10.7.14

Nuançons nos appréciations sur la Révolution française

Monsieur Philippe Pichot-Bravard publie un livre intitulé La Révolution française.

Voici la présentation de ce livre sur Amazon:

« L'auteur réussit la prouesse de synthétiser la révolution française en moins de 300 pages. C'est une analyse brillante, documentée, tenant compte des recherches historiques les plus récentes, pour comprendre les grands enjeux de cet événement.
L'auteur montre notamment que la Révolution n'a pas cherché à libérer l'homme d'une certaine oppression, mais de bâtir un homme nouveau, coupé de son histoire et ses racines.
Comme c'est dans cette optique que vit la politique actuelle, il est d'autant plus important de savoir d'où viennent ces idées politiques. »


Contrairement à l'affirmation de Clémenceau, la Révolution française n’est pas un bloc. La lutte contre l’absolutisme qui ressemblait à une dictature arbitraire est un aspect valable de la Révolution. Des abus étaient fréquents sous l’Ancien Régime (esclavage, servage, peines excessives, arbitraire), même s’il est faux de présenter l’Ancien Régime comme une barbarie.

Rousseau fut certes un idéologue dangereux qui inspira de nombreux révolutionnaires. Mais ce ne fut pas le seul inspirateur des révolutionnaires.

Le mérite de ce livre semble de refuser les hoax souvent marxistes.

Cependant, il n’est pas bon d’exprimer de la haine pour les Français de cette époque. La piété exige une vision objective et impartiale .

Certes, il y eut des folies, mais on ne doit pas s’obséder sur elles. Ne passons pas d’un excès dans l’autre, ne serait-ce que parce qu'il existe une certaine continuité entre l’Ancien Régime et la République.

Voir mes posts sur Louis XIV père de la Révolution, ou sur Rousseau (inspirateur de Robespierre).


Deux poids deux mesures

Lu sur le Salon beige:

« Ce matin [9 juillet], Thomas Fabius a forcé un barrage de police et grillé un feu au volant de son Audi cabriolet. La brigade anticriminalité ainsi que des gardiens de la paix en tenue l'ont alors pris en chasse. Ils l'ont interpellé. »

Un citoyen ordinaire ne pourrait faire cela sans être mis en garde à vue et présenté à un juge.

La France n'est donc pas un État de droit.

Un ordre public ferme et valable pour tous doit être établi en France. C'est l'ordre nouveau que je revendique.

9.7.14

Complotiste ou complotologue ?

Trouvé sur Benoît-et-moi ce nouveau mot: complotologue. Il fut utilisé pour la première fois en italien.

Un complotiste serait un homme hanté par l'idée que les événements historiques seraient en totalité ou en grande partie le fruit de complots ou d'un grand complot sioniste.

Un complotologue serait plutôt un individu se vouant à l'étude des complots, du phénomène complotiste, des mouvements et individus complotistes.

Ce nouveau mot est une trouvaille qu'il faut marquer.  Peut-être le mot a-t-il un avenir.

8.7.14

Catastrophe de Brétigny: aucune preuve définitive



Voici ce qu'écrit Le Figaro sur son site:

« La catastrophe ferroviaire du 12 juillet 2013 dernier à Brétigny-sur-Orge (Essonne), qui avait fait sept morts et une trentaine de blessés, est définitivement due à un problème d'entretien. C'est ce que dévoilent les rapports d'expertise ferroviaire et métallurgique que s'est procurés Le Figaro et que le procureur de la République d'Évry doit rendre publics lundi. »

Or voici ce que l'on peut lire du rapport dans la vidéo:

« Devant l'état de délabrement jamais vu par ailleurs, nous nous sommes intéressés de près aux conditions dans lesquelles celui-ci avait été entretenu (…) ». 

Les experts (près la cour d'appel de Douai) affirment qu'ils n'ont jamais constaté, eux, un tel « délabrement ».  Ces experts extérieurs à la région parisienne n'affirment rien absolument, mais ils affirment relativement à leur expérience. « jamais vu par ailleurs », c'est que, eux, n'ont rien vu de semblable. Non « jamais vu » tout court qui affirmerait qu'il ne s'est jamais vu un tel état.

Ensuite, les experts n'affirment pas, du moins dans ce qui est révélé du rapport, que cet état a pour cause une faute de négligence. On peut imaginer un état de délabrement qui aurait pour cause un ou des actes volontaires, éventuellement des actes extérieurs à l'entreprise.

Donc la cause de l'état de « délabrement » n'est pas connue, du moins n'est pas révélée par les médias.

Selon les déclarations de monsieur Gomes (vidéo), il reste que l'éclisse manquait. Cette absence d'éclisse semble être la cause déterminante de la catastrophe. Sur ce point, cause déterminante de la catastrophe, nous n'avons aucun élément.

Les médias ont présenté ce rapport comme la preuve définitive que la catastrophe n'avait pas pour cause un acte de malveillance et que les voies étaient mal entretenues. Il n'en est évidemment rien et cela parce que nous n'avons qu'une connaissance très partielle du rapport et pour des raisons extrinsèques au rapport.

7.7.14

Anniversaire de la fin de la liberté de célébrer la messe selon le missel de Jean XXIII

Avant le motu proprio Summorum pontificum du 7/7/7 tout prêtre catholique pouvait célébrer la messe selon le missel de saint Jean XXIII, ou de saint Pie V (certains missels pouvant être tombés en désuétude). D'ailleurs de nombreux curés de paroisses ne se privaient pas de célébrer avec un missel sociologiquement interdit.

Depuis ce motu proprio, qui a constaté l'impossibilité d' « abolir » l'autorisation d'usage d'un missel édité par un pape, cette « autorisation » serait soumise à des conditions. À mon avis l'interdiction édictée par ce motu proprio est inopérante. Il n'empêche qu'elle est apparemment en vigueur.

C'est ce que « fêtent » les partisans de l'usage libre du missel de Jean XXIII. Ils fêtent la limitation illicite de leur liberté. Il fêtent le piétinement de leurs droits.

4.7.14

Louis XV, positiviste juridique ?

Dans mon post d'hier, je mettais en lumière la violence arbitraire de Philippe IV le bel contre les Templiers. Cette violence fut aussi le prodrome de l'attentat d'Anagni, attentat contre la liberté religieuse des catholiques.

Aujourd'hui examinons le discours de Louis XV dans la séance du 3 mars 1766 dite par les historiens modernes "séance de la Flagellation" (habituelle légende noire: la Flagellation c'est la Passion, les catholiques se flagellent. Bref, passons...)

Voici quelques points condamnés par Louis XV pris dans la doctrine des parlements:

« que les parlements coopèrent avec la puissance souveraine dans l’établissement des lois ;
qu’ils peuvent quelquefois par leur seul effort s’affranchir d’une loi enregistrée, et la regarder à juste titre comme non existante ;
qu’ils doivent opposer une barrière insurmontable, aux décisions qu’ils attribuent à l’autorité arbitraire et qu’ils appellent des actes illégaux, ainsi qu’aux ordres qu’ils prétendent surpris, »

Ce que condamne ainsi Louis XV est la doctrine du droit naturel. Il se fait le champion de l'arbitraire positiviste. Comme son grand-père Louis XIV (voir mon post sur la question), il est le représentant de la nation (et non le représentant de Dieu comme on le répète mensongèrement), or la Nation est souveraine. Les juges doivent donc appliquer la loi quelle qu'elle soit.

Les historiens du droit contemporains répètent qu'un adage d'Ancien régime prétendait que "Le roi ne peut mal faire". Manifestement, ce n'était pas l'opinion des parlements. Mais les "historiens" n'en vont pas moins répétant que ces abrutis de Français d'Ancien Régime étaient unanimes pour répéter : "le roi ne peut mal faire".

On nous dit encore que les parlements n'étaient pas de vrais amis de la liberté, qu'ils étaient des amis apparents des "philosophes", mais en réalité des gens attachés à leurs privilèges (« analyse » marxiste). On constate à la lecture de la critique de Louis XV qu'il n'en est rien. Ils avaient une doctrine saine, et le roi était vicieux. Dans cette perspective curieuse les républicains apparaissent comme plus respectueux de l'ordre naturel que les soi-disant "rois très chrétiens".

3.7.14

Pour un certain clergé, le concile Vatican II a condamné l'Église et les papes

Lu sur le blog de monsieur Daoudal (qui prétend s'être rapproché de la foi à la lecture de René Guénon) le rappel d'un communiqué du 25 octobre 2006 publié par certains évêques lors de la préparation de la motu proprio Summorum pontificum.

« Estimant que la liturgie est l’expression de la théologie de l’Église, les évêques redoutent que la généralisation de l’usage du Missel romain de 1962 ne relativise les orientations du concile Vatican II. Une telle décision risquerait aussi de mettre à mal l’unité entre les prêtres, autant qu’entre les fidèles. »

Si les orientations théologiques de Vatican II peuvent être relativisées (c'est-à-dire rendues facultatives) par l'usage du missel de saint Pie V, alors Vatican II a définitivement condamné théologiquement le missel de saint Pie V et sa théologie. L'usage de ce missel ne peut plus être, à la rigueur, que toléré pour un temps et pour certains.

En vertu de quels droits naturels ces orientations théologiques nouvelles, qui, selon eux, seraient contenues dans la doctrine de Vatican II, peuvent-elles être rendues obligatoires, malgré la liberté religieuse et de conscience et la liberté culturelle (sur la liberté culturelle voir Gaudium et spes, chapitre II, 53.2) dont jouit tout fidèle ? Notre groupe d'évêques ne s'explique pas sur ce point fondamental. Les droits de l'homme sont universels et l'on ne peut priver quiconque de ces droits, même sous prétexte de théologie.

Selon moi, les auteurs du communiqué avaient l'excuse de n'avoir 1) pas compris la portée de la liberté religieuse qui condamne les prétentions du clergé à imposer des « orientations » théologiques facultatives. D'autre part, ils 2) abordaient le droit liturgique en des termes inadéquats (Le droit liturgique ne peut condamner que des erreurs).

Lumière sur l'affaire des Templiers


En 2007 le Vatican publia les actes du procès des Templiers, le procès religieux donc.

Voici un extrait de la dépêche de Zenit concernant l'édition des actes du procès:

« Le motif principal de l’édition consiste à éclaircir les circonstances qui ont mené le pape Clément V à laver les Templiers du soupçon d’hérésie.
Le pape a suspendu l’Ordre des Templiers sans le dissoudre, et il réintégra ses hauts-dignitaires et tout l’Ordre dans la communion et les sacrements de l’Eglise.
On sait que le procès s’est déroulé dans un climat de tensions politiques entre le pape et le roi de France, Philippe le Bel, engagé dans une dispendieuse guerre contre l’Angleterre.
Pour s’emparer des biens des Templiers, le roi avait mis en œuvre une stratégie de discrédit qui aboutit à l’accusation d’hérésie. Recourant à la torture, le roi réussit à obtenir des confessions sur des rites initiatiques qui auraient été pratiqués dans l’Ordre.
Avec l’enquête de Poitiers, le pape condamna fermement toutes les pratiques et usages méprisables qui avaient pu être introduite dans l’ordre, mais il démonta les accusations des avocats du roi. Les Templiers furent absous. »
Cette publication restera confidentielle (800 exemplaires dont un destiné à Benoît XVI).

Le Vatican sous l'autorité de Benoît XVI n'a donc pas réhabilité l'ordre du Temple (comme s'il s'était élevé contre son prédécesseur Clément V), mais a publié des documents historiques irréfutables qui établissent que le pape Clément V n'avait pas condamné les Templiers. Il avait seulement relevé la réalité des « pratiques et usages méprisables qui avaient pu se produire dans l'ordre ».

On peut penser que le pape dénonçait les pratiques homosexuelles et de bizutage occasionnels.

Reste à savoir d'où vient cet hoax selon lequel le pape Clément V avait condamné les Templiers ?

2.7.14

De l'admiration à la déception






L'affirmation selon laquelle madame Thépaut avait publié une "tribune" contre monsieur Sarkozy est démentie avec véhémence par le site du journal Le Monde. Pour être plus précis, ll semble qu'elle s'est félicitée de l'échec de monsieur Sarkozy en se plaignant de la politique menée durant le quinquennat Sarkozy.

On ne peut être juge est partie. Un juge qui a donné son avis (défavorable) sur une personne ne peut former une juridiction impartiale lorsque cette personne est en cause.

Un syndicat de magistrats qui milite contre une partie des citoyens n'est pas formé de magistrats impartiaux.

La France n'est pas un État de droit, car la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales n'est pas respectée:

« 1. Toute personne a droit à ce que sa cause soit entendue équitablement, publiquement et dans un délai raisonnable, par un tribunal indépendant et impartial, établi par la loi, qui décidera, soit des contestations sur ses droits et obligations de caractère civil, soit du bien-fondé de toute accusation en matière pénale dirigée contre elle. (…) »

Je m'extasiais hier sur le courage des juges et des policiers. Aujourd'hui je juge la mise en examen de monsieur Sarkozy (pour lequel je n'ai aucune sympathie particulière) comme une sorte de caricature d'application d'un ordre juridique ferme, impartial et valable pour tous. Une caricature hideuse et dérisoire, mais en accord avec le préambule de la Constitution et l'ordre public international.

1.7.14

Nous luttons pour notre idéal

Selon le site du Figaro (via le Salon beige), l'ancien chef de l'État, monsieur Nicolas Sarkozy et monsieur Gilbert Azibert, un des premiers avocats généraux près la cour de cassation, ainsi que l'avocat de monsieur Sarkozy, maître Herzog,  ainsi qu'un autre haut magistrat dans le nom est gardé secret, sont placés en garde à vue.

Le motif de la garde à vue serait: "trafic d'influence". Il semble, selon des articles publiés il y a quelques mois, que monsieur Sarkozy a tenté d'obtenir des "renseignements" sur une affaire pendante devant la Cour de cassation le concernant en promettant à  monsieur Azibert un poste juteux.

Je critique suffisamment la magistrature pour ne pas saluer ici le courage de certains magistrats français. Sauf qu'un règlement de comptes entre monsieur Hollande et ses amis d'un côté et monsieur Sarkozy et ses amis de l'autre ne soit pas à exclure... ce qui serait une explication moins glorieuse de l'incompréhensible courage des policiers et des magistrats...

Il reste que le fait que deux des plus hauts magistrats de France sont en garde à vue, laisse songeur...

À la demande de Jean XXIII nous luttons pour notre idéal: un ordre public impartial, ferme et valable pour tous. Cette affaire en est une image, une parabole éducative.