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26.6.10

Défense des droits du cardinal Ricard affectataire de l'église Saint Eloi


Selon le Salon beige six députés : Michèle Delaunay, Philippe Plisson et Martine Faure, ainsi que Noël Mamère, Yves Cochet et François de Rugy ont déposé une proposition de résolution dont voici un extrait :

"Interrogé sur cette inertie lors de la séance des questions au gouvernement du mercredi 2 juin 2010 par Michèle Delaunay, Députée de Gironde, le Ministre de l’Intérieur a répondu que seul le Cardinal archevêque de Bordeaux, Monseigneur Ricard, pouvait demander l’exécution des décisions de justice. Cependant, un archevêque ne peut avoir qu’une autorité morale sur les lieux, le Maire restant le seul propriétaire des lieux. L’exécution des décisions de justice revient donc au Maire de Bordeaux. Nous devons répondre aux questions suivantes qui sont liées à l’application du principe de laïcité, fondateur de la République française."


Un extrait qui est suffisant pour faire voir que ces députés, soi-disant pour les droits de l'homme sont de parfaits hypocrites.

Ils ne tendent à rien moins que priver l'Eglise de ses droits sur les églises édifiées sous l'Ancien Régime.

Une loi a été prise après la loi de 1905, pour en préciser les modalités. L'article 5 de cette loi dispose :

"A défaut d'associations cultuelles, les édifices affectés à l'exercice du culte, ainsi que les meubles les garnissant, continueront, sauf désaffectation dans les cas prévus par la loi du 9 décembre 1905, à être laissés à la disposition des fidèles et des ministres du culte pour la pratique de leur religion." (...)


Contrairement à ce que prétend cette loi un peu plus loin, l'affectation n'est d'ailleurs pas "gratuite", car la loi n'avait d'autre but que rendre moins douloureuse une nationalisation sans indemnité. L'Etat confisquait des biens appartenant à une personne morale qui s'était financée elle-même (l'Eglise sous l'Ancien Régime n'était pas subventionnée, mais au contraire contribuait au budget de l'Etat... sans compter les services publics qu'elle assurait gratuitement...)

L'archevêque a en conséquence plus qu'un droit moral, il a un droit tout court sur l'affectation des lieux de culte.

Il résulte de cela que ces députés incitent hypocritement à violer les droits de l'Eglise.

Sous couverts de "droits de l'homme", il veulent violer le droit positif tel qu'il est édicté par les lois des 9 décembre 1905 et 2 janvier 1907, le droit de l'Eglise sur ses biens (la propriété est imprescriptible) et le droit à la liberté religieuse, donc le droit "pivot" des droits de l'homme.

Il le font alors que la religion musulmane est la seule religion d'Etat de la France. De cette France soi-disant "laïque" et en fait laïciste et islamiste, violatrice de la liberté religieuse (liberté religieuse proclamée par article 18 de la Déclaration universelle des droits de l'homme).

4.12.16

Publier: la force inégalitaire de la loi de 1905

N'ayant aucune estime pour les magistrats administratif qui m'ont spolié eux aussi ainsi que les corrompus services fiscaux, je ne m'étonne pas qu'ils aient appliqué la loi du 9 décembre 1905 sur la séparation des Eglises et de l'État.

Cette "loi" dispose dans son article 28 :

« Il est interdit, à l'avenir, d'élever ou d'apposer aucun signe ou emblème religieux sur les monuments publics ou en quelque emplacement public que ce soit, à l'exception des édifices servant au culte, des terrains de sépulture dans les cimetières, des monuments funéraires, ainsi que des musées ou expositions. »



Cette "loi" bafoue la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen qui déclare elle que "[la loi] doit être la même pour tous." (article 6 première phrase).

Car si la loi doit être la même pour tous, on ne voit pas pourquoi les municipalités athées ou agnostiques seraient autorisées à ériger des monuments exprimant leur athéisme, mais que les municipalités croyantes ne seraient pas autorisées à ériger des monuments à connotations religieuses.

La magistrature administrative en appliquant la pseudo-loi de spoliation et de servitude du 9 décembre 1905 a bafoué les trois termes de la devise française:

Liberté, égalité, fraternité.


17.9.12

La loi de 1905 contre les droits de l'homme : exemple de Brou

La liberté religieuse est le "droit pivot" des droits de l'homme. Si l'homme a des droits, c'est parce qu'il peut être religieux parce qu'il est ordonné à un au-delà transcendant.

La loi du 9 décembre 1905 sur la séparation des Eglises et de l'Etat dispose dans son article 28 que les emblèmes ou signes religieux ne pourraient être apposés "à l'avenir" sur les monuments publics :


« il est interdit à l'avenir d'élever ou d'apposer un signe ou emblème religieux sur les monuments publics ou quelque emplacement public que ce soit, à l'exception des édifices servant au culte, des terrains de sépulture dans les cimetières. »

Mais l'article 18.1 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques stipule quant à lui :

« Article 18
 1. Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion; ce droit implique la liberté d'avoir ou d'adopter une religion ou une conviction de son choix, ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction, individuellement ou en commun, tant en public qu'en privé, par le culte et l'accomplissement des rites, les pratiques et l'enseignement. »

Les habitants de communes peuvent donc décider d'apposer tel emblème religieux qu'ils jugent à propos, dans la limite de l'ordre public juste (cette liberté deviendrait inefficace, si, par exemple, le sens du signe religieux était un appel à l'homicide, car les droits de l'homme sont un bloc).

Les dispositions de la loi du 9 décembre 1905 dans son article 26 sont donc contraires aux droits fondamentaux et universels de l'homme et comme telles sans efficacité juridique. La commune de Brou n'avait aucun droit à détruire la croix qui ornait le cimetière.

2.7.15

Le laïcisme n'est que du théâtre




Le laïcisme consiste à interdire l'expression d'une foi dans l'espace public notamment l'espace politique. L'interdiction se veut morale. Cette interdiction résulte de ce raisonnement: les autorités par l'expression d'une foi pourraient choquer ceux qui ne confessent pas la même foi et être cause d'injustices en favorisant ceux qui confessent une certaine foi (en pratique le catholicisme). D'autre part, l'humanité est unie par et sur la raison, mais divisée de croyances (ce qui est vrai, mais ne justifie pas l'interdiction de l'expression d'une foi conforme à l'ordre public: vive la liberté !).

En revanche il est vrai que l'État étant laïc et se devant à une parfaite impartialité de principe (qui n'interdit pas de juger, évidemment, mais au contraire implique un jugement) n'a aucun titre à enseigner une foi ni à enfreindre l'ordre public en faveur d'une foi. Le prosélytisme lui est spécialement interdit. C'est la « saine laïcité », à ne pas confondre avec le laïcisme.

Donc, le laïcisme (incarné juridiquement notamment dans la "loi" du 9 décembre 1905 et dans l'institution de l'école d'État qui viole la liberté sous couvert de la protéger) est un sophisme qui limite arbitrairement la liberté humaine, un mensonge au service de l'islam.

En effet, la foi, comme toute opinion, peut librement être confessée y compris dans l'espace public. Cette expression publique de la foi peut être individuelle ou collective. Elle peut se pratiquer par le geste, la parole ou l'édification d'œuvres décoratives. Cette expression est insérée dans un ordre public (vérité, justice, droits de l'homme) universel et éventuellement un ordre public particulier. Cet ordre public (vérité, justice, droits de l'homme et en France liberté, égalité, fraternité) protège et limite l'expression de toute foi. Il la protège donc et, dans la mesure, de l'ordre public ne l'interdit en aucun cas.

L'appel au prosélytisme d'État en faveur de l'islam par le Premier ministre n'a pourtant été l'occasion d'aucune levée de bouclier de la part des laïcistes (sauf ceux du groupe marginal Riposte laïque).

C'est qu'en réalité le laïcisme n'était qu'un prétexte, un raisonnement spécieux pour lutter contre le catholicisme de l'Ancienne France et instaurer l'islam d'État. J'ai déjà posté sur cet islam d'État que dénonçait le cardinal Lustiger. Il n'est pas d'hier cet islam d'État ! Il existe au moins depuis 1865. 1865, c'est l'année où Napoléon III, ce vieux franc-mac, prit un « sénatus-consulte » (une "loi") instaurant une possibilité de choix en "faveur" de la chariah par les populations d'Algérie. Cette possibilité bafouait l'ordre public français du code civil. Il y eut aussi l'aide d'État au "pélérinage" de La Mecque, l'édification de la mosquée de Paris aux frais du contribuable en 1920 environ (en violation de la loi du 9 décembre 1905, votée 15 ans plus tôt) etc.

Ces dispositions de lois furent précédées par les écrits pro-islamiques de Jean-Jacques Rousseau, Voltaire, Nietzsche etc. Ces textes ont créé une ambiance favorable au laïcisme, hypocrite préparation à la chariah.

Napoléon premier, autre vieux franc-mac, a utilisé les mamelouks contre les Espagnols (voir la rubrique "en France" de l'article wikipedia sur les mamelouks).

Tous ces faits publics sont soigneusement cachés au peuple, y compris par l'extrême-droite objectivement complice (comme Hitler fut objectivement complice de l'Empire américain). Votre blog les a, seul, révélés ou plutôt relevés et exposés systématiquement. (Dans le moteur de recherche il faut taper: sénatus-consulte, 1865, Napoléon III, Jean-Jacques Rousseau, Voltaire, Nietzsche, mosquée de Paris, maréchal Liautey, pour le pélerinage à La Mecque: voir le lien ci-dessus, pour Napoléon 1er voir aussi le lien ci-dessus).

Nous sommes maintenant passés au prosélytisme islamique d'État ouvert et assumé, et aux frais du contribuable. Cette propagande constitue un vol. Ces délits en revanche ne sont pas nouveaux.

Our sins have long shadows(1). Nos péchés ont de longues ombres disent à peu près nos amis Anglo-Saxons. Elles s'étendent jusqu'aux générations qui nous succèdent.

(1) En réalité : Old sins have long shadows. Ou encore Old sins, long shadows.

(Mon titre est un larcin perpétré contre de monsieur Jospin: il avoua que l'antifascisme n'était « que du théâtre », car il n'existait aucun parti fasciste en France. Mais les gaullo-communistes invoquaient le péril fasciste pour faire peur au peuple et l'inciter à la violence)

16.4.11

Double langage de monsieur Guéant sur la liberté religieuse (son discours du 15 avril 2011)




Signalé par le Salon beige, le discours de monsieur Claude Guéant du 15 avril, ministre de l'intérieur, aux "responsables de culte" fait état d'une série de propositions concernant la laïcité.

Voici ce qu'a dit le ministre :

« D'autres constructions de lieux de culte méritent sans doute de voir le jour. Plusieurs types de soutiens existent déjà, en plus des ressources propres des associations cultuelles, pour appuyer la construction de lieux de culte. Je pense à la garantie d'emprunt, aux baux emphytéotiques, à l'aide publique pour financer les parties non cultuelles ou aux avantages fiscaux en matière d'imposition locale. Enfin, il est possible, en partie, de mobiliser des fonds collectés par une fondation (c'est le cas de la fondation pour les œuvres de l'islam, créée en 2005).
Dans le respect des principes de la loi de 1905, l'équilibre obtenu aujourd'hui est ainsi satisfaisant pour financer ces nouveaux lieux de culte. Il n'est pas envisagé je le dis clairement de financements publics pour la construction de lieux de culte. »

Le financement indirect des lieux de culte par l’argent public est contraire à la loi de 1905 et aussi contraire au droit naturel. L’humanité est divisée de croyances, on ne peut prélever des impôts sur tous au profit de certains. C’est contraire à l’égalité de tous les êtres humains quelles que soient leurs croyances.

La loi de 1905 est prétendument confirmée, alors qu’elle est bafouée.

Je rappelle l’article 2, première phrase de la loi du 9 décembre 1905 :

« La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte. »

Cependant monsieur Guéant tout en prétendant respecter la loi de 1905 organise les cultes par l’institution de « correspondant laïcité » voici qu'il annonce la création d'un correspondant "laicité", chargé des religions :

« Les correspondants laïcité dans les préfectures ainsi que la conférence départementale permettront de réaliser un diagnostic local pour résoudre les problèmes concrets auxquels sont confrontés les associations cultuelles locales ; également pour lever certains malentendus qui peuvent persister, ici ou là, avec quelques élus locaux. »

Le discours de monsieur Guéant est contraire à la loi de 1905 tout en prétendant la respecter.

Les groupements religieux sont non seulement reconnus mais encore contrôlés et aidés par les autorités laïques. C’est une organisation des religions par l’État.

Jusqu’à maintenant, la République n’avait fait qu’organiser la religion musulmane par la création du « Conseil français du culte musulman » (créé en 2003 sur l’initiative des autorités laïques françaises). Nous passons à une deuxième étape de plus profond engagement du politique dans le religieux et de viol de la laïcité de l'État, qui ne pourra que conduire à la domination du religieux par le politique. L'Église et les autres religions y perdront leur liberté.

Ce ne serait rien, si ce n’était un viol du droit naturel, donc des droits de l’homme, de l’égalité fondamentale de tous les hommes et de la liberté religieuse sous prétexte de la protéger.

12.11.12

Document historique : Jean Jaurès commente la note du cardinal Merry Del Val

Ce post se lit comme la suite d'un de mes posts transcrivant la note du cardinal Merry Del Val du 25 avril 1904 sur la visite du Président Loubet, lors Président de la République française, au Roi d'Italie, le 23 avril 1904. Ce jour-là, le Président de la République sera reçu au palais du Quirinal qui était le palais de résidence des papes (analogiquement : le palais de l'Elysée des papes).

Cela mettait la papauté dans une situation impossible, car le Pape ne pouvait se considérer comme sujet d'un Etat, or en l'occurrence on pouvait craindre que le Pape fût considéré comme sujet italien.

La note du cardinal n'avait rien d'agressif. D'ailleurs, les lecteurs pourront juger eux-mêmes lorsqu'ils lieront la "note" et la remettront dans le contexte historique.

Voici comment Jean Jaurès transforme le sens de la note :

C’est en effet, une double et insolente provocation à la France et à l’Italie. Le pape n’a pas hésité à mettre en accusation, devant les gouvernements, la République française et son président. C’est de haut et comme s’il dénonçait un coupable aux peuples et aux princes, que le pape juge et condamne M. Loubet.
Nous apprenons en outre par cette lettre que la papauté s’était efforcée d’empêcher le voyage de M. Loubet à Rome. Elle avait osé dire au gouvernement qu’elle y verrait une offense et jamais plus scandaleuse intervention ne s’était produite dans la politique extérieure de notre pays. Le roi d’Italie était venu à Paris ; il y avait été cordialement reçu comme représentant de l’Italie elle-même. N pas lui rendre sa visite, dans sa capitale même, ne pas aller à Rome, c’était pour la République française, rompre avec l’Italie. Et voilà pourtant l’acte insensé et antinational que le pape a demandé au gouvernement français, qu’il a tenté de lui imposer par la menace. C’est parce que la France républicaine n’a pas consenti à ce suicide que le pape la dénonce, elle et son premier magistrat, aux gouvernements et aux nations.
Contre l’Italie, la provocation est plus audacieuse encore, s’il est possible, et plus offensante. Non seulement le pape élève de nouveau sur Rome et l’Etat romain sa prétention irréductible ; non seulement il méconnaît et bafoue le droit national de l’Italie ; mais il semble avoir choisi systématiquement les termes les plus blessants pour la monarchie de Savoie jusqu’à revendiquer comme une partie de Rome pontificale la demeure même du roi. Il proclame que le roi d’Italie a invité M. Loubet à Rome dans le dessein d’humilier et d’offenser la papauté. C’est la déclaration de guerre la plus brutale lancée par la papauté à l’Italie moderne et à la Révolution.
Mais les gouvernements et les peuples s’étonneraient qu’il n’ait pas rappelé le nonce de Paris. C’était là, en effet, le moyen diplomatique le plus naturel pour protester contre ce qu’il prétend être une offense. Il déclare que seules des raisons spéciales l’ont empêché de rappeler, en effet, le nonce. C’est dire que celui-ci n’est plus dans la pensée du pape qu’un représentant précaire et provisoire.
Depuis que le pape a envoyé cette note, la rupture diplomatique de la papauté et de la France est virtuellement accomplie. Il ne reste plus au gouvernement de la République française qu’à déduire, sans fièvre mais sans faiblesse, les conséquences nécessaires de la provocation intolérable lancée par Pie X à deux grands peuples, à l’occasion de leur rapprochement. L’entière émancipation de la France, débarrassée enfin de toute ingérence politique de l’Eglise, n’est pas seulement la condition absolue de son libre développement intérieur ; elle apparaît maintenant comme une nécessité nationale.
Jean Jaurès

On note l'extrême insolence du ton.

Cet article du journal L'Humanité est une des pièces du dossier en faveur de la future loi du 9 décembre 1905 de "Séparation des Eglises et de l'Etat". Elle fait partie de la campagne. Mais elle prouve le ridicule des affirmations de Jaurès qui n'hésite pas à présenter le Pape comme menaçant (avec "combien de divisions" ?) et bafouant la liberté de la France, alors qu'il s'agit de la liberté du Pape. Le pape ne s'opposait en rien au rapprochement de la République française et du Royaume d'Italie. Jaurès présente la liberté de la France d'être catholique comme la volonté d'asservissement d'une puissance étrangère. Bref c'est un travestissement complet de la réalité jusqu'à l'inverser.

(Le 31 juillet 1914 Jaurès sacrifiera sa vie à la paix. En effet, en juillet 1914 il se trouvera uni dans la mort au même Pape Pie X. Pie X mourra quatre jours après lui, le 04 août 1914. On dit que le Pape est mort de chagrin en raison de guerre qui venait d'éclater. D'ailleurs on peut voir dans cette guerre source de l'affaiblissement perenne de l'Europe un châtiment de l'apostasie européenne dont un des éléments est cette loi de voleries qu'est la loi du 09 décembre 1905).

20.6.16

En quoi je ne suis pas d'accord avec monsieur Poisson

Monsieur Poisson est candidat à la "primaire" des "Républicains".

Il a écrit un long texte sur l'islam et la France.

Il veut la suppression du Centre français du culte musulman (CFCM). Très bien. Car ce CFCM est l'instrument de la religion d'État contraire à l'ordre public universel et à l'ordre public français.

Mais pourquoi veut-il la suppression de CFCM ? Voilà pourquoi:

« Pour ma part, je défends l’idée de supprimer le Conseil Français du Culte Musulman qui n’a aucun mandat possible pour engager les mosquées de France dans un contrat avec l’Etat. En remplacement, je promeus la mise en place d’un accord contractuel avec chaque association cultuelle. »

Ainsi, il valide l'existence de l'islam religion d'État organisée, donc financée par l'État français. Or ces accords continueraient à violer la loi du 9 décembre 1905. En effet, cette loi dispose que l'État ne reconnaît aucun culte. Je ne suis pas d'accord avec la loi de 1905, mais la prenant comme une donnée en ce qu'elle a de juste, je l'invoque.

Soleil couchant sur la vallée de la Guisane (vue Est) avec le Grand Aria


Plus profondément, l'État doit être neutre en matière de croyances. Composé de citoyens de croyances les plus diverses ("autant de tête, autant d'avis" disaient les scolastiques), l'État ne connaît que la raison universelle de l'homme. Cette raison n'interdit pas de professer une croyance individuellement ou en groupe dans la mesure où cette croyance n'est pas incompatible avec l'ordre public universel ni l'ordre public national. La religion d'État est possible. Il est raisonnable que l'État se réclame du catholicisme et aille chercher sa doctrine, en matière de mariage par exemple, auprès du pape. La croyance catholique n'a rien d'inconvenant. Elle est compatible avec l'ordre public universel (vérité, justice, droits de l'homme) et avec l'ordre public national (liberté, égalité, fraternité).

Voilà l'état de la question tel que je l'appréhende en m'inspirant des textes, notamment de Jean XXIII et du Compendium de doctrine sociale et de mes modestes connaissances en droit.

En prônant des accords spéciaux avec l'islam, monsieur Poisson viole la laïcité de l'État. Il n'est pas juste d'utiliser l'argent de tous au bénéfice de quelques uns parce qu'ils professent certaines croyances. C'est de la discrimination. C'est instituer un privilège.

Il faut donc un ordre public ferme, valable pour tous sans distinction de croyances. Cet ordre public exige la loyauté et interdit le mensonge et l'incitation au mensonge. Cet ordre public interdit l'appel à l'homicide. Cet ordre public interdit la contrainte en matière de croyances. Cet ordre public interdit d'utiliser l'argent de tous au profit de croyances déterminées.
Saurez-vous retrouver l'essaim d'abeilles parmi ces branches d'arbres ?

L'ordre public français exige la fraternité qui est chrétienne.

Je ne choisirais donc certainement pas le programme de ce brave monsieur Poisson. Il clive la société. L'ordre public ne distingue pas selon les croyances. Les catholiques, les chrétiens y sont soumis.

S'il existe, je voterai pour celui (celle) qui prônera l'ordre public.

Sur ces sujets mes lecteurs pourront lire sous ce lien quelques posts dans lesquels je traite de la question de la laïcité de l'État, donc de sa neutralité en matière religieuse. Ce lien renvoie aux posts dans lesquels j'ai écrit du cardinal Lustiger. En effet, le cardinal avait fait observer que du fait de la décision de monsieur Sarkozy (création du CFCM), l'islam était devenu la seule religion d'État en France. Remarque profonde dont monsieur Poisson n'a pas tiré les conséquences.

16.4.13

Joseph Malaigue un "Proust catholique" ? Mais Proust était un catholique militant !

Le Pape François a utilisé, selon monsieur Daoudal, l'expression de « classe moyenne de la sainteté » qui est de Joseph Malaigue, un écrivain français mort en 1940.

On le surnomme "Le Proust catholique".

Mais Proust était catholique ! Or il n'y a pas de plus ou de moins catholiques, il n'y a que des catholiques. Point. (Voir mon post sur la question s'inspirant de Benoît XV, voir aussi son encyclique Ad beatissimum où il enseigne :

« La Foi catholique est d'une nature telle, qu'on ne peut rien lui ajouter, rien lui retrancher: ou on la possède tout entière, ou on ne la possède pas du tout : Haec est fides catholica, quam nisi quisque fideliter firmiterque crediderit, salvus esse non poterit. (28) Il n'est pas besoin de qualificatifs pour signifier la profession du catholicisme; à chacun il suffit de dire: Christianus mihi nomen, catholicus cognomen. » 

("Chrétien est mon nom, catholique mon prénom" (saint Augustin)


J'ai publié sur mon blog, un texte de Proust publié dans le Figaro de 1904 qui prouve que Proust était catholique pratiquant et même militant, exposant ses idées sur la liturgie et l'agencement des églises, la signification de la messe, ses méditations sur la Bible etc.

En définitive, l'expression "Proust catholique" exclut Proust des catholiques.  Or personne n'a le droit de nier une foi aussi publiquement et clairement affirmée que celle de Proust.

Voici d'ailleurs la suite de l'article de Proust intitulé "La mort des cathédrales" (les phrases entre crochets sont de moi ; elles sont destinées à situer les personnes dont parle Proust puisqu'il s'agit d'un article publié pour contester le projet de loi qui allait aboutir à la loi du 9 décembre 1905 de Séparation des Églises et de l'État) :

Voilà ce qu'on dirait si la religion catholique n'existait plus et si des savants étaient parvenus à retrouver ses rites, si des artistes avaient essayé de les ressusciter pour nous. Mais précisément elle existe encore et n'a pour ainsi dire pas changé depuis le grand siècle où les cathédrales furent construites. Nous n'avons pas besoin pour nous imaginer ce qu'était, vivante et dans le plein exercice de ses fonctions sublimes, une cathédrale du treizième siècle, d'en faire comme du théâtre d'Orange, le cadre de reconstitutions, de rétrospectives, exactes peut-être, mais glacées. Nous n'avons qu'à entrer à n'importe quelle heure du jour où se célèbre un office. La mimique, la psalmodie et le chant ne sont pas confiés ici à des artistes sans « conviction ». Ce sont les ministres mêmes du culte qui officient, non dans une pensée d'esthétique, mais par foi, et d'autant plus esthétiquement. Les figurants ne pourraient être souhaités plus vivants et plus sincères, puisque c'est le peuple qui prend la peine de figurer pour nous, sans s'en douter. On peut dire que grâce à la persistance dans l'Eglise catholique des mêmes rites et, d'autre part, de la croyance catholique dans le cœur des Français, les cathédrales ne sont pas seulement les plus beaux monuments de notre art, mais les seuls qui vivent encore leur vie intégrale, qui soient restés en rapport avec le but pour lequel ils furent construits. Or, la rupture du gouvernement français avec Rome semble rendre prochaine la mise en discussion et probable l'adoption d'un projet de M.Briand (1) aux termes duquel, au bout de cinq ans, les églises pourront être, et seront souvent désaffectées; le gouvernement non seulement ne subventionnera plus la célébration des cérémonies rituelles dans les églises, mais pourra les transformer en tout ce qui lui plaira musée, salle de conférence ou casino. O vous monsieur André Hallays, qui allez répétant que la vie se retire des œuvres d'art, dès qu'elles ne servent plus aux fins qui présidèrent à leur création, qu'un meuble qui devient un bibelot et un palais qui devient un musée' se glacent, ne peuvent plus parler à notre cœur, et finissent par mourir, j'espère que vous allez cesser pour un moment de dénoncer les restaurations plus ou moins maladroites qui menacent chaque jour les villes de France que vous avez prises sous votre garde, et que vous allez vous lever, donner de la voix, harceler, s'il le faut, M. Chaumié [alors ministre de l’Instruction publique et des beaux-arts], mettre en cause, au besoin, M. de Monzie[alors chef de cabinet du ministre de l’Instruction publique], rallier M. John Labusquière [médecin et journaliste d’extrême-gauche, ancien conseiller municipal de Paris], réunir la Commission des monuments historiques. Votre zèle ingénieux fut souvent efficace, vous n'allez pas laisser mourir d'un seul coup toutes les églises de France. Il n'y à pas aujourd'hui de socialiste ayant du goût qui ne déplore les mutilations que la Révolution a infligées à nos cathédrales, tant de statues, tant de vitraux -brisés. Eh bien, il vaut mieux dévaster une église que de la désaffecter. Tant qu'on y célèbre la messe, si mutilée qu'elle soit, elle garde au moins un peu de vie. Du jour où elle est désaffectée elle est morte, et même si elle est protégée comme monument historique d'affectations scandaleuses, ce n'est plus qu'un musée. On peut dire aux églises ce que Jésus disait à ses disciples « Excepté si l'on continue à manger la chair du fils de l'homme et à boire son sang, il n'y a plus de vie en vous » (Saint-Jean, VI, 55), ces paroles un peu mystérieuses mais si profondes du Sauveur devenant, dans cette acception nouvelle, un axiome d'esthétique et d'architecture. Quand le sacrifice de la chair et du sang du Christ, le sacrifice de la messe, ne sera plus célébré dans les églises, il n'y aura plus de vie en elles. La liturgie catholique ne fait qu'un avec l'architecture et la sculpture de nos cathédrales, car les unes comme l'autre dérivent d'un même symbolisme. On sait qu'il n'y a guère dans les cathédrales de sculpture, si secondaire qu'elle paraisse, qui n'ait sa valeur symbolique. Si, au porche occidental de la cathédrale d'Amiens, la statue du Christ s'élève sur un socle orné de roses, de lis et de vigne, c'est que le Christ a dit « Je suis la rose de Saron. Je suis le lis de la vallée. Je suis la vigne véritable. » Si sous ses pieds sont sculptés l'aspic et le basilic, le lion et le dragon, c'est à cause du verset du psaume XC Inculcabis super aspidem et leonem. À sa gauche, est représenté, dans un petit bas-relief, un homme qui laisse tomber son épée à la vue d'un animal, tandis qu'à côté de lui un oiseau continue de chanter. C'est que « le poltron n'a pas le courage d'une grive » et que ce bas-relief a pour mission de symboliser, en effet, la lâcheté, comme opposée au courage, parue. qu'il est placé sous la statue qui est toujours (du moins dans les premiers temps) à la gauche de la statue du Christ, la statue de saint Pierre, l'apôtre du courage. Et ainsi des, milliers de figures qui décorent la cathédrale.
 Or les cérémonies du culte participent au même symbolisme. Dans un livre admirable auquel je voudrais avoir un jour l'occasion de rendre un entier hommage, M. Emile Male analyse ainsi, d'après le Rational des divins offices, de Guillaume Durand, la première partie de la fête du samedi saint. «Dès le matin, on commence par éteindre dans l'église toutes les lampes, pour marquer que l'ancienne Loi, qui éclairait le monde, est désormais abrogée.
Puis le célébrant bénit le feu nouveau, figure de la Loi nouvelle. Il la fait jaillir du silex, pour rappeler que Jésus-Christ est, comme le dit saint Paul, la pierre angulaire du monde. Alors, l'évêque et le diacre se dirigent vers le chœur et s'arrêtent devant le cierge pascal. Ce cierge, nous apprend Guillaume Durand, est un triple symbole. Eteint, il symbolise à la fois la colonne obscure qui guidait les Hébreux pendant le jour, l'ancienne Loi et le corps de Jésus-Christ. Allumé, il signifie la colonne de lumière qu'Israël voyait pendant la nuit, la Loi nouvelle et le corps glorieux de Jésus-Christ ressuscité. Le diacre fait allusion à ce triple symbolisme en récitant, devant le cierge, la formule de l’Exultet.
 Mais il insiste surtout sur la ressemblance du cierge et du corps de Jésus-Christ. Il rappelle que la cire immaculée a été produite par l'abeille, à la fois chaste et féconde comme la Vierge qui a mis au monde le Sauveur. Pour rendre sensible aux yeux la similitude de la cire et du corps divin, il' enfonce dans le cierge cinq grains d'encens qui rappellent à la fois les cinq plaies de Jésus-Christ et les parfums achetés par les Saintes Femmes pour l'embaumer. Enfin, il allume le cierge avec le feu nouveau, et, dans toute l'église, on rallume les lampes, pour représenter la diffusion de la nouvelle Loi dans le monde.
 Mais ceci, dira-t-on, n'est qu'une fête exceptionnelle. Voici l'interprétation d'une cérémonie quotidienne, la messe, qui, vous allez le voir, n'est pas moins symbolique. «Le chant grave et triste de l'Introït ouvre la cérémonie il affirme l'attente des patriarches et des prophètes. Le chœur des clercs est le chœur même des saints de l'ancienne Loi, qui soupirent après la venue du Messie, qu'ils ne doivent point voir. L'évêque entre alors et il apparaît comme la vivante image de Jésus-Christ. Son arrivée symbolise l'avènement du Sauveur, attendu par les nations. Dans les grandes fêtes, on porte devant lui, sept flambeaux pour appeler que, suivant la parole du prophète, les sept dons du Saint-Esprit se reposent sur la tête du fils de Dieu. Il s'avance, sous un dais triomphal dont, les quatre porteurs peuvent se comparer aux quatre évangélistes. Deux acolytes marchent à sa droite et à sa gauche et figurent Moïse et Élie, qui se montrèrent sur le Thabor aux côtés de Jésus-Christ. Ils nous enseignent que Jésus avait pour lui l'autorité de la Loi et l'autorité des prophètes.


(1)   Je dis projet Briand pour simplifier, les dispositions qui effrayent étant communes aux différents projets. Mais naturellement le projet Briand est beaucoup moins mauvais que les autres, étant l'œuvre d'un esprit sectaire, sans doute, mais, par certains côtés, tout à fait supérieur. M. Briand, s'il ne la connaît pas, devrait bien lire une conférence de M. Charles Gide sur la séparation, conférence que le Bulletin de l'Action pour l'union morale a publiée. M. Gide n'envisage le problème qu'au point de vue économique. Mais ces quelques pages sont ce qui a été écrit de plus profond sur ce sujet,
» (à suivre)


J'en continuerais la publication si cela intéresse mes lecteurs.

Mais ces seules phrases démontrent que non seulement Proust était catholique pratiquant, mais un théologien et liturgiste catholique à ses heures. Que d'émotions de lire ces lignes si profondes et si claires de ce militant de la culture catholique et française qui ne devinait certainement pas, le malheureux, que le "mouvement liturgique" né en Allemagne contemporainement de son article allait massacrer la culture religieuse dont il vivait !

Il est providentiel que cet article me revienne en mémoire au moment où le cardinal archevêque de Paris semble vouloir interdire à certains (mon post sur le discours du cardinal), certaines opinions en raison de leurs mœurs. Oui, Proust avait le malheur d'être homosexuel (Dieu seul sait sa responsabilité, nous n'avons pas à juger, même lui ne pouvait pas juger), mais ces lignes sincères ne peuvent pour autant faire douter de la foi de cet immense artiste.