9.12.06

Les esséniens secte mystique de l'Antiquité tardive

Les Esséniens.

Ami lecteur, j’aime bien l’histoire, cette maîtresse de vie. Il y a quelques années on avait dit que Jésus était un essénien.

Parmi les sources concernant cette époque et la Palestine, figure Flavius Josèphe. Comme un site met en ligne les textes de cet écrivain antique, je suis allé le consulter sur les esséniens. Voici ce que j’ai trouvé. Josèphe a écrit une dizaine de pages sur cette secte fascinante.

Aux dire de Flavius Josèphe (La Guerre des Juifs) trois groupes religieux composaient le paysage religieux au 1er siècle étaient – le sadducéens – la pharisiens – le esséniens

Les esséniens ne sont pas mentionnés par les évangiles.

La plupart restaient célibataires. Certains cependant se mariaient, Josèphe les décrit ainsi :

13. Il existe encore une autre classe d'Esséniens, qui s'accordent avec les autres pour le régime, les coutumes et les lois, mais qui s'en séparent sur la question du mariage. Ils pensent que renoncer au mariage c'est vraiment retrancher la partie de la vie la plus importante, à savoir la propagation de l'espèce ; chose d'autant plus grave que le genre humain disparaîtrait en très peu de temps si tous adoptaient cette opinion. Ils prennent donc leurs femmes à l'essai, et après que trois époques successives ont montré leur aptitude à concevoir, ils les épousent définitivement. Dès qu'elles sont enceintes, ils n'ont pas commerce avec elles, montrant ainsi qu'ils se marient non pour le plaisir, mais pour procréer des enfants. Les femmes usent d'ablutions en s'enveloppant de linges comme les hommes d'une ceinture. »

http://remacle.org/bloodwolf/historiens/Flajose/guerre2.htm

Cette secte très mystique et austère pratiquait une morale rigoureuse. Ils avaient horreur de la fraude et du mensonge. Si bien qu’ils s’interdisaient les serments, comme le fera plus tard Jésus. Ils considéraient que mêler Dieu à une affirmation, allait contre ce qui était dit par la personne. Si elle invoquait Dieu à un moment, c’est qu’autrement elle admettait pouvoir mentir. Le raisonnement est excessif, mais montre le scrupule.

Les Esséniens vivaient en communauté où rien n’était possédé en propre.

Le repas de la communauté n’était composé que d’un plat et d’un pain. Le Président du repas disait une prière avant et après chaque repas. Ils se consacraient au travail, à l’étude et à la prière assidûment.

Très enthousiaste Josèphe fait un parallèle entre les croyances des Esséniens et celle des Grecs :

« 11. En effet, c'est une croyance bien affermie chez eux que le corps est corruptible et la matière qui le compose inconsistante, mais que l'âme est immortelle et impérissable, qu'elle habitait l'éther le plus subtil, qu'attirée dans le corps comme dans une prison, elle s'unit à lui par une sorte de charme naturel, que cette âme une fois détachée des liens de la chair, débarrassée pour ainsi dire d'un long esclavage, prend son vol joyeux vers les hauteurs. D'accord avec les fils des Grecs, ils prétendent qu'aux âmes pures seules est réservé un séjour au delà de l'Océan, un lieu que n’importunent ni les pluies, ni les neiges, ni les chaleurs excessives, mais que le doux zéphyr, soufflant de l'Océan, vient toujours rafraîchir ; les âmes impures, au contraire, ils les relèguent dans un abîme ténébreux et agité par les tempêtes, foisonnant d'éternelles souffrances. C'est dans la même pensée, ce me semble, que les Grecs consacrent à leurs vaillants, à ceux qu'ils appellent héros et demi-dieux, les îles des bienheureux, aux âmes des méchants, l'Hadès, la région de l'impiété, ou, d'après leurs légendes, les Sisyphe, les Tantale, les Ixion et les Tityos sont au supplice : croyance où l'on retrouve d'abord l'idée de l'immortalité des âmes, ensuite la préoccupation d'exhorter à la vertu et de détourner du vice car les bons, pendant la vie, deviendront meilleurs par l'espérance des honneurs qu'ils obtiendront après leur mort, et les méchants mettront un frein à leurs passions dans la crainte que, même s'ils échappent de leur vivant au châtiment, ils ne subissent, après leur dissolution, un châtiment éternel. Tels sont les enseignements religieux des Esséniens, appât irrésistible pour ceux qui ont une fois goûté à leur sagesse. »

On a dit que Jésus était un essénien, ce n’est pas vraisemblable puisque ses parents (au sens large) ne semblent pas avoir vécu en communauté et qu’ils possédaient de l’argent. D’autre part, Jésus et les apôtres avaient de l’argent commun (géré par Judas qui « piquait dans la caisse ») et aussi de l’argent personnel.

En revanche les moines actuels sans être les descendants spirituels directs des Esséniens, ont un type de vie qui ressemble à celui de cette « secte » (sans la connotation péjorative que cela a pris).

3 commentaires:

spqr a dit…

Il existe une thèse selon laquelle Jesus aurait été un moine essénien. Ce n'est pas incompatible avec ce que vous écrivez, fort intéressant, ces moines n'étaient pas cloîtrés et allaient à l'extérieur. Jesus aurait été un enfant élevés par les esséniens.

Denis Merlin a dit…

Cher SPQR,

Oui, il existe une parentée, entre les moines actuels (essentiellement les bénédictins) et les Esséniens.

Les Esséniens avaient toutefois des pratiques vraiment bizarres, mais c'est sans doute dû à ces temps reculés.

I

Denis Merlin a dit…

Cher SPQR,

Oui, il existe une parentée, entre les moines actuels (essentiellement les bénédictins) et les Esséniens.

Les Esséniens avaient toutefois des pratiques vraiment bizarres, mais c'est sans doute dû à ces temps reculés.

Il existe aussi une parentée entre la doctrine de Jésus et certaines idées esséniennes. En déduire que Jésus était un moine essennien, me paraît aller vite en besogne. La ressemblance, la parentée peut s'expliquer par le fait que Jésus et le Esséniens alimentaient leurs esprits aux mêmes sources : la doctrine juive.

Dans les Evangiles, il paraît que certaines paroles comme "qui prend l'épée périra par l'épée" (sentence de droit pénal) ou "au riche on donnera et il sera dans l'abondance et au pauvre on retirera le peu qu'il a" sont des proverbes juifs.

La parentée intellectuelle s'expliquerait par cela, par la culture commune à Jésus et aux Esséniens.

Les Esséniens avaient des pratiques superstitieuses concernant leur déjections, et les eaux de leurs toilettes. Ce qui nous paraît, aujourd'hui, ridicule. Alors que Jésus insiste pour dire que ce qui compte c'est l'intérieur de l'homme et pas l'extérieur.