24.2.08

Syndérèse

Dans son discours en français à propos de l'identité changeante de l'homme, le pape médite sur la valeur de l'homme. Toute définition de l'homme est incapable de rendre compte du mystère de l'homme :

"Comment ne pas évoquer ici la merveilleuse méditation du psalmiste sur l'être humain tissé dans le secret du ventre de sa mère et en même temps connu, dans son identité et dans son mystère, de Dieu seul, qui l'aime et le protège (cf. Ps 138 [139], 1-16). L'homme n'est pas le fruit du hasard, ni d'un faisceau de convergences, ni de déterminismes, ni d'interactions physico-chimiques; il est un être jouissant d'une liberté qui, tout en prenant en compte sa nature, transcende cette dernière et qui est le signe du mystère d'altérité qui l'habite."


http://www.zenit.org/article-17145?l=french

Voici les versets auxquels le pape fait allusion dans son discours sur "l'identité changeante de l'individu".

"PSAUME CXXXVIII

Ps 138,1. Pour la fin, psaume de David. Seigneur, Vous m'avez sondé et Vous me connaissez;

Ps 138,2. Vous savez quand je m'assieds et quand je me lève.

Ps 138,3. Vous avez discerné de loin mes pensées; * Vous avez remarqué mon sentier et mes démarches,

Ps 138,4. et Vous avez prévu toutes mes voies ; et avant même qu'une parole soit sur ma langue, Vous la savez.

Ps 138,5. Voici, Seigneur, que Vous connaissez toutes choses, les nouvelles et les anciennes. C'est Vous qui m'avez formé, et Vous avez mis Votre main sur moi.

Ps 138,6. Votre science merveilleuse est au-dessus de moi ; elle me surpasse, et je ne saurais l'atteindre.

Ps 138,7. Où irai-je pour me dérober à Votre esprit, et où m'enfuirai-je de devant Votre face?

Ps 138,8. Si je monte au Ciel, Vous y êtes ; si je descends dans l'enfer, Vous y êtes présent.

Ps 138,9. Si je prends des ailes dès l'aurore, et que j'aille habiter aux extrémités de la mer,

Ps 138,10. c'est Votre main qui m'y conduira, et Votre droite me saisira.

Ps 138,11. Et j'ai dit : Peut-être que les ténèbres me couvriront ; mais la nuit même devient ma lumière dans mes délices.

Ps 138,12. Car les ténèbres n'ont pas d'obscurité pour Vous ; la nuit brille comme le jour, et ses ténèbres sont comme la lumière du jour.

Ps 138,13. Car Vous avez formé mes reins ; Vous m'avez reçu dès le sein de ma mère.

Ps 138,14. Je Vous louerai de ce que Votre grandeur a éclaté d'une manière étonnante ; Vos oeuvres sont admirables, et mon âme en est toute pénétrée.

Ps 138,15. Mes os ne Vous sont point cachés, à Vous qui les avez faits dans le secret ; non plus que ma substance, formée comme au fond de la terre.

Ps 138,16. Vos yeux m'ont vu lorsque j'étais encore informe, et tous les hommes sont écrits dans Votre livre. Vous déterminez leurs jours avant qu'aucun d'eux n'existe."

La syndérèse est la faculté propre à l'homme (encore que je pense que les animaux supérieurs peuvent en avoir un embryon) de savoir où est le bien et où est le mal et qui le pousse à faire le bien.

Moi qui ai été élevé dans la pensée que l'homme était un animal comme les autres, seulement un ensemble de phénomènes physico-chimiques. Car mon père et mes professeur avaient été élevés selon l'idéologie des "Lumières".

Je prends par exemple Denis Diderot, il écrit en précurseur de Darwin

"Imaginez les doigts de la main réunis, et la matière des ongles si abondante que, venant à s'étendre et à se gonfler, elle enveloppe et couvre le tout; au lieu de la main d'un homme, vous aurez le pied d'un cheval."

http://abu.cnam.fr/cgi-bin/go?interpret2,21,40

Il dit aussi, pour exposer les principes qui le guident :

"Aie toujours présent à l'esprit que la nature n'est pas Dieu, qu'un homme n'est pas une machine, qu'une hypothèse n'est pas un fait; et sois assuré que tu ne m'auras point compris, partout où tu croiras apercevoir quelque chose de contraire à ces principes."

In Pensées sur l'interprétation de la nature que l'on peut lire ici http://abu.cnam.fr/cgi-bin/go?interpret2

Il faut croire selon ce pauvre Diderot qu'une hypothèse est un fait et c'est cette absurdité contradictoire dans les termes qu'il veut prendre comme "principe".

L'homme selon lui n'est qu'une machine. Quelle tristesse, comme cela rapetisse l'âme ! Rien n'est vrai alors, rien n'est bien, tout est désespoir.

En revanche comment ne pas être pénétré de joie en lisant David qui a écrit deux mille sept cents ans avant :

Ps 138,6. Votre science merveilleuse est au-dessus de moi ; elle me surpasse, et je ne saurais l'atteindre.

Ps 138,13. Car Vous avez formé mes reins ; Vous m'avez reçu dès le sein de ma mère.

Ps 138,16. Vos yeux m'ont vu lorsque j'étais encore informe,

"L'homme dépasse infiniment l'homme".

3 commentaires:

Marie a dit…

J'avoue avoir un peu de mal à comprendre tout ça.... Ca me dépasse.

Cette semaine j'ai rencontré Frédéric Lenoir, qui a écrit Le Christ Philosophe.

Anonyme a dit…

Bonjour,
Je découvre, avec bonheur, votre blog, via celui de Marie.
impossible pour moi de laisser un commentaire sur les propos du Pape (je suis protestante).
Je suis persuadée que nous sommes d'accord tous deux pour affirmer que pour nous, mystère et beauté, appartiennent à Dieu?
Douce journée
Bernadette

Unknown a dit…

Bienvenue, Chère senioretjournal !

Vous pouvez bien critiquer le pape, si vous le voulez, ou le commenter, même si vous êtes protestante ; c'est la liberté religieuse.

Du moment que la critique est constructive qu'elle nous fait avancer dans la connaissance de la vérité, ce sera un plus pour l'humanité et tous mes lecteurs.

"Tout âme qui s'élève, élève le monde", vous pouvez contribuer à m'élever.

Marie, le sujet sur le "Christ Philosophe" est très intéressant. Pourquoi ne feriez-vous pas un post sur cette rencontre ?