1.1.17

Dignitatis humanæ fondé sur la distinction ordre de la conscience ordre juridique

Relisons-dons le préambule de la Déclaration Dignitatis humanæ. Ce préambule détermine le domaine de la Déclaration:

« C’est pourquoi, tout d’abord, le saint Concile déclare que Dieu a lui-même fait connaître au genre humain la voie par laquelle, en le servant, les hommes peuvent obtenir le salut et le bonheur dans le Christ. Cette unique vraie religion, nous croyons qu’elle subsiste [réside] dans l’Église catholique et apostolique à laquelle le Seigneur Jésus a confié le mandat de la faire connaître à tous les hommes, lorsqu’il dit aux Apôtres : « Allez donc, de toutes les nations faites des disciples, les baptisant au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit, et leur apprenant à observer tout ce que je vous ai prescrit » (Mt 28, 19-20). Tous les hommes, d’autre part, sont tenus de chercher la vérité, surtout en ce qui concerne Dieu et son Église ; et, quand ils l’ont connue, de l’embrasser et de lui être fidèles.
De même encore, le saint Concile déclare que ces devoirs concernent la conscience de l’homme et l’obligent, et que la vérité ne s’impose que par la force de la vérité elle-même qui pénètre l’esprit avec autant de douceur que de puissance. »

Chapelle des Hautes-Alpes


Dès le début les auteurs de la Déclaration nous avertissent: les vérités de foi obligent en conscience. Dieu nous jugera sur ces vérités de foi.

Mais, selon moi, l'ordre juridique (civil ou ecclésiastique) ne juge jamais les consciences.

La conscience de l'autre restera pour nous jusqu'au Jugement dernier, un mystère dont seul Dieu connaît la clé (et éventuellement le sujet humain seul, mais bien moins parfaitement que Dieu).

Dès lors les questions de conscience restent en dehors du champ du droit. C'est pourquoi d'ailleurs les mobiles n'entrent jamais (ne devraient jamais entrer mais ce n'est plus de cas depuis 1945 et autrefois on tenait compte des mobiles "politiques") dans la définition des infractions. C'est pourquoi la notion de cause de l'engagement (subrepticement supprimée par une "loi" de 2016) est une notion objective, objectivement appréciable.

Ceux qui critiquent cette Déclaration sans l'avoir comprise et peut-être sans l'avoir étudiée causent un grand mal dont ils auront à répondre. Prions sainte Stupidité et sainte Ignorance invincible qui certainement intercèdent pour eux...

Bonne année 2017 !

Bonne année 2017 à mes lecteurs !

Bonne année surtout aux pauvres et aux malades pour que leurs souffrances soient allégées.

Bonne année aux fous pour qu'ils soient libérés de leurs folies.

Pour bien commencer l'année méditons ce passage-clé du Compendium de doctrine sociale:




« 48 La personne humaine ne peut pas et ne doit pas être manipulée par des structures sociales, économiques et politiques, car tout homme a la liberté de s'orienter vers sa fin dernière. Par ailleurs, toute réalisation culturelle, sociale, économique et politique, à travers laquelle s'expriment la socialité de la personne et son activité transformatrice de l'univers, doit toujours être considérée aussi sous son aspect de réalité relative et provisoire, « car elle passe la scène de ce monde! » (1 Co 7, 31). Il s'agit d'une relativité eschatologique, au sens où l'homme et le monde vont vers leur fin, qui est l'accomplissement de leur destin en Dieu, et d'une relativité théologique, dans la mesure où le don de Dieu, à travers lequel s'accomplira le destin définitif de l'humanité et de la création, dépasse infiniment les possibilités et les attentes de l'homme. Toute vision totalitaire de la société et de l'État et toute idéologie purement intra-mondaine du progrès sont contraires à la vérité intégrale de la personne humaine et au dessein de Dieu sur l'histoire. »


English version:

« 48. The human person cannot and must not be manipulated by social, economic or political structures, because every person has the freedom to direct himself towards his ultimate end. On the other hand, every cultural, social, economic and political accomplishment, in which the social nature of the person and his activity of transforming the universe are brought about in history, must always be considered also in the context of its relative and provisional reality, because “the form of this world is passing away” (1 Cor 7:31). We can speak here of an eschatological relativity, in the sense that man and the world are moving towards their end, which is the fulfilment of their destiny in God; we can also speak of a theological relativity, insofar as the gift of God, by which the definitive destiny of humanity and of creation will be attained, is infinitely greater than human possibilities and expectations. Any totalitarian vision of society and the State, and any purely intra-worldly ideology of progress are contrary to the integral truth of the human person and to God's plan in history. »
Toute réalité sociale est à considérer dans sa relativité eschatologique. Toute créature gémit dans les douleurs de l'enfantement (Rm, 8,22) à l'autre monde, mystérieux, inconnu.

Que 2017 nous aide tous ensemble à nous enfanter tous ensemble à l'autre monde !

31.12.16

Nous croyons, donc c'est la liberté

Revenons-donc sur Dignitatis humanæ. Scrutons-en le texte.

« C’est pourquoi, tout d’abord, le saint Concile déclare que Dieu a lui-même fait connaître au genre humain la voie par laquelle, en le servant, les hommes peuvent obtenir le salut et le bonheur dans le Christ. Cette unique vraie religion, nous croyons qu’elle subsiste dans l’Église catholique et apostolique à laquelle le Seigneur Jésus a confié le mandat de la faire connaître à tous les hommes, lorsqu’il dit aux Apôtres : « Allez donc, de toutes les nations faites des disciples, les baptisant au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit, et leur apprenant à observer tout ce que je vous ai prescrit » (Mt 28, 19-20). Tous les hommes, d’autre part, sont tenus de chercher la vérité, surtout en ce qui concerne Dieu et son Église ; et, quand ils l’ont connue, de l’embrasser et de lui être fidèles. »
Tout d'abord le terme "subsiste" n'est pas une bonne traduction. Ce terme est censé traduire le latin "subsistit". Mais subsisto, subsisti, subsistere ne signifie pas par "subsister", mais par "résider".

Donc le Concile déclare en premier que Dieu a fait connaître au genre humain la voie du salut. Le Concile ne précise pas si la constatation de ce fait est le fruit d'un raisonnement strictement rationnel ou s'il est objet de foi (proposition dépassant la raison humaine).

Peut-être pouvons-nous trouver dans le Catéchisme de l'Église catholique la réponse à notre question:

« 50 Par la raison naturelle, l’homme peut connaître Dieu avec certitude à partir de ses œuvres. Mais il existe un autre ordre de connaissance que l’homme ne peut nullement atteindre par ses propres forces, celui de la Révélation divine (cf. Cc. Vatican I : DS 3015). Par une décision tout à fait libre, Dieu se révèle et se donne à l’homme. Il le fait en révélant son mystère, son dessein bienveillant qu’Il a formé de toute éternité dans le Christ en faveur de tous les hommes. Il révèle pleinement son dessein en envoyant son Fils bien-aimé, notre Seigneur Jésus-Christ, et l’Esprit Saint. »

Donc la décision de Dieu de Se révéler et de Se donner est objet de foi et ne s'impose pas par la raison universelle de l'homme.

Ce qui est aussi objet de foi (donc pas objet de démonstration rationnelle) c'est que l'unique vraie religion réside dans l'Église catholique. Certes, cet objet de foi n'est pas arbitraire. Nous ne croyons pas gratuitement, nous croyons parce qu'il y a des signes. Cependant ceux qui ne veulent ou ne peuvent reconnaître ces signes sont, dans l'ordre civil, libres de ne pas adhérer à cette vérité.

C'est aussi cela la liberté religieuse. Même si tous les hommes sont tenus de chercher la vérité religieuse, il reste que la vérité religieuse est objet de foi. Or juridiquement dans l'ordre civil seules s'imposent les vérités rationnelles. Ni le législateur, ni les juges judiciaires civils ne peuvent fonder leurs décisions sur la foi, même commune. Ne serait-ce que parce qu'ils n'ont aucun titre à enseigner des mystères dépassant la raison et que l'humanité est divisée de croyances.

Cependant, cette liberté religieuse n'interdit évidemment pas aux autorités de confesser une foi. Dans la mesure où cette foi ne s'oppose pas à l'ordre public. Les autorités peuvent donc, si elles le jugent bon, et en vertu de cette liberté, confesser la foi catholique ou la foi chrétienne et cela justement en vertu de la liberté religieuse.

Gardons-donc toujours à l'esprit :

« Cette unique vraie religion, nous croyons qu’elle subsiste [réside] dans l’Église catholique et apostolique (…) ».

Version anglaise (english version):

« We believe that this one true religion subsists [lies] in the Catholic and Apostolic Church (…) »

Il est donc impossible d'imposer comme obligatoire cette proposition dans l'ordre juridique civil. Les peuples, dans l'ordre juridique civil, peuvent, certes, s'ils le veulent, proclamer leur foi, mais jamais l'imposer, ni même seulement l'enseigner.


30.12.16

L'abbé Pagès contre la liberté religieuse

Lu sur Media-presse-info une interview de l'abbé Pagès datée du 24 décembre 2016 :

« Dernière question: que pensez-vous de la liberté religieuse tolérée par l’Eglise actuellement? Ne va-t-elle pas à l’encontre du message du Christ ?
Je pense que personne ne peut remettre en question l’enseignement traditionnel de l’Église à l’égard de la liberté religieuse, que quelques papes ont ainsi formulé : « Quelle mort plus funeste pour les âmes, que la liberté de l’erreur ! » disait saint Augustin.(Grégoire XVI, Mirari vos) » ; « Il s’en trouve beaucoup aujourd’hui pour oser enseigner que le meilleur régime politique et le progrès de la vie civile exigent absolument que la société humaine soit constituée et gouvernée sans plus tenir compte de la Religion que si elle n’existait pas, ou du moins sans faire aucune différence entre la vraie et les fausses religions. (Pie IX, Quanta cura, n°5) ; (…) La liberté religieuse dont a parlé le dernier concile signifie le droit pour tout homme de chercher la vérité, non celui de croire et enseigner l’erreur.  (…) »
La liberté religieuse n'est pas une tolérance, c'est un droit fondamental de l'homme donné directement par Dieu à tout homme dès sa conception et jusqu'à sa mort. 

Bien sûr que l'homme a le droit d'enseigner l'erreur. Il existe d'ailleurs un droit à faire le mal (sous certaines conditions et dans une certaine limite, la limite notamment de l'ordre public). Sur ce blog je l'ai écrit à la suite de l'enseignement de Pie XII sur la question. Il existe un droit de mentir joyeusement (faire une plaisanterie idiote). Il existe un droit d'enseigner des erreurs (sinon l'abbé devrait se taire). Il existe un droit de perdre son temps. Il existe un droit de penser à une mauvaise action. Il existe un droit de flirter entre personnes non-mariés et même le droit de forniquer. Pourtant tous ces droits portent sur des actions moralement condamnables.

Cette affirmation choque beaucoup parce qu'on a l'habitude de penser: droit = bien, non-droit = mal. Mais le droit est une notion sociale. Or la société ne pénètre pas partout. Le droit n'appréhende pas tout. Il n'est pas autorisé à tout appréhender. Donc, il existe un droit à faire (un certain) mal.

Il existe donc un droit à enseigner l'erreur. D'ailleurs qui décidera de ce qu'est l'erreur ou la vérité en matière de foi ? Personne à part le pape si on veut bien l'écouter. Mais les autorités civiles n'ont aucune compétence sur ce sujet. Évidemment.

Alors (re)lisons Dignitatis humanæ (préambule):

« (…) Or, puisque la liberté religieuse, que revendique l’homme dans l’accomplissement de son devoir de rendre un culte à Dieu, concerne l’exemption de contrainte dans la société civile, elle ne porte aucun préjudice à la doctrine catholique traditionnelle au sujet du devoir moral de l’homme et des sociétés à l’égard de la vraie religion et de l’unique Église du Christ. (…) »

Donc la Déclaration dans son préambule opère une distinction fondamentale:

- société civile (donc droit civil)
- devoir moral (donc devoir moral, pas juridique)

Ainsi j'ai le devoir civil de payer mes impôts sous peine de sanctions civiles. Mais j'ai le devoir moral de montrer ma reconnaissance à mon bienfaiteur. Mais rien ne m'y oblige juridiquement.

De même les individus et les sociétés doivent moralement, proclamer le Christ-Roi (dans le respect des droits de l'homme et de l'ordre public laïc), mais rien ne doit les y obliger juridiquement. À tout instant, ils ont le droit de ne plus reconnaître le Christ-Roi. Même si l'obligation morale subsiste...

Faute de remarquer cette distinction, on continuera de ne rien comprendre à la question. On continuera de s'en s'apercevoir de l'incohérence de son propre discours confondant les matières. On mettra ainsi en contradiction des textes qui s'accordent parfaitement.

Il y a au moins deux distinctions nécessaires préalables à tout discours sur ce sujet: 1) faculté et obligation d'une part et 2) morale et droit d'autre part. Il faudrait encore distinguer ce qui est juridiquement d'ordre public (obligatoire) pour le législateur, pour le sujet de la loi et ce qui est moralement obligatoire et ce qui est moralement possible. Ce ne serait d'ailleurs que le début des distinctions...

Voilà pourquoi ceux qui promeuvent ou organisent n'importe quelle religion au moyen des fonds publics doivent être punis

L'abbé Pagès publie un article sur la Fondation des œuvres de l'islam.

Il parle d'islamisation. À mon avis parler d'islamisation est un piège favorable à l'islam. Notre bon abbé y tombe. Ce qui compte ce n'est pas l'islam. Ce qui compte c'est l'ordre public des droits de l'homme.

Voici ce qu’enseigne la Déclaration Dignitatis humanæ:

« Ce Concile du Vatican déclare que la personne humaine a droit à la liberté religieuse. Cette liberté consiste en ce que tous les hommes doivent être exempts de toute contrainte de la part tant des individus que des groupes sociaux et de quelque pouvoir humain que ce soit, de telle sorte qu’en matière religieuse nul ne soit forcé d’agir contre sa conscience ni empêché d’agir, dans de justes limites, selon sa conscience, en privé comme en public, seul ou associé à d’autres. Il déclare, en outre, que le droit à la liberté religieuse a son fondement réel dans la dignité même de la personne humaine telle que l’ont fait connaître la Parole de Dieu et la raison elle-même. Ce droit de la personne humaine à la liberté religieuse dans l’ordre juridique de la société doit être reconnu de telle manière qu’il constitue un droit civil. »
Donc, en faisant financer par les trésors publics (qu’ils soient français ou étrangers) cette « Fondation pour les œuvres de l’islam » promue officiellement par le Premier ministre, et gérée par un individu nommé par le Président de la République viole la laïcité de l’État, la liberté religieuse et le droit de propriété, la liberté de conscience. 

De plus, la SNCF, SNI, Aéroport de Paris sont des démembrements de l’État.

Mensonge, vol, viol de la liberté et de l’ordre public français et universel sont à la base de cette Fondation.

Elle est donc radicalement nulle cette fondation. Et ceux qui la promeuvent doivent être poursuivis et punis. Ils doivent rendre l’argent.

Déclaration des droits de l’homme et du citoyen partie du "bloc constitutionnel" français:
Art. 14. Tous les Citoyens ont le droit de constater, par eux-mêmes ou par leurs représentants, la nécessité de la contribution publique, de la consentir librement, d’en suivre l’emploi, et d’en déterminer la quotité, l’assiette, le recouvrement et la durée.
Art. 15. La Société a le droit de demander compte à tout Agent public de son administration.

Mais surtout:

« Art. 1er. Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l'utilité commune. »

Les questions de foi ne sont pas d'utilité commune car l'humanité est divisée de croyances.

Rendez l'argent, escrocs, voleurs !

29.12.16

La portée dans la conscience de la loi don de Dieu

La loi de gradualité de la conscience selon Amoris lætitia:

« 294. « Le choix du mariage civil ou, dans différents cas, de la simple vie en commun, n’est dans la plupart des cas pas motivé par des préjugés ou des résistances à l’égard de l’union sacramentelle, mais par des raisons culturelles ou contingentes ».[319] Dans ces situations il sera possible de mettre en valeur ces signes d’amour qui, d’une manière et d’une autre, reflètent l’amour de Dieu.[320] Nous savons que « le nombre de ceux qui, après avoir vécu longtemps ensemble, demandent la célébration du mariage à l’Église, connaît une augmentation constante. Le simple concubinage est souvent choisi à cause de la mentalité générale contraire aux institutions et aux engagements définitifs, mais aussi parce que les personnes attendent d’avoir une certaine sécurité économique (emploi et salaire fixe). Dans d’autres pays, enfin, les unions de fait sont très nombreuses, non seulement à cause du rejet des valeurs de la famille et du mariage, mais surtout parce que se marier est perçu comme un luxe, en raison des conditions sociales, de sorte que la misère matérielle pousse à vivre des unions de fait ».[321] Mais « toutes ces situations doivent être affrontées d’une manière constructive, en cherchant à les transformer en occasions de cheminement vers la plénitude du mariage et de la famille à la lumière de l’Évangile. Il s’agit de les accueillir et de les accompagner avec patience et délicatesse ».[322] C’est ce qu’a fait Jésus avec la samaritaine (cf. Jn 4, 1-26) : il a adressé une parole à son désir d’un amour vrai, pour la libérer de tout ce qui obscurcissait sa vie et la conduire à la joie pleine de l’Évangile.
« 295. Dans ce sens, saint Jean-Paul II proposait ce qu’on appelle la ‘‘loi de gradualité’’, conscient que l’être humain « connaît, aime et accomplit le bien moral en suivant les étapes d'une croissance ».[323] Ce n’est pas une ‘‘gradualité de la loi’’, mais une gradualité dans l’accomplissement prudent des actes libres de la part de sujets qui ne sont dans des conditions ni de comprendre, ni de valoriser ni d’observer pleinement les exigences objectives de la loi. En effet, la loi est aussi un don de Dieu qui indique le chemin, un don pour tous sans exception qu’on peut vivre par la force de la grâce, même si chaque être humain « va peu à peu de l'avant grâce à l'intégration progressive des dons de Dieu et des exigences de son amour définitif et absolu dans toute la vie personnelle et sociale de l'homme ».[324] »

Ayant été moi-même sédévacantiste puis lefebvriste (entre autres erreurs manifestes), critiquant avec virulence la notion de droits de l'homme, je comprends bien ces paroles. Certains, de bonne foi, n'ont pas conscience de leur véritable situation, ni de la vérité.

Il y a les étapes d'une croissance dans la conscience. On lit, on réfléchit et la conscience s'élève, notre conscience d'aujourd'hui condamne ce que le même sujet croyait valable il y a encore peu temps.

Il y a des cas où l'on est incapable de comprendre malgré une parfaite bonne volonté. Je suis probablement, comme tout le monde, encore dans l'erreur sur bien des sujets.

La loi est un don de Dieu. Mais l'être humain n'intègre dans sa conscience que petit à petit la loi et surtout la portée de la loi...

Noël grégorien



Les paroles, je les ai tirées du site Notre-Dame des neiges

« 1. Puer natus in Bethlehem, alleluia
Unde gaudet Ierusalem, alleluia, alleluia.
 
Refrain.
In cordis jubilo
Christum natum adoremus,
Cum novo cantico.
 
2. Assumpsit carnem Filius, alleluia,
Dei Patris altissimus, alleluia, alleluia.

3. Per Gabrielem nuntium, alleluia,
Virgo concepit Filium, alleluia, alleluia.

4. Tamquam sponsus de thalamo, alleluia,
Processit Matris utero, alleluia, alleluia.

5. Hic jacet in praesipio, alleluia,
Qui regnat sine termino, alleluia, alleluia.

6. Et angelus pastoribus, alleluia,
Revelat quod sit Dominus, alleluia, alleluia.

7. Reges de Saba veniunt, alleluia,
Aurum, thus, myrrham offerunt, alleluia, alleluia.

8. Intrantes domum invicem, alleluia,
Novum salutant Principem, alleluia, alleluia.
9. De Matre natus Virgine, alleluia,
Qui lumen est de lumine, alleluia, alleluia.
10. Sine serpentis vulnere, alleluia,
De nostro venit sanguine, alleluia, alleluia.
11. In carne nobis similis, alleluia,
Peccato sed dissimilis, alleluia, alleluia.
12. Ut redderet nos homines, alleluia,
Deo et sibi similes, alleluia, alleluia.

13. In hoc natali gaudio, alleluia,
Benedicamus Domino, alleluia, alleluia.

14. Laudetur sancta Trinitas, alleluia,
Deo dicamus gratias, alleluia, alleluia. »

 

L'affaire des crèches dans les mairies intéresse la liberté religieuse mais pas le client d'André Soulier

Lu sur Riposte catholique du cardinal Barbarin, le client de maître André Soulier, franc-maçon bien connu, ce texte consternant:

« Une crèche de Noël a-t-elle sa place dans une mairie ?
Le conseil d’Etat s’est prononcé, il a répondu que oui si elle s’inscrit dans un environnement culturel et festif. Se bagarrer pour une crèche dans un lieu public est une petitesse française. Moi, mon problème est ailleurs : je préfèrerais qu’on s’insurge un peu plus pour toutes ces «crèches vivantes» d’aujourd’hui, que je vois dans mes paroisses de banlieue, à Bron ou à Villeurbanne, avec des gens qui dorment sous une bâche à côté de l’autoroute ! »

On peut toujours comparer les problèmes les uns aux autres... pour relativiser et mépriser les droits de l'homme... Après tout, la question des finances du cardinal Barbarin n'est pas un problème aussi grave que celui des migrants et des SDF qui vivent de façon très précaires (et c'est déplorable). Donc, si on venait à le priver en partie de ses moyens de vivre et de son patrimoine et qu'il s'en plaigne, la justice pourrait lui répondre: bon ça va vos histoires, hein ? Parce que il y en a qui souffrent plus que vous quand même !

Quelle tristesse de voir le client de André Soulier mépriser ainsi un droit fondamental. Le droit fondamental des droits fondamentaux.

Car évidemment, dans la limite de l'ordre public, les maires font ce qu'ils veulent, expriment les pensées qui leur plaisent, y compris religieuses s'ils le veulent mais sans prosélytisme (ils n'ont pas de doctrine à enseigner).

Donc, ils n'ont certes pas de prosélytisme à faire, ce qui serait contraire à l'ordre public et à la laïcité. Mais ils peuvent décorer leurs mairies comme ils l'entendent (toujours dans le cadre de l'ordre public des droits de l'homme).

Ceux qui veulent les en empêcher violent l'égalité fondamentale des êtres humains, la liberté religieuse et la laïcité (l'État n'a pas de doctrine à enseigner, serait-elle le laïcisme). Ce qui est très grave et met en jeu le vivre ensemble social.

Relisons-donc Dignitatis humanæ:

« 2. Objet et fondement de la liberté religieuse 
Ce Concile du Vatican déclare que la personne humaine a droit à la liberté religieuse. Cette liberté consiste en ce que tous les hommes doivent être exempts de toute contrainte de la part tant des individus que des groupes sociaux et de quelque pouvoir humain que ce soit, de telle sorte qu’en matière religieuse nul ne soit forcé d’agir contre sa conscience ni empêché d’agir, dans de justes limites, selon sa conscience, en privé comme en public, seul ou associé à d’autres. Il déclare, en outre, que le droit à la liberté religieuse a son fondement réel dans la dignité même de la personne humaine telle que l’ont fait connaître la Parole de Dieu et la raison elle-même. Ce droit de la personne humaine à la liberté religieuse dans l’ordre juridique de la société doit être reconnu de telle manière qu’il constitue un droit civil. »
(…)

Plus loin, sous le titre, liberté religieuse et relation de l'homme à Dieu:
« C’est donc faire injure à la personne humaine et à l’ordre même établi par Dieu pour les êtres humains que de refuser à l’homme le libre exercice de la religion dans la société, dès lors que l’ordre public juste est sauvegardé. »
(C'est moi qui ai mis en gras le membre de phrase)

Version anglaise:
« 2. This Vatican Council declares that the human person has a right to religious freedom. This freedom means that all men are to be immune from coercion on the part of individuals or of social groups and of any human power, in such wise that no one is to be forced to act in a manner contrary to his own beliefs, whether privately or publicly, whether alone or in association with others, within due limits.
The council further declares that the right to religious freedom has its foundation in the very dignity of the human person as this dignity is known through the revealed word of God and by reason itself.(2) This right of the human person to religious freedom is to be recognized in the constitutional law whereby society is governed and thus it is to become a civil right. »
(…)
« Injury therefore is done to the human person and to the very order established by God for human life, if the free exercise of religion is denied in society, provided just public order is observed. »




La présence d'une crèche ne contraint évidemment personne. Mais les crèches sont généralement belles et émouvantes. Ce couple de parents dans la gêne financière en adoration devant leur enfant...

Ceux qui les interdisent se mettent en contradiction avec l'ordre voulu par Dieu. On ne s'immisce pas impunément dans l'ordre de la conscience. Et qu'y a-t-il de plus précieux, de plus digne au monde que la conscience humaine ?

Interview de Philippe Bilger sur l'affaire Sauvage

On peut écouter (ou pas) l'interview de Philippe Bilger sur l'affaire Sauvage, ici:

https://soundcloud.com/

Il n'échappera pas à mes lecteurs juristes, la pauvreté ou plutôt l'indigence de l'exposé du haut magistrat honoraire.

Cela m'évoque la plaisanterie britannique: "Une voiture vide arrive au 10 Downing street. Monsieur Eden en sort."

On parle cinq minutes et l'on n'a rien dit. Présomption d'innocence ? doit des avocats à leur réputation ? droit pour l'accusé de discuter les preuves des crimes à lui imputés ? Principe du contradictoire ? Principe juridique selon lequel la forme emporte le fond ?

Non ! Blablabla sur la "justice républicaine"...



Présomption d'innocence

François Hollande a gracié une condamnée à dix ans de prison pour l'assassinat de son mari.

On accuse la victime des pires abus et sévices. Mais la victime n'avait jamais été poursuivie pour ces faits dont elle est accusée post-mortem.

L'avocat général Bilger prétend que ces faits ont été prouvés. Il est curieux de constater qu'un haut magistrat traite la présomption d'innocence par-dessous la jambe. En fait, non, ce n'est pas étonnant d'un magistrat français.

Car si la victime n'a jamais été jugée, elle est présumée innocente.

De plus, les morts ne peuvent plus se défendre.

Il faut rappeler cela dans le pays des droits de l'homme !

Rappelons-nous donc le texte de cette Déclaration du 26 août 1789 qui fait partie de la Constitution. Lisons-la dans ces dispositions particulièrement adaptées à cette affaire:

« Art. 1er. Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. (…) »
« Art. 9. Tout homme [est] présumé innocent jusqu'à ce qu'il ait été déclaré coupable, (…) »