Affichage des articles triés par pertinence pour la requête pas de liberté pour les ennemis. Trier par date Afficher tous les articles
Affichage des articles triés par pertinence pour la requête pas de liberté pour les ennemis. Trier par date Afficher tous les articles

14.7.10

"Pas de liberté pour les ennemis de la liberté" ? Journée mondiale de la paix 2011

Lisant sur l'irremplaçable, mais très faillible, "Salon beige" une traduction d'un communiqué du Saint Siège annonçant le thème de la prochaine "journée mondiale de la paix", dont le thème sera : "La Liberté religieuse chemin vers la paix" du 1er janvier2011, j'ai voulu confronter la traduction à l'original italien trouvé ici :

http://press.catholica.va/news_services/bulletin/news/25859.php?index=25859&lang=it#TESTO%20IN%20LINGUA%20ITALIANA

Car la traduction française trouvée sur le site du Saint Siège ne me satisfaisait pas. Pour tout dire, je la trouvais incompréhensible.

Voici en conséquence deux paragraphes traduits par mes soins. La traduction est personnelle et non autorisée.

« La liberté religieuse en étant enracinée dans la (...) dignité de l’homme et orientée à la recherche de l’ « immuable vérité », apparaît comme la « liberté des libertés ». La liberté religieuse mérite vraiment ce nom quand elle est fait corps avec la recherche de la vérité et est en cohésion avec la vérité de l’homme. »

« Ce paramètre nous offre un critère fondamental pour discerner le phénomène religieux de ses manifestations. Il permet en fait de distinguer la "foi en la divinité" du fondamentalisme, de la manipulation et de l’instrumentalisation de la vérité de l’homme. Car tout ce qui s’oppose à la dignité de l’homme s’oppose à la recherche de la vérité, et ne peut être considéré comme liberté religieuse. Ce critère nous permet en outre une vision profonde de la liberté religieuse, qui élargit les horizons des notions d’ «humanité » et de « liberté » de l’homme et permet à celui-ci d’établir une relation profonde avec lui-même, avec l’autre et avec le monde. La liberté religieuse en ce sens est une liberté pour la dignité et pour la vie de l’homme. »

Dès lors y a-t-il possibilité d’invoquer la liberté religieuse pour nier la divinité et par conséquent la dignité de l’homme. En un mot, l’athéisme qui ne peut que conduire au chaos intellectuel, peut-il invoquer la liberté de l’homme en la niant nécessairement, et quoique les athées prétendent le plus souvent ? L’athéisme apparaissant comme un « fondamentalisme », qui a pour conséquence nécessaire une instrumentalisation de l’homme dont il nie la dignité. Pour un athée cohérent avec ses prises de position métaphysiques, les hommes ne sont qu’utiles et jamais dignes.

D'une façon plus générale, tout intégrisme qui est instrumentalisation de la vérité, instrumentalisation de la divinité ne peut invoquer la liberté religieuse que d’ailleurs il nie.

Toute manifestation religieuse ou métaphysique n'est pas protégée par l'invocation de la liberté religieuse. Il lui est nécessaire de reconnaître la dignité de l’homme en doctrine et en pratique pour être licite.

Ce qui condamne non seulement tout intégrisme, y compris « catholique » comme celui de la Fraternité saint Pie X, y compris l’islamisme mais encore l’interprétation libérale de la liberté religieuse qui en fait un pur arbitraire (dont la mise en pratique conduit notamment à l’interdiction du « rite antique » dans l’Eglise par une décision arbitraire) et le laïcisme qui prétend interdire arbitrairement toutes les manifestations religieuses dans l'espace public.

En ce sens, il est exact de dire "pas de liberté pour les ennemis de la liberté" (si l'on n'entend pas "liberté" comme pure indétermination ; soit, dans l'ordre juridique : un pur arbitraire ; mais au contraire si l'on entend "liberté" comme un droit naturel fondé sur la dignité).

Ce faisant, nous ne sortons pas du domaine de la raison, ce n'est pas la foi qui nous montre ces vérités.

Nous ne sortons pas du domaine des droits naturels de l'homme, mais au contraire, nous remontons au principe de ces droits qui est la dignité de l'homme et immédiatement après à son expression "pivot" : la liberté religieuse telle que la défend la déclaration universelle des droits de l'homme du 10 décembre 1948.

Préparons-nous à cette journée mondiale de la paix du 1er janvier 2011. Opus justiciae pax.

19.7.10

Définition du mariage

Le mariage suppose non seulement la différence des sexes, mais encore la possession des organes permettant la copulation et la procréation, car c'est la possibilité d'avoir des rapports sexuels féconds qui fonde le mariage.

C'est-à-dire que le mariage entre un homme et une femme qui (par exemple) ne possèderait pas de vagin serait nul, de même entre une femme et un homme qui (par exemple) ne possèderait pas de pénis ou qui serait atteint d'impuissance absolue serait nul. Et cela en vertu de la raison, du droit naturel.

On s'était posé la question de la validité de pareils mariages et nombreux étaient ceux qui penchaient pour la validité des mariages des personnes ne pouvant absolument pas copuler. Un pape (je ne me souviens plus du quel, mais c'était au moyen-âge) a dirimé la question contre la majorité par des arguments purement rationnels : le mariage est institué pour l'acte sexuel pratiqué naturellement, ce qui rend incapables de se marier ceux qui ne peuvent absolument pas copuler, seraient-ils de sexes différents. Si cela intéresse des lecteurs, si mes souvenirs sont bons j'ai posté sur la question sur mon blog ainsi qu'en commentaire sur le blog de monsieur Daoudal .

Les arguments de monsieur Minet reviennent finalement à l'éternel argument relativiste, "vous pensez cela, l'Eglise l'enseigne, mais... tout le monde n'est pas d'accord, donc vous n'avez pas le droit de l'imposer, ni finalement de le penser car c'est méchant à l'égard des minorités." Pur sophisme qui consiste à affirmer qu'il ne faut pas affirmer et à interdire une vérité sous prétexte que certains prétendent ne pas la voir, c'est-à-dire à imposer l'opinion libérale. C'est l'idéologie maçonnique celle qui conduit au totalitarisme.

Ces arguments se sont "enrichis" récemment de nouvelles et cafardes injures et diffamations : "vous êtes hostiles aux homosexuels, vous êtes hostiles aux femmes, vous êtes hostiles aux minorités etc."

Nos relativistes (maçons, laïcistes, libéraux, intégristes de diverses religions...) finissent généralement par un violation de la liberté religieuse : "vous n'avez pas le droit de penser cela, car votre Jésus n'était pas d'accord avec vous." Ce qui revient à supprimer la liberté d'expression au nom de Jésus, donc à nier la liberté religieuse de son contradicteur en opposant Jésus et l'Eglise, Jésus et le Créateur, la doctrine prêchée par Jésus et la loi naturelle.

Je me permets d'attirer l'attention du Salon beige et de madame Smits sur la méditation de la liberté religieuse, pivot des droits de l'homme, par notre pape actuellement glorieusement régnant :

« La liberté religieuse en étant enracinée dans la (...) dignité de l’homme et orientée à la recherche de l’ « immuable vérité », apparaît comme la « liberté des libertés ». La liberté religieuse mérite vraiment ce nom quand elle est fait corps avec la recherche de la vérité et est en cohésion avec la vérité de l’homme. »

« Ce paramètre nous offre un critère fondamental pour discerner le phénomène religieux de ses manifestations. Il permet en fait de distinguer la "foi en la divinité" du fondamentalisme, de la manipulation et de l’instrumentalisation de la vérité de l’homme. Car tout ce qui s’oppose à la dignité de l’homme s’oppose à la recherche de la vérité, et ne peut être considéré comme liberté religieuse. Ce critère nous permet en outre une vision profonde de la liberté religieuse, qui élargit les horizons des notions d’ «humanité » et de « liberté » de l’homme et permet à celui-ci d’établir une relation profonde avec lui-même, avec l’autre et avec le monde. La liberté religieuse en ce sens est une liberté pour la dignité et pour la vie de l’homme. »

Ce qui implique que la dignité de l'homme s'oppose à ce qu'il soit considéré comme une occasion de plaisir et encore plus à ce que la société reconnaisse un droit à l'instrumentalisation de l'homme (donc des enfants et/ou de son "partenaire").

"Pas de liberté, pour les ennemis de la liberté." aurait dit Saint Just Plus précisément, il n'y a pas de liberté en dehors de la vérité de l'homme. "La vérité vous rendra libre" (Jn 8,32) Corollaire : ceux qui s'opposent à la vérité s'opposent à la liberté.

20.11.11

Valeur des débats sur les manifestants pro-liberté religieuse


Sous l’impulsion des communistes, le conseil de Paris a qualifié les manifestants pro-droits de l’homme et pro liberté religieuse de « fascisants ».

Un des avantages de l'étiquette de "fascisante" pour les élus hostiles aux droits de l'homme et en particulier à la liberté religieuse, c'est d'instituer des débats extrêmement confus où communistes et auxiliaires catholiques de la répression d’un côté et lefebvristes de l’autre se trompent mutuellement. En dehors des débats et ignorés des médias quelques évêques viennent paternellement dire des choses justes.

Au regard des droits de l’homme quel est le problème ? - Quelles que soient les idées des manifestants et tant que les manifestations restent pacifiques et n'usent pas de violence, ces manifestations sont légitimes devant l’atteinte à la liberté religieuse constituée par ces pièces, de plus (un comble !) financées par le Trésor public sous l'inspiration de la franc-maçonnerie.

Les ennemis de la liberté religieuse (soient les partisans des pièces financées par des vol d'argent commun), profitent grandement de l'importance disproportionnée que prend l'idéologie lefebvriste dans ces manifestations (alors que des athées, des catholiques, des juifs, des musulmans, des protestants y participent). C'est sans doute en cela que l'"Institut civitas" est le complice objectif et probablement involontaire des communistes et des francs-maçons. Car ce qui est en jeu ici ce  sont les droits de l'homme et non la "christianophobie" ou le "blasphème" qu’invoque « Civitas ».

Cependant, pour être juste, il faut préciser que « Civitas » n’est pas à proprement parler « fasciste » quoique un de ses sympathisants (l’abbé Xavier Beauvais) invoque un droit inexistant à la violence. Car alors que, pour les fascistes, la violence était arbitraire et fondée sur une volonté arbitraire de puissance, « Civitas », lui, semble la justifier par des arguments faux. Ce qui constitue une différence de nature entre les deux idéologies. On peut discuter rationnellement (au moins théoriquement) avec les lefebvristes, on ne pouvait le faire avec les fascistes. On peut dire aux lefebvristes : vous manquez de culture, on ne peut rien dire à une volonté fermée aux arguments rationnels.

Objectivement les deux compères (très inégaux en pouvoirs), je veux dire les communistes d’un côté et les  lefebvristes de l’autre, se complaisent à passer devant les caméras en criant d'un côté "fascisants", et de l'autre "défendre le Christ" (ridicule, c'est le Christ qui nous défend), "blasphème" (mais la notion de "blasphème", notion théologique n'est pas dans le débat laïc), "christianophobie" (notion calquée sur celle d'homophobie et d'islamophobie, notion qui fragmente la société), voire tentant de légitimer la violence émanant de particuliers (alors que les manifestations sont non-violentes).

Cependant que les auxiliaires catholiques de la répression communiste crient, eux : " - Vous n'avez pas de mandat". (Sous-entendu de faire de la théologie, d'enseigner la foi catholique ). Ce qui est vrai. L’abbé de la Morandais ajoute : « - Fasciste, tortionnaires. » comme pour bien montrer d’où vient son inspiration et où vont ses sympathies.

Bref, une "belle" confusion entretenue par les médias qui ne titrent que sur les "intégristes", ce qui est faux, mais ce qui profite aux communistes et à leurs complices et, d’une certaines façon… aux « intégristes » qui ne démentent pas.

Seuls les évêques tels que Mgr Centène, Mgr Aillet, Mgr Brincart et sans doute quelques autres que je ne connais pas, disent des paroles justes par lesquelles ils montrent qu'ils ont un cœur, et un cœur paternel, respectueux de la dignité de l'homme et un esprit qui n’est pas formé que de la lecture du « Monde », de l’  « Humanité », de « La Croix » ou de « Présent ». Rendons grâce à la Providence de nous avoir donné de vrais et paternels évêques, de vrais docteurs.

Une leçon à tirer de cette confusion, c'est que la notion de "droits universels de l'homme" est seule à même de fonder le débat laïc. Elle permet de s'écarter des débats maçonniques truqués (car il y a des francs-maçons du côté lefebvristes et ils ne sont certainement pas inactifs).

14.1.14

Monsieur Poisson n'a rien compris

Affaire Dieudonné une déclaration de monsieur Poisson lue sur le Salon beige (extraits)

« Cette remise en cause de notre pacte social est plus difficile à percevoir dans l'affaire Dieudonné. Les décisions ultimes prises par le Ministre de l'Intérieur sont pourtant lourdes de sens. Il a choisi de faire prévaloir une vision élastique du "trouble à l'ordre public", voire du trouble "potentiel", sur le principe, lui très solide, de la garantie de la liberté d'expression. Quel que soit le caractère abject des spectacles visés, cette démonstration de force porte en germe toutes les interdictions possibles, tout rassemblement de plus de trois personnes portant en lui la potentialité d'un "trouble à l'ordre public". Les veilleurs et manifestants de tout poil contre le mariage en ont quelques souvenirs, parfois musclés... Et pour couronner le tout, le Ministre de l'Intérieur déclare vouloir interdire désormais "tous les mots qui divisent la République" (sic).  Ça pourrait en faire quelques-uns, et nous attendons la liste avec impatience. Potentiellement en tous cas, tout discours d'opposition au Gouvernement, toute critique du Chef de l'Etat ne peuvent-ils pas être regardés - par un œil certes peu bienveillant - comme des "mots qui divisent la République" ? Nous sommes ici bien plus dans un numéro de lyrisme mal assis que dans le maintien de l'ordre et le respect des libertés fondamentales. De là à considérer que nous sommes entrés dans la partialité et le parti pris, dans le seul but de bâillonner les opposants, il y a bien peu. (…) ? »

Monsieur Poisson n'a rien compris aux décisions des juges relativement à l'affaire Dieudonné. Il n'a pas compris que l'ordre public ce sont des valeurs sociales ainsi que l'a confessé le juge du Conseil d'État. L'ordre public ce sont donc les valeurs qui fondent la société: vérité, liberté, justice, droits de l'homme. En ce sens la jurisprudence de la formation de référé du Conseil d'État est valable.

Monsieur Poisson ne semble pas avoir compris non plus que le Préambule de la Constitution était appliqué par les juges et qu'il avait un côté d'ordre public ferme et clair. Ce Préambule, mêlé de vrai et de faux, permet de fragmenter l'humanité, certes, mais il la fragmente sous le seul rapport de l'histoire de la deuxième guerre mondiale seulement. Ce préambule viole les droits de l'homme au nom des droits de l'homme. C'est cela qui est inquiétant. Ce n'est pas la décision des juges. Aucun des risques que monsieur Poisson évoque n'est donc réel.

Pour en sortir prenons de la hauteur grâce au Compendium. La justice doit être inspirée par la miséricorde. Miséricorde à l'égard de tous (Compendium 204):

« 204 Entre les vertus dans leur ensemble, et en particulier entre les vertus, les valeurs sociales et la charité, il existe un lien très fort qui doit être toujours plus profondément reconnu. La charité, souvent réduite au domaine des relations de proximité, ou limitée aux seuls aspects subjectifs de l'agir pour l'autre, doit être reconsidérée selon sa valeur authentique de critère suprême et universel de l'éthique sociale tout entière. Parmi toutes les voies, y compris celles recherchées et parcourues pour affronter les formes toujours nouvelles de l'actuelle question sociale, la « meilleure de toutes » (1 Co 12, 31) est la voie tracée par la charité. »

Or le Préambule de la Constitution est un préambule sur le sujet de la deuxième guerre mondiale est un texte de haine et d'exclusion.

Notre droit d'ailleurs est en partie fondé sur la haine et l'exclusion. Par exemple par l'imprescriptibilité des crimes contre l'humanité dont on n'a pas commencé à constater combien elle est contraire à la justice, au droit à un procès équitable, combien elle fractionne l'humanité. Mais cela est encore une autre histoire...

Lisons par exemple l'accord de Londres du 8 août 1945 (à peu près au même moment où le gouvernement américain lançait des bombes atomiques sur le Japon - 6 et 9 août - massacrant des centaines de milliers de civils, bébés, enfants, femmes, malades...), accord conclu entre le Gouvernement provisoire de la République française (qui n'avait aucune légitimité démocratique) et, entre autres, le gouvernement de Staline.

« Considérant que la Déclaration publiée à Moscou le 30 octobre 1943 sur les atrocités allemandes en Europe  occupée a spécifié que les officiers et les soldats allemands et les membres du parti nazi qui sont responsables d'atrocités et de crimes, ou qui ont pris volontairement part à leur accomplissement, seront renvoyés dans les pays où leurs forfaits abominables ont été perpétrés, afin qu'ils puissent être jugés et punis conformément aux lois de ces pays libérés et des Gouvernements libres qui y sont établis ; »

Peut-on ne pas voir que ce texte fragmente l'humanité en désignant une catégorie d'homme jugés criminels non par un jugement mais par un texte général les condamnant d'avance ? De plus ces textes fragmentent l'humanité puisqu'ils sont rédigés par les ennemis des accusés. Un ennemi ne peut juger équitablement son ennemi, je m'excuse de le rappeler.

Donc si l'on ne remet pas en cause ces textes (dont celui de Moscou de 1943, qui ne fut pas signé par des Français, mentionne par allusion le massacre de Katyn, en réalité perpétré par des staliniens), on n'est pas en dehors de l'« ordre public » de haine. Mais si on remet en cause ces textes, on est en dehors de l'«ordre public » de la haine. C'est cela qui est reproché à Dieudonné, de se mettre en dehors de l'anti-ordre public de 1943  et de 1945 confirmé plusieurs fois par la suite. Il n'y a pas de risque pour ceux qui ne remettent pas en cause cet « ordre public » formé de l'anti-valeurs de haine assurant, prétendument, la cohésion républicaine (Il n'y pas de danger par exemple pour les défenseurs de la vie, les défenseurs du mariage, les défenseurs de la liberté religieuse). Du moins pas de risque fondé sur ces textes et cette jurisprudence. Les décisions de jurisprudence du Conseil d'État et l'interprétation de l'ordre public par monsieur Valls ne sont pas arbitraires, elles sont précisément fondées sur des textes nationaux et internationaux, mais étrangers à la charité universelle et à la justice (ne serait-ce qu'en faisant du droit pénal, un droit commun d'application nécessaire, alors qu'il est un droit d'exception, strictement limité, non absolument nécessaire et destiné à disparaître avec le temps).

26.2.10

Violation de la liberté religieuse par Act up


Comme d'habitude les "traditionalistes" luttent contre la liberté religieuse. Ils adorent détruire les fondements de leurs actions sociales.

Sur le blog "ancilla domini", un(e) traditionaliste me contredit parce que je faisais observer que les manifestations d'Act up violaient la liberté religieuse. Pour cette personne libérale, les contre manifestants n'avaient que le but de se faire plaisir, d'exprimer leur moi sans aucune référence à l'ordre naturel voulu par Dieu.

Voici ma réponse précédée d'un extrait du commentaire de mon contradicteur "armel h" :

"Cette manifestation viole le bon sens, le bon goût, soit. Mais pas la liberté religieuse des fidèles.
Et les gens qui crient contre les manifestants n’expriment pas du tout par là l’idée que cette manifestation violerait leur liberté religieuse ; leur réaction manifeste uniquement qu’ils sont choqués, outrés, ou vexés, par cette manifestation ; donc, leur réaction n’exprime que leurs sentiments."

Je pense être le seul sur le net francophone à défendre la liberté religieuse comme je la défends. Je suis inspiré de la déclaration "Dignitatis humanae" et du cardinal Bertone et autres, ce qui est une rareté (pour ne pas dire une exclusivité) chez les anti-libéraux. Les libéraux (en compagnie leurs ennemis traditionalistes) voient la liberté religieuse comme l'expression du libéralisme, comme un acte de repentance de l'Eglise. Les deux partis sont dans une erreur commune.

La liberté religieuse est un droit naturel de l'homme qui, comme tous les droits naturels, est fondé sur les dix commandements. Le droit naturel à la liberté religieuse est fondé sur le premier commandement (ex 20,3) : C'est un droit naturel que la raison découvre et qui est confirmé par l'enseignement infaillible de l'Eglise.

La liberté religieuse crée une immunité. Tout croyant invoquant ce droit naturel peut professer des croyances. Tant que ces croyances respectent les autres droits de l'homme (et par conséquent leurs sources qui sont les dix commandements donnés à Moïse) personne au monde n'a de titre naturel à en empêcher ou gêner l'expression. Seule l'Eglise, soit le pape a ce titre sur les baptisés catholiques (et sur eux seulement) en leur indiquant les hérésies et erreurs en matière de foi. Mais le pape (et les évêques dans certaines conditions) est la seule autorité doctrinale au monde s'exprimant au nom de Dieu.

Ce genre de manifestation pourrait trouver une excuse atténuante si la profession de foi catholique était imposée, mais ici cette excuse fait totalement défaut.

La profession de foi catholique est libre. Personne n'impose cette profession de foi. A titre de réciprocité les catholiques doivent pouvoir professer leur foi en toute liberté, sans aucune gêne. Cette manifestation d'agression gratuite n'a donc aucune excuse.

De plus,

Ces gens viennent à proximité des lieux de culte catholique pour tourner en dérision les croyances des catholiques, ils gênent les fidèles dans leur liberté. Or si la liberté religieuse permet la critique rationnelle des croyances (la fameuse "purification" des religions, de toutes les religions y compris de la catholique), elle interdit en revanche de se moquer des croyants (quelque foi qu'ils professent), de les troubler dans leur culte. Les militants qui viennent provoquer les catholiques à proximité des lieux de culte violent la liberté religieuse des catholiques.

De plus en voulant imposer leur opinion selon laquelle l'homosexualité est rationnelle, conforme à la liberté de l'homme (alors que le caractère irrationnel de telles pratiques est évident donc contraire à la liberté de l'homme), et en voulant imposer leur opinion comme une vérité et donc une obligation morale, liant les consciences, ils violent encore la liberté religieuse prétendant par leurs discours interdire aux catholiques de professer leur foi (en l'occurrence que le pape est infaillible en matière morale).

Voilà pourquoi cette manifestation viole le droit naturel (les dix commandements) et le droit positif (article 1er de la constitution phrase 3 et article 18 de la déclaration universelle des droits de l'homme pris ensemble l'article 30 de la même déclaration).

Si l'on voulait être complet, il faudrait encore remarquer que cette manifestation viole des droits naturels moins fondamentaux que la liberté religieuse, soient 1) le droit à la vie privée (article 12 de la déclaration universelle) 2) et la liberté du mariage (article 16).

Les traditionalistes apportent régulièrement de l'eau au moulin de leurs ennemis, en bons libéraux ou maurrassiens (lesquels ont tout deux le kantisme comme source doctrinale).

22.4.12

Controverse sur les élections


Le Salon beige a publié un texte d'un prêtre sur les élections. Ce texte est quelque peu acide pour les braves gens qui n'ont pas les moyens d'agir en les critiquant facilement.

Il est bien vrai que l'on peut ne pas vouloir négocier des points contingents pour des raisons contingentes. Il ne faudrait cependant pas condamner par principe ceux qui ne veulent pas négocier des points contingents, ils ont leur liberté, leur faculté d'appréciation de la situation.

Il est aussi vrai que l'on peut ne pas vouloir négocier des points fondamentaux qui ne seront jamais négociable parce qu'ils mettent en jeux la vérité de l'homme. Ici c'est un devoir de tout homme. Je ne négocie pas et personne n'a le droit de négocier pour savoir si je vais tuer un enfant ou simplement le mutiler.

Cette juste distinction étant faite, il faut toutefois conclure, ce que ne fait pas le Père. Voici donc la conclusion que j'en tire.

Sans prétendre vouloir l'imposer j'en tire la conclusion que l'on ne peut voter pour un candidat qui ne tient pas compte de l'ensemble des points non négociables.
Il est vrai que pour nous pauvres électeurs, la question se pose de façon différente qu'elle ne se pose pour les candidats, c'est pourquoi je ne fais pas de mon opinion une norme morale. Mais je ne peux, en ma conscience éclairée par la doctrine de l'Eglise, donner mon soutien à un candidat qui méprise les points fondamentaux en jeu, points fondamentaux qui concernent l'humanité dans sa survie sur la terre. C'est pourquoi, je voterai "blanc".
Voici les aimables commentaires de "PG"

@ Denis MERLIN
Vous n'avez pas lu la suite de ce texte, original et en effet très éclairant à plus d'un titre, particulièrement sur l'attitude à adopter entre indifférence polie ou se voulant ''utile'' ^d'un côté, et ''militantisme outragé'', ''claquage de porte'' et ''anathème'' de l'autre côté (le votre par le vote blanc ?), selon l'expression de l'auteur de ce texte :
"Tous les chrétiens engagés dans la vie politique des démocraties occidentales sont confrontés, un jour ou l’autre, à l’expression d’un point de vue qui heurte de plein fouet tel ou tel principe éthique fondamental et inaliénable. Dans ces circonstances, le hurlement outragé (au nom, peut-être, d’une atteinte intolérable aux « principes non négociables ») et le silence complice sont deux options extrêmes qui se rejoignent en une commune stérilité. Si un des principes que le Magistère catholique identifie comme non « négociable » est mis en cause ou ignoré, il revient aux chrétiens d’éclairer patiemment ce qui peut l’être et de témoigner de ce qu’ils croient profondément raisonnable. Ce faisant, ils honoreront ce qui doit être honoré bien mieux qu’en dénonçant l’aliénation de ce qui, dans le fond, ne peut être aliéné.
Quitter la table des discussions et claquer la porte en lançant des anathèmes : autant d’attitudes qui font partie du jeu habituel des négociations politiques et commerciales, autant d’attitudes qui donnent à penser que précisément, le « non négociable » n’est qu’un effet de positionnement. Bien des revendications syndicales par exemple se sont drapées de ce « non négociable » qui, en soi, n’impressionne guère.
Pour celui qui croit vraiment que la raison humaine est naturellement capable de parvenir à une certaine intelligence des exigences éthiques fondamentales, pour celui qui croit qu’il est de première importance d’honorer ces exigences, il ne peut être question d’entrer dans le jeu d’un militantisme outragé. Bien au contraire : les exigences de la loi naturelle seront d’autant mieux honorées qu’il se trouvera, jusque dans les rangs des partis et des associations où sont exprimés des points de vue contraires aux principes éthiques fondamentaux, des chrétiens capables de défendre en raison, avec une ferme assurance et une grande patience, la nécessité de protéger et promouvoir la dignité de la personne humaine.
Le fait qu’on ne puisse renoncer à certaines exigences éthiques fondamentales – au sens d’une incapacité à renoncer à ces exigences – fonde un devoir à participer à la vie politique de nos démocraties, pour promouvoir, dans les principaux partis politiques comme dans les grandes associations, le respect de la dignité humaine. Il est probable que ce devoir de participation, quant à lui, n’est pas soumis au respect a priori de principes « non négociables ».

Et voici ma réponse : 

Cher monsieur PG,
Le bon Père ne présente son opinion que comme probable. Il ne milite, quant à lui, à ma connaissance dans aucun parti, ni dans une association. Avec des raisonnements comme le sien, je pourrais voter Sarkozy puisqu'il a parmi ses soutiens l'inénarrable madame Boutin.

D'autre part, il semble oublier que "comparaison n'est pas raison". Je ne claque pas la porte. Je demande qu'à l'avenir au moins un candidat confesse les points non-négociables. Je le dis et j'en fais une condition sine qua non de mon vote. Mais je ne me désintéresse pas de mes semblables, c'est pourquoi par le vote blanc, j'exprime ainsi ma protestation et mes revendications. Je condamne en revanche l'attitude de ceux qui croient que parce qu'ils ont récité leur chapelet quotidien, fait leur retraite de cinq jours et assisté à dix messes par semaines sont dispensés de s'intéresser à l'humanité damnée, forcément damnée.

Je le fais conformément à la consigne du Pape
« Ai-je trouvé la joie? Non [...]. J'ai trouvé ma joie. Et c'est terriblement autre chose [...]. La joie de Jésus peut être personnelle. Elle peut appartenir à un seul homme, et il est sauvé. Il est en paix [...] pour maintenant et pour toujours, mais seul. Cette solitude de joie ne l'inquiète pas, au contraire: il est l'élu. Dans sa béatitude, il traverse les batailles une rose à la main » (10) Citation de Jean Giono  (1936) extraite de Spe Salvi 13.
http://www.vatican.va/holy_father/benedict_xvi/encyclicals/documents/hf_ben-xvi_enc_20071130_spe-salvi_fr.html#_ftnref10

Contrairement à ce que semble craindre le bon Père, je ne claque pas la porte, je témoigne pour mes sœurs et mes frères."

"C'est pourquoi, je salue votre engagement et votre dévouement au bien public, mais je ne peux être d'accord, en conscience avec les choix qui sont les vôtres. Mais je respecte vos choix, cependant."

Il est facile de dire "- vous ne faites rien, vous êtes des émigrés de l'intérieur."  et de jeter l'anathème, alors même que l'on ne fait rien soi-même. Mais le pauvre électeur, comment peut-il faire autrement lorsque il ne peut militer que pour la culture de mort, la dissolution de l'institution du mariage, et le totalitarisme rempant ou flamboyant ? S'il n'y a pas d'option possible, je n'opte pas.



Il y a des gens très bien dans la partis. Ils se disent "- Il y a des gens bien, très bien dans la politique. Si je ne milite pas, ils vont se décourager et tout leur travail va finalement profiter aux forces du mal. Pour cela passons sur nos convictions fondamentales, on ne fait pas d'omelette sans casser des œufs. Et puis tous ces émigrés de l'intérieur, non !" Ce sont des opinions que je respecte, mais ce ne sont pas les miennes. Le mystère de l'homme justifie les sacrifices du succès (d'autant plus que le succès éventuel n'en sera pas un pour les partisans de l'homme), je ne peux me trouver entraîné dans des actions que je réprouve et collaborer au succès des ennemis de l'homme.

18.10.12

Le relativisme baptisé "laïcité" est-il d'ordre public ?

Monsieur Jean-François Copé et son parti "L'Union pour un mouvement populaire" (UMP) ont écrit au président du Parti populaire européen (PPE). On peut lire le projet de lettre ici (via Nouvelles de France). Le PPE regroupe la droite modérée de toute l'Europe du Parlement européen. Le Parti populaire européen a établi une "programme de base" qui comprend des références à la civilisation gréco-latine et à la foi chrétienne.

Cela n'a pas été du goût du parti français adhérant au PPE, l'Union pour un mouvement populaire. Monsieur Copé, secrétaire général de l'UMP de ce parti a écrit au président pour lui dire qu'il n'était pas d'accord avec les prises de position du PPE.

Pour l'UMP :

"La laïcité constitue un élément vital de notre pacte de société, tient une place considérable dans cet ensemble de principes. Il en va de même en ce qui concerne certaines libertés individuelles notamment en ce qui concerne l'avortement est la contraception."

On ne saurait être plus clair.

Ainsi au nom de la liberté on interdit. Au nom de la liberté on interdit à la France d'être chrétienne. Au nom de la liberté, on puise dans les finances publiques pour contraindre l'ensemble des citoyens à financer des assassinats ou la prise de poisons.

Le plus intellectuellement tragique est que monsieur Copé prend ces positions au nom du respect "absolu" de la liberté de conscience. Ainsi si la conscience de Fourniret lui dicte d'enlever des petites filles pour les tuer, il faut respecter sa "liberté de conscience" puisqu'elle est absolue.

Les points non-négociables de Benoît XVI sont trois : défense de la vie, défense de la famille, liberté d'éducation, trois points qui figurent d'ailleurs dans la Déclaration universelle des droits de l'homme du 10 décembre 1948. Aucun ne figure dans la lettre de monsieur Copé.

Pour moi, un autre point non-négociable est l'abandon du laïcisme. La France a droit a sa liberté, elle a le droit d'être chrétienne. C'est prévu par la Déclaration universelle des droits de l'homme dans son article 18.

D'autre part, la liberté de conscience n'est jamais absolue, elle dépend toujours et nécessairement des grands principes moraux contenus dans les dix commandements ou la Déclaration universelle des droits de l'homme.  Jean-Paul II a défini la conscience. La conscience libre n'est pas un tribunal arbitraire. J'ai posté plusieurs fois sur la définition de la liberté de conscience par Jean-Paul II (liens donnés à titre d'exemple, sinon on peut taper "liberté de conscience" ou "Jean-Paul II" dans le moteur de recherche de mon blog).

La liberté de conscience ne peut contredire l'ordre public "ferme" selon l'expression de Jean XXIII.

On ne négocie pas la liberté. Non à l'esclavage laïciste ! L'ordre public c'est aussi la liberté du peuple. Le peuple peut donc décider d'adhérer à la doctrine de Jésus-Christ dont l'Eglise est l'interprète, personne ne peut le lui interdire.

Il est pour moi, dès lors évident, du fait de ses tendances totalitaires, que l'on ne peut soutenir ni au premier tour, ni au second tour quelque membre de l'UMP que ce soit. Ce groupe est un des ennemis organisés de la liberté des Français, de la France et de l'Europe et des droits universels de l'homme.

10.11.12

Les trois conditions du Pape selon Mgr Fellay

Selon un sermon de Mgr Fellay du 1er novembre 2012, notre Pape Benoît XVI pose trois conditions aux lefebvristes pour leur réintégration dans l'Eglise :

1) Magistère juge authentique
• La première est qu’il nous faut reconnaître que le magistère est le juge authentique de la Tradition apostolique – cela veut dire que c’est le magistère qui nous dit ce qui appartient à la Tradition. C’est vrai. Mais évidemment les autorités romaines vont l’utiliser pour dire : vous reconnaissez cela, donc maintenant nous décidons que le Concile est traditionnel, vous devez l’accepter. 


Mgr Fellay est d'accord pour dire que le magistère est le juge de la Tradition. Mais il n'est pas d'accord à cause des conséquences de cette affirmation doctrinale. Donc il est d'accord et il n'est pas d'accord. C'est typique de Mgr Lefebvre. Il ne veut pas accepter les conséquences pratiques de son affirmation doctrinale.

Et c’est d’ailleurs la deuxième condition.
 
• Il faut que nous acceptions que le Concile fasse partie intégrante de la Tradition, la Tradition apostolique. Mais là nous disons que la constatation de tous les jours nous prouve le contraire. Comment pourrait-on tout à coup dire que ce Concile est traditionnel ? Il faut avoir complètement changé le sens du terme ‘Tradition’ pour pouvoir dire une telle chose. Et effectivement on se rend bien compte qu’ils ont changé le sens du mot ‘Tradition’ ; car ce n’est pas pour rien qu’au concile Vatican II ils ont refusé la définition de saint Vincent de Lérins qui est la définition tout à fait traditionnelle : « Ce qui a été cru par tous, partout et toujours ».

Je ne sais pas d'où Mgr Fellay tire que Vatican II a « refusé » la « définition » de saint Vincent de Lérins. D'ailleurs cet événement, serait-il authentique, il ne prouverait rien contre les textes de Vatican II. Si le Pape décide que  le Concile Vatican II fait partie de la Tradition, je ne vois pas à quel titre, en vertu de quelle autorité, Mgr Fellay refuse d'écouter le Pape à ce sujet. Il semble qu'il invoque sa raison, ses constatations. Mais le seul argument de fait qu'il invoque est le prétendu refus de la formule de saint Vincent de Lérins extrinsèque aux textes. C'est une anecdote rapportées par on ne sait qui, et ne présente en tous cas qu'une importance très marginale. Il faut discuter des textes, pas des anecdotes rapportées par tel ou tel (de même qu'il ne faut pas croire les rumeurs au sujet du Pape, elles n'ont aucun intérêt).

Monseigneur poursuit :

« "Ce qui a été cru" est un objet. Maintenant, pour eux, la Tradition est quelque chose de vivant, ce n’est plus l’objet, c’est ce qu’ils appellent le « sujet Eglise », c’est l’Eglise qui grandit. C’est cela la Tradition, qui d’âge en âge fait de nouvelles choses, accumule ; et cette accumulation est une Tradition qui se développe, qui augmente. Ce sens est vrai aussi mais il est accessoire. »

La tradition est vivante parce qu'elle est représentée par un vivant et des vivants. Le Pape est vivant, il est dans l'histoire. Les évêques sont vivants, ils sont dans l'histoire. Lorsque le Pape parle, il prophétise. Il décide, il enseigne. La Tradition, c'est ce qui a toujours été cru, mais dont le père de famille vivant tire du neuf avec du vieux (Mt. 13, 52) . 

Profondément, ce qu'il y a derrière de reproche de Mgr Fellay, c'est la conviction que le Pape est moderniste.

Voici comment Monseigneur voit l'aggiornamento : Il pense que l'aggiornamento , c'est du modernisme. C'est le passage de Pascendi du pape saint Pie X auquel Monseigneur fait allusion : 

33. Et d'abord pour la foi. Commune à tous les hommes et obscure, disent-ils, fut la forme primitive de la foi: parce que précisément elle prit naissance dans la nature même et dans la vie de l'homme. Ensuite elle progressa, et ce fut par évolution vitale, c'est-à-dire non pas par adjonction de nouvelles formes venues du dehors et purement adventices, mais par pénétration croissante du sentiment religieux dans la conscience. Et ce progrès fut de deux sortes: négatif, par élimination de tout élément étranger, tel que le sentiment familial ou national; positif, par solidarité avec le perfectionnement intellectuel et moral de l'homme, ce perfectionnement ayant pour effet d'élargir et d'éclairer de plus en plus la notion du divin, en même temps que d'élever et d'affiner le sentiment religieux.
Pour expliquer ce progrès de la foi, il n'y a pas à recourir à d'autres causes qu'à celles-là mêmes qui lui donnèrent origine, si ce n'est qu'il faut y ajouter l'action de certains hommes extraordinaires, ceux que nous appelons prophètes, et dont le plus illustre a été Jésus-Christ. Ils concourent au progrès de la foi soit parce qu'ils offrent dans leur vie et dans leur discours quelque chose de mystérieux dont la foi s'empare et qu'elle finit par attribuer à la divinité, soit parce qu'ils sont favorisés d'expériences originales, en harmonie avec les besoins des temps où ils vivent. Le progrès du dogme est dû surtout aux obstacles que la foi doit surmonter, aux ennemis qu'elle doit vaincre, aux contradictions qu'elle doit écarter. Ajoutez-y un effort perpétuel pour pénétrer toujours plus profondément ses propres mystères.
Ainsi est-il arrivé, pour nous borner à un seul exemple que, ce quelque chose de divin que la foi reconnaissait en Jésus-Christ, elle est allée l'élevant et l'élargissant peu à peu et par degrés, jusqu'à ce que de lui finalement elle a fait un Dieu. Le facteur principal de l'évolution du culte est la nécessité d'adaptation aux coutumes et traditions populaires, comme aussi le besoin de mettre à profit la valeur que certains actes tirent de l'accoutumance. Pour l'Eglise enfin, c'est le besoin de se plier aux conjonctures historiques, de s'harmoniser avec les formes existantes des sociétés civiles.
Comparaison n'est pas raison contrairement suppose le discours de Mgr Fellay. Mgr Fellay ne voit pas que l'adaptation du discours aux circonstances nouvelles, n'est pas le changement de substance de la foi. Approfondissement n'est pas changement. A la décharge de Mgr Fellay, il faut dire qu'il est aidé dans son erreur par un certain nombre d'autorités catholiques qui, en fait, adhérent à cette idée du changement de substance de la foi. Par exemple lorsque Mgr Podvin attaque Pie IX (voir mon post sur la question). D'autres aussi prétendent que la chrétienté n'est plus permise, même en espoir, contre la doctrine du Christ-Roi. Alors que la doctrine de Vatican II ne condamne l'idée de chrétienté en rien, elle ne fait que l'affiner en faisant observer que le chrétien est solidaire de l'humanité entière, ce qui est dans l'évangile (Mt 7,12), donc que la chrétienté respecte les droits universels de l'homme qui comprennent la liberté religieuse. Vatican II est ainsi purification de la religion (condamnation de la doctrine de la tolérance religieuse, par exemple)

• En troisième point, il faut accepter la validité et la licéité de la nouvelle messe.
 J’avais envoyé à Rome les documents du Chapitre général, notre Déclaration finale qui est claire, et nos conditions pour éventuellement, lorsque cela viendra, être d’accord sur une possible reconnaissance canonique. Conditions sans lesquelles il est impossible de vivre ; ce serait se démolir tout simplement. Car accepter tout ce qui se fait aujourd’hui dans l’Eglise, c’est nous démolir. C’est abandonner tous les trésors de la Tradition.

On ne voit pas à quel titre Mgr Fellay voudrait imposer juridiquement son opinion selon laquelle le nouveau rite (ou, selon Summorum pontificum, la nouvelle forme du même rite) serait illicite et invalide. Il est de foi qu'un rite promulgué et édité par un Pape ne peut être scandaleux. L'Institut du Bon Pasteur démontre qu'il est possible de ne célébrer que selon l'ancien rite en restant en communion avec le Saint-siège. Mgr Fellay n'a aucun titre à imposer son opinion à l'Eglise universelle. De plus il affirme que le mouvement "traditionaliste" ne vit que des critiques et que sans les critiques, il meurt. Mais on ne vit pas pour critiquer, on vit par amour pour Celui qui nous aimé en premier (ce qui est fort rassurant, dans le fond). Il faut vivre pour édifier. Le mouvement traditionaliste peut vivre sans imposer ses opinions, ne serait-ce parce qu'il na pas autorité pour le faire. Il n'y a qu'une autorité doctrinale souveraine au monde : c'est le Pape et personne d'autre. En face de lui, les hommes ne peuvent invoquer juridiquement que leurs droits naturels et pas la foi.

Les lefebvristes ont été scandalisés par l'attitude des autorités ecclésiastiques qui ont bafoué les droits de fidèles, c'est vrai. Aussi je comprends les "traditionalistes", et les désapprouve en même temps. Il faut garder la foi malgré les scandales.

6.12.11

La faille fondamentale de la défense de monsieur de Guillebon


Apparemment les prises de position de monsieur de Guillebon ont nui à l'image du mensuel "La Nef". Je dois dire que ce journal qui avait ma sympathie m'est devenu antipathique. Monsieur de Guillebon à écrit une mise au point et des excuses pour les militants qu'il avait traités inconsidérément de "pharisiens" (dans l'acception, d'ailleurs erronée, que ce terme a dans la "doxa" chrétienne). Mais uniquement pour eux, car il continue à se démener contre ceux qui ont condamné ses prises de position à l'égard des personnes menottées.

Il les critique en ces termes pris sur le site de "La Nef" :

(...) cette polémique aura surtout montré combien, dans un certain monde traditionaliste français, il est devenu presque impossible de discuter – et sur des questions prudentielles encore. Combien qui s’éloigne de la doxa imposée politiquement par une certaine presse et des groupes de pression organisés est aussitôt soumis à la vindicte publique. En ce sens-là, j’appelle les meneurs de la campagne de presse diffamatoire organisée à mon encontre (ils se reconnaîtront) et à l’encontre de quelques autres à s’interroger sur leur capacité de discussion et sur la légitimité de leurs oukases. Qui les a établis pour être nos juges ? Dois-je être tenu pour responsable des gardes à vue de centaines de jeunes catholiques – gardes à vue dans lesquelles leurs meneurs et leurs prêtres, sauf exception, ne les ont pas suivis ? Suis-je coupable de la mauvaise image que les lobbyistes catholiques autoproclamés ont fabriquée d’eux-mêmes auprès de l’opinion publique ?

Non, monsieur de Guillebon, les droits de l'homme ne sont pas sujet à option ni sujet à condamnation, ils ne sont pas une option prudentielle. C'est donc à bon droit que l'on ne discute pas sur le fond avec les ennemis de la liberté. Il n'y a pas de liberté pour l'expression des opinions contraires à la liberté fondamentale humaine. Le titre des gens qui vous ont désapprouvé à bon droit est dans la raison universelle de l'homme, c'est pourquoi ils vous ont jugé et condamné à bon droit, comme un violateur des droits humains (même s'il ne l'on pas compris clairement). Ne vous enfoncez pas en leur déniant un titre qu'ils détiennent de Dieu à l'image duquel ils sont faits.

Monsieur de Guillebon est un représentant d'un certains fondamentalisme chrétien (pour le coup le terme est justement appliqué) faisant fi des droits de la raison et en conséquence violant la justice naturelle.

21.1.17

21 janvier 1793, assassinat de Louis XVI

Testament du Louis XVI du 25 décembre 1792:

« Au nom de la très Sainte Trinité, du Père, du fils et du Saint Esprit. Aujourd’hui vingt-cinquième de décembre mil sept cent quatre vingt douze.
Moi, Louis, XVIème du nom, Roi de France, étant depuis plus de quatre mois enfermé avec ma famille dans la Tour du Temple à Paris, par ceux qui étaient mes sujets, et privé de toute communication quelconque, même depuis le onze du courant avec ma famille. De plus impliqué dans un Procès dont il est impossible de prévoir l’issue à cause des passions des hommes, et dont on ne trouve aucun prétexte ni moyen dans aucune loi existante, n’ayant que Dieu pour témoin de mes pensées, et auquel je puisse m’adresser. Je déclare ici en sa présence, mes dernières volontés et mes sentiments.
Je laisse mon âme à Dieu mon créateur, et je le prie de la recevoir dans sa miséricorde, de ne pas la juger d’après ses mérites, mais par ceux de Notre Seigneur Jésus Christ qui s’est offert en sacrifice à Dieu son Père, pour nous autres hommes, quelque indignes que nous en fussions, et moi le premier.
Je meurs dans l’union de notre sainte Mère l’Église Catholique, Apostolique et Romaine, qui tient ses pouvoirs par une succession non interrompue de Saint Pierre auquel Jésus-Christ les avait confiés. Je crois fermement et je confesse tout ce qui est contenu dans le Symbole et les commandements de Dieu et de l’Église, les Sacrements et les Mystères tels que l’Église Catholique les enseigne et les a toujours enseignés. Je n’ai jamais prétendu me rendre juge dans les différentes manières d’expliquer les dogmes qui déchirent l’Église de Jésus-Christ, mais je m’en suis rapporté et rapporterai toujours, si Dieu m’accorde vie, aux décisions que les supérieurs Ecclésiastiques unis à la Sainte Église Catholique, donnent et donneront conformément à la discipline de l’Église suivie depuis Jésus-Christ. Je plains de tout mon coeur nos frères qui peuvent être dans l’erreur, mais je ne prétends pas les juger, et je ne les aime pas moins tous en Jésus-Christ suivant ce que la charité Chrétienne nous l’enseigne.
Je prie Dieu de me pardonner tous mes péchés, j’ai cherché à les connaître scrupuleusement, à les détester et à m’humilier en sa présence, ne pouvant me servir du Ministère d’un Prêtre Catholique. Je prie Dieu de recevoir la confession que je lui en ai faite, et surtout le repentir profond que j’ai d’avoir mis mon nom, (quoique cela fut contre ma volonté) à des actes qui peuvent être contraires à la discipline et à la croyance de l’Église Catholique à laquelle je suis toujours resté sincèrement uni de coeur. Je prie Dieu de recevoir la ferme résolution où je suis, s’il m’accorde vie, de me servir aussitôt que je le pourrai du Ministère d’un Prêtre Catholique, pour m’accuser de tous mes péchés, et recevoir le Sacrement de Pénitence.
Je prie tous ceux que je pourrais avoir offensés par inadvertance (car je ne me rappelle pas d’avoir fait sciemment aucune offense à personne), ou à ceux à qui j’aurais pu avoir donné de mauvais exemples ou des scandales, de me pardonner le mal qu’ils croient que je peux leur avoir fait.
Je prie tous ceux qui ont de la Charité d’unir leurs prières aux miennes, pour obtenir de Dieu le pardon de mes péchés.
Je pardonne de tout mon coeur à ceux qui se sont fait mes ennemis sans que je leur en aie donné aucun sujet, et je prie Dieu de leur pardonner, de même que ceux qui par un faux zèle, ou par un zèle mal entendu, m’ont fait beaucoup de mal.
Je recommande à Dieu, ma femme, mes enfants, ma Soeur, mes Tantes, mes Frères, et tous ceux qui me sont attachés par les liens du sang, ou par quelque autre manière que ce puisse être. Je prie Dieu particulièrement de jeter des yeux de miséricorde sur ma femme, mes enfants et ma soeur qui souffrent depuis longtemps avec moi, de les soutenir par sa grâce s’ils viennent à me perdre, et tant qu’ils resteront dans ce monde périssable.
Je recommande mes enfants à ma femme, je n’ai jamais douté de sa tendresse maternelle pour eux ; je lui recommande surtout d’en faire de bons Chrétiens et d’honnêtes hommes, de leur faire regarder les grandeurs de ce monde ci (s’ils sont condamnés à les éprouver) que comme des biens dangereux et périssables, et de tourner leurs regards vers la seule gloire solide et durable de l’Éternité. Je prie ma soeur de vouloir bien continuer sa tendresse à mes enfants, et de leur tenir lieu de mère, s’ils avaient le malheur de perdre la leur.
Je prie ma femme de me pardonner tous les maux qu’elle souffre pour moi, et les chagrins que je pourrais lui avoir donnés dans le cours de notre union, comme elle peut être sûre que je ne garde rien contre elle si elle croyait avoir quelque chose à se reprocher.
Je recommande bien vivement à mes enfants, après ce qu’ils doivent à Dieu qui doit marcher avant tout, de rester toujours unis entre eux, soumis et obéissants à leur mère, et reconnaissants de tous les soins et les peines qu’elle se donne pour eux, et en mémoire de moi. Je les prie de regarder ma soeur comme une seconde mère.
Je recommande à mon fils, s’il avait le malheur de devenir Roi, de songer qu’il se doit tout entier au bonheur de ses concitoyens, qu’il doit oublier toute haine et tout ressentiment, et nommément tout ce qui a rapport aux malheurs et aux chagrins que j’éprouve. Qu’il ne peut faire le bonheur des Peuples qu’en régnant suivant les Lois, mais en même temps qu’un Roi ne peut les faire respecter, et faire le bien qui est dans son coeur, qu’autant qu’il a l’autorité nécessaire, et qu’autrement, étant lié dans ses opérations et n’inspirant point de respect, il est plus nuisible qu’utile.
Je recommande à mon fils d’avoir soin de toutes les personnes qui m’étaient attachées, autant que les circonstances où il se trouvera lui en donneront les facultés, de songer que c’est une dette sacrée que j’ai contractée envers les enfants ou les parents de ceux qui ont péri pour moi, et ensuite de ceux qui sont malheureux pour moi. Je sais qu’il y a plusieurs personnes de celles qui m’étaient attachées, qui ne se sont pas conduites envers moi comme elles le devaient, et qui ont même montré de l’ingratitude, mais je leur pardonne, (souvent, dans les moment de troubles et d’effervescence, on n’est pas le maître de soi) et je prie mon fils, s’il en trouve l’occasion, de ne songer qu’à leur malheur.
Je voudrais pouvoir témoigner ici ma reconnaissance à ceux qui m’ont montré un véritable attachement et désintéressé. D’un côté si j’étais sensiblement touché de l’ingratitude et de la déloyauté de gens à qui je n’avais jamais témoigné que des bontés, à eux et à leurs parents ou amis, de l’autre, j’ai eu de la consolation à voir l’attachement et l’intérêt gratuit que beaucoup de personnes m’ont montrés. Je les prie d’en recevoir tous mes remerciements ; dans la situation où sont encore les choses, je craindrais de les compromettre si je parlais plus explicitement, mais je recommande spécialement à mon fils de chercher les occasions de pouvoir les reconnaître.
Je croirais calomnier cependant les sentiments de la Nation, si je ne recommandais ouvertement à mon fils MM de Chamilly et Hue, que leur véritable attachement pour moi avait portés à s’enfermer avec moi dans ce triste séjour, et qui ont pensé en être les malheureuses victimes. Je lui recommande aussi Cléry des soins duquel j’ai eu tout lieu de me louer depuis qu’il est avec moi. Comme c’est lui qui est resté avec moi jusqu’à la fin, je prie MM de la Commune de lui remettre mes hardes, mes livres, ma montre, ma bourse, et les autres petits effets qui ont été déposés au Conseil de la Commune.
Je pardonne encore très volontiers à ceux qui me gardaient, les mauvais traitements et les gênes dont ils ont cru devoir user envers moi. J’ai trouvé quelques âmes sensibles et compatissantes, que celles-là jouissent dans leur coeur de la tranquillité que doit leur donner leur façon de penser.
Je prie MM de Malesherbes, Tronchet et de Sèze [ses avocats], de recevoir ici tous mes remerciements et l’expression de ma sensibilité pour tous les soins et les peines qu’ils se sont donnés pour moi.
Je finis en déclarant devant Dieu et prêt à paraître devant Lui, que je ne me reproche aucun des crimes qui sont avancés contre moi. »


(via Jeune-Nation)

On reste ébloui devant la modération et l'élégance de ce testament d'un grand chrétien.

On comprend aussi André Chénier qui voulait cracher sur les noms et pétrir dans leur fange les monstres "barbouilleurs de lois" qui empêchaient un homme de pratiquer sa religion au nom de la liberté !

La vindicatio fait partie la justice. La faute entraîne la peine. 

4.5.09

La liberté de conscience selon la papauté, et mes commentaires

"Mais on peut l'entendre [la liberté de conscience] aussi en ce sens que l'homme a dans l'Etat le droit de suivre, d'après la conscience de son devoir, la volonté de Dieu, et d'accomplir ses préceptes sans que rien puisse l'en empêcher. Cette liberté, la vraie liberté, la liberté digne des enfants de Dieu, qui protège si glorieusement la dignité de la personne humaine, est au-dessus de toute violence et de toute oppression, elle a toujours été l'objet des voeux de l'Église et de sa particulière affection. C'est cette liberté que les apôtres ont revendiquée avec tant de constance, que les apologistes ont défendue dans leurs écrits, qu'une foule innombrable de martyrs ont consacrée de leur sang. Et ils ont eu raison, car la grande et très juste puissance de Dieu sur les hommes et, d'autre part, le grand et le suprême devoir des hommes envers Dieu trouvent l'un et l'autre dans cette liberté chrétienne un éclatant témoignage."

http://www.vatican.va/holy_father/leo_xiii/encyclicals/documents/hf_l-xiii_enc_20061888_libertas_fr.html

"Libertas" du 20 juin 1888.

Cependant, je pense que la traduction française n'est pas très bonne. Je n'ai pas réussi à avoir le texte original en latin, mais en italien cela donne :

"E meritatamente, in quanto questa libertà cristiana attesta ad un tempo il supremo e giustissimo potere di Dio sugli uomini e l’assoluto e primario dovere degli uomini verso Dio."

Ce que je traduirais plutôt "Et il l'ont fait à juste titre, parce que cette liberté chrétienne témoigne en même temps du suprême et très juste pouvoir de Dieu sur les hommes et l'absolu et du primaire devoir des hommes envers Dieu."

Observez que ce n'est pas la foi chrétienne qui confère des droits, mais la nature humaine.

Cette liberté ne date pas de Vatican II. C'est déjà la liberté religieuse dans l'Etat. Et la norme à opposer à l'autorité étatique est sa conscience. Cette liberté de conscience fondée sur la dignité de la personne est opposable à l'Etat, même si la conscience est erronée (dans l'erreur), comme, en fait, toutes nos consciences le sont sur un point ou un autre.

Chère Michèle, le "Christ-Roi" est une idéologie pour certains catholiques. Mais le Christ par son Eglise nous dit : "respectez les consciences même erronées" et cela depuis sa fondation au témoignage de Léon XIII. "d'après la conscience de son devoir", c'est bien la norme et ce n'est pas la foi qui donne le titre à la liberté mais la nature humaine. C'est pourquoi même les athées en bénéficient, car aucun être humain ne peut forcer un autre être humain à honorer le Seigneur ou à s'abstenir si sa conscience ne le lui dicte pas.

C'est pourquoi les idéologues du Christ-Roi sont les pires ennemis du Christ-Roi car il enrôlent de force le Seigneur et son Eglise dans leur parti politique. C'est un horrible blasphème. Personne n'est propriétaire du Seigneur ni de son Eglise.

Ce qui ne veut pas dire, mais au contraire implique, que le Christ-Roi puisse régner sur les sociétés si les êtres humains le réclament. C'est leur liberté religieuse et c'est en cela que je me sépare des laïcistes. Mais le règne du Christ sera celui de la liberté religieuse. Si un consensus s'exprime pour le Christ-Roi, les institutions étatiques respecteront et feront respecter la liberté religieuse et la liberté de conscience qui fait partie de la législation du Christ, elles respecteront et feront respecter les droits de l'homme.

8.8.08

Dialogue sur les droits de l'homme

Sur le blog d'Yves Daoudal se poursuit un dialogue entre un musulman favorable à la Fraternité sacerdotale saint Pie X et d'autres intervenants.


Pour ma part, je pense que seuls le respect sincère des droits de l'homme, et donc de la vie privée, par l'ensemble de l'humanité, pourra faire cohabiter les êtres humains. C'est l'invite que je lançais à ce monsieur qui critiquait la vie privée des chrétiennes.

Monsieur Randame (nom du Monsieur en question) me demande d'où vient mon culte pour les droits de l'homme en ces termes :

Les droits de l'homme,j'attends que l'on m'explique qui en est l'auteur,leurs permanences;quand j'aurais compris,je prendrai position.

Voici ma réponse :

"L’Eglise, pour sa part, a reçu de son fondateur Jésus Christ le devoir de proclamer l’égale dignité de toutes les personnes en tant qu’enfants de Dieu. Elle n’a pas manqué, au cours de ces quarante années, de réaffirmer les fondements transcendants des droits humains et d’encourager les actions dynamiques menées en notre temps pour promouvoir ces droits. Selon l’enseignement de l’Eglise, les droits de l’homme sont fondés en Dieu Créateur: il a doté toute personne d’intelligence et de liberté; il a voulu que l’organisation de la société soit mise au service de l’homme." a dit Jean-Paul II dans son discours sur le quarantième anniversaire de la déclaration universelle des droits de l'homme. (site du Vatican)

Ces droits de l'homme trouvent aussi leur fondement dans l'aspiration de tous les hommes à les voir reconnus. Je vous informe (ou vous rappelle) qu'il existe une déclaration des droits de l'homme en islam.

L'égalité de tous les hommes trouve son fondement dans l'absence de titre d'un être humain à dominer un autre être humain

"8 Pour vous, ne vous faites point appeler Rabbi, car il n'est pour vous qu'un seul maître, et vous êtes tous frères. " Mth 23, 8

Article 12 de la déclaration universelle des droits de l'homme de 1948 :

"Nul ne sera l'objet d'immixtions arbitraires dans sa vie privée, sa famille, son domicile ou sa correspondance, ni d'atteintes à son honneur et à sa réputation. Toute personne a droit à la protection de la loi contre de telles immixtions ou de telles atteintes. "

Si la liberté de religion comporte la liberté de croire et de ne pas croire, il convient de respecter les croyances de tous (d'où les caricatures de Mohamed sont condamnables).

Il est vrai qu'aujourd'hui les médias et le système éducatif sont hostiles à toute croyance, ils sont aux mains d'athées et d'agnostiques. C'est pourquoi l'histoire est écrite par des ennemis du christianisme, surtout du christianisme, mais dans la mesure où ce serait aussi de l'islam, c'est condamnable. L'histoire doit être objective.

Il est vrai que les médias et l'Education nationale ne respectent pas la liberté religieuse, ni la liberté des croyants, mais nous devons en prendre conscience, sans nous ravaler à leurs méthodes de mensonges et de diffamations.

En conclusion, nous devons tous sans distinction de croyance ou d'incroyance nous unir sur les droits de l'homme pour trouver le moyen de vivre ensemble en paix.

20.12.12

Gentiloup, la lefebvriste sincère

Le pseudonyme "Gentiloup" désigne, paraît-il, une femme. Elle a fondé un forum intitulé "Un évêque s'est levé" et explique pourquoi dans une interview du 23 juillet 2012 publié par l'agence de presse "Tradinews".

Gentiloup est une williamsonnienne, son forum est williamsioniste. Ce qui caractérise le mieux la pensée de Mgr Williamson et de ses amis est la bonne volonté. Mais l'enfer est pavé de bonnes intentions, la bonne volonté ne suffit pas.

L'erreur est au départ. L'erreur est de fragmenter l'humanité. Il y a d'un côté les sauvés, les catholiques fidèles, de l'autre les damnés, le reste de l'humanité. Chez lui, pas de distinctions superflues, le spirituel, le moral et le juridique sont tout d'une pièce. S'il ne distingue pas entre le spirituel et le juridique, il n'a sans doute même pas idée des distinctions qui doivent être faites dans l'ordre juridique entre ce qui est licite ou possible et ce qui est nécessaire, puis ce qui est d'une nécessité absolue et ce qui est de nécessité culturelle et historique, ce qui ressortit à la compétence des clercs, ce qui ressortit à la compétence des laïcs.

Il est une des victimes de la propagande en faveur des retraites des "Exercices spirituels" de saint Ignace en 5 jours. Si l'on adhère à cette propagande, plus aucune autre culture qu'une certaine culture spirituelle prétendument "ignatienne" n'est utile. La culture spirituelle "ignatienne" résoudra tout.

De ce fait, la pensée est extrêmement simple, simpliste. Elle donnera l'illusion à ceux qui y adhèreront de tout comprendre.

Gentiloup met en pratique ces idées. Le forum est consacré au Sacré-Cœur, s'il marche, c'est que le Sacré-Cœur le bénit. Tout est spirituel.

L'Eglise catholique étant devenue une annexe de la synagogue de Satan, ou peut-être même son centre moteur. Il faut prouver que le Pape est un suppôt de Satan. Facile : Jean-Paul II a embrassé le Coran (c'est affirmé sur la foi d'une photo controversée), Benoît XVI s'est croisé les mains sur le ventre pour prier avec les musulmans. Pour moi, c'est un peu trop peu pour pouvoir juger de tout, pour tout rejeter, alors que la pensée de ces papes est extrêmement instructive, si l'on se donne le temps et la peine de les étudier avec une culture philosophique et juridique minimum préalable.

Il ne faut pas jeter la pierre à ces gens. Gentiloup explique dans un de ses anciens posts que c'est le changement violent des années soixante-dix qui l'avait éloignée de l'Eglise et que c'est le lefebvrisme qui l'en a rapprochée. Or il est parfaitement exact que l'Eglise de France a saccagé les églises, détruit la liturgie, prêché la "pillule", prêché en secret le concubinage et le mariage à l'essai, elle prêche le laïcisme, prêché le laïcisme, l'indifférentisme et le relativisme, la liberté de conscience sans rapport avec la vérité objective. Il est vrai que Paul VI a piétiné les droits culturels et religieux des peuples et particulièrement celui du peuple français. Il a mis en pratique le négationnisme religieux et culturel. Non pas, « vous n'existez pas », mais « je les ignore. Ils ne m'intéressent. Ils sont des maurrassiens damnés et méchants, nous sommes en présence d'une nouvelle affaire d'Action française. J'ai autre chose à faire que de me préoccuper de ces groupuscules de damnés. » Et cela pendant que les évêques français, qui publiaient des textes, contredisant diamétralement le Pape, en faveur de l'avilissement des femmes et de la destruction de leur santé pour le plus grand bénéfice des ennemis de l'humanité et des laboratoires pharmaceutiques, étaient reçus avec honneur au Vatican. Ce en quoi les "traditionalistes" voyaient la preuve de la duplicité du Pape. Voir sur ce sujet l'article de wikipedia sur Humanæ vitæ, et la note de l'épiscopat qui a osé écrire pour détruire l'enseignement de l'encyclique dans sa note explicative "La contraception n'est jamais un bien, elle est toujours un désordre, mais ce désordre n'est pas toujours coupable." ("mentir, est un désordre, mais ce désordre n'est pas toujours coupable.") Ce qui n'entraîna aucune réaction de Paul VI.

Il est vrai que si la situation a un peu changé et que l'agressivité d'un certain clergé à l'encontre des droits culturels des peuples s'est un peu atténuée, le fond de la situation reste cependant à peu près le même (voire s'est aggravée, selon moi, par la Motu proprio Summorum pontificum). Le clergé, un certain clergé, continue de prôner discrètement le divorce, la pilule, le mariage à l'essai, l'avortement, voire la destruction du mariage etc.

Cependant, ce dont ne s'aperçoivent pas les williamsionistes, ni les autres lefebvristes, c'est que l'Eglise est un mystère de miséricorde. Dieu a fondé son Eglise et l'a dotée de pouvoirs surnaturels. S'il plaît à Dieu de nous donner, en punition de nos péchés individuels et collectifs, un clergé scandaleux, Il ne nous en confère aucun pouvoir supplémentaire. L'Eglise reste l'Eglise, rien ne dépasse la miséricorde de Dieu qui est fidèle.

D'ailleurs la corruption n'est pas générale et le Saint-Siège continue de prêcher la Vérité et l'évangile et lorsque les lefebvrsites de toutes tendances, comme les "progressistes" d'ailleurs croient voir des contradictions entre Dignitatis humanæ et le Syllabus, ils font un contre-sens. Lorsqu'ils croient que la liberté de conscience des auteurs de du XIXe siècle est la même que celle défendue par Jean-Paul II, il sont abusés par l'expression qui n'a pas la même définition. Les lefebvristes se dispercent, s'égarent font beaucoup de mal. Nul ne peut toucher à l'arche d'alliance qui est un mystère.

L'Eglise est la nouvelle alliance. Le premier livre des Chroniques, raconte que David avait décidé, avec le peuple unanime, de mettre en honneur l'Arche d'alliance en la transportant chez Abinadab qui avait deux fils. Ses fils conduisaient le char à bœufs qui traînait le char sur lequel on avait mis l'arche. Un des deux fils conducteur du char, s'appelait Oza :


« I Ch 13,9. Mais, lorsqu'on fut arrivé près de l'aire de Chidon, Oza étendit sa main pour soutenir l'arche, car un des boeufs l'avait fait un peu pencher en regimbant.
I Ch 13,10. Alors le Seigneur s'irrita contre Oza, et le frappa pour avoir touché l'arche, et il tomba mort devant le Seigneur. »

Fichier:P1000484 Paris Ier Eglise Saint-Roch Chapelle Adoration Arche d'alliance reductwk.JPG http://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:P1000484_Paris_Ier_Eglise_Saint-Roch_Chapelle_Adoration_Arche_d%27alliance_reductwk.JPG#filelinks


Arche d'alliance photographie libre de droit à condition d'indiquer la source : source article wikipedia sur l'église Saint Roch à Paris (1er arrondissement).



Il est interdit de toucher à l'Arche d'alliance demeure de Dieu.

21.3.10

Ce qu'il y a de vrai dans la campagne médiatique





On a fait observer à juste titre que le scandale de la maltraitance à l'égard des mineurs n'est pas une exclusivité de l'Eglise. Il y a certainement une campagne visant particulièrement une croyance, qui a ce titre est illégitime, car elle ignore les attaques contre les enfants si elle ne sont pas le fait d'ecclésiastiques. Cela c'est pour la société civile, la société laïque.

Cependant, il est vrai que l'Eglise se doit d'être irréprochable sur la maltraitance en particulier des enfants. Il est particulièrement inadmissible que la maltraitance vienne des religieux catholiques, vu la doctrine qu'ils professent ou sont censés professer.

Moi-même ancien enfant maltraité dans une ambiance laïque, darwiniste, libérale, athée (idéologie maçonnique de l'homme-machine), puis adulte spolié, injurié, privé de ses droits fondamentaux, cyniquement moqué par la justice laïque française menteuse et parjure, je sais que la maltraitance, l'injustice ne sont pas l'exclusivité des religieux catholiques. J'ai d'ailleurs connu de véritables saints ou au moins des personnages vraiment vertueux parmi les ecclésiastiques.

Il convient toutefois de se demander d'où viennent ces maltraitances et l'on voit qu'elle sont nées environ avec les années soixante.

Le pape dans sa lettre aux catholiques irlandais tente de remonter aux causes anti-culturelles qui ont favorisé cette plongée vers la barbarie :

"Le programme de renouveau proposé par le Concile Vatican ii fut parfois mal interprété et en vérité, à la lumière des profonds changements sociaux qui avaient lieu, il était très difficile de comprendre comment les appliquer de la meilleure façon possible. En particulier, il y eut une tendance, dictée par de justes intentions, mais erronée, une tendance à éviter les approches pénales à l'égard de situations canoniques irrégulières. C'est dans ce contexte général que nous devons chercher à comprendre le problème déconcertant de l'abus sexuel des enfants, qui a contribué de façon très importante à l'affaiblissement de la foi et à la perte de respect pour l'Eglise et pour ses enseignements."

Dans le drame de la pédophilie, des auteurs comme Françoise Marette épouse Dolto (ultra catholique gnagna élevée dans le culte de sainte Thérèse de l'Enfant Jésus corrompu en superstitions, superstitions élevées en vertu) ne sont pas tout à fait étrangers.

Mais sans doute faut-il remonter plus haut dans la hiérarchie de la pensée et se souvenir de Paul VI. A l'époque monsieur Madiran avait publié dans sa revue une nouvelle ou plutôt un récit de Jacques Perret. Monsieur Madiran était persuadé que ce récit était en rapport avec un discours de Paul VI dans lequel (de mémoire) celui-ci disait à peu près qu'il confiait l'Eglise à la Providence et qu'il ne fallait pas compter sur lui pour prendre des initiatives répressives. Dieu était plus grand que lui et Il veillerait sur l'Eglise bien mieux que lui-même ne pouvait le faire. Je cite de mémoire car je n'ai pas la collection d'Itinéraire à ma disposition. Ce à quoi Jacques Perret avait répondu que son récit n'était en rien lié à la politique de Paul VI, qu'il s'agissait seulement d'un récit écrit pour l'édification et le divertissement littéraire du lecteur.

J'avais lu ce récit de Jacques Perret avec beaucoup de plaisir. Le talent littéraire du narrateur était immense.

Selon mes souvenirs le thème, tiré d'une histoire vécue, était le suivant : au début du XIXème siècle un petit bateau part d'Europe en direction de l'Amérique avec une cargaison de vin fin, sous la responsabilité un capitaine très pieux, un second intelligent et des marins d'un esprit assez moyen.

Le capitaine confie son bateau à la Providence, et fait, au début de la traversée à peu près le discours de Paul VI. Malgré les avertissements de son second, il ne veut rien entendre : il confie la traversée à la Providence, il n'est pas plus grand que Dieu. Après quelques jours, le moins recommandable des marins, se glisse dans la cale pour voler du vin. Il doit en distribuer à ses camarades, il commence aussi à murmurer contre l'autorité qui n'y comprend rien. Et de fil en aiguille le bateau finit dans l'anarchie ; tout l'équipage est ivre, il jette le capitaine et le second à la mer. Le bateau sombre ou quelque chose comme cela ; en tout cas cela se finit très mal. Je relirais volontiers le récit si cela m'était donné.

Selon moi la maltraitance des enfants va de pair, voire découle du viol de la liberté religieuse.

Combien aujourd'hui le clergé français viole la liberté religieuse des catholiques ! Combien il est impossible de s'adresser aux autorités qui confient l'Eglise à la Providence, voire violent eux-même la liberté religieuse des fidèles...

Et en conséquence agressent ces fidèles comme ont été agressés et diffamés ceux qui s'étaient opposés au kiss-in devant Notre-Dame de Paris. Ceux-ci défendaient leur liberté religieuse et ils se sont fait agresser par le très haut clergé français (qui ramène tout à lui) ! Alors que le clergé n'a aucun titre à condamner la défense de leur propre liberté religieuse par les catholiques.

Si des gens, à l'époque des faits de maltraitance, avaient dénoncé les maltraitances du clergé aux autorités religieuses, puis publiquement, ils auraient été dénoncés comme ennemis de l'Eglise, comme des violents armés de battes de base-ball morales, comme des mécréants se défiant de la Providence qui veille sur son Eglise, des gens sans charité...

Les droits de l'homme ne sont pas abolis par les droits du clergé.