14.3.11

Le site "La Question" refuse mon commentaire

Le site "La Question" qui publie à longueur de colonnes des textes très contestables, a refusé un de mes commentaires sur Paul IV et sa bulle "Cum nimis absurdum" où j'écrivais que le site utilisait une traduction falsifiée de cette bulle.

Car la "traduction" utilisée qui se trouve sur wikipédia ajoute des termes qui ne sont pas dans la bulle.

La tentative d'enrôler la doctrine des papes dans une cause qui n'est pas la leur, oblige en effet à user de faux pour étayer ses thèses.

Pour le Japon durement éprouvé, Notre-Dame d'Akita


Signalé par le Salon beige, un sanctuaire marial au Japon


Le peuple le plus noble du monde (aux dires de saint François Xavier) est en proie à de terribles calamités : tremblements de terre réitérés, (raz de marée) tsunami.

Dans de pareil cas, nous avons tous tendance à nous réfugier dans la prière, en vue de demander à la Personne qui gouverne les éléments de ne plus appesantir sa main sur les populations.

Ne pouvant offrir autre chose, j'offre mes pauvres prières en union avec les prières officielles et les privées pour ce pays si attachant et si durement éprouvé.

13.3.11

Selon l'Homme nouveau l'Église détient la vérité

Lu sur le Salon beige un extrait d'un article de l'Homme nouveau selon lequel, l'Église détient la vérité. (Je ne poste plus sur le "Salon beige" car mes commentaires sont le plus souvent rejetés.)

"Ainsi, l’Église n’est pas seulement « experte en laïcité », elle détient la vérité sur les justes rapports entre l’Église et l’État qui ne sont assurément pas l’absorption étatique de la laïcité ni l’absorption religieuse de l’islam. Nous l’oublions trop nous-mêmes : la doctrine de l’Église contient les principes pour répondre aux problèmes du monde. N’ayons pas mauvaise conscience. Osons le dire."

Certes comme je suis catholique je crois à la vérité catholique. Mais présenter les choses comme cela est trop réducteur de la... vérité.

Mais, il importe en même temps de prendre conscience et de vivre cette autre vérité exprimée par Gaudium et spes :

"44. Aide que l’Église reçoit du monde d’aujourd’hui

1. De même qu’il importe au monde de reconnaître l’Église comme une réalité sociale de l’histoire et comme son ferment, de même l’Église n’ignore pas tout ce qu’elle a reçu de l’histoire et de l’évolution du genre humain.

2. L’expérience des siècles passés, le progrès des sciences, les richesses cachées dans les diverses cultures, qui permettent de mieux connaître l’homme lui-même et ouvrent de nouvelles voies à la vérité, sont également utiles à l’Église. En effet, dès les débuts de son histoire, elle a appris à exprimer le message du Christ en se servant des concepts et des langues des divers peuples et, de plus, elle s’est efforcée de le mettre en valeur par la sagesse des philosophes : ceci afin d’adapter l’Évangile, dans les limites convenables, et à la compréhension de tous et aux exigences des sages. À vrai dire, cette manière appropriée de proclamer la parole révélée doit demeurer la loi de toute évangélisation. C’est de cette façon, en effet, que l’on peut susciter en toute nation la possibilité d’exprimer le message chrétien selon le mode qui lui convient, et que l’on promeut en même temps un échange vivant entre l’Église et les diverses cultures [101]. Pour accroître de tels échanges, l’Église, surtout de nos jours où les choses vont si vite et où les façons de penser sont extrêmement variées, a particulièrement besoin de l’apport de ceux qui vivent dans le monde, et en épousent les formes mentales, qu’il s’agisse des croyants ou des incroyants. Il revient à tout le Peuple de Dieu, notamment aux pasteurs et aux théologiens, avec l’aide de l’Esprit Saint, de scruter, de discerner et d’interpréter les multiples langages de notre temps et de les juger à la lumière de la parole divine, pour que la vérité révélée puisse être sans cesse mieux perçue, mieux comprise et présentée sous une forme plus adaptée."

Il est donc vrai de dire que l'Église "détient" la vérité et non moins vrai qu'Elle reçoit une aide des croyants et des non-croyants pour l'expression de cette vérité selon les époques et les cultures. Dans ce cadre, l'Église reçoit du genre humain tout entier. Et les incroyants donnent à l'Église. Il est important de se départir de l'esprit qui méprise tout ce que l'histoire de l'humanité et son développement ont apporté à l'Église.

La révolution scientifique ratzinguérienne




Étudiant de nouveau l'encyclique "Spe Salvi", j'en retire un donné de la pensée du Pape sur la science.

"Le rationalisme philosophique [de l'Antiquité] avait cantonné les dieux dans le champ de l'irréel. Le Divin était vu sous différentes formes dans les forces cosmiques, mais un Dieu que l'on puisse prier n'existait pas. Paul illustre de manière particulièrement appropriée la problématique essentielle de la religion d'alors, lorsqu'il oppose à la vie « selon le Christ » une vie sous la seigneurie des « éléments du cosmos » (cf. Col 2, 8). Dans cette perspective, un texte de saint Grégoire de Nazianze peut être éclairant. Il dit que le moment où les mages, guidés par l'étoile, adorèrent le nouveau roi, le Christ, marqua la fin de l'astrologie, parce que désormais les étoiles tournaient selon l'orbite déterminée par le Christ.[2] De fait, dans cette scène, est inversée la conception du monde d'alors qui, sous une forme différente, est en vogue encore aujourd'hui. Ce ne sont pas les éléments du cosmos, les lois de la matière qui, en définitive, gouvernent le monde et l'homme, mais c'est un Dieu personnel qui gouverne les étoiles, à savoir l'univers; ce ne sont pas les lois de la matière et de l'évolution qui sont l'instance ultime, mais la raison, la volonté, l'amour – une Personne. Et si nous connaissons cette Personne et si elle nous connaît, alors vraiment l'inexorable pouvoir des éléments matériels n'est plus l'instance ultime; alors nous ne sommes plus esclaves de l'univers et de ses lois, alors nous sommes libres. Dans l'antiquité, une telle conscience a déterminé les esprits sincères qui étaient en recherche. Le ciel n'est pas vide. La vie n'est pas un simple produit des lois et des causalités de la matière, mais, en tout, et en même temps au-dessus de tout, il y a une volonté personnelle, il y a un Esprit qui, en Jésus, s'est révélé comme Amour."

Le rapprochement de l'astrologie avec le rationalisme scientiste est paradoxal. En effet, l'astrologie est ascientifique. Elle relève plutôt de la superstition. Les astrologues, cependant, nient que leur domaine soit irrationnel, ils prétendent fonder leurs conclusions sur l'expérience. Les scientistes, ou plus largement les tenant du rationalisme, ne voient dans le monde que des effets nécessaires de lois régissant les éléments matériels.

Le chrétien voit dans le monde non pas seulement des lois, mais quelqu'un. Et alors même que la vie nous apporte plus de sujets de préoccupations que de satisfactions, ce Quelqu'un nous aime, il est même Amour. C'est pourquoi on peut entrer en relation avec ce Quelqu'un par la prière.

Dans cette perspective, le rationalisme moderne (Descartes, Lebniz, Kant, Hegel) n'est que la résurgence du rationalisme antique et l'espérance chrétienne apparaît comme la négation du rationalisme et de la superstition. Car sans nier la valeur des lois tirées de l'étude de la nature, il existe, selon ce que comprend de l'encyclique, au-delà de ces lois, Quelqu'un qui les domine de sa volonté. Ce Quelqu'un se manifeste dans ces lois (la rationalité des lois régissant la matière n'est pas un "postulat" sans fondement) et il les domine. On peut entrer en relation avec ce Quelqu'un notamment par la prière fondée sur l'Espérance.

11.3.11

Viol de la liberté et de la propriété de l'Église par Mme Boutin






Dans une interview donnée à Robert Ménard, madame Boutin, à la suite de quelques autres personnalités, demande à l'Église (en l'occurrence au cardinal Vingt-Trois) de céder à temps partiel l'usage de locaux appartenant à l'Église pour les prières des musulmans. Elle prétend que c'est le "dialogue". Il est inutile de chercher une logique dans ces affirmations, qui sont toutefois destinées à intimider (Madame Boutin sous-entend : "- Puisque vous êtes "sympa" (le dialogue) selon votre doctrine, prêtez vos locaux.")

Ils ne s'en aperçoivent sans doute pas, mais tous ceux qui font pareille "suggestion" violent le droit de propriété et la liberté religieuse.

L'Église en ses ministres est "affectataire" des locaux dérobés par l'État en 1905. Je dis "dérobés" parce que un transfert forcé de propriété sans indemnisation, c'est du vol. Après 1905, les biens ont été acquis par l'Église avec l'argent dont elle disposait. Dans chacun des cas, l'Église en sa qualité de personne morale a la disposition de ces locaux et doit être laissée libre d'en disposer.

Par l'absurde : pourrait-on dire à l'Académie française de céder ses locaux ? Pourrait-on le dire aux associations protestantes ? Pourrait-on le dire à "Médecins de monde" en leur disant qu'ils doivent être humanitaires ? Pourrait-on le dire à une association musulmane en leur disant qu'ils doivent être cohérents avec le Coran ? Cela choque immédiatement, parce que c'est contraire au droit de propriété et contraire à la liberté de conscience. On n'argue pas d'une doctrine supposée pour manipuler (ou tenter de manipuler) une conscience.

Elle pratique une discrimination illicite en s'en prenant spécialement à une religion, en l'occurrence la religion catholique. Elle discrimine spécialement les catholiques en leur conseillant de faire preuve de cohérence avec ce qu'elle prétend être leur doctrine. Elle viole ainsi la liberté de conscience.

Christine Boutin foule aux pieds les droits sacrés de l'homme. Mais le fait qu'elle le fasse comme personnalité ayant été investie de charges publiques me confirme dans le sentiment que la France n'est pas un État de droit. Car Christine Boutin, en raison précisément de ses responsabilités, devrait passer devant le tribunal correctionnel dans un État de droit et être sanctionnée pour de pareilles exactions.

En effet la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme stipule dans son article 10.2 que la liberté d'expression peut être soumise à des "restrictions" afin de pourvoir à la :

"prévention du crime, à la protection (...) de la morale, à la protection de la réputation ou des droits d’autrui".

9.3.11

Le commentaire de Denis Merlin que vous ne lirez jamais


J'avais proposé un commentaire au "Salon beige" au sujet de la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH). Mais vous ne le lirez jamais et moi j'ai travaillé pour rien, il est sans doute définitivement perdu. C'est de ma faute, je ne l'ai pas sauvegardé et je croyais que la peine que je m'étais donnée suffisait à le recommander pour la publication.

Voici le récit :

Le "Salon beige", revue de presse fort utile, publie un extrait d'un article du site "Polémia" à propos de la CEDH. Fidèle à sa philosophie agnostique (maurrassisme, kantisme, nominalisme), le site polémia s'oppose à l'existence de la cour et à l'existence de normes s'imposant à la démocratie. Il cite toute une série de prises de position de principe parfois contestables de cette juridiction, afin d'emporter, par ruse, l'adhésion des "braves gens", pour les amener à conclure en demandant :

  • la réaffirmation du primat du droit national élaboré démocratiquement sur le droit européen et international

Or cette revendication est une revendication relativiste. Car, sous couvert de simple revendication de fonctionnement, il y a la remise en cause des droits de l'homme. Or les droits de l'homme s'imposent à tous. Ils préexistent à toute société politique. La société est faite pour l'homme et non l'homme pour la société. C'est pourquoi la Convention européenne des droits de l'homme est une bonne chose, l'existence de la CEDH est une bonne chose.

Mais la Convention est souvent mal interprétée (par exemple liberté religieuse interprétée comme imposant le laïcisme ; autre exemple : protection du fœtus dans certains pays conçue comme une disposition culturelle arbitraire).

On peut dès lors s'interroger sur le but poursuivi par le "Salon beige", est-il vraiment un lieu de défense du droit naturel, donc des droits de l'homme, ou est-il un site transigeant, sans égard pour les principes qui devraient rassembler les hommes de bonne volonté ?

Le "Salon beige" rend des services dans la lutte pour le respect de la vie, pour un certain nombre de questions comme la défense du mariage monogame et indissoluble, mais il le fait par accident pourrait-on dire. Il faudra que je me souvienne, comme Koopa Troopa (que je salue comme un lecteur critique de mon blog), que je ne suis pas personna grata avec "mes" droits de l'homme.

(Photo : mur romain mis à jour en 2010)

7.3.11

Shabbaz Bahtti martyr de la vérité et de la charité






Voici un extrait du "testament spirituel" de Shabbaz Bahtti, ministre pakistanais, assassiné en haine de la liberté religieuse :

Shahbaz Bhatti, 3/03/2011

De hautes responsabilités au gouvernement m'ont été proposées et on m'a demandé d'abandonner ma bataille, mais j'ai toujours refusé, même si je sais que je risque ma vie. Ma réponse a toujours été la même : « Non, moi je veux servir Jésus en tant qu'homme du peuple ».

Cette dévotion me rend heureux. Je ne cherche pas la popularité, je ne veux pas de positions de pouvoir. Je veux seulement une place aux pieds de Jésus. Je veux que ma vie, mon caractère, mes actions parlent pour moi et
disent que je suis en train de suivre Jésus-Christ. Ce désir est si fort en moi que je me considérerai comme un privilégié si - dans mon effort et dans cette bataille qui est la mienne pour aider les nécessiteux, les pauvres,
les chrétiens persécutés du Pakistan - Jésus voulait accepter le sacrifice de ma vie. Je veux vivre pour le Christ et pour Lui je veux mourir. Je ne ressens aucune peur dans ce pays.

À de nombreuses reprises, les extrémistes ont tenté de me tuer et de m'emprisonner ; ils m'ont menacé, poursuivi et ont terrorisé ma famille. (...)

Je veux vous dire que je trouve beaucoup d'inspiration dans la Bible et dans la vie de Jésus-Christ. Plus je lis le Nouveau et l'Ancien Testament, les versets de la Bible et la parole du Seigneur et plus ma force et ma détermination sont renforcées. (...)

Pour cette raison, j'essaie toujours avec mes collègues d'aider et d'assister ceux qui en ont besoin, les affamés, les assoiffés."

J'associe son souvenir à celui du gouverneur musulman Salman Taser, assassiné lui aussi en haine de la liberté religieuse.

"Je crois volontiers les histoires dont les témoins se font égorger." a écrit Pascal.

6.3.11

Le Pape invite à un pélerinage pour la paix à Assise. Critique de la réaction "traditionaliste"




Un des procédés fondamentaux du "traditionalisme" est la déformation des propos en vue de la condamnation du discours de l'adversaire, en lui imputant des fautes morales et non des erreurs. J'en ai été victime de la part de "Meneau" qui profère à mon encontre des diffamations..."cordialement". Meneau m'accuse de rien de moins que d'avoir produit un "chef d'œuvre de mauvaise foi" dans mes critiques des positions traditionalistes. Or les positions "traditionalistes" reprennent presque toujours les thèses révolutionnaires (le pape Paul IV était antisémite, Moïse a édicté des lois contraires au bons sens et très méchantes, Vatican II c'est la Révolution d'octobre, le Pape est machiavélique, le Pape est libéral et relativiste etc.)

Un des buts des textes traditionalistes, au moins un des effets, est que leurs lecteurs condamneront sans avoir lu et s'enfermeront dans une opinion sans vérifier si la critique est pertinente, puisque l'auteur pose au grand honnête homme critiquant un malhonnête. Ce procédé produit à une psychologie particulière fondée sur la terreur de se tromper si l'on ne suit pas le penseur (péché mortel, enfer). Cette psychologie produit elle-même l'enfermement sociologique (peur du monde, création d'un monde "entre nous"). Le monde serait plein d'hypocrites machiavéliques n'ayant pour but que de faire tomber les autres en enfer avec le diable (les méchants vont en enfer, les bons vont au paradis), le traditionalisme est le milieu où se retrouvent les "bons".

Cela dit en introduction à la critique de la critique de la réunion d'Assise, parce que cette mentalité s'en prend à des personnes en charge de très lourdes responsabilités et jusqu'au Pape. Nous en avons un exemple dans le cas de la réunion d'Assise prévue pour 2011.

Le Pape convoque à une réunion à Assise en "octobre prochain". Il a annoncé cette réunion lors de la "Journée mondiale de la Paix" (le 1er janvier).

A l'occasion de cette annonce, le Pape ne laisse rien dans l'ombre, il dit tout clairement des fondements et des objectifs de cette réunion. Il suffit de le lire attentivement et de méditer son texte.

Or, sans se donner la peine de comprendre le discours de convocation, la Fraternité saint Pie X (FSSPX) et ses émules (les dirigeants de l'Institut du Bon Pasteur (IBP) les abbés Laguérie, Aulagnier - lequel publie un texte de Roberto de Mattei - et de Tanouärn qui intitule son article "Le risque d'une nouvelle stratégie", vont critiquer des positions... qui ne sont pas celles du Pape.

A titre d'exemple, voici ce qu'écrit l'abbé Laguérie sur son blog à propos de la réunion d'Assise d'octobre 2001 :

"Commençons par ce dernier point [la réunion d'Assise] qui ne peut évidemment rien apporter de bon, en soi. On peut bien trouver mille opportunités et devoir prendre mille précautions : les risques de syncrétisme, de relativisme et de scandale sont inéluctables parce que consubstantiels à ce genre de rassemblements. Le lieu-tenant de Jésus-Christ sur terre se met lui-même, et l’Eglise qu’il gouverne, au niveau des sectes diaboliques ou des religions qui refusent le Représenté ou encore le représentant lui même. La caractéristique de la religion du Christ, depuis les apôtres, c’est son auto-revendication comme détenant la vérité que les autres n’ont pas. Les autres peuvent avoir « des vérités » (quelque semence du Verbe, justement) mais non point La Vérité, parce que l’unique vérité catholique c’est le Christ Lui-même. C’est toute la doctrine de Saint-Jean (entre autres apôtres) concernant justement le (beau) Bon-Pasteur. Avant même de se définir Lui-même comme le bon berger qui octroie le vrai pâturage, Jésus affirme d’abord qu’il est la porte. « Je suis la porte des brebis… » Nul ne vient au Père que par Lui et ceux qui entreraient par une autre issue, escaladent les murs ou percent les toits, sont des brigands et des larrons. Est-ce assez clair ? Ce n’est absolument pas dire que cette grâce de Jésus n’est donnée que dans son Eglise, mais c’est toujours par Lui et même par Elle. Inviter les responsables de religions en tant que tels, en tant qu’ils les président, et même dans l’hypothèse qu’ils y feraient du bien, c’est leur donner une reconnaissance à laquelle ils n’ont pas droit et la récuser à celui qui la détient. C’est admettre les concubines en la demeure de l’épouse. Que dire d’un majordome qui imposerait cela à l’époux fidèle et pensez-vous bien détenir son aval ?"

En réalité, dans son message, le Pape part de la notion de liberté religieuse et il critique les "fondamentalismes" qui veulent imposer la religion "à tous par la force". Il invite dès lors les "grandes religions" à venir non pas prier pour prier, sans autre but que de prier, mais à prier pour la paix, qui est le fruit de la liberté religieuse. Il n'y a pratiquement aucun élément de foi dans ce discours, tout est rationnel. Le seul élément de foi serait le titre d'invitation, car c'est le Pape qui a l'initiative et qui invite. Il est en effet la seule autorité doctrinale au monde, la seule autorité qui parle au nom de Dieu parmi les hommes (il n'y en a pas d'autre), si cela se constate et s'impose comme un fait, cela découle de la foi catholique, sur ce point absolument originale.

Le Pape invite, non "les responsables" (il n'y en a pas), mais les "représentants" des "traditions religieuses du monde" et finalement "les hommes de bonne volonté" (donc par hypothèse les athées ou agnostiques), quelles que soient leurs croyances ou leurs fonctions dans la société. Et il les invite à vivre leur foi comme un cheminement au service de la paix. Il leur dit que quelles que soient leurs croyances, il leur faut orienter leur foi vers la paix. Il constate encore que la paix est liée à la liberté religieuse (c'est-à-dire : respect des consciences et des croyances dans les limites de l'ordre public). A aucun moment, il ne renie Jésus-Christ, au contraire. A aucun moment, il n'est machiavélique. A aucun moment il ne fait profession de relativisme, au contraire, il se fonde sur la doctrine de Jésus. A aucun moment il ne renonce à son autorité, c'est lui qui invite. Mais il dit aux "hommes de bonne volonté", respectez vos consciences, mais tournez les vers la vérité et le bien, ils vous conduiront à la paix. Car la paix ne viendra pas de la force (militaire, économique, culturelle, médiatique) mais des consciences s'ouvrant à la "vérité". Et la vérité, c'est, entre beaucoup d'autres choses, la liberté religieuse (vérité rationnelle confirmée par la foi).

Non seulement le pape ne prêche pas le relativisme, mais il prêche Jésus et Jésus crucifié qui nous invite à rechercher la vérité et le bien quoiqu'il en coûte.

Bref, lisez le Pape avant de le critiquer et vous éviterez de le critiquer injustement commettant ainsi de très graves péchés.

4.3.11

La justice contre les mathématiques ? Bref commentaire de l'arrêt de Cour de justice


Un arrêt de la Grande chambre de la Cour de justice des communautés européennes du 1er mars 2011 semble condamner les différences de traitements entre les hommes et les femmes en matière d'assurances.

Le contrat d'assurance est un contrat fondé sur les découvertes mathématiques en matière de statistiques. Les actuaires sont des mathématiciens qui effectuent des calculs statistiques, et, par ce moyen, évaluent les risques en fonction souvent (mais pas uniquement) du futur cocontractant (l'assuré). Le contrat d'assurance est tributaire de la raison mathématique.

Les critères de base qui sont des discriminations, notamment en matière d'assurance de personnes, des calculs mathématiques ne sont pas eux-mêmes mathématiques. Dès lors la question est peut-on prendre n'importe quel critère pour évaluer le risque ? Il semble bien que le facteur d'âge ne pose (pour l'instant) pas de problèmes. Il est évident que l'on a plus de risque de mourir à 80 ans qu'à 20. Partant le risque de décès est plus grand à 80 ans et son assurance va donc coûter plus cher. Il se peut que le risque soit si grand qu'il devienne inassurable (cas du trop grand âge, par exemple).

Mais en est-il de même du critère du sexe ? Statistiquement, les femmes sont plus prudentes en voiture et causent moins d'accidents. Les femmes vivent plus longtemps que les hommes. Les femmes vont moins souvent, beaucoup moins souvent, en prison. Les femmes rendent des services non rémunérés comme lorsqu'elles sont enceintes et assurent ainsi le renouvellement de la population, avec les difficultés spéciales à la grossesse sans contre partie.

Si les femmes causent moins d'accidents, le coût de leurs contrats d'assurance responsabilité sera moindre. En revanche comme elles vivent plus longtemps le coût des rentes viagères est plus important pour elles que pour les hommes. Dans le cadre de l'assurance maladie, elles consomment plus de services médicaux, mais en partie cette surconsommation est due au service qui leur est propre et qu'elles seules rendent à l'ensemble de la population.

Les services de l'Europe veulent abolir le critère du sexe qui fondent les calculs actuariels (relatifs aux calculs des actuaires).

Il est constant que le but poursuivi par la directive 2004/113 dans le secteur des services d’assurance est, ainsi que le reflète son article 5, paragraphe 1, l’application de la règle des primes et des prestations unisexes. Le dix‑huitième considérant de cette directive énonce explicitement que, afin de garantir l’égalité de traitement entre les femmes et les hommes, l’utilisation du sexe en tant que facteur actuariel ne devrait pas entraîner pour les assurés de différence en matière de primes et de prestations. Le dix-neuvième considérant de ladite directive désigne la faculté accordée aux États membres de ne pas appliquer la règle des primes et des prestations unisexes comme une «dérogation». Ainsi, la directive 2004/113 est fondée sur la prémisse selon laquelle, aux fins de l’application du principe d’égalité de traitement des femmes et des hommes consacré aux articles 21 et 23 de la charte, les situations respectives des femmes et des hommes à l’égard des primes et des prestations d’assurances contractées par eux sont comparables.

En clair le facteur "sexe" des calculs actuariels est interdit, il n'est que toléré pour un temps. Il est dés lors évident que le facteur "âge", le facteur "maladie" et tous autres critères de discriminations sont menacés. La directive ne distingue même pas entre les assurances de personnes et les assurances de dommages !

Dès lors le principe d'égalité risque de détruire tout un secteur économique qui est celui de l'assurance par corrosion du principe même de l'assurance qui repose sur l'évaluation d'un risque donc discrimination du risque à assurer qui est fonction, entre autres, du sexe, de l'âge, de l'état de santé, donc des particularités de la personne. Nous pouvons même penser que sur ce chemin toute résiliation du contrat fondée sur le trop grand nombre de sinistres (mais certains type de contrats, notamment le contrat d'assurance décès, ne connaissent aucun renouvellement de sinistres)

Le principe d'égalité corrode ainsi tout le droit de l'assurance. Il attaque aussi la liberté de la science.

En réalité, l'égalité des droits fondamentaux coexiste avec le principe de liberté contractuelle. Il est anormal que les assureurs ne puissent pas discriminer en fonction des critères statistiques qu'ils ont librement établis car c'est leur liberté contractuelle. Nous sommes en matière de droit privé (1).

Les rédacteurs du texte aberrant sur l'assurance (la directive 2004/113) auraient dû méditer l'article 17 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme. (L'article 17 prévoit qu'il n'y a pas de liberté contre une liberté, il est la transcription de l'article 30 de la Déclaration universelle de 1948.)


(1) Autre chose est le problème de justice sociale qui doit faire en sorte que les femmes ne soient pas discriminées en raison des services non rémunérés qu'elles rendent à la société, mais cela doit être pris en charge par la société et non par les particuliers. L'assurance, en ce qu'elle est une activité privée, est régie par d'autres critères.

3.3.11

Bilan des échanges avec le Forum "catholique"


Tout est parti d'un post où je défendais la mémoire de Paul IV. En effet sur le Forum dit "catholique", on n'hésitait pas à publier une traduction falsifiée d'une bulle de ce pape pour le faire passer pour antisémite.

Cette falsification réjouit les anti-catholiques de wikipédia qui prétendent ainsi prouver que l'Église enseignait que les juifs étaient maudits. Et cela réjouit les anti-sémites qui se complaisent à dire que l'Église a changé et que les papes de l'ancien temps étaient bien anti-sémites et prêchaient que les Juifs étaient maudits par Dieu du fait de la Passion.

J'ai démontré que cela n'était que diffamations et falsifications. Et que ce soit utilisé par des camps en apparence opposés ne justifie la position ni des uns, ni des autres.

Aussitôt, j'ai été attaqué par quelques posteurs et surtout "Meneau" qui me trouvait "amusant" (tellement je le faisais sourire de pitié). Il a fait dévier le débat sur les droits de l'homme, unanimement condamnés sur ce Forum "catholique", du moins dans le fil en question (je ne peux matériellement tout lire).

"Meneau" a repris un de mes anciens posts où je m'indignais que "Blamont" fasse dire des choses horriblement injustes à Moïse. Je mettais "Blamont" au défi de donner des références bibliques. ("Blamont" prétendait que Moïse avait demandé de tuer "aussi sec" [quelle expression abominable] une fille violée). J'attends toujours les références, ou plutôt je ne les attends plus, car l'affirmation de Blamont était bien une diffamation de la mémoire de Moïse.


"(...)dans l'Ancien Testament il est indiqué qu'une fille qui se fait violer dans un chemin alors que personne n'a entendu ses appels, doit être liquidée, comme son violeur. Aussi sec." disait le délicat "Blamont". Pour ajouter "nul ne peut justifier ses crimes par ceux des autres", traitant ainsi les partisans de Moïse de criminels.

Et Meneau n'a eu dès lors comme ambition que de me présenter comme un falsificateur.

Bilan de cet échange, si l'on fait abstraction de mon cas personnel : le Forum dit "catholique" continue de publier que Moïse a "indiqué" qu'une fille violée doit être "liquidée" "aussi sec" si l'on n'a pas entendu ses cris (mais sans donner aucune référence biblique). Les droits de l'homme, pourtant défendus par Benoît XVI, restent condamnés. Il reste incontesté -sauf erreur- que le pape Paul IV était antisémite et enseignait que les Juifs étaient maudits par Dieu.

Tout cela sous l'œil éteint de la "modération".

Il se confirme que ce Forum pas très catholique n'est que le vecteur des diffamations de l'Église et du judaïsme, diffamations qui sont communes à l'extrême-droite et à l'extrême-gauche.

Il se confirme également que ce forum pas très catholique (pour le dire autrement, ce "forum louche") lutte contre la liberté religieuse (c'est-à-dire contre la liberté sur laquelle il est fondé), contre la liberté d'opinion et d'expression (c'est-à-dire contre ce qui lui permet d'exister).

Je me réjouis d'avoir clarifié la situation.