin, car là où il s’agirait d’enfreindre soit la loi naturelle, soit la volonté de Dieu, le commandement et l’exécution seraient également criminels. Si donc on se trouvait réduit à cette alternative de violer ou les ordres de Dieu ou ceux des gouvernants, il faudrait suivre le précepte de Jésus-Christ qui veut "qu’on rende à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu "14, et, à l’exemple des Apôtres, on devrait répondre : "Il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes."15 Et il ne serait pas juste d’accuser ceux qui agissent ainsi, de méconnaître le devoir de la soumission ; car les princes dont la volonté est en opposition avec la volonté et les lois de Dieu, dépassent en cela les limites de leur pouvoir et renversent l’ordre de la justice ; dès lors, leur autorité perd sa force, car où il n’y a plus de justice, il n’y a plus d’autorité. »

Notez bien : « un précepte », c’est spécial à ce précepte, les autres préceptes restent donc obligatoires.