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24.2.16

Commentaire de "Ennemond" et réponse à Dufit Thierry

Il m'arrive assez souvent de poster des commentaires sur le site Riposte catholique. Ce site dépend de Guillaume de Thieuloy, ancien assistant parlementaire de Jean-Claude Gaudin, le maire de Marseille. De Thieuloy est aussi un ami de Daoudal et de Bernard Antony, fondateur de société secrète financé par feu Pierre Fabre, franc-maçon et producteur de poison pour les femmes. Autrement dit, je ne suis pas vraiment apprécié parmi ces maçons et politicards véreux. Mais comme les sujets qu'ils traitent m'intéressent, je ne peux pas me retenir d'écrire...

Un anonyme qui se fait appeler "Ennemond" a écrit sur le Forum catholique. Il se murmure que cet anonyme est le représentant des lefebvristes de Suresnes.

Voici ce que cet individu écrit (extrait) à propos des sacres de Mgr Williamson:

« Ce qui est certain, c’est que Mgr Lefebvre en son temps ne se serait jamais permis de procéder aux sacres si à travers le monde il existait des évêques de la trempe de NN.SS. Fellay, de Galarreta, Tissier de Mallerais et même de Mgr Schneider. Ces hommes défendent la messe traditionnelle, prêchent la foi dans son intégralité et son intégrité, soulignent les méfaits des dérives de l’aggiornamento. Seule une idéologie aveuglée permet de les faire passer pour des modernistes et d’invoquer une nécessité. D’ailleurs le recours à la comparaison du « ver de terre », comme le fait Mgr Williamson à l’égard d’un de ses anciens confrères, afin d’asseoir quelque argument, ne fera probablement pas entrer son texte dans l’histoire… Sans doute l’évêque britannique, décrié par quelques-uns de ses amis « résistants », s'offre-t-il la possibilité de retrouver une nouvelle virginité au sein d’une nébuleuse animée par une spirale révolutionnaire : sans véritable chef et vouée à la vindicte de quelques censeurs qui prêchent toujours davantage de « pureté » dont ils sont les propres garants, ils récusent toute idée de nuance ou de discernement. Mgr Williamson, pourtant plus brillant que ceux qui l'entourent, devient prisonnier de ce microcosme où il finit par trouver des candidats à l'épiscopat. Il n'est pas certain que cet univers partiellement vagus lui soit éternellement fidèle. Néanmoins, le diable porte pierre et l’aspect bénéfique de ce drame est que ce mouvement résistant s’enfonce à marche forcée vers la caricature. Une telle dérive ne peut que vacciner les esprits hésistants. Ce fut en leur temps les principaux enseignements des déroutes de Mgr Thuc ou de Palmar de Troya. »

Voici mon commentaire:

"Ennemond" est prisonnier de ses catégories. Les « brillants » (sic) et les pas brillants. Cela l’empêche de réfléchir librement à la situation. Il aliène son esprit aux esprits « brillants ». C'est au final de raisonnement auto-référentiel: ils sont brillants parce que je pense comme eux.

En réalité, quelle différence entre Mgr Williamson et Mgr Fellay ? Du point de vue canonique aucune. La seule différence c’est que l’un discute avec le pape et l’autre non, mais ce n’est pas une différence canonique.

La discussion avec le pape a, certes, incité ce dernier à donner juridiction provisoire aux prêtres de la FSSPX. Ce n'est pas une situation canonique substantiellement différente aux williamsonniens de celle des lefebvristes auto-proclamés authentiques.

Au lieu de tirer à boulets rouges sur Mgr Williamson, il y aurait intérêt à réfléchir au pourquoi du sédévacantisme.

Pourquoi le sédévacantisme ? D’abord la négation de la liberté religieuse dans l’Église par le pape Paul VI et ses successeurs. La haine et le mépris que le haut clergé affichait pour « les intégristes » dans les années 60 et 70 (schismatiques, hérétiques, hypocrites, vous allez en enfer) d’abord est une cause de la situation actuelle.

Le haut clergé est et reste indifférent aux droits culturels du peuple (voir Gaudium et spes). La tyrannie cléricale déchaînée détruisait la culture religieuse avec une bonne conscience sans faille: « Je suis avec le pape, moi, monsieur ! Je fais partie des meilleurs, sale pharisien que vous êtes ! » Moyennant quoi on interdisait sous peine de péché les rituels traditionnels que l’on reconnaît comme parfaitement valables et licites aujourd’hui (voir le motu proprio du 7/7/7 qui tente d’interdire – et non autorise – l’usage du missel de saint Pie V). Le problème reste pratiquement entier, même si les insultes et les menaces ont été « laissées au vestiaire » (selon le mot du général de Gaulle) en entrant dans la salle de négociation.

Du côté lefebvriste, je vois des prises de position absurdes (par exemple contre la liberté religieuse), des admirations sans borne pour des textes sans intérêt, une culture défaillante, des critiques des textes de Vatican II à l’inverse de la vérité et des droits des… lefebvristes !

Finalement la prose de ce commentateur c’est l’hôpital qui se moque de la Charité. C’est un professeur de morale qui critique âprement la position qu’il occupe. C’est finalement dans la même veine que faire usage de sa liberté religieuse pour critiquer cette donnée de la raison universelle de l’homme.

Je les aime bien les sédévacantistes, même si leur position intellectuelle est intenable (car l’Église n’est pas un dû, mais une miséricorde divine). Qu’au lieu de les critiquer, de les insulter de les menacer de l’enfer, on commence par leur reconnaître la liberté religieuse. Au lieu de taper sur leurs plaies, et de se réjouir de leur détresse, qu’on essaie de comprendre ce qu’ils disent et qu’on reconnaisse et respecte leurs droits, y compris dans l’Église !

Le nommé Dufit Thierry me critique:

DUFIT THIERRY
22 février 2016 à 8 h 55 min - Répondre
Monsieur Merlin on voit que vous en connaissez pas la doctrine de l’Eglise. Relisez les encycliques des papes jusqu’à Pie XII inclus. Vous verrez bien que ces textes condamnent tous la liberté religieuse, le libéralisme, le modernisme, l’œcuménisme. Mais pour vous ce sont des textes « sans intérêt » !!! Quel mépris pour le Magistère de l’Eglise.
Les « lefebvristes » n’existent pas. Les fidèles de la Fraternité St Pie X (je suppose que ce sont eux que vous appelez « lefebvristes ») sont catholiques, Point.
Enfin ne comparez pas les actions délirantes de Mgr Williamson avec la Fraternité St Pie X. Mgr Williamson prend ses initiatives seul et n’a plus rien à voir avec la Fraternité St Pie X.

(Je viens de retrouver la prose provocatrice de "Dufit Thierry" sur le site du diocèse de Gap et Embrun).

J'avais préparé une longue réponse. Elle fut "mangée" par le serveur de Riposte catholique. Ce n'est probablement qu'un incident technique.

Évidemment, lorsque je parle des "textes sans intérêt", je ne vise pas les textes des encycliques. Je vise par exemple le texte du Père de Sainte Marie et autres critiqueur de Dignitatis humanæ.

Si, si les lefebvristes existent. Ils ont une doctrine particulière qui leur permet de mépriser l'autorité du pape et de se s'ériger en juges de ceux qui... font comme eux. De même qu'ils font usage de la liberté religieuse pour... condamner la liberté religieuse...

21.2.16

Schisme capital ou schisme lefebvriste ?

Saint Jean-Paul II accusait Mgr Lefebvre d'avoir posé en 1988 un "acte schismatique".

Dans son Ecclesia Dei afflicta du 2 juillet 1988, il enseignait:

« (...) 
Les circonstances particulières, objectives et subjectives, qui entourent l'acte accompli par Mgr. Lefebvre offrent à tous l'occasion d'une réflexion profonde et d'un engagement renouvelé de fidélité au Christ et à son Eglise.
3. En lui-même, cet acte a été une désobéissance au Souverain Pontife en une matière très grave et d'une importance capitale pour l'unité de l'Eglise, puisqu'il s'agit de l'ordination d'évêqes (sic) par laquelle se perpétue sacramentellement la succession apostolique. C'est pourquoi une telle désobéissance, qui constitute (sic) en elle-même un véritable refus de la primauté de l'évêque de Rome, constitue un acte schismatique (Cf. Code de droit canon, canon 751).
(...) »

Le texte principalement destiné à des français est écrit avec beaucoup de négligence. Une sorte crachat du siège apostolique à la figure des Français lefebvristes.

Mgr Guérard des Lauriers, quant à lui, accusait Paul VI d'être en état de "schisme capital" (entendre: quand la tête qu'est le vicaire se sépare du tronc ou quand la tête actuelle se sépare et condamne ses prédecesseurs).

Le changement de tous les rituels est une condamnation implicite des pratiques immémoriales de l'Église. Par exemple, même si, selon le Vatican, dans le nouveau rituel du baptême, les exorcismes n'ont pas disparu, il n'en reste pas moins que, devenant déprécatif (supplication adressée à Dieu), il a éliminé les apostrophes impératives adressées au diable.

Finalement le Vatican après avoir menacé implicitement de l'enfer comme désobéissants ceux qui conservaient les rituels anciens, est revenu sur ses affirmations aventureuses (ou les affirmations qu'il laissait proférer) et le motu proprio Summorum pontificum en est venu à constater qu'il n'était pas au pouvoir du pape d'interdire les anciens rituels. Cela laisse perplexe... sur l'honnêteté du nouveau Vatican, surtout depuis que le rusé et saint Jean XXIII (qui se permit de changer le canon de la messe sous un rusé prétexte de dévotion à saint Joseph en laissant entendre que ce changement était "obligatoire") a presque subrepticement changé le canon.

Il n'est pas au pouvoir du pape de changer les rites et, sur ce sujet, de rendre ses idées obligatoires, d'autant que Pie XI déclarait, dans Divini illius magistri que les rites sont "éducatifs", donc valables:

« Ce milieu éducateur de l'Eglise ne s'entend pas seulement de ses sacrements divinement institués pour donner la grâce, de ses rites tous merveilleusement éducatifs ni même de l'enceinte matérielle du temple chrétien, lui aussi si admirablement formateur par le langage de sa liturgie et de son art, »
À moins qu'il soit au pouvoir d'un pape de déclarer que l'enseignement d'un pape précédent n'est pas bon...

En outre, il faudra bien qu'un jour on nous explique comment concilier ces faits du changement depuis au moins Jean XXIII jusqu'à aujourd'hui avec l'unité de l'Église dans le temps.

L’Église est une et pourtant depuis le règne de Paul VI l’Église semble condamner l’Église. Par exemple, elle condamne un missel édité par un pape.

Il y en a même, des théologiens catholiques du XXe siècle qui ont condamné doctrinalement les prières éditées par saint Pie V !

Par exemple ici où l'on menace les fidèles de désobéissance au pape:

« Les formules employées s’appliquent à un sacrifice, elle parlent d’hostie immaculée, de calice du salut, de sacrifice, etc. Or, l’hostie immaculée, c’est Jésus, ce n’est pas le pain que nous présentons sur l’autel en vue du sacrifice. »

Le théologien qui a rédigé ce texte en invoquant "l'obligation d'obéir au pape", se permet de tourner en dérision le missel édité par saint Pie V. J'ai vécu ces événements abominables et absurdes.

N'oublions pas que Benoît XVI se permet dans son motu proprio du 7/7/7 d'affirmer que la nouvelle messe fut adoptée "volontiers" par le peuple, alors que le peuple, avec la complicité du bienheureux Paul VI, était implicitement menacé de l'enfer.

Pour en revenir au texte ci-dessus, il est imprudent critiquer un texte comme s’il avait été écrit pas un demeuré, surtout si un pape l’a édité et que des générations et des générations de théologiens n’y ont pas vu malice. Il faudrait croire qu’au XXe siècle un théologien favorable à Paul VI découvre l’évidence… du caractère idiot de la prière éditée par saint Pie V.

Cette critique découvre que des théologiens méprisaient les prières éditées par saint Pie V et, qu'à la différence du peuple, ils furent enthousiastes des prières de Paul VI.

Ne parlons pas de l’architecture, de la décoration des églises, de l’orientation des autels qui semblent condamner la pratique immémoriale ou en tous cas très ancienne de l’Église et des papes.

Alors l’Église est-elle unique dans le temps ? Ou y a-t-il eu schisme montinien ? Y a-t-il deux Églises se succédant ?

Il faudra tout de même répondre à cette question un jour. On ne s’en tirera pas en faisant des comparaisons en disant par exemple: de même que saint Pie V… de même le bienheureux Paul VI…, car les prières et la liturgie approuvées par un pape sont inerrantes et autorisent en conséquence les fidèles à les prononcer et à les vivre à perpétuité. D’autre part, saint Pie V fut historiquement le premier pape éditeur et, dans cet acte d’édition, il engageait son infaillibilité valable, hier, aujourd’hui et demain.

Ni le Saint-Siège, ni les papes depuis au moins le bienheureux Paul VI n'ont daigné aborder cette question. Ils ont accusé Mgr Lefebvre de schisme, mais ne sont-ils pas en état de schisme capital en leur condamnation, au moins implicite, des rites pré-conciliaires ?

Je suis d'autant plus intéressé à cette affaire que les exigences injustes, voire abominables, du bienheureux Paul VI ont eu de très graves répercutions sur ma vie.

Ennemond contre Mgr Williamson

Ennemond (pseudonyme) commente le sacre d'un nouvel évêque par Mgr Williamson.

« Ce qui est certain [il fait parler les morts, notre ami Ennemond], c’est que Mgr Lefebvre en son temps ne se serait jamais permis de procéder aux sacres si à travers le monde il existait des évêques de la trempe de NN.SS. Fellay, de Galarreta, Tissier de Mallerais et même de Mgr Schneider. Ces hommes défendent la messe traditionnelle, prêchent la foi dans son intégralité et son intégrité, soulignent les méfaits des dérives de l’aggiornamento. (…) Sans doute l’évêque britannique, décrié par quelques-uns de ses amis « résistants », s'offre-t-il la possibilité de retrouver une nouvelle virginité au sein d’une nébuleuse animée par une spirale révolutionnaire : sans véritable chef et vouée à la vindicte de quelques censeurs qui prêchent toujours davantage de « pureté » dont ils sont les propres garants, ils récusent toute idée de nuance ou de discernement. Mgr Williamson, pourtant plus brillant que ceux qui l'entourent, devient prisonnier de ce microcosme où il finit par trouver des candidats à l'épiscopat. Il n'est pas certain que cet univers partiellement vagus lui soit éternellement fidèle. Néanmoins, le diable porte pierre et l’aspect bénéfique de ce drame est que ce mouvement résistant s’enfonce à marche forcée vers la caricature. Une telle dérive ne peut que vacciner les esprits hésistants. Ce fut en leur temps les principaux enseignements des déroutes de Mgr Thuc ou de Palmar de Troya. »

Pour "Ennemond" comparaison est raison...

Sur Riposte catholique j'ai commenté comme si Mgr Williamson était sédévacantiste. Je le regrette car, au final, je ne sais plus s'il est sédévacantiste. Je sais qu'il condamne le Saint-Siège et ne tient aucun compte du pape, ni des évêques. Pour le sédévacantisme j'en suis moins sûr. En tous cas, il est proche des sédévacantistes.

Quoi qu'il en soit, ce n'est pas tant Mgr Williamson que "Ennemond" qui m'intéresse. Ennemond est, dit-on, le porte-parole de "Suresnes", le centre fellayso-lefebvriste français.

La principale des catégories de "Ennemond", c'est les « brillants » et les pas brillants. Cette catégorisation lui fait alièner son esprit aux esprits « brillants ».

Soyons-donc plus sérieux que Ennemond et réfléchissons en réaliste et en juriste !

Quelle différence entre Mgr Williamson et Mgr Fellay ? Du point de vue canonique aucune. La seule différence c’est que l’un discute avec le pape et l’autre non, mais ce n’est pas une différence canonique. C'est une différence de fait.

La discussion avec le pape a, certes, incité ce dernier à donner juridiction provisoire aux prêtres de la FSSPX. Mais cela ne confère finalement pas une situation canonique substantiellement différente aux williamsonniens de celle des lefebvristes auto-proclamés authentiques quant à leurs différents statuts.

Au lieu de tirer à boulets rouges sur Mgr Williamson, il y aurait intérêt à réfléchir au pourquoi du sédévacantisme.

Pourquoi le sédévacantisme ? D’abord la négation de la liberté religieuse dans l’Église par le pape Paul VI et ses successeurs. La haine et le mépris que le haut clergé affichait pour « les intégristes » dans les années 60 et 70 (schismatiques, hérétiques, hypocrites, vous allez en enfer) d’abord est une cause de la situation actuelle. Le haut clergé est et reste indifférent aux droits culturels du peuple (voir Gaudium et spes). La tyrannie cléricale déchaînée détruisait la culture religieuse avec une bonne conscience sans faille: « Je suis avec le pape, moi, monsieur ! Je fais partie des meilleurs, sales Pharisiens que vous êtes ! » Moyennant quoi on interdisait sous peine de péché les rituels traditionnels que l’on reconnaît comme parfaitement valables et licites aujourd’hui (voir le motu proprio du 7/7/7 qui tente toutefois d’interdire – et non autorise – l’usage du missel de saint Pie V). Même si les insultes et les menaces ont été « laissées au vestiaire » (selon le mot du général de Gaulle) en entrant dans la salle de négociation la condamnation arbitraire de l'Église par l'Église et la désobéissance lefebvristes continuent.

Du côté lefebvriste, je vois des prises de position absurdes (par exemple contre la liberté religieuse), des admirations sans borne pour des textes sans intérêt, une culture défaillante, des critiques des textes de Vatican II à l’inverse de la vérité et des droits des… lefebvristes !

Finalement la prose de ce commentateur c’est un professeur de morale qui critique âprement la position qu’il occupe. C’est finalement dans la même veine que faire usage de sa liberté religieuse pour critiquer cette donnée de la raison universelle de l’homme.

Je les aime bien les sédévacantistes, même si leur position intellectuelle est intenable (car l’Église n’est pas un dû, mais une miséricorde divine). Qu’au lieu de les critiquer, de les insulter de les menacer de l’enfer, on commence par leur reconnaître la liberté religieuse. Au lieu de taper sur leurs plaies, et de se réjouir de leur détresse, qu’on essaie de comprendre ce qu’ils disent et qu’on reconnaisse et respecte leurs droits, y compris dans l’Église !

30.1.16

Sacrosanctum concilium ou Vatican II contre la liberté religieuse

Le motu proprio Summorum pontificum du 7 juillet 2007 a traité de la liturgie in rito antico en comme ont dit en Italie.

Mais à aucun moment il n'a invoqué la constitution "sur la sainte liturgie" Sacrosanctum concilium".

En effet, dans cette constitution le Saint-Siège ne fait qu'offrir des possibilités qui furent interprétées comme des obligations.

Ainsi pour le calendrier le bienheureux et sinistre Paul VI déclarait:

Le saint Concile œcuménique, deuxième du Vatican, estimant d’une grande importance les désirs de beaucoup en faveur de la fixation de la fête de Pâques à un dimanche déterminé et de la stabilisation du calendrier, après avoir attentivement pesé les conséquences possibles de l’introduction d’un nouveau calendrier, déclare ce qui suit :

« 1. Le saint Concile ne s’oppose pas à ce que la fête de Pâques soit fixée à un dimanche déterminé dans le calendrier grégorien, avec l’assentiment de ceux à qui importe cette question, surtout des frères séparés de la communion avec le Siège apostolique. »

S'il ne s'oppose pas, mais il ne tient aucun compte de ceux qui voudraient garder, parce que c'est leur culture, les modalité de fixation de la date de Pâques telle qu'elles sont fixées aujourd'hui.

Tout se passe comme si les fidèles catholiques étaient considérés, en fait, comme des robots à la disposition du clergé. Des robots qu'il livre aux puissants de ce monde. Abject, révoltant.

« 2. En outre, le saint Concile déclare qu’il ne s’oppose pas aux projets qui visent à introduire dans la société civile un calendrier perpétuel. »

En faisant cette déclaration le sinistre et bienheureux Paul VI se moque dans la pratique de ceux qui seraient opposés à un calendrier perpétuel. Il ne les mentionne même pas: silence et mépris.

Le comble est le paragraphe suivant:

« Mais parmi les divers systèmes qui sont imaginés pour établir un calendrier perpétuel et l’introduire dans la société civile, l’Église ne s’oppose pas à ceux-là seulement qui observent et sauvegardent la semaine de sept jours avec le dimanche, sans intercaler aucun jour hors de la semaine, de telle sorte que la succession soit laissée intacte, à moins que n’interviennent des motifs très graves dont le Siège apostolique aurait à juger. »

Le Siège apostolique suggère que l'on pourrait changer le rythme hebdomadaire pour des "motifs très graves" et en ouvre ainsi la possibilité... Alors que le rythme hebdomadaire est tel sans interruption depuis la création du monde.

Il fait ainsi fi des désirs légitimes des peuples de garder ce rythme. Il ne le mentionne même pas. Il suggère au contraire un changement.

Tous ces textes bafouent la liberté religieuse des peuples, car le Siège apostolique n'est pas autorisé à faire semblant de croire qu'aucun catholique ne peut légitimement s'opposer à ces changements arbitraires et à suggérer qu'il se moque de leurs légitime liberté.

Ce fut la même désinvolture, la même indifférence au peuple que manifesta Paul VI lorsqu'il imposa son sinistre missel à coup de menaces.

En conclusion on peut observer que ce sont finalement les orthodoxes et les juifs (pour le rythme hebdomadaire) qui protègent les catholiques de la fureur révolutionnaire et de la cruelle indifférence du haut clergé catholique.

12.10.15

Manifestation de Civitas devant la Nonciature de Paris



Si dans son discours, monsieur Escada pourfend le "mondialisme". Il manque cependant de définir ce mondialisme.

Certes la sacralisation de l'homosexualité ou du transexualisme n'est pas une bonne chose. Mais cela n'a rien à voir avec le phénomène de la mondialisation.

À l'évidence un gouvernement mondial est aujourd'hui nécessaire. Certes l'Organisation des nations unies est institutionnellement une organisation belliqueuse ainsi que je l'ai démontré sur ce blog (voir charte des Nations unies article 53.2 sur mon blog et ses conséquences), mais une autre organisation mondiale, vraiment pacifique, chargée du bien commun mondial, telle que la préconise le Compendium de doctrine sociale serait une bonne chose, ou plutôt est aujourd'hui nécessaire.

Une manifestation devant la nonciature est, à ma connaissance, une nouveauté absolue. Manifeste-t-on devant son père ? De plus cette manifestation pourrait être prise comme exemple par des organisations moins bien intentionnées que Civitas...

Il est vrai cependant que les options idéologiques arbitraires du Saint-Siège en faveur des théories réchauffistes, de la théorie darwiniste, des options non moins arbitraires du Saint-Siège en faveur du "mouvement liturgique" (1) provoquent à ce genre de manifestations contestables. Si le haut clergé se disant représentant de l'Église (ce qu'il n'est pas et ne peut pas être en l'occurrence) entre résolument dans l'arène en combattant arbitrairement pour un parti, le parti qui gouverne l'Église s'expose à ce que le parti adverse se mette à combattre le parti qui a pris possession de l'Église. Le danger psychologique, c'est que l'opposition au parti gouvernant donnera l'impression de combattre l'Église...

Fondé sur la raison et les droits de l'homme, le retour à une Église impartiale idéologiquement serait une revendication très utile.

(1) Le mouvement liturgique repose sur des enseignements arbitraires mais assénés avec beaucoup de culot, sur un prétendu état de décadence de la liturgie aux XVIIIe et XIXe siècles. La liturgie est gouvernée par le principe de la liberté religieuse et spirituelle des fidèles, liberté s'insérant dans l'ordre public de la foi catholique. Pendant des décennies depuis la fin des années 60 du XXe siècle, le clergé nous assénait (et croyait) qu'il était strictement interdit, sous peine de schisme, de résistance au Saint-Siège, par conséquent de damnation, d'utiliser le rituel des sacrements antérieurs à ceux du bienheureux Paul VI... Sans doute des fidèles et des prêtres se sont-ils confessés d'avoir utilisé les anciens rituels... dont plus personne ne conteste aujourd'hui (Motu proprio du 7/7/7) que leur utilisation est licite, comme il était évident qu'elle l'avait été, l'était et le serait toujours en vertu de la liberté religieuse.

21.9.15

À ceux qui critiquent "Mitis judex"

Les intégristes qui critiquent amèrement le pape François à propos de son motu proprio Mitis judex Dominus Jesus font le travail des révolutionnaires. Surtout lorsqu'ils prétendent que le pape a institué le "divorce catholique" accusant ainsi l'Église d'avoir perdu la foi.

Le mariage est une réalité mystérieuse et sainte confiée par Dieu à l'Église SEULE. Personne ne peut juger l'Église sur ces réalités saintes.

Le pape François est un militant de gauche. Il nous veut nous faire croire que la propagande de gauche est vérité (par exemple lorsqu'il prêche le réchauffement climatique d'origine humaine). Je ne le suis pas alors parce que ce qu'il dit est politique politicienne et ne s'impose pas au croyant.

Mais lorsque le pape publie un document officiel sur les procédures d'annulation, je crois.

On croit d'autant plus facilement que ce document est parfaitement valable. Accélérer l'examen des causes de nullité est une miséricorde pour ceux qui se trouvent dans le péché et souffrent de voir leurs consciences agitées ou tout simplement pour ceux qui veulent se marier.

Il n'est d'ailleurs pas exact d'écrire que l'Église ne fait que constater un état latent. Elle peut aussi, dans certains cas, annuler des mariages valides. Elle considère comme valides des mariages qui seraient peut-être annulés. Dans ce cas les mariages sont apparemment valides et fondamentalement valides devant Dieu, même s'il existe des causes de nullité.

Il n'est pas exact de dire que l'Église condamne tout divorce. Le "privilège paulin" permet, dans des cas très limités, de prononcer un véritable divorce. L'Église peut aussi décider qu'un mariage sera invalide faute d'avoir observé certaines formes (cas du concile de Trente qui imposa la présence du curé de la paroisse de la jeune fille). Etc.

Ceux qui jugent l'Église et annulent des sentences de nullité ne savent pas que Dieu respecte les décisions de l'Église. Ils méprisent ce que Dieu respecte.

Bref, si les saints ne se sont jamais tu, les bavards incompétents feraient mieux de se taire.

Mon blog, à propos du prétendu "mariage homosexuel", a déjà démontré que SEULE, absolument seule, l'Église détient les clés du mariage universel, réalité sacrée. Les lecteurs intéressés peuvent y faire des recherches notamment sur le document Arcanum divinæ de Léon XIII. Je me soumets donc au jugement et aux jugements de l'Église.

5.8.15

Le Saint-Père rappelle que les divorcés remariés ne sont pas excommuniés

      Tête de saint Jean-Baptiste sur un plat (Mc 6,28) Palazzo Madama Torino
Saint Jean-Baptiste est un martyr du mariage. Il fut assassiné par Hérode Antipas à l'instigation de sa concubine adultère et incestueuse/ Jean-Baptiste avait rappelé à Hérode qu'il ne pouvait vivre maritalement avec la femme de son frère. Ce qu'elle ne lui pardonna pas.

Le pape vient de rappeler que les divorcés remariés, même si leur premier mariage est canoniquement valide, ne sont pas des excommuniés.

Simples pécheurs publics, comme l'était sainte Marie-Madeleine, ils ne peuvent communier publiquement, ni recevoir l'absolution (sacrement de pénitence). En cas de cessation du péché public, ils peuvent donc se confesser et communier. Je ne sais plus très bien si dans le cas où il conservent la communauté de vie pour élever les enfants, tout en faisant chambres à part, ils peuvent communier publiquement (ils peuvent communier secrètement, c'est évident).

En revanche, l'excommunication est une peine dont les conséquences sont beaucoup plus étendues. (Voir le Catéchisme de l'Église catholique)

Il n'y a là rien d'extraordinaire.

Le Pape pourrait rappeler que la haute hiérarchie doit se souvenir aussi des droits religieux des fidèles. Notamment de ce droit, fondé sur les droits de l'homme, sur la liberté religieuse, à participer à la liturgie de leur choix, donc à la liturgie selon le missel de saint Pie V.

En ostracisant ce rite dans la pratique, le pape et les évêques qui l'imitent violent les droits des fidèles, droits que les fidèles tiennent de la nature. Les papes depuis Paul VI (le bienheureux Paul VI), évitent comme une faute morale la célébration selon le missel de saint Pie V. C'est une injustice contre les croyants catholiques, un viol des droits de l'homme, une impiété. J'ai aussi écrit ce que je pensais du motu proprio de Benoît XVI. Une ruse particulièrement subtile et odieuse que personne n'a dénoncée, à part moi. (Sur un autre sujet et dans le même motu proprio, Benoît XVI a remarqué que pour la forme des autres sacrements, les prêtres et les fidèles jouissaient de la liberté de choix, de la liberté religieuse. Il a rétabli l'élémentaire justice sur ce point. Car avant le 7/7/7, il était jugé par la doxa catholique mainstream comme péché gravissime d'utiliser la forme traditionnelle !)

19.3.15

On ne peut en remontrer au pape ni sur la foi ni sur la discipline

Mgr Williamson vient de consacrer évêque Mgr Faure.

On ne peut que ne pas être d'accord avec ce geste qui bafoue la foi catholique qui est foi en le règne du Christ par le pape. Personne ne peut faire de leçon au pape en matière de foi ou de discipline sous peine de tomber dans l'incohérence rationnelle. L'Église est un mystère de miséricorde donc personne ne peut rien exiger de l'Église en se fondant sur la foi.

Palazzo Madama (Torino) Descente de croix (détail)


Cependant, je ne tomberai pas dans l'anti-intégrisme rabique.

En effet, les évêques Williamson et Faure ainsi que leurs amis prêtres et les fidèles qui leur font confiance furent scandalisés par l'attitude de Paul VI et de l'épiscopat de l'époque, voire par le motu proprio Summorum pontificum mensonger à bien des égards.

Les revendications de ceux qui voulaient continuer à utiliser, faisant usage de leurs droits humains et particulièrement de la liberté religieuse, le missel de saint Pie V furent méprisés et ignorés.

Sous réserve d'une réfutation éventuelle, comme je l'ai je pense démontré sur ce blog, l'usage d'un missel édité par un pape est protégé par la liberté religieuse. La liberté religieuse est un droit inamissible de l'homme que la raison nous dévoile avec certitude. Voir mes posts sur la question.



L'excès de pouvoir de Paul VI, l'injustice criminelle de Paul VI contre les libertés religieuse et culturelle des fidèles catholiques romains, a mis un certain nombre de fidèles, de prêtres et d'évêques en colère. La confirmation et la tentative d'institutionnalisation de ces crimes par Benoît XVI n'a rien arrangé. La colère est compréhensible, mais elle est dangereuse. Si elle n'est pas maîtrisée, elle conduit à des crimes. La Miséricorde n'est pas un dû, personne ne peut la soumettre ou se l'approprier. Si notre liberté religieuse est bafouée par le Pape, nous ne pouvons qu'en appeler au tribunal de Dieu, patienter, survivre. On ne touche pas à l'Église qui n'est pas un dû.

C'est pourquoi, sans approuver les actes de Mgrs Williamson et Faure, je ne serai critique à leurs égards qu'avec modération considérant les provocations et injustices dont ils furent et sont victimes d'une part et leurs erreurs très graves aux conséquences incalculables d'une autre part. « Parce Domine, parce populo tuo ne irrascaris in æternum nobis ! »

7.7.14

Anniversaire de la fin de la liberté de célébrer la messe selon le missel de Jean XXIII

Avant le motu proprio Summorum pontificum du 7/7/7 tout prêtre catholique pouvait célébrer la messe selon le missel de saint Jean XXIII, ou de saint Pie V (certains missels pouvant être tombés en désuétude). D'ailleurs de nombreux curés de paroisses ne se privaient pas de célébrer avec un missel sociologiquement interdit.

Depuis ce motu proprio, qui a constaté l'impossibilité d' « abolir » l'autorisation d'usage d'un missel édité par un pape, cette « autorisation » serait soumise à des conditions. À mon avis l'interdiction édictée par ce motu proprio est inopérante. Il n'empêche qu'elle est apparemment en vigueur.

C'est ce que « fêtent » les partisans de l'usage libre du missel de Jean XXIII. Ils fêtent la limitation illicite de leur liberté. Il fêtent le piétinement de leurs droits.

3.7.14

Pour un certain clergé, le concile Vatican II a condamné l'Église et les papes

Lu sur le blog de monsieur Daoudal (qui prétend s'être rapproché de la foi à la lecture de René Guénon) le rappel d'un communiqué du 25 octobre 2006 publié par certains évêques lors de la préparation de la motu proprio Summorum pontificum.

« Estimant que la liturgie est l’expression de la théologie de l’Église, les évêques redoutent que la généralisation de l’usage du Missel romain de 1962 ne relativise les orientations du concile Vatican II. Une telle décision risquerait aussi de mettre à mal l’unité entre les prêtres, autant qu’entre les fidèles. »

Si les orientations théologiques de Vatican II peuvent être relativisées (c'est-à-dire rendues facultatives) par l'usage du missel de saint Pie V, alors Vatican II a définitivement condamné théologiquement le missel de saint Pie V et sa théologie. L'usage de ce missel ne peut plus être, à la rigueur, que toléré pour un temps et pour certains.

En vertu de quels droits naturels ces orientations théologiques nouvelles, qui, selon eux, seraient contenues dans la doctrine de Vatican II, peuvent-elles être rendues obligatoires, malgré la liberté religieuse et de conscience et la liberté culturelle (sur la liberté culturelle voir Gaudium et spes, chapitre II, 53.2) dont jouit tout fidèle ? Notre groupe d'évêques ne s'explique pas sur ce point fondamental. Les droits de l'homme sont universels et l'on ne peut priver quiconque de ces droits, même sous prétexte de théologie.

Selon moi, les auteurs du communiqué avaient l'excuse de n'avoir 1) pas compris la portée de la liberté religieuse qui condamne les prétentions du clergé à imposer des « orientations » théologiques facultatives. D'autre part, ils 2) abordaient le droit liturgique en des termes inadéquats (Le droit liturgique ne peut condamner que des erreurs).

27.6.14

Franciscains de l'Immaculée : François garant de l'orthodoxie, mais cela lui donne-t-il la possibilité de soupçonner son prédécesseur ?

Lu sur Benoît et moi à propos de l'affaire des Franciscains de l'Immaculée:
« Après la nomination d'un commissaire et la restriction de l'usage de l'ancien missel, qui, contrairement à ce qui se passe en vertu du motu proprio " Pontificum", dans le cas des Franciscains de l'Immaculée peut être utilisé sous réserve d'une demande d'autorisation préalable aux supérieurs, » (…)
« François a également dit que c'était lui qui avait voulu la fermeture de l'institut théologique interne aux Franciscains de l'Immaculée (STIM), veillant à ce que les séminaristes étudient dans les faculté théologiques pontificales romaines. Il a ensuite déclaré que l'orthodoxie est garantie par l'Église à travers le successeur de Pierre. »

Certes, François est garant de l'orthodoxie. Mais François peut-il émettre des doutes sur l'orthodoxie du missel du pape saint Pie V ou sur l'opportunité de prier au moyen de formules éditées par le pape saint Pie V ? Et si oui, à quel titre ?

Les catholiques sont-ils libres ou doivent-ils demander à Papa l'autorisation de choisir leurs formules de prières ? À quel titre le pape peut-il s'immiscer dans leurs choix ?

Par ces prises de position François bafoue les droits universels de l'homme, notamment les droits à la liberté religieuse et à la liberté de conscience dont tout être humain jouit, serait-il catholique, serait-il religieux catholique. Car Dieu confère ces droits directement à tout homme. Le pape, oui même le pape, ne peut les violer.

D'ailleurs Summorum pontificum, comme je l'ai démontré, a tenté de trouver un titre à l'interdiction du missel de saint Pie V. Summorum n'a pas autorisé, il a interdit le missel, ou plutôt tenté d'interdire le missel de saint Pie V. Il n'y est pas parvenu validement. (Voir sur mon blog mes réflexions sur le "volontiers" qui fonde la tentative de Benoît XVI à son interdiction, selon moi invalide en vertu du droit naturel)

Voir sur le sujet de Summorum pontificum, par exemple:

http://denismerlin.blogspot.fr/2012/08/deux-formes-dun-seul-rite.html#links

Le clergé de l'époque, avec Paul VI en tête, s'est rendu coupable d'un très grand crime contre la liberté religieuse et contre le droit à la culture des catholiques romains. Benoît XVI a tenté de consolider ce crime en tentant de trouver, au moyen d'un mensonge, un titre juridique à une interdiction générale de l'usage du missel de saint Pie V.

19.5.14

De Paul VI à Benoît XVI sur le nouveau missel et la violation des libertés religieuse et de conscience dans l'Église

Selon Benoît XVI dans son motu proprio du 7 juillet 2007, les fidèles et les prêtres de l'époque avaient accepté ce nouveau missel "volontiers". C'est ce "volontiers" qui fonderait le titre que se reconnaissait Benoît XVI a interdire en général (et à autoriser exceptionnellement) l'usage du missel de saint Pie V.

Or le discours consistorial de Paul VI de 1976 dément ce terme.

« C’est au nom de la Tradition elle-même que nous demandons à tous nos fils et à toutes les communautés catholiques de célébrer avec dignité et ferveur les rites de la liturgie rénovée. L’adoption du nouvel Ordo Missae n’est certainement pas laissée à la libre décision des prêtres ou des fidèles. L’instruction du 14 juin 1971 a prévu que la célébration de la messe selon le rite ancien serait permise, avec l’autorisation de l’Ordinaire, seulement aux prêtres âgés ou malades qui célèbrent sans assistance. Le nouvel Ordo a été promulgué pour prendre la place de l’ancien, après une mûre délibération et afin d’exécuter les décisions du concile. De la même manière, notre prédécesseur saint Pie V avait rendu obligatoire le missel révisé sous son autorité après le concile de Trente. La même prompte soumission, nous l’ordonnons, au nom de la même autorité suprême qui nous vient du Christ, à toutes les autres réformes liturgiques, disciplinaires, pastorales mûries ces dernières années en application des décrets conciliaires. »
Ce n'est donc pas "volontiers" que le peuple a accepté le missel de Paul VI, c'est au moyen de menaces.

C'est très bien que l'on se prépare à canoniser Paul VI, cela montre que la perfection est facile. On peut ainsi mentir (par exemple le nouveau missel n'est en rien une application des décisions du concile Vatican II). On peut violer la liberté des fidèles en leur interdisant l'usage de prières éditées par un pape. On peut mentir encore en pratiquant un parallèle fallacieux entre l'interdiction de rites qui n'avaient pas reçu l'approbation du Saint-Siège et l'interdiction d'un rite conforme à un missel édité par un pape. On peut donc violer les droits fondamentaux à la vérité, à la culture religieuse, à la liberté de conscience et à la liberté religieuse de milliards d'individus et être un saint à miracles. 

Très bien, cela me rassure pour mon salut... Je me garderais toutefois, avec l'aide de Dieu, de ce mépris de l'humanité dans ses droits fondamentaux.

Le scandale fit trébucher les sédévacantistes et les lefebvristes, car Paul VI, qui restait pape, a, en même temps, enseigné des vérités très profondes et très utiles. 

Il aurait fallu que les lefebvristes comprennent que ce n'était pas la foi qui était en jeu, car seul le Pape est docteur de la foi, mais que c'était la raison. Car la raison fonde les droits de l'homme. Personne n'est juge du Saint Siège, sauf en ce qui concerne ses droits personnels fondamentaux fondés sur la raison, occurrence dans laquelle d'ailleurs on ne juge pas le Saint-Siège mais on juge de ses propres droits naturels (lire mon post sur Jean XXIII respectueux de la liberté religieuse des fidèles).

Les sédévacantistes et les lefebvristes se sont laissés scandaliser par Paul VI. Le Père Guérard des Lauriers avait sans doute raison en accusant Paul VI de "schisme capital", mais son opinion n'avait aucune conséquence pratique (il n'avait aucun titre juridique à donner des conséquences à son opinion), ce que le Père ne comprit pas. Les lefebvristes ne furent pas les seuls scandalisés car les épiscopats qui ont usé de violences en application des discours de Paul VI se sont rendus, eux aussi, coupables de graves fautes contre les droits culturels des nations et les droits naturels des fidèles.

16.10.13

Exclusions réciproques dans l'Église catholique

Le site "Paix liturgique" publie un texte intitulé POUR NOTRE PAPE FRANCOIS : UNITÉ ET DIVERSITÉ SE CONJUGUENT POUR ÊTRE RICHESSE, dont j'extrais le passage suivant :

« D’autre part, et c’est un point fondamental que nous avons rappelé en de nombreuses occasions (voir notre lettre 356 par exemple), « le problème de la messe ordinaire, c’est qu’elle a un problème avec la messe extraordinaire ». Le désordre essentiel, le péché contre l’harmonie de l’Église, depuis le déclenchement de la « guerre liturgique » au début des années 70, n’est pas dans le fait que des personnes, dites « traditionalistes », se soient adaptées difficilement aux changements, mais dans le fait que ceux qui étaient favorables aux changements aient rejeté en bloc la tradition liturgique. De sorte que la visée profonde du Motu Proprio n’a pas été de tolérer une sensibilité malmenée, celle des « traditionalistes », mais, compte tenu de l’existence d’une situation de disharmonie radicale, à savoir le rejet des racines traditionnelles de la liturgie romaine, de procéder à une véritable restauration de l’ordre théologique et liturgique. Le désordre qui subsiste tient donc à ce qu’un certain nombre de ceux qui sont « pour » la liturgie ordinaire sont radicalement « contre » la liturgie extraordinaire et sa tradition plus que millénaire. Le vrai sens de l’harmonie dans la diversité exige que ceux qui sont « pour » la liturgie ordinaire soient aussi, par sens de l’Église et de la foi, « pour » la liturgie extraordinaire. »
Partie de la chaire de l'église d'Abriès (Hautes Alpes)


Le problème, c'est aussi que beaucoup de partisans de l'usage du misse du Bx Jean XXIII (et de saint Pie V), c'est qu'ils ont un problème avec la liturgie de Paul VI.

Cela ne peut se résoudre qu'en considérant que tous les catholiques jouissent de la liberté religieuse. Personne n'a autorité pour leur interdire l'usage d'un missel édité par un Pape, même décédé. Comme toujours la liberté est valable pour tous et permet seule le respect mutuel. Cela dit, il est vrai qu'en pratique ce sont bien les partisans fanatiques du missel de Paul VI qui peuvent exclure arbitrairement la liturgie sur laquelle ils sont, en pratique, jeté l'anathème. Car ils ont seuls, ou presque, a détenir l'autorité.

À ma connaissance, je suis le seul à le remarquer.

22.9.13

Pour le pape François, la liberté est-elle le mal ?


L'abbé de Tanoüarn parle des mots inquiétants du pape François dans sa fameuse interview à propos de la messe de saint Pie V. Le pape François prétend que le motu proprio "Summorum pontificum" serait une décision prudentielle liée à l'aide que lui avaient apportée dans la rédaction de son texte quelques personnes qui présentent cette sensibilité. Il n'a pas déclaré que Benoît XVI aurait été sénile et se serait laissé embobiner, non, il ne l'a pas déclaré.

Voici la traduction officielle française :

« Je pense que le choix du pape Benoît fut prudentiel, lié
à l’aide de personnes qui avaient cette sensibilité particulière. »

Voici la version originale italienne :

« Penso che la scelta di Papa Benedetto sia stata prudenziale, legata all’aiuto ad alcune persone che hanno questa particolare sensibilità. »
Voici la traduction que je propose :
"Je pense que le choix du Pape Benoît fut prudentiel, lié à l'aide apportées par des personnes qui présentent cette sensibilité particulière."



Il n'a pas vraiment dit « qui étaient atteintes de cette pathologie », non, il ne l'a pas dit...

L'abbé de Tanoüarn, lui, a lu :

« un choix prudentiel, lié à quelques personnes de son entourage »

Ce n'est pas le texte.

Il reste que, le Pape s'en prend à la liberté religieuse des catholiques.

Dans les Exercices de saint Ignace, le saint a écrit une prière :

« Prenez, Seigneur, et recevez toute ma liberté, ma mémoire, mon entendement et toute ma volonté; tout ce que j'ai et tout ce que je possède. Vous me l'avez donné, Seigneur, je vous le rends; tout est à vous, disposez-en selon votre bon plaisir. Donnez-moi votre amour; donnez-moi votre grâce: elle me suffit. »

Le danger de cette spiritualité, spiritualité qui est très pénible pour moi, est de finir par faire croire à ses partisans que l'usage de la liberté, c'est le mal. Dans cette perspective, la "liberté religieuse", c'est inadmissible. On retourne ainsi au... lefebvrisme.

12.7.13

Il est injuste de punir les personnes morales (à propos du motu proprio du pape François)

La punition des personnes morales est une aberration juridique et morale entrée dans le droit français (article 131-37 du code pénal).

La punition d'une personne morale n'est pas possible parce que, en punissant une fiction, la juridiction punit des personnes physiques innocentes avec des coupables ou des personnes moindrement coupables à égalité avec des personnes plus coupables. Cette punition des personnes morales bafoue le principe de la personnalité des peines. En outre, elle s'oppose aussi au principe du "procès équitable" puisque des personnes physiques seront sanctionnées sans avoir été entendues, ni même mises au courant des poursuites (article 6 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales).

Mgr Dominique Mamberti a expliqué récemment comment le pape François dans son motu proprio du 11 juillet 2013 sur le droit pénal, avait concilié cette exigence de l'exclusion de peine infligée à des personnes morales, avec la part de vérité qui permet aux législations nationales et internationales de prévoir des sanctions contre les personnes morales.

Le pape a donc transféré le prononcé de sanctions du terrain répressif au terrain administratif. Le fondement n'est plus une peine, mais le remboursement de sommes injustement perçues ou la compensation d'avantages indument obtenus.

Mgr Mamberti a publié un texte d'explication du motu proprio du pape François. Voici le passage où il traite de la doctrine sur les sanctions atteignant les personnes morales :

« La “Responsabilité administrative des personnes juridiques découlant de crime” (art. 46-51 de la loi apportant des normes complémentaires en matière pénale) mérite une attention particulière car elle introduit des sanctions à la charge des personnes juridiques impliquées dans des activités criminelles, selon la tendance normative aujourd’hui courante dans le domaine international. À ce propos, on est parvenu à concilier le traditionnel adage, observé aussi dans le système canonique, selon lequel Societas Puniri Non Potest [Aucune société ne peut être punie] avec l’exigence, toujours plus perceptible dans le domaine international, d’établir des sanctions adéquates et dissuasives à charge également des personnes juridiques qui tirent profit de la commission de délits. La solution adoptée a donc été d’établir la responsabilité administrative des personnes juridiques, dans les hypothèses bien entendu où l’on peut démontrer que le délit a été commis dans l’intérêt ou à l’avantage de la personne juridique même. »

Prés avec coquelicots, retenue de Serres-Ponçon




Donc, il ne s'agit plus d'une sanction pénale absurde et injuste, mais d'une condamnation pécuniaire administrative ayant pour but de compenser l'avantage tiré par la personne morale de la commission d'un délit. On ne peut accepter le terme de "sanction" que dans son sens large excluant toute idée pénitentielle.

À mon avis, cet élément nouveau proposé par le Saint Siège constitue un grand progrès juridique. Il devrait attirer l'attention des législateurs nationaux et internationaux sur la notion injustifiable de sanction pénale des personnes morales.

14.5.13

Mgr Di Falco ouvre une église aux partisans de la Fratenité sacerdotale saint Pie X

Pour les obsèques de l'abbé Delagneau (à ne pas confondre avec l'abbé Lagneau ; ni je ne connaissais l'abbé Lagneau et ni ne connaît pas l'abbé Delagneau) se dérouleront à Gap en l'église des Cordeliers d'ordre de Mgr Di Falco ordinaire du diocèse où est décédé l'abbé Delagneau (l'abbé Lagneau serait décédé subitement à Notre-Dame du Laus le 11 mai vers 17 heures 30, sanctuaire spécialement dédié au sacrement de réconciliation, ce qui peut être considéré comme un signe de prédestination). Voir sur ce point le post de "Ennemond" qui est la voix de la Fraternité sacerdotale saint Pie X (FSSPX) sur le Forum en question.

Ce sera Mgr Fellay (supérieur général de la FSSPX) qui officiera pour la messe d'enterrement.

Je suis très heureux du geste d'apaisement de mon évêque. Cela permettra de détendre l'atmosphère entre les lefebvristes, qui se considèrent comme catholiques, et les catholiques. Il me semble que le motu proprio Summorum pontificum n'est pas étranger à cette heureuse évolution.

14.4.13

Peut-il y avoir deux formes d'un même rite ? ou deux usages d'un même rite ?

Je lis sur le site "Pro liturgia" et cela se répète un peu partout, que le Pape Benoît XVI dans "Summorum pontificum" aurait enseigné que dans l'Église romaine, il y aurait deux formes d'un même rite.

Le pape Benoît XVI dans "Summorum pontificum" ne dit pas qu'il existe dans l'Église romaine deux formes d'un même rite.

Après avoir confirmé que la liturgie est l'expression de la foi, il poursuit en constatant qu'il ne peut donc y avoir division de la "lex credendi" (il n'y a qu'une foi). Il en conclut que c'est la mise en œuvre de l'unique rite romain puisqu'il ne peut y avoir deux fois.

Il ne s'agit pas de deux formes d'un unique rite, mais deux usages d'un unique rite.

Voici ce que dit le texte latin

« Hae duae expressiones “legis orandi” Ecclesiae, minime vero inducent in divisionem “legis credendi” Ecclesiae; sunt enim duo usus unici ritus romani. »


Ce que je traduis :

« Ces deux expressions de la "loi de la prière" de l'Église, induisent, à la vérité le moins du monde, [litote]  une division de "loi de la croyance" de l'Église ; en effet, ils constituent deux usages de l'unique rite romain. »

Et voici la traduction officielle :

« Ces deux expressions de la « lex orandi » de l’Église n’induisent aucune division de la « lex credendi » de l’Église ; ce sont en effet deux mises en oeuvre de l’unique rite romain. »

Je ne vois pas que "usus" puisse être traduit par "mises en œuvre".

Donc dans « Summorum pontificum », il n'y a pas l'expression "deux formes de l'unique rite".

En revanche dans la lettre d'accompagnement du "Motu proprio" du 7/7/7, il y a l'expression « Forma extraordinaria » :

« La dernière version du Missale Romanum, antérieure au Concile, qui  a été publiée sous l’autorité du Pape Jean XXIII en 1962 et qui a été utilisée durant le Concile, pourra en revanche être utilisée comme Forma extraordinaria de la Célébration liturgique. Il n’est pas convenable de parler de ces deux versions du Missel Romain comme s’il s’agissait de « deux Rites ». Il s’agit plutôt d’un double usage de l’unique et même Rite. »



1) Le fait que la messe ait été dite dans la version éditée par Jean XXIII n'entraîne pas que les rites plus anciens seraient interdits, car, édités par des Papes, ils sont inerrants. Donc en vertu du droit de l'homme à la liberté religieuse ne peuvent pas être interdits, même si, de fait, ils tombent en désuétudes.

2) On lit l’expression « Forma extraordinaria » dans ce texte, mais plutôt comme expression pratique pour désigner l’une des versions (le mot est de moi) du « double usage ». On sent bien l’embarras du Pape qui sait qu’il est impossible qu’il y ait deux rites en raison de l’unicité de la foi et qui a démontré qu’historiquement les Papes, parmi lesquels il veut compter Paul VI, ont toujours respecté les cultures des peuples (or le motu proprio constate que le rite de saint Pie V est intégré à la culture européenne) et surtout les « usages reçus de la tradition apostolique » réception nécessaire à la transmission de la foi. Le motu proprio rappelle qu'il ne peut y avoir de nouveaux rites, mais uniquement réception d'usages traditionnels. Monsieur Madiran rappelait à ce propos qu'il n'y a de tradition que de ce qui a été transmis. Ce qui a été abandonné n'est pas traditionnel. Le Motu proprio semble lui objecter qu'il ne s'agit pas d'innovations, mais de "restauration". L'expression est malheureuse car elle évoque une corruption, un écroulement par un rite édité par un Pape (en l'occurrence saint Pie V). Or le Pape dans sa fonction d'éditeur est inerrant. Il ne peut donc y avoir « restauration » ce qui supposerait que le rite de saint Pie V soit un rite corrompu. Il y a réintroduction d'usages (ou prétendus tels car Mgr Schneider a démontré que ces prétendus usages n'avaient jamais existe), il y aurait donc réintroduction d'usages abandonnés qualifiés de "restauration", ce qui est fort injurieux pour l'éditeur du rite critiqué.

À aucun moment donc, ni dans le motu proprio, ni dans la lettre d’accompagnement, je ne lis l’expression « deux formes d’un seul rite ». Mais je lis « double usage d’un seul rite ».

Comment peut-il y avoir « double usage d'un seul rite » ? Cette expression a-t-elle un sens intelligible, est-elle cohérente ?

Qu’est-ce qu’un rite ? Un rite est une forme particulière de cérémonie liturgique. Il existe des livres « rituels » qui décrivent des formes. (Définition du mot « forme » par le Littré en matière de théologie : « Terme de théologie. La forme d'un sacrement, les paroles sacramentelles que le prêtre prononce en le conférant. Les paroles je te baptise.... sont la forme du sacrement, et l'eau en est la matière. » Le rite est donc bien une catégorie de forme.


Selon le « Trésor de la langue française », le rite est l’ « Ensemble de prescriptions qui règlent la célébration du culte en usage dans une communauté religieuse. » Selon le Littré les rites sont : l’ « Ordre prescrit des cérémonies qui se pratiquent dans une religion. » Le rite ou les rites sont donc une catégorie de formes, des usages. Le rite est un ordre. Lorsque l’ordre change, le rite n’est plus le même.

Si les paroles sont différentes, supprimées ou ajoutées, si les gestes ne sont pas les mêmes, les formes, donc les rites, sont différents. Or, le rite de Paul VI, supprime des paroles inscrites dans le rite de saint Pie V (par exemple, il supprime le psaume "Introibo", il supprime en grande partie les prières de l’offertoire, il ajoute des prières absentes du rite de saint Pie V (à la fin du « Pater », autre exemple), il introduit la bénédiction dans le rite de la messe etc. On peut conclure que le spectaculaire et consternant retournement de l’autel (qui, je le concède, n'est pas dans le rite de Paul VI, mais est pratiqué par les innombrables partisans du rite de Paul VI) joint à ces nombreux suppressions et ajouts forment un autre rite, un rite nouveau.

Dès lors, on ne voit pas comment il ne peut y avoir qu’un seul rite sous deux usages différents.

D’une part ceux qui, comme le site « Pro liturgia », emploient l’expression « deux formes d’un seul rite » emploient une expression absente du Motu proprio « Summorum pontificum », d’autre part, l’expression qui se trouve effectivement dans le document pontifical selon laquelle il faut distinguer deux usages d’un seul rite est absurde. Car un rite est une forme, s'il y a deux formes, il y a deux rites.

Je ne prétends pas résoudre le grave problème induit par l’édition des rites de Paul VI et ceux subséquents de Jean-Paul II, mais je ne peux faire autrement que de signaler l’incohérence de l’expression par laquelle le Pape Benoît XVI a prétendu résoudre ce problème des différences manifestement très importantes entre les deux rites qui doivent pourtant chacun exprimer la même foi en niant l'existence de deux rites.

Je prétends encore moins que le rite de Paul VI exprimerait une autre foi que celui du rite de saint Pie V, quoique certains des partisans du nouveau rite semblent le professer passionnément.

Je ne fais que signaler que l’on ne pourra résoudre le problème en l’escamotant par une expression incohérente. Le grand mérite du motu proprio reste d'avoir mis le problème en évidence.

Sur ce blog, j'ai rappelé à plusieurs reprises, que l'interdiction par le motu proprio du 7/7/7 de l'« usage extraordinaire » lequel "usage" ne serait autorisé que sous certaines conditions, bafoue la liberté religieuse des individus et des sociétés et le droit à la culture religieuse des peuples (dont Benoît XVI constate par ailleurs, dans le même motu proprio, que les cultures européennes et romaines - y compris celles d'Amérique latine et des Philippines - ont intégré ce rite de saint Pie V). La politique liturgique des derniers papes et des épiscopats depuis Jean XXIII s'opposent donc aux droits universels de l'homme.