2.3.11

Toute la loi et la loi pour les cœurs simples

"75. Or ce commandement paraît se rattacher à l'amour du prochain, mais non également à l'amour de Dieu: le Seigneur nous disant ailleurs qu'il ya deux commandements auxquels se rattachent toute la loi et les prophètes. » En effet si l'on eût dit: tout ce que vous voulez qu'on vous fasse, faites-le vous-mêmes, les deux commandements se fussent trouvés renfermés en une seule formule, puisqu'on se serait empressé de dire que chacun désirant être aimé de Dieu et des hommes, et l'ordre étant donné de faire ce qu'on désire se voir fait à soi-même, on est obligé d'aimer Dieu et le prochain. Mais comme le Seigneur dit expressément: « Ainsi tout ce que vous voulez que les hommes vous fassent, faites-le-leur aussi, » il semble que cela signifie simplement : « Vous aimerez votre prochain comme vous-même. » Toutefois il faut bien remarquer ce que le Christ (313) ajoute ici : « Car c'est la loi et les prophètes ; » tandis qu'en parlant des deux commandements il n'a pas dit simplement: à eux se rattachent la loi et les prophètes, mais : « Toute la loi et les prophètes (1), » c'est-à-dire toutes les prophéties. Et comme il n'emploie pas ici cette expression, « toute, » il réserve évidemment la place de l'autre commandement, du commandement de l'amour de Dieu. Pour le moment il s'agit de ce qui regarde ceux qui ont le coeur simple; et comme il est à craindre que l'on n'ait un coeur double à l'égard de ceux à qui le cœur peut être caché, c'est-à-dire à l'égard des hom mes, voilà pourquoi il a fallu donner ce commandement. Car il n'est à peu près personne qui veuille avoir à faire à un cœur double. Or il ne peut se faire qu'un homme accorde quelque chose à un homme avec un coeur simple, s'il n'exclut pas toute vue de profit temporel et n'agit pas avec cette intention désintéressée que nous avons assez longtemps expliquée plus haut, quand nous parlions de l'oeil simple."

Tiré du site jeusmarie :


Il résulte de ce texte de saint Augustin que la première formulation "la loi et les prophètes" et non "toute la loi et les prophètes" que cette formulation est faite pour les cœurs simples. Car sinon, ceux qui ont en vue de se faire aimer des hommes ont besoin qu'on leur dise les deux commandements afin de montrer que l'amour des hommes doit être totalement désintéressé.

La première formulation est complète comme d'ailleurs l'établit le commentateur de Fillion, la deuxième est intervenue afin d'empêcher toute interprétation intéressée. C'est la thèse de saint Augustin.

Mais j'ai d'ailleurs dit ailleurs que les droits de Dieu et les droits des hommes n'étaient pas contradictoires, mais formaient un tout bien exprimé dans la première formule faite pour les cœurs simples, qui selon saint Augustin se développe afin d'éviter toute interprétation intéressée dans la deuxième formule décomposant le précepte en deux parties.

Meneau me traite de falsificateur, mon post en défense




Meneau n'hésite pas à m'accuser de "falsification" parce que j'ai écrit :

“Mt 7,12. Ainsi, tout ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le vous-mêmes pour eux; car c'est là la loi et les prophètes.”

C'est dans saint Mathieu. Le résumé de toute la loi et des prophètes est dans cette phrase : "tout ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous."

Voici le commentaire du courageux Meneau (pseudonyme) :

Et le voici lui-même pris en flagrant délit de falsification.

“Mt 7,12. Ainsi, tout ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le vous-mêmes pour eux; car c'est là la loi et les prophètes.”


C'est dans saint Mathieu. Le résumé de toute la loi et des prophètes est dans cette phrase : "tout ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous."


Justement non. Saint Matthieu ne dit pas "TOUTE" la loi et les prophètes. Il dit que c'est là la loi et les prophètes, i.e. que cela est conforme à la loi et aux prophètes, voire demandés par ceux-ci.


Meneau ajoute au texte un élément qui n'est pas dans saint Mathieu :

"que cela est conforme à la loi et aux prophètes, voire demandés par ceux-ci.".
Or il n'y a pas écrit cela il y a écrit "c'est la Loi et les Prophètes" et pas que c'est demandé par eux ou que c'est conforme, non il y a écrit, "c'est la Loi et les Prophètes". C'est une définition qui, à ce titre, contient toute la notion. La définition autrement dit la substance, Meneau veut y voir un accident de la loi, mais c'est contre la lettre du texte.

Moi j'ai rajouté que c'était un résumé de "toute" la Loi et les Prophètes. C'est mon interprétation du texte et une interprétation légitime parce que la définition désigne tout ce que comprend la notion.

D'ailleurs je n'ai rien inventé sur ce point puisque c'est en substance ce que j'ai lu dans le commentaire de la Bible Fillion accessible sur le site jesusmarie.

"C'est-à-dire tel est le sommet de tout ce qu'enseigne l'Ancien Testament dont la Loi et les Prophètes formaient la partie principale. (...) en effet cette ligne renferme "in nuce" tous les divins préceptes."

Le même commentateur énonce ensuite que l'on retrouve la même formule dans le Talmud (mais sous forme négative) et que d'ailleurs cette vérité n'est pas à proprement parler de foi, mais peut se découvrir par la raison, j'ajoute qu'elle est donc commune à l'humanité entière.

Bref, laissons cela, examinons l'imputation de "falsification". Pour pouvoir m'accuser de "falsification", il faudrait que j'aie falsifié le texte de l'Évangile. Or je l'ai seulement interprété sans laisser croire au lecteur que le "tout" était dans l'Évangile et je l'ai interprété en cohérence avec des auteurs bien plus autorisés que moi. Parce qu'il me semble évident que le texte de l'Évangile de saint Mathieu énonce que la Loi et les Prophètes sont inscrits au dedans de nous. En ce sens ce résumé contient "tout", mais il le contient comme résumé, bien évidemment.

Oui, ce résumé est inscrit au dedans de nous, il est la source de la théologie morale jugeant les actes de l'individu, du droit naturel, des dix commandements et des droits universels de l'homme édictés pas la raison universelle de l'homme et du droit positif.

Condamnation de la liberté religieuse ?

La Fraternité sacerdotale saint Pie X publie sur son site une série de citations des papes censées condamner la "liberté religieuse" et la "liberté de conscience". N'ayant pu trouver le texte original probablement en latin, je n'ai pu contrôler la traduction.

Voici la première citation :

Pie VI. Lettre Quod aliquantulum, du 10 mars 1791, aux évêques français de l’Assemblée Nationale.
" L’effet nécessaire de la Constitution décrétée par l’assemblée est d’anéantir la religion catholique et, avec elle, l’obéissance due aux rois. C’est dans cette vue qu’on établit, comme un droit de l’homme en société, cette liberté absolue qui non seulement assure le droit de n’être pas’ inquiété sur ses opinions religieuses, mais qui accorde encore cette licence de penser, de dire, d’écrire et même de faire imprimer impunément en matière de religion tout ce que peut suggérer l’imagination la plus déréglée ; droit monstrueux qui paraît cependant résulter à l’assemblée de l’égalité et de la liberté naturelles à tous les hommes. Mais que pouvait-il y avoir de plus insensé que d’établir parmi les hommes cette égalité et cette liberté effrénée qui semble étouffer la raison, le don le plus précieux que la nature ait fait à l’homme et le seul qui le distingue des animaux ? "2.


La première phrase semble être la conclusion du texte précédent dont nous ne savons rien. Donc cette première phrase n'a aucun intérêt pour la lecture de la suite.

La deuxième phrase parle de "liberté absolue". Or la liberté religieuse défini par Dignitatis humanae n'est pas absolue. Cela n'a rien à voir avec la liberté telle qu'elle est entendue par les révolutionnaires.

Troisième phrase : Ce ne sont pas non plus l'égalité et la liberté qui sont condamnées, mais ces notions affranchies de la raison. Pie VI insiste aussi sur le fait que la raison est le don "le plus précieux" que la nature ait fait à l'homme. Il n'exclut nullement les notions d'égalité et de liberté du champ de la raison.

Donc ce texte cité par la FSSPX ne condamne en rien la liberté religieuse, ni la liberté de conscience justement entendues.

1.3.11

L"Évangile confirme les droits de l'homme



Réponse à Meneau :

“Mt 7,12. Ainsi, tout ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le vous-mêmes pour eux; car c'est là la loi et les prophètes.”

C'est dans saint Mathieu. Le résumé de toute la loi et des prophètes est dans cette phrase : "tout ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous."

Le principe, le fondement de toute la loi se trouve en nous-mêmes.

Le droit à la famille défendu par l'article 16 de la Déclaration universelle défend le droit à une famille et par conséquent la liberté de l'individu de fonder une famille, et le droit à faire partie d'une famille.

Si, bien sûr, il n'existe pas un "droit" personnel à adhérer à un mensonge connu comme tel, ni même à une erreur connue comme telle, il existe un droit à la liberté d'opinion et d'expression (choix, immunité, capacité d'action). En société, je dois respecter l'opinion d'autrui et autrui doit respecter mon opinion et ne pas mettre obstacle à la diffusion de mon opinion. D'ailleurs militer contre cela, c'est militer contre ses propres droits à s'exprimer.

Mais attention, cela ne veut pas dire que n'importe quelle opinion, même religieuse, devienne licite. L'article 30 de la Déclaration édicte qu'aucun droit de l'homme ne peut être invoqué pour violer un autre droit de l'homme. (Il n'existe pas conséquent pas d'opinion licite qui consisterait en un appel à l'homicide, même si cette opinion se réclame d'une religion).

Je précise d'ailleurs que bien que catholique, je ne prétends pas avoir une lecture "catholique" des droits de l'homme (c'est le pape qui l'a), mais une lecture rationnelle.

En marge de tout cet échange, je signale à Meneau que j'ai posté sur la traduction falsifiée imputée à PEB, lequel semble en définitive n'avoir fait qu'un copier-coller de wikipédia.

Morale, droit objectif, droits subjectifs réponse à "Meneau"

"Meneau" reproche à mon post sur "Droits de Dieu contre droits de l'homme" de distinguer, puis de mélanger.

Les idéalistes distinguent pour ne jamais mélanger. Les réalistes savent que la chose peut être vue sous différents angles, mais que ce sera la même chose. Ils distinguent intellectuellement les modes d'approche de la chose.

En l'occurrence, j'ai voulu dire, connaissant parfaitement la distinction entre droit objectif (ensemble de règles) et droit subjectif (possibilité d'une personne d'exiger justement d'une autre personne ou de plusieurs personnes) qu'il était possible d'approcher la règle de morale individuelle et la règle de droit dont elle découle soit objectivement, soit subjectivement. Le droit et la morale étant liés, le droit naturel prend sa source dans la morale individuelle (ne fais pas aux autres ce que tu ne voudrais pas qu'ils te fassent).

Donc lorsque Moïse exprime le droit naturel sous forme de commandements, il s'adresse avant tout à la conscience de chacun. Mais cette règle morale est le fondement du droit, ensemble de règles sociales, droit objectif.

Dans le droit objectif, qui est l'objet de l'étude du législateur et du juge, il est plus pratique d'exposer ces dix commandements non plus sous la forme d'un catalogue de devoirs (qui concernent les débiteurs), mais sous la forme d'un catalogue de droits (qui concernent les créanciers). Le droit objectif met toujours en relation (au moins) un débiteur et (au moins) un créancier.

C'est pourquoi il est vain d'opposer droits et devoirs qui sont, pour ce qui est du droit objectif nécessairement en présence ensemble dans tout lien de droit exprimé par le droit objectif.

Ainsi, si j'ai le droit de vivre, c'est parce que les autres ont le devoir de ne pas me tuer. Si les autres ont le droit de vivre, c'est parce que j'ai le devoir de ne pas tuer. Tour à tour, je suis créancier ou débiteur de droits subjectifs fondés sur le droit objectif qui établit des règles valables pour tous. Ces règles font des débiteurs et des créanciers sans acception de personnes.

Il n'y a aucune contradiction dans ce que j'écris. Mais après avoir distingué dans l'esprit, j'unis dans la chose.

Dieu a promulgué dans la conscience de chacun un catalogue de droits et de devoirs (ce sont les mêmes choses, vues sous deux angles différents) et c'est pourquoi, il est vain, voire fallacieux d'opposer droits de l'homme et droits de Dieu. Dieu, source de tous les droits, et qui a Seul le droit de vie et de mort, a conféré des droits à tout homme et ils sont promulgués dans la conscience de chacun, celui qui viole les droits de l'homme viole donc les droits de Dieu. Les droits de l'homme sont fondés en Dieu.

Les magistrats jugent leurs collègues dans une affaire de "dysfonctionnement"




http://www.francesoir.fr/actualite/faits-divers/l%E2%80%99etat-assigne-en-justice-apres-meurtre-d%E2%80%99une-femme-77451.html

Affaire topique que celle relatée par "France-Soir". Un mari, qui venait d'être mis en liberté par un juge, alors qu'il était accusé de viol avec acte de barbarie et menaces de mort sous condition, a tué sa femme de douze coups de 22 long rifle.

La sœur de la victime, jugeant l'État coupable de faute grave, a assigné l'État devant... les magistrats. Tout le monde sait que les magistrats forment une sorte de caste pour ne pas dire de mafia. Ils sont presque tous issus de l'"École nationale de la magistrature". Ils se connaissent entre eux et souvent le magistrat est fils ou fille de magistrat(s). Ils sont parfois franc-maçons et favorisent à ce titre leurs "frères" en maçonnerie. Ils sont très souvent aussi "de gauche" ou terrorisés par la gauche et luttent à ce titre contre les "ennemis de classe". Tout cela n'a plus grand'chose à voir avec l'impartialité, ni le droit et encore moins avec la justice.

Dans le cadre de la "détention provisoire", la loi prévoit que la détention provisoire peut être ordonnée pour "prévenir [le] renouvellement [de l'infraction]." et pour "empêcher une pression" sur les victimes (article 144 du code de Procédure pénale).

Mais l'avocate de la victime (indirecte) de ce "dysfonctionnement" judiciaire est peu optimiste sur le traitement judiciaire de la demande de sa cliente. Il faut dire qu'"acte de barbarie" et "menace de mort sous condition", cela n'étaient pas des éléments susceptibles d'éveiller l'attention de l'idéologue qui sévissait comme "juge des libertés et de la détention". Car comme l'a prétendu le Tribunal de grande instance de Paris « aucun élément objectif du dossier ne pouvait permettre de présager un passage à l’acte ». Ben voyons.

Sans doute faudrait-il prévoir, pour le jugement des juges, des instances indépendantes et populaires. Ils sont si jaloux de l'indépendance du pouvoir judiciaire, pourquoi faut-il que les juges qui les jugent soient leurs collègues ? Il faudrait une instance de jugement des juges, indépendante des juges.

28.2.11

Meneau, wikipédia , les faux

Voici ce que "Meneau" écrit au sujet de la "Déclaration universelle des droits de l'homme"

"Mais la déclaration des droits de l'homme, il s'agit uniquement de droits subjectifs, soit la faculté morale d'exiger la chose droite. C'est là tout le problème : on donne à l'homme la faculté morale d'exiger une chose droite, ladite chose droite n'étant pas définie en référence au droit (jus) et donc à la loi divine, mais en référence... aux autres hommes et à la société. Comme le disait Scrutator, c'est ainsi qu'on en vient, au nom des "droits de l'homme", à justifier l'avortement, l'euthanasie, le "mariage" homosexuel, etc. "


Vraiment ? Une déclaration des droits qui a valeur de loi établit uniquement des droits subjectifs avec seulement des créanciers et aucun débiteur ?

Au sujet de "théologie individuelle", sans doute aurais-je pu écrire "théologie morale individuelle". C'est à dire la théologie morale en tant qu'elle juge les actes de l'individu, cela s'oppose à droit, qui est une science sociale (traitant des relations entre au moins deux individus).

Je maintiens évidemment que le post de Blamont est bien un faux. Il ne publie nulle part une référence à ce qu'il prétend être une loi mosaïque. Moïse aurait justifié la peine de mort pour une fille violée. Je réclame donc une référence biblique pour pouvoir la discuter. Mais Blamout a donné des références sans rapport avec sa première affirmation.

Je suis encore accusé de faux lorsque j'ai écrit que je ne savais si le Salon beige avait publié mon commentaire. Il semble que depuis "Michel Janva", sans publier mon commentaire, l'a critiqué en se prévalant de la politique du Pape (enfin, de la politique qu'il prête au pape). Je lui demandais pourtant seulement de préciser que "Civitas" était une "courroie de transmission" de la "Fraternité sacerdotale Saint Pie X." (FSSPX), ce qui est la moindre des choses lorsque l'on parle de ce pseudo-mouvement. De plus, il semble bien que la réponse de "Michel Janva" n'a été publiée qu'en réponse à mon post, sinon mon commentaire aurait été purement et simplement ignoré.

Je n'accuse évidemment pas "tout le monde" de faux. Je n'avais pas vu que PEB avait simplement recopié la "traduction" de wikipédia (un faux, comme cela n'est pas contesté par Meneau), je retire donc l'accusation de "faux", mais l'usage, surtout après mon post ne peut plus faire de doute.

Lorsque l'on utilise wikipédia, il faut se méfier. Les articles de wikipédia sont très souvent rédigés par des anti-catholiques. A propos de Paul IV, il est prétendu que celui-ci (mort à 81 ans) aurait eu un enfant adultérin posthume, ce qui aurait amené à l'assassinat de sa maîtresse enceinte de ses œuvres et lui ayant survécu. Avoir un premier enfant à 81 ans, alors que l'on a un pied dans la tombe, ce n'est pas vraisemblable, c'est pourquoi je ne le crois pas. Pas plus que je ne prends pour argent comptant les "traductions" de wikipédia.


Dix jours après sa mort, le duc de Paliano fit assassiner son épouse enceinte du pape avec l'approbation de son frère, le cardinal secrétaire d'État. Sous le nouveau pape Pie IV, ils passèrent en jugement. Le cardinal secrétaire d'État fut étranglé au château Saint-Ange et le duc fut décapité. Leurs complices périrent avec eux."
Les traditionalistes sont souvent intoxiqués par la propagande anti-sémite, nietzschéenne, relatives au "Lumières" et le pire est qu'ils ne s'en aperçoivent même pas.

Un faussaire sur le Forum pas très catholique






Selon le "Forum catholique" (qui ne peut licitement s'intituler "catholique"), on en vient à discuter des droits de l'homme, pour les condamner unanimement. Pour cela les posteurs se livrent à l'amalgame, à l'analyse historique bancale, voire falsifiée, mais jamais au grand jamais à l'analyse philosophique et juridique de ce que sont les droits de l'homme.

Le pire est sans doute le faux et l'usage de faux perpétrés par un certain PEB. Faux théologique et antisémite que la "modération", si vigilante pour des riens, laisse passer sans broncher.

Voici ce qu'écrit PEB :

Quant à Israël, ce peuple, jadis béni, est, depuis la Passion, privé du secours de la grâce. Le bâton de la synagogue, aveuglé par son orgueil, est rompu et sa couronne est tombée. Il ne faut plus rien attendre de surnaturel de la part de Juda, qui en raison de [sa]propre faute, [a] été condamné par Dieu à une servitude perpétuelle (Cum nimis absurdum, Paul IV, 14/07/1555).


Le faux réside dans une fausse traduction de la bulle de Paul IV du 14 juillet 1555 "Cum nimis absurdum".

Voici le texte latin

"quos propria culpa perpetua servituti submisit"

Ce qui signifie "[les juifs] que leur propre faute a soumis à un esclavage perpétuel". Le sens est que leur propre faute (de ne pas reconnaître le Christ comme messie), la faute des juifs (sans majuscule) les soumet à un esclavage perpétuel (tant qu'ils n'en seront pas revenus). Parce que l'on est esclave de l'ignorance et de l'erreur (l'erreur est un esclavage car l'homme est fait pour la vérité).

On peut, certes, discuter de l'opportunité de cette phrase. Mais vouloir faire dire au Pape de l'époque que les juifs sont par nature esclaves du fait de la Passion, c'est être un faussaire car le texte ne dit pas cela. Ajouter (sous couvert de "citation") que c'est Dieu qui les y a condamnés c'est être un horrible blasphémateur. Ces fautes très graves passent comme une lettre à la poste, parmi les "traditionalistes".

De plus ce texte accuse injustement le pape.

Voici ce qu'écrit le Catéchisme du Concile de Trente édité 1566, onze après la bulle de 1555, (donc du vivant de la même génération) :

« Nous devons donc regarder comme coupables de cette horrible faute, ceux qui continuent à retomber dans leurs péchés. Puisque ce sont nos crimes qui ont fait subir à Notre-Seigneur Jésus-Christ le supplice de la Croix, à coup sûr, ceux qui se plongent dans les désordres et dans le mal crucifient de nouveau dans leur cœur, autant qu’il est en eux, le Fils de Dieu par leurs péchés, et Le couvrent de confusion. Et il faut le reconnaître, notre crime à nous dans ce cas est plus grand que celui des Juifs. Car eux, au témoignage de l’Apôtre, s’ils avaient connu le Roi de gloire, ils ne L’auraient jamais crucifié. Nous, au contraire, nous faisons profession de Le connaître. Et lorsque nous Le renions par nos actes, nous portons en quelque sorte sur Lui nos mains déicides. ».

23.2.11

La liberté religieuse ne dépend pas de la "tolérance", n'en déplaise à monsieur Wauquiez


Dans "Famille chrétienne" Laurent Wauquiez fait de curieuses déclarations soufflant le chaud et le froid, il en vient à dire en répondant à une question sur les poursuites engagées contre des citoyens algériens en Algérie pour non observation du ramadan :

"La liberté de religion, c’est la liberté de ne pas avoir de religion ; c’est aussi la liberté de ne pas être forcé de suivre les préceptes d’une religion qui n’est pas la sienne. C’est pour ça que je suis gêné par ces faits. Ceci étant, je crois qu’il appartient à chacun d’entre nous de respecter la religion d’autrui, en évitant certains comportements jugés choquants ou déplacés. Ainsi, lorsque mon épouse et moi allions dans une mosquée en Égypte, nous veillions à être habillés de façon décente. Le dialogue visant à promouvoir la diversité religieuse ne peut s’inscrire dans une revendication pure et dure. La tolérance, c’est comprendre qu’en mangeant ostensiblement en pays musulman, en plein jeûne du ramadan, on heurte la sensibilité profonde des fidèles."

Si pour lui, manger en public (et même en privé, car certains ont été poursuivis pour avoir mangé en privé !) est un "comportement jugés choquants" et si pour lui on peut être poursuivi pour n'avoir pas suivi les prescriptions de sa propre religion. On ne peut que constater que Wauquiez est un ennemi de la liberté de conscience et de religion par ignorance de la valeur de ces notions.

Il qualifie la liberté religieuse de tolérance alors que la liberté religieuse n'est pas une tolérance, mais un droit fondamental de l'homme, le droit pivot des droits de l'homme, le droit fondement de tous les autres droits, qui s'impose quelle que soient les majorités.

Monsieur Wauquiez prouve qu'il parle de choses qu'il ne comprend pas. Il étend indûment le respect dû à tout croyant dans ses croyances (ce qui exclut moqueries et sarcasmes), jusqu'à juger normale l'interdiction de boire et de manger en public à la terrasse d'un restaurant ou d'un café, ou, pour les ouvriers du bâtiment, sur un chantier.

Une telle confusion d'esprit rend très difficile la lutte pour un ordre rationnel dans l'espace public et accessoirement, laisse perplexe sur la valeur de ces écoles si réputées (monsieur Wauquiez est sorti premier de l'ENA (!).

Sans doute n'a-t-il même pas lu la "Déclaration universelle des droits de l'homme", en tous cas il ne l'a pas comprise. Dans son article 30 elle dit qu'aucun droit de l'homme ne peut être invoqué pour en violer un autre.

21.2.11

Augmentation du nombre de catholiques en 2010


Selon une dépêche de zenit, le nombre de catholiques augmente fortement d'années en années (quinze millions en une année). Il en est de même du nombre des évêques et des prêtres.

En comparaison le nombre de musulmans n'est pas recensable. En effet le changement de religion étant fortement réprimé, cela rend impossible de dénombrer le véritable nombre de musulmans, dont bon nombre ne le sont qu'officiellement et par crainte.

Cependant, il faut toujours se souvenir de ce que disait récemment le Pape : bon nombre de catholiques sont recensés comme tels et ne le sont pas, cependant que nombre de personnes sont recensées comme acatholiques et sont catholiques. C'est le secret de Dieu, le mystère de la conscience humaine. Nous savons le fait, mais nous ne pouvons ni ne devons juger de personne.

Pour se faire une idée plus claire de ce mystère, pourrait-on transposer la réponse de sainte Jeanne d'Arc lors d'un de ses procès.

- Etes-vous en état de grâce ? [lui demande un de ses juges (au grand scandale d'autres qui ne veulent pas que la question soit posée), cette question étant évidemment une horrible méchanceté, un viol de la conscience dans laquelle Dieu seul pénètre.]

Elle répond,

- Si je n'y suis que Dieu m'y mette, si j'y suis que Dieu m'y garde.

Dieu voulut que cette question indiscrète, fournisse l'occasion à notre sainte de donner un court cours de théologie aux théologiens et une consolation pour tous les croyants.

On pourrait donc transposer en

- Êtes-vous catholique ?

- Oui, je suis catholique par la grâce de Dieu, mais si je ne le suis que Dieu me convertisse et si je le suis que Dieu me garde tel et augmente ma foi.

Cela relativise l'intérêt de ces statistiques.