15.5.13

L'épineuse question de la violence

La question de la violence n'est pas simple. Lui donner une réponse ne se fait pas en quelques lignes. Un auteur contemporain prétend que l'État s'est réservé l'usage de la violence. C'est vrai jusqu'à un certain point (la légitime défense légitime la violence lorsque ses conditions sont réunies).

Voici le dialogue sur le blog de monsieur Daoudal au sujet de la violence :

C'est le fait de dire qu'il faut répondre au mal par le bien qui est qui est dangereux car certes cela est incontestable mais cela mérite des précisions si l'on veut éviter des confusions tragiques. Car cela peut se laisser comprendre comme : on vous persécute et vous tue ; surtout ne vous défendez pas, laissez-vous massacrer. Or le principe de guerre juste et de violence légitime est défendu par l'Eglise depuis toujours et au moins saint Augustin. Les chrétiens d'Orient ont le droit de se défendre, ils ont le droit de demander une protection et si on ne leur donne pas d'assurer par eux-mêmes leur défense. La création de régions autonomes voire d'Etats chrétiens est une nécessité, cela est juste et légitime. Tant qu'il n'y aura pas d'institutions étatiques et coercitives (police et armée) pour protéger les Chrétiens, ils seront chassés comme des lapin jusqu'à ce que l'Orient soit totalement "purifié" et islamisé...
Écrit par : P.R. | 14 mai 2013
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@ P. R. : Sans doute votre question trouve-t-elle des réponses chez Jean-Paul II
 « Parmi les signes d'espérance, il faut aussi inscrire, dans de nombreuses couches de l'opinion publique, le développement d'une sensibilité nouvelle toujours plus opposée au recours à la guerre pour résoudre les conflits entre les peuples et toujours plus orientée vers la recherche de moyens efficaces mais « non violents » pour arrêter l'agresseur armé. Dans le même ordre d'idées, se range aussi l'aversion toujours plus répandue de l'opinion publique envers la peine de mort, même si on la considère seulement comme un moyen de « légitime défense » de la société, en raison des possibilités dont dispose une société moderne de réprimer efficacement le crime de sorte que, tout en rendant inoffensif celui qui l'a commis, on ne lui ôte pas définitivement la possibilité de se racheter. »
 55. Cela ne doit pas surprendre: tuer l'être humain, dans lequel l'image de Dieu est présente, est un péché d'une particulière gravité. Seul Dieu est maître de la vie. Toutefois, depuis toujours, face aux cas nombreux et souvent dramatiques qui se présentent chez les individus et dans la société, la réflexion des croyants a tenté de parvenir à une compréhension plus complète et plus profonde de ce que le commandement de Dieu interdit et prescrit. 43 Il y a des situations dans lesquelles les valeurs proposées par la Loi de Dieu apparaissent sous une forme paradoxale. C'est le cas, par exemple, de la légitime défense, pour laquelle le droit de protéger sa vie et le devoir de ne pas léser celle de l'autre apparaissent concrètement difficiles à concilier. Indubitablement, la valeur intrinsèque de la vie et le devoir de s'aimer soi-même autant que les autres fondent un véritable droit à se défendre soi-même. Ce précepte exigeant de l'amour pour les autres, énoncé dans l'Ancien Testament et confirmé par Jésus, suppose l'amour de soi présenté parallèlement: « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » (Mc 12, 31). Personne ne pourrait donc renoncer au droit de se défendre par manque d'amour de la vie ou de soi-même, mais seulement en vertu d'un amour héroïque qui approfondit et transfigure l'amour de soi, selon l'esprit des béatitudes évangéliques (cf. Mt 5, 38-48), dans l'oblation radicale dont le Seigneur Jésus est l'exemple sublime.
D'autre part, « la légitime défense peut être non seulement un droit, mais un grave devoir, pour celui qui est responsable de la vie d'autrui, du bien commun de la famille ou de la cité ». 44 Il arrive malheureusement que la nécessité de mettre l'agresseur en condition de ne pas nuire comporte parfois sa suppression. Dans une telle hypothèse, l'issue mortelle doit être attribuée à l'agresseur lui-même qui s'y est exposé par son action, même dans le cas où il ne serait pas moralement responsable par défaut d'usage de sa raison. » 45
 http://www.vatican.va/holy_father/john_paul_ii/encyclicals/documents/hf_jp-ii_enc_25031995_evangelium-vitae_fr.html
 Vous remarquerez que la question n'est pas simple. Elle reçoit des réponses différentes suivant le rôle que l'on tient dans la société, suivant les opinions générales dans une société et leurs évolutions. Il faut encore distinguer entre possibilité et obligation etc.
Écrit par : Denis Merlin | 14 mai 2013.

Donc,

On peut renoncer à la légitime défense pour soi (dans ce cas, elle est licite, mais facultative), mais l'État et les chefs de société ne peuvent renoncer à la légitime défense pour la communauté dont ils ont la charge, sinon ils se mettent en faute (dans le cas des chefs, elle est obligatoire... en prudence et selon les circonstances, bien sûr : il ne faudrait pas que son exercice ait des conséquences plus dommageables que l'abstention).

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