29.1.09
Jurisprudence judiciaire et droits de l'homme
Je choisis "jurisprudence" puis "judiciaire", dans le moteur de recherche je tape "droits de l'homme".
Que croyez-vous qu'il arrive ? Il ne sort que des jurisprudences avec droit et "homme", ce qui fait sortir beaucoup de jugement des conseils de Prud'hommes.
Ainsi pour les magistrats français la notion de droits de l'homme qui fait partie de la constitution n'est pas d'application par les tribunaux.
Comment s'étonner dès lors que la Cour européenne des droits de l'homme condamne très souvent les magistrats français en la personne de la "France" pour violation des droits de l'homme ? Ici et ici par exemple.
Les droits de l'homme sont un des éléments fondamentaux de la justice. Ignorés des magistrats français alors qu'ils sont présents dans les textes de droit positif, les droits de l'homme condamnent la justice française.
28.1.09
Une des sources de l'intégrisme : les Exercices de saint Ignace
J'essaie de les relire pour y trouver de la consolation. Mais manque de chance cela provoque toujours chez moi un profond tourment.
Prenons l'appel du roi temporel. Il faut s'imaginer un roi temporel qui appelle des militaires et même à "tous ses sujets" à une conquête.
Excusez-moi chers pieux catholiques mais un roi qui proposerait de travailler pendant le jour et de veiller pendant la nuit, envoie ses auditeurs au suicide. Ce régime est impossible à la nature humaine. Et je suis invité à le trouver "bon" et "généreux" ?"93 ‹ Second point. ‹ Je m'imaginerai entendre ce même roi parlant à tous ses sujets, et leur disant : « Ma volonté est de conquérir tout le pays des infidèles. Que celui qui voudra me suivre se contente de la même nourriture, de la même boisson, des mêmes vêtements que moi. Qu'il travaille durant le jour, qu'il veille pendant la nuit, comme moi, afin de partager un jour avec moi, selon la mesure de ses travaux, les fruits de la victoire. »
94 ‹ Troisième point. ‹ Je considérerai ce que devraient répondre de fidèles sujets à un roi si généreux et si bon, et combien celui qui n'accepterait pas de telles offres serait digne du mépris de tout le monde, et mériterait de passer pour le plus lâche des hommes.
"Selon la mesure de ses travaux" là aussi, comment un handicapé, un malade pourront-ils être récompensés ? Ils ne peuvent pas travailler, ils n'auront pas de récompense ! Ils iront en enfer car :
Celui qui ne répond pas est "digne de mépris de tout le monde". Digne de mépris un vrai croyant sait qu'il l'est. Devrais-je penser que je suis courageux et digne d'admiration au sortir des "Exercices spirituels" pour avoir choisi (bien évidemment) le bon côté, ou alors devrais-je me désespérer (si je suis déprimé par exemple), car nulle part il n'est question de la miséricorde et de l'espérance ?
J'ai décidément les plus grandes difficultés à comprendre ces "Exercices spirituels". Il faudrait au moins les adapter à la mentalité du XIXème siècle.
27.1.09
Mgr Fellay communique au sujet des déclarations de Mgr Williamson
"Les affirmations de Mgr Williamson ne reflètent en aucun cas la position de notre société. C’est pourquoi je lui ai interdit, jusqu’à nouvel ordre, toute prise de position publique sur des questions politiques ou historiques."
Cela n'a rien à voir bien sûr avec l'affaire religieuse qui occupe le pape et le cardinal Hoyos.
Mais cela vaut la peine d'être relevé pour l'apaisement des esprits.
L'intégrisme, Benoît XVI et la liberté religieuse
Le décret de levée de l'excommunication ne s'arrête pas là et espère un retour à la pleine communion avec l'Église qui ne sera possible que par le
"témoignage d'une vraie fidélité et d'une vraie reconnaissance du magistère et de l'autorité du pape par la preuve de l'unité visible".
Selon le quotidien "La Croix" un tsunami de réactions hostiles s'abat sur la décision du pape. Le Pèlerin titre sur le "retour en grâce des intégristes", ce qui est un mensonge, mais passons...
Il s'agit de la levée d'une sanction, d'une peine religieuse. Un peine peut chercher soit à tirer vengeance d'un acte, soit à améliorer celui auquel elle est infligée. En l'occurrence les évêques "intégristes" ont dit leur volonté de "rester catholique" par une lettre du 15 décembre 2008 et affirmé que cette peine les faisait souffrir (donc il n'y a plus de mépris de l'autorité de l'Église). Il est logique de l'autorité reconsidère la décision pénale.
Ne pas oublier qu'en 1988, les mêmes avaient nargué l'autorité en disant ne pas reconnaître la validité de la sanction ; Mgr Lefebvre disant même qu'il devrait pouvoir juger les autorités !
Ceux qui parlent de "retour en grâce", de "réintégration" "d'abandon de Vatican II", de "retour en arrière de quarante ans" n'ont rien compris aux enjeux de l'affaire.
Pour les autorités du Vatican, il s'agit de demander aux lefebvristes de reconnaître Vatican II, son autorité et ses décisions, cette condition de fond n'étant pas remplie, il y a du chemin à parcourir au moyen de discussions et de l'établissement d'une structure de dialogue. En attendant dans cette affaire en évolution, pour l'instant l'utilité de la peine religieuse n'est plus évidente elle est donc levée par le pape.
Gardons à l'esprit que nous sommes ici dans une matière RELIGIEUSE.
Donc :
Quoiqu'il en soit de ces évidences en faveur de la décision papale de levée des sanctions, cette décision constitue un élément d'une affaire interne à l'Église.
Nous n'avons ni à approuver, ni à désapprouver et cela en vertu du plus précieux des droits de l'homme : celui de vivre notre religion de la façon dont nous jugeons que Dieu nous appelle à la pratiquer.
Je veux dire en vertu du droit de l'homme fondamental que constitue la liberté religieuse, ce droit de l'homme fondé sur le premier commandement de Moïse et explicité par Edith Stein nous n'avons pas à juger de même que nous n'avons pas à être jugés.
Voir Dignitatis humanae :
En outre, par nature, les actes religieux par lesquels, en privé ou publiquement, l'homme s'ordonne à Dieu en vertu d'une décision personnelle, transcendent l'ordre terrestre et temporel des choses. Le pouvoir civil, dont la fin propre est de pourvoir au bien commun temporel, doit donc, certes, reconnaître et favoriser la vie religieuse des citoyens, mais il faut dire qu'il dépasse ses limites s'il s'arroge le droit de diriger ou d'empêcher les actes religieux.
Si cela est vrai pour le pouvoir civil, combien encore plus cela s'impose-t-il aux particuliers (le pouvoir civil étant la réunion des laïcs en vue du bien commun politique).
La liberté religieuse interdit de juger les quatre évêques sur le plan religieux, et interdit a fortiori de juger le jugement pénal du pape et des autorités du Vatican.
Olmert décrète l'immunité pénale totale en faveur des criminels de guerre
Voici le communiqué du Secrétaire général de l'ONU du 17 janvier :
"Aujourd’hui, une autre école des Nations Unies a été frappée par les Forces de défense israéliennes.
Je condamne dans les termes les plus vifs cette attaque scandaleuse qui est la troisième de ce genre.
Il y a seulement deux jours, alors que j’étais en visite en Israël, les hauts responsables israéliens avaient présenté leurs excuses et m’avaient assuré que les locaux des Nations Unies seraient pleinement respectés.
Je demande fermement que soit menée une enquête complète sur ces incidents et que soient punis les responsables de ces actes épouvantables."
20 Minutes en date du 26 janvier donne la réponse de monsieur Olmert.
En réponse aux demandes de poursuites pour crimes de guerre formulée par Monsieur Ban-Ki-Moo, Monsieur Olmert a décidé unilatéralement que les soldats de Tsahal "bénéficieront d'une totale protection judiciaire en Israël et à l'étranger".
Il s'agit d'une sorte d'aveu de l'existence de crimes. S'il n'y avait pas eu crime, le chef du gouvernement ne s'opposerait pas aux enquêtes ne dissimulerait pas les noms des militaires engagés.
L'égalité de tous les êtres humains implique l'impossibilité de créer une immunité totale partout dans le monde pour des gens dont le seul titre aura été d'avoir participé à une opération de guerre ordonnée par le gouvernement israélien.
Le titre à l'impunité que Olmert constitue pour ses soldats ne sera pas valable pour lui, puisqu'il est chargé du bien commun, il doit poursuivre les crimes d'où qu'ils viennent. En refusant de le faire il se rend coupable de complicité.
L'article 10 de la Déclaration universelle des droits de l'homme dispose que
"Toute personne a droit, en pleine égalité, à ce que sa cause soit entendue équitablement et publiquement par un tribunal indépendant et impartial, qui décidera, soit de ses droits et obligations, soit du bien-fondé de toute accusation en matière pénale dirigée contre elle."
Ce qui implique que les personnes victimes de crimes puissent se faire entendre par un tribunal et puissent demander des dédommagements et que des poursuites soient engagées contre les criminels.
26.1.09
Pourquoi la liberté religieuse est un corollaire de l’obligation de chercher la vérité. Pourquoi le Syllabus implique Dignitatis Humanae
Dans le Syllabus on lit que
« XLIV. L'autorité civile peut s'immiscer dans les choses qui regardent la religion, les mœurs et le gouvernement spirituel. » C’est le principe condamné.
Si cela est interdit aux États, cela est encore plus interdit aux particuliers ou aux associations.
De plus le même Syllabus condamne cette proposition :
« XXXIX. L'État, comme étant l'origine et la source de tous les droits, jouit d'un droit qui n'est circonscrit par aucune limite. »
Corollaire de la condamnation de cette proposition : l’État est laïc, son pouvoir est limité. Il n’a donc pas de droit sur la conscience des citoyens, ni même sur l’expression religieuse qui leur convient (sous réserve du bien commun).
Dans Dignitatis Humanae on lit :
« Le pouvoir civil, dont la fin propre est de pourvoir au bien commun temporel, doit donc, certes, reconnaître et favoriser la vie religieuse des citoyens, mais il faut dire qu'il dépasse ses limites s'il s'arroge le droit de diriger ou d'empêcher les actes religieux. »
Les affaires religieuses appartiennent à l’Église et pas à l’État et encore moins si l’on peut dire aux particuliers. Les familles qui, quelles que soient leurs croyances, forment l’État n’ont pas de titre à s’immiscer dans les affaires religieuses qui ne sont pas les leurs. La façon dont la famille voisine honore Dieu n’est pas de la compétence juridique des autres familles.
En vertu du premier commandement, « Un seul tu adoreras et aimeras parfaitement. » Dieu seul et son Église peuvent juger la façon dont les individus l’honorent. « Ne jugez pas afin de ne pas être jugé. » (Mathieu 7, 1). Seule la violation des droits de l’homme (partie du bien commun) est un titre à agir pour l’État ou pour les familles (légitime défense).
De là l’accord nécessaire entre le Syllabus et Dignitatis Humanae. Ceux qui contestent cela se font les pires ennemis du Christ Roi, car il viennent indiscrètement se mêler des affaires de Dieu, contre le commandement exprès du Christ et de son Épouse (l’Église).
25.1.09
Aujourd'hui défilé pour la vie à 14 heures 30 place de la République
- pour un retour au réel,
- pour une démocratie respectueuse des droits de l'homme,
aujourd'hui est organisé un défilé pour la vie.
Le rendez-vous est à 14 heures 30 place de la République.
Votre présence pourra sauver un embryon, un foetus, un enfant ou un vieillard, ou un handicapé de toute race, de toute condition.
Vous serez de ceux qui
- sans acception de personnes auront dit NON à l'homicide,
- oui au respect de l'homme et de sa dignité,
- oui à l'égalité de tous les êtres humains.
24.1.09
L'excommunication est levée, c'est confirmé.
Il a levé la peine de l'excommunication à l'encontre des évêques schismatiques et hérétiques qui restent hérétiques et schismatiques.
Le cardinal Vingt-Trois a eu ces paroles de bon sens :
"En revanche la levée des excommunications ne signifie pas qu'il soit possible d'être catholique en faisant un tri dans l'enseignement de l'Église, dans la doctrine et la Tradition de l'Église. « Des gens qui, pour la plupart, se présentent sincèrement comme des défenseurs de la Tradition, se donnent le pouvoir magistériel de distinguer la bonne Tradition de la mauvaise Tradition. Mais un tel acte de discernement ne peut être qu'un acte de l'Église et pas celui d'un groupe particulier dans l'Église. »
Cette citation démontre que la thèse des intégristes reste fausse. Il n'est pas possible de trier dans l'enseignement de l'Eglise, sinon en croyant disposer d'un magistère supérieur à celui du pape. Il n'est pas possible de trier dans une famille entre les bonnes décisions et les mauvaises décisions du père de famille.
Espérons que l'acte généreux, du Saint Père ne donne lieu à aucun débordement. Non, il ne s'agit nullement de l'approbation des thèses lefebvristes, il s'agit de la levée prudentielle d'une sanction, en vue de la réintégration des lefebvristes dans l'Eglise. On peut lire la version française intégrale du décret.
Notons aussi que ceux qui veulent y voir un désaveu de la décision de Jean-Paul II sont dans l'erreur : la décision parle de la lettre du 15 décembre 2008 (qui ne semble pas être la première) adressée par Mgr Fellay au cardinal Dario Castrillon Hoyos demandant humblement la levée de l'excommunication. Il mentionne aussi que dans cette lettre les évêques lefebvristes font part de leurs malaises et de leur engagement à poursuivre les discussions sur les points non réglés.
Prions pour que les lefebvristes, rentrant en eux-même, acceptent intégralement la doctrine de Vatican II.
23.1.09
La levée de la peine de l'excommunication serait annulée
"L'information n'a été ni démentie ni confirmée par le Vatican mais le fait que l'un des intéressés, l'évêque britannique Richard Williamson, ait tenu des propos négationnistes pourrait compromettre l'annonce de cette décision."
Il ne fallait donc pas se réjouir ou s'affliger trop tôt. Pour moi l'interview de Mgr Williamson et l'exploitation qui en a été faite par les médias, joint au fait que les intégristes criaient au triomphe rend cette levée de sanction innoportune et j'adhère aux décisions disciplinaires du Saint Père quelque décision qu'il prendra.
Il est maintenant vraisemblable que le décret de dispense de peine ne sera pas publié.
(1) Le "Forum catholique" n'a aucun titre à se faire appeler ainsi. Il n'a normalement pas le droit d'utiliser le terme de "catholique" pour se qualifier selon les lois de l'Eglise.
L'inimaginable culot des médias : l'affaire Williamson. Vérité et liberté religieuse mises à mal
Si cette interview est ancienne, il est évident qu'elle était gardée en réserve médiatique, pour la levée de l'excommunication des évêques lefebvristes.
Cette levée des excommunications n'a rien à voir avec les propos prêtés à l'évêque Willliamson.
Cette levée d'excommunication est une affaire religieuse interne à l'Église catholique pour laquelle les médias n'ont aucune qualité pour juger.
Cette levée d'excommunication ne veut d'ailleurs pas dire contrairement à ce que disent les médias et ce que croient les lefebvristes que le pape serait d'accord avec les thèses des intégristes. Il lève une sanction. Cette levée de sanctions ne signifie pas l'accord avec l'acte schismatique. Paul VI avait levé l'excommunication contre Athénagoras, le schisme reste pourtant et les églises "orthodoxes" ne sont pas considérées pour autant comme catholiques.
Nous sommes en présence d'une campagne mensongère, utilisant le procédé malhonnête de l'amalgame, destinée à égarer l'opinion. Cette campagne est moralement et juridiquement coupable : la liberté religieuse et la vérité des informations sont méprisées au service d'une thèse idéologique.